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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 23 février 2025 – n° 6964
EGLISE UNIVERSELLE
C
hers frères et sœurs, bonjour !
Dans notre parcours jubilaire
de catéchèse sur Jésus qui est
notre espérance, aujourd'hui nous nous
arrêtons sur l'événement de sa naissance
à Bethléem.
Le Fils de Dieu entre dans l'histoire en
devenant notre compagnon de voyage
et il commence à voyager étant encore
dans le sein de sa mère. L'évangéliste
Luc raconte que, dès sa conception, il est
parti de Nazareth pour se rendre dans
la maison de Zacharie et d'Élisabeth,
puis, une fois la grossesse achevée,
de Nazareth à Bethléem pour le
recensement. Marie et Joseph furent
contraints de se rendre dans la ville du
roi David, où Joseph était également né.
Le Messie tant attendu, le Fils du Dieu
Très-Haut, se laisse recenser, c'est-à-dire
compter et enregistrer, comme n'importe
quel citoyen. Il se soumet au décret d'un
empereur, César Auguste, qui se croit le
maître de toute la terre.
Luc situe la naissance de Jésus dans
« un temps exactement datable »
et dans « un cadre géographique
exactement indiqué », de sorte que
« l'universel et le concret se touchent »
(Benedetto XVI, L’infanzia di Gesù, 2012,
77). Dieu qui vient dans l'histoire ne
bouleverse pas les structures du monde,
mais veut les éclairer et les recréer de
l'intérieur.
Bethléem signifie « maison du pain ».
C'est là que les jours de l'accouchement
se sont passés pour Marie et que
Jésus est né, pain descendu du ciel
pour rassasier la faim du monde
(cf. Jn 6,51). L'ange Gabriel avait annoncé
la naissance du Roi messianique sous
le signe de la grandeur : « Voici que tu
vas concevoir et enfanter un fils ; tu lui
donneras le nom de Jésus. Il sera grand, il
sera appelé Fils du Très-Haut ; le Seigneur
Dieu lui donnera le trône de David son
père ; il régnera pour toujours sur la
maison de Jacob, et son règne n’aura
pas de fin. » (Lc 1, 32-33).
Cependant, Jésus naît d'une manière
totalement inédite pour un roi. En effet,
« pendant qu’ils étaient là, le temps
où elle devait enfanter fut accompli. Et
elle mit au monde son fils premier-né ;
elle l’emmaillota et le coucha dans une
mangeoire, car il n’y avait pas de place
pour eux dans la salle commune. »
(Lc 2,6-7). Le Fils de Dieu ne naît pas dans
un palais royal, mais à l'arrière d'une
maison, dans l'espace où se trouvent
les animaux.
Luc nous montre ainsi que Dieu ne
vient pas dans le monde avec des
proclamations retentissantes, qu'il ne se
manifeste pas dans la clameur, mais qu'il
commence son chemin dans l'humilité.
Et qui sont les premiers témoins de cet
événement ? Ce sont des bergers : des
hommes peu cultivés, malodorants à
cause du contact permanent avec les
animaux, vivant en marge de la société.
Pourtant, ils exercent le métier par lequel
Dieu lui-même se fait connaître à son
peuple (cf. Gn 48,15 ; 49,24 ; Ps 23,1 ;
80,2 ; Is 40,11). Dieu les choisit pour être
les destinataires de la plus merveilleuse
nouvelle qui ait jamais retenti dans
l'histoire : « Ne craignez pas, car voici que
je vous annonce une bonne nouvelle,
qui sera une grande joie pour tout le
peuple : Aujourd’hui, dans la ville de
David, vous est né un Sauveur qui est
le Christ, le Seigneur. Et voici le signe
qui vous est donné : vous trouverez un
nouveau-né emmailloté et couché dans
une mangeoire. » (Lc 2, 10-12).
L'endroit où il faut aller pour rencontrer
le Messie est une crèche. Il se trouve
en effet qu'après tant d'attente, « le
Sauveur du monde, celui pour qui tout
a été créé (cf. Col 1,16), n'a pas de place »
(Benedetto XVI, L’infanzia di Gesù, 2012,
80). Les bergers apprennent ainsi que
dans un lieu très humble, réservé aux
animaux, naît pour eux le Messie tant
attendu, pour être leur Sauveur, leur
Pasteur. Cette nouvelle ouvre leur cœur
à l'émerveillement, à la louange et à
l’annonce joyeuse. « Contrairement
à tant de personnes occupées à faire
mille choses, les bergers deviennent les
premiers témoins de l’essentiel, c’est-
à-dire du salut qui est donné. Ce sont
les plus humbles et les plus pauvres
qui savent accueillir l'événement de
l'Incarnation » (Lett. ap. Admirabile
signum, 5).
Frères et sœurs, demandons aussi la
grâce d'être, comme les bergers, capables
de stupeur et de louange devant Dieu, et
capables de conserver ce qu'Il nous a
confié : nos talents, nos charismes, notre
vocation et les personnes qu'Il place à
nos côtés. Demandons au Seigneur de
savoir discerner dans la faiblesse la force
extraordinaire de l'Enfant-Dieu, qui vient
renouveler le monde et transformer nos
vies avec son dessein plein d'espérance
pour l'humanité toute entière. ■
Cycle – Jubilé 2025. Jésus-Christ notre espérance. I. L’enfance de Jésus 5.
« Il vous est né un Sauveur qui est le Christ, le Seigneur » (Lc 2,11).
La naissance de Jésus et la visite des bergers
Catéchèse du PAPE FRANÇOIS
Salle Paul VI - Mercredi 12 février 202Salle Paul VI - Mercredi 12 février 202