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        Fin du 34ème voyage pontifical du Pape François

Fin du 34ème voyage pontifical du Pape François

Le Pape François est rentré à Rome ce mercredi après-midi, au terme de sa tournée de quatre jours à Budapest et en Slovaquie. Comme c’est la tradition au retour de chaque voyage apostolique, après son atterrissage à l’aéroport de Rome Ciampino, le Pape François s’est tendu à la basilique Sainte-Marie-Majeure pour prier devant l’icône de la Vierge Salus Populi Romani. Il est ensuite retourné au Vatican.


Immédiatement après son départ en avion de Bratislava, le Saint-Père avait envoyé un télégramme à la présidente de la République de Slovaquie dans lequel il avait exprimé sa profonde gratitude au peuple slovaque pour son accueil et son hospitalité généreux.

Ce message a été suivi de télégrammes adressés aux présidents de la Croatie, Zoran Milanović, et de la Bosnie-Herzégovine, Željko Komšić, ainsi qu’au président de la République italienne, Sergio Mattarella. « Au retour de mon voyage apostolique à Budapest et en Slovaquie, où j’ai eu la joie de rencontrer la population locale, riche en ferveur spirituelle, je vous adresse, Monsieur le Président, mes salutations cordiales et vous assure d’une prière spéciale pour le bien et la prospérité de la nation italienne, sur laquelle j’invoque les bénédictions célestes », écrit le Pape dans son message au président italien.

Mercredi 15 Septembre

Dernière étape de son voyage apostolique, c’est au sanctuaire national de Šaštin que le Pape François s’est rendu ce mercredi matin. Un haut-lieu de pèlerinage pour les Slovaques qui y vénèrent Notre-Dame des Sept Douleurs, fêtée ce 15 septembre. Le Saint-Père a commenté dans son homélie les trois caractéristiques de la foi de Marie : la route, la prophétie et la compassion.

Le 15 septembre est un jour férié en Slovaquie, non pas en raison de la venue du Pape mais pour fêter Notre-Dame des Sept Douleurs, sainte patronne du pays depuis 1927 et vénérée à Šaštin depuis 1732. François est arrivé peu après 9h00 ce matin dans cette petite ville située à environ 70 km au nord de Bratislava, et où se trouve la Basilique des Sept Douleurs de la Vierge Marie, abritant une statue miraculeuse en forme de Pietà.

Après un temps de prière avec les évêques slovaques à l’intérieur de la basilique, le Saint-Père a célébré la messe à l’extérieur du sanctuaire, devant des milliers de fidèles. Son homélie était centrée sur la figure de la Vierge Marie, modèle de foi proposé aux Slovaques et à tous les chrétiens.

Être pèlerin avec la Vierge Marie

La foi de Marie « est une foi qui se met en route », a d’abord souligné le Souverain Pontife. Après l’annonciation, elle reste humble et vit « ce don reçu comme une mission à accomplir », ce qui la met en route vers la maison de sa cousine Élisabeth. « Et toute sa vie sera une marche à la suite de son Fils, comme première disciple, jusqu’au Calvaire, au pied de la Croix. Marie marche toujours », a fait remarquer le Pape.

Et il a invité les fidèles à rester eux aussi « toujours en pèlerinage à la recherche du Seigneur ». La marche permet de surmonter « la tentation d’une foi statique qui se contente de quelques rites ou de vieilles traditions ». « Au contraire, vous sortez de vous-mêmes, vous portez dans vos sacs les joies et peines, et vous faites de la vie un pèlerinage d’amour vers Dieu et vers les frères. Merci pour ce témoignage ! », s’est exclamé le Saint-Père, exhortant chacun à ne pas s’arrêter.

« Lorsque l’Église s’arrête, elle tombe malade ; lorsque les évêques s’arrêtent, l’Église tombe malade ; lorsque les prêtres s’arrêtent, le peuple de Dieu tombe malade », a-t-il ajouté.

Lumière dans les ténèbres

La foi de Marie est aussi « une foi prophétique ». « La prophétie d’Israël culmine en Marie parce qu’elle porte dans ses entrailles la Parole de Dieu faite chair, Jésus qui réalise (…) le dessein de Dieu », a précisé François, et cela advient dans la douleur. « N’oublions pas ceci : on ne peut pas réduire la foi au sucre qui adoucit la vie, on ne peut pas, a rappelé le Pape. Jésus est un signe de contradiction ». Devant Lui, « on ne peut rester tiède et “jouer sur les deux tableaux”. L’accueillir signifie accepter qu’il dévoile mes contradictions, mes idoles, les suggestions du mal ; et qu’il devienne pour moi la résurrection, celui qui toujours me relève, qui me prend par la main et me fait recommencer ».

Le Saint-Père a invité les Slovaques à être eux aussi prophètes, non pas en se montrant « hostiles au monde », mais des « signes de contradiction » qui « sachent montrer, par leur vie, la beauté de l’Évangile ». Il s’agit pour cela de privilégier le dialogue, la vie fraternelle, la solidarité, la préservation de la vie « là où règnent des logiques de mort ».

