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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 25 mai 2025 – n° 7024
EGLISE UNIVERSELLE
«T
u es le Christ, le Fils du Dieu
vivant » (Mt 16, 16). Par ces
paroles, Pierre, interrogé
avec les autres disciples par le Maître sur
la foi qu’il a en Lui, exprime en synthèse le
patrimoine que l’Église, à travers la succession
apostolique, garde, approfondit et transmet
depuis deux mille ans.
Jésus est le Christ, le Fils du Dieu vivant, c’est-
à-dire l’unique Sauveur et le révélateur du
visage du Père.
En Lui, Dieu, pour se faire proche et accessible
aux hommes, s’est révélé à nous dans les yeux
confiants d’un enfant, dans l’esprit éveillé d’un
adolescent, dans les traits mûrs d’un homme
(cf. CONC. VAT. II, Const. Past. Gaudium et spes,
n. 22), jusqu’à apparaître aux siens, après sa
résurrection, dans son corps glorieux. Il nous a
ainsi montré un modèle d’humanité sainte que
nous pouvons tous imiter, avec la promesse
d’une destinée éternelle qui dépasse toutes
nos limites et toutes nos capacités.
Dans sa réponse, Pierre saisit ces deux aspects :
le don de Dieu et le chemin à parcourir pour se
laisser transformer, dimensions indissociables
du salut, confiées à l’Église afin qu’elle les
annonce pour le bien du genre humain.
Confiés à nous, choisis par Lui avant même
que nous ayons été formés dans le sein de
notre mère (cf. Jr 1, 5), régénérés dans l’eau
du Baptême et, au-delà de nos limites et sans
aucun mérite de notre part, conduits ici et
envoyés d’ici, afin que l’Évangile soit annoncé
à toute créature (cf. Mc 16, 15).
En particulier, Dieu, en m’appelant par votre
vote à succéder au Premier des Apôtres, me
confie ce trésor afin que, avec son aide, j’en
sois le fidèle administrateur (cf. 1 Co 4, 2) au
profit de tout le Corps mystique de l’Église, de
sorte qu’elle soit toujours plus la ville placée
sur la montagne (cf. Ap 21, 10), l’arche du salut
qui navigue sur les flots de l’histoire, phare qui
éclaire les nuits du monde. Et cela, non pas tant
grâce à la magnificence de ses structures ou
à la grandeur de ses constructions – comme
les édifices dans lesquels nous nous trouvons
–, mais à travers la sainteté de ses membres,
de ce « peuple que Dieu s’est acquis pour
proclamer les œuvres admirables de celui qui
vous a appelés des ténèbres à son admirable
lumière » (1 P 2, 9).
Cependant, en amont de la conversation où
Pierre fait sa profession de foi, il y a aussi une
autre question : « Au dire des gens, qui est le
Fils de l’homme ? ». […]
Aujourd’hui encore, nombreux sont les
contextes où la foi chrétienne est considérée
comme absurde, réservée aux personnes
faibles et peu intelligentes ; des contextes
où on lui préfère d’autres certitudes, comme
la technologie, l’argent, le succès, le pouvoir,
le plaisir.
Il s’agit d’environnements où il n’est pas facile
de témoigner et d’annoncer l’Évangile, et où
ceux qui croient sont ridiculisés, persécutés,
méprisés ou, au mieux, tolérés et pris en
pitié. Et pourtant, c’est précisément pour
cette raison que la mission est urgente en ces
lieux, car le manque de foi entraîne souvent
des drames tels que la perte du sens de la
vie, l’oubli de la miséricorde, la violation de
la dignité de la personne sous ses formes les
plus dramatiques, la crise de la famille et tant
d’autres blessures dont notre société souffre
considérablement.
Aujourd’hui encore, il existe des contextes où
Jésus, bien qu’apprécié en tant qu’homme, est
réduit à une sorte de leader charismatique ou
de super-homme, et cela non seulement chez
les non-croyants, mais aussi chez nombre
de baptisés qui finissent ainsi par vivre, à ce
niveau, dans un athéisme de fait. […]
Tel est le monde qui nous est confié, dans lequel,
[…] nous sommes appelés à témoigner de la foi
joyeuse en Jésus Sauveur. C’est pourquoi, pour
nous aussi, il est essentiel de répéter : « Tu es le
Christ, le Fils du Dieu vivant ». […]
Je le dis tout d’abord pour moi-même, en
tant que Successeur de Pierre, alors que je
commence ma mission d’Évêque de l’Église
qui est à Rome, appelée à présider dans la
charité l’Église universelle, selon la célèbre
expression de S. Ignace d’Antioche (cf. Lettre
aux Romains, Prologue). […] il écrivait […] :
« Alors je serai vraiment disciple de Jésus-
Christ, quand le monde ne verra plus mon
corps » (Lettre aux Romains, IV, 1). […],
mais ses paroles renvoient de manière plus
générale à un engagement inconditionnel
pour quiconque exerce un ministère d’autorité
dans l’Église : disparaître pour que le Christ
demeure, se faire petit pour qu’Il soit connu et
glorifié (cf. Jn 3, 30), se dépenser jusqu’au bout
pour que personne ne manque l’occasion de
Le connaître et de L’aimer.
Que Dieu m’accorde cette grâce, aujourd’hui
et toujours, avec l’aide de la très tendre
intercession de Marie, Mère de l’Église ».
Source : https://www.vatican.va/content/leo-xiv/
fr/homilies/2025/documents/20250509-messa-
cardinali.html ■
EXTRAITS DE L’HOMÉLIE DE LA MESSE PRO ECCLESIA
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