Sainte Mère Teresa de Calcutta recevait un millionnaire américain. Il était en admiration devant les oeuvres de sa communauté auprès des pauvres. Le millionnaire lui fait alors un chèque de 50 000 $ (cinquante mille dollars US) ! La sainte religieuse reçoit le chèque, le remercie, mais, avant qu’il ne parte, elle lui demande : « C’est un montant important… N’est-ce pas un peu beaucoup ? »
Le millionnaire répond : « Ne vous inquiétez pas, Révérende Mère, pour moi, c’est bien peu. C’est à peine ce que je dépense en un week-end pour faire la fête ! » Aussitôt, sous les regards ébahis de tous, Mère Teresa déchire le chèque ! Le millionnaire reste bouche bée !
La Mère reprend : « Cher ami, si ce don n’est pas pour vous un sacrifice, c’est que ce n’est pas un acte d’amour. Et si ce n’est pas de l’amour, ni moi, ni les pauvres, ni Dieu ne peuvent l’accepter. »
Le millionnaire revient le lendemain. « J’ai réfléchi toute la nuit, dit-il à la sainte, voici un nouveau chèque. » Cette fois-ci, il avait mis 500 000 $ (cinq cent mille dollars) … La Mère lui repose la question. « Oh oui ! dit-il, j’avoue que c’est une somme qui m’obligera à me priver. »
« Alors, merci, dit Mère Teresa, merci de votre amour pour les pauvres. »
Cette histoire me bouleverse. Faut-il que notre Église ait si mal instruit ses fidèles et son clergé sur la puissance du don ?! Que savons-nous vraiment de l’aumône ?
Quand on parle d’argent à l’Église, on insiste souvent sur nos besoins pour la mission. Comme on a peu de moyens, on accepte des dons rikiki, des sommes minuscules ! Au lieu de faire comme Mère Teresa, on entretient un système où la plupart des fidèles ont bonne conscience alors qu’ils donnent à peine ce qu’ils dépensent pour un sandwich ou une place de cinéma. Mais que signifie, pour un croyant, le fait de faire de si petites aumônes ? Un pourboire ? Une obole ? De l’argent de poche ?
Nous savons mettre le juste prix pour des pèlerinages, des concerts, des prédicateurs, des services ou des travaux. C’est bien. Mais ce ne sont pas des dons tout à fait gratuits. Il s’agit là de prestations rémunérées.
On se montre également généreux envers le clergé. C’est bien, mais dangereux. Le clergé n’est pas l’Église. D’une part, certaines personnes tentent de s’accaparer les hommes de Dieu et, d’autre part, des prêtres (comme dans toutes les religions) risquent d’être corrompus par ces dons personnels.
Quoi qu’il en soit, dans notre Église, l’argent n’est malheureusement considéré que comme un outil pratique. Rien de plus.
CE N’EST PAS CE QU’ENSEIGNE L’ÉCRITURE !
La Bible enseigne l’offrande LIBRE et JOYEUSE de la dîme comme le sacrifice des fidèles par excellence. De même qu’Abel offrit les premiers-nés de son troupeau, le croyant sacrifie son argent pour être béni. Jésus en fait toujours un outil de purification pour l’âme. Contrairement au gérant malhonnête, il propose de l’utiliser pour se faire des amis dans le ciel (cf.Lc 16,9). Dans le Temple, la petite vieille qui donnait en « prenant sur son nécessaire et non pas sur son superflu » (Mc 12,44) fut bénie plus que tous les autres. Les lettres de saint Paul nous parlent du don comme d’un signe essentiel de charité fraternelle (2 Co 8) et de participation volontaire (ou non) à la vie éternelle (Mt 6,24).
Puisque nos besoins sont nombreux pour la mission (assurer l’entretien des bâtiments, financer des programmes pour nos jeunes, aider au développement de l’art chrétien, rémunérer nos prêtres et salariés ou former nos cadres) … nous allons continuer, avec un grand merci, à gérer au centime près nos quêtes aux piécettes : elles permettent au moins à l’Église de survivre ric-rac.
Mais quand va-t-on se rappeler qu’un don généreux et coûteux est un authentique sacrifice qui plaît au Seigneur et procure joie et bénédictions abondantes ?
Grand merci à ceux qui sont inscrits au Denier et/ou font un legs testamentaire à la communauté. Cela ne vous rend-il pas heureux ?
+ Fr David Macaire, Archevê
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