Croire le cœur ouvert

Enfin, Marie montre une « foi compatissante », de Cana au Calvaire. Elle « recueille nos larmes et nous console en même temps, en nous montrant dans le Christ la victoire définitive ». François a aussi évoqué « l’épreuve de la compassion : rester sous la croix », comme Marie, dans l’impuissance et la douleur, mais avec la certitude que Dieu « triomphe de la mort ».

Avec Notre-Dame des Douleurs, nous pouvons entrer dans cette foi « qui se fait compassion ». « Une foi qui ne demeure pas abstraite, mais qui nous fait entrer dans la chair et nous rend solidaire avec ceux qui sont dans le besoin ». « Cette foi, avec le style de Dieu, humblement et sans clameurs, allège la douleur du monde et irrigue de salut les sillons de l’histoire », a conclu François. Le Saint-Père a souhaité que la Vierge Marie obtienne pour chacun une foi toujours en marche, prophétique et riche de compassion.
Mots de remerciement

Au terme de cette messe, le Souverain Pontife s’est adressé aux personnes présentes. « Le temps est maintenant venu de quitter votre pays, a-t-il déclaré en ce dernier jour de son voyage apostolique. Dans cette Eucharistie, j’ai rendu grâce à Dieu de m’avoir permis de venir parmi vous, et d’achever mon pèlerinage dans l’étreinte fervente de votre peuple, en célébrant ensemble la grande fête religieuse et nationale de votre Patronne, la Vierge des Douleurs ». François a remercié spécialement les évêques, la présidente de la République également présente, les autorités civiles et « tous ceux qui ont collaboré de différentes manières, surtout par leur prière. Je vous porte dans mon cœur. Ďakujem všetkým ! [Merci à vous tous] », leur a assuré le Pape.

Mardi 14 Septembre 2021

Lors de son troisième jour en Slovaquie, le Pape François est allé à la rencontre de milliers de jeunes slovaques, dialoguant avec eux et les invitant à garder confiance en Dieu face aux défis du monde contemporain.

Près de 30 000 jeunes avaient pris place dans le stade lokomotiva de Košice pour rencontrer le Pape François. Le Saint-Père a effectué un tour en papamobile sous les vivats et les drapeaux aux couleurs slovaques et du Saint-Siège. Un temps d’échanges qui a pris comme souvent la forme d’un dialogue, le Pape répondant à des questions posées par des jeunes. Très souriant, le Saint-Père s’est fait l’écho des inquiétudes et des espérances de ces Slovaques, venus parfois en famille à sa rencontre.

« L’amour est le plus grand rêve de la vie, mais ce n’est pas un rêve bon marché » a commencé François en répondant à une question sur l’amour dans le couple. Le Pape a ainsi invité à ne pas « banaliser l’amour, car l’amour n’est pas seulement émotion et sentiment, cela c’est plutôt le commencement. L’amour, ce n’est pas d’avoir tout et tout de suite. L’amour ne répond pas à la logique du jetable. L’amour est fidélité, don, responsabilité ».

« La vraie originalité aujourd’hui, la vraie révolution, c’est de se révolter contre la culture du provisoire, c’est aller au-delà de l’instinct et au-delà de l’instant », a t-il poursuivi. Le Pape a invité les jeunes à regarder les "grandes histoires" dans lesquelles se trouvent toujours deux ingrédients qui vont toujours ensemble : « l’un est l’amour, l’autre est l’aventure, l’héroïsme ». « Chacun de vous est particulier. Chacun est un don et peut faire de la vie un don. Les autres, la société, les pauvres vous attendent » a t-il expliqué. En regardant Jésus, on peut voir à la fois cet amour infini et le courage de donner la vie jusqu’au bout, sans demi-mesure.
« Les rêves que nous faisons nous disent la vie que nous voulons »

Une nouvelle fois, le Saint-Père a exhorté les jeunes à rêver. « Rêvez d’une beauté qui aille au-delà de l’apparence, au-delà des tendances de la mode. Rêvez sans avoir peur de former une famille, d’engendrer et d’éduquer des enfants, de passer votre vie en partageant tout avec une autre personne, sans avoir honte de vos fragilités, parce que lui, ou elle, les accueille, les aime et vous aime comme vous êtes. Les rêves que nous faisons nous disent la vie que nous voulons ».

Les grands rêves a poursuivi le Pape ne sont pas dans la culture de l’immédiateté, la voiture puissante ou le vêtement à la mode, mettant en garde contre ceux qui « vendent des illusions : ces manipulateurs de bonheur ». Chacun, au contraire, est unique aux yeux de Dieu, et nous sommes au monde « pour vivre une histoire d’amour avec Dieu, pour embrasser l’audace de choix forts, pour nous aventurer dans le risque merveilleux d’aimer ». Pour que l’amour porte du fruit, a encore souligné le Saint-Père « n’oubliez pas les racines ». Et d’encourager à cultiver le lien avec les plus anciens, les grands-parents, à prendre « le temps d’écouter leurs histoires ».

Reprenant les paroles de Petra, une jeune Slovaque qui a évoqué la Confession, François est revenu sur ce lien avec la miséricorde de Dieu. « Les péchés sont-ils vraiment le centre de la Confession ? a t-il demandé, Dieu veut que tu t’approches de lui en pensant à toi, à tes péchés, ou bien à lui ? Quel est le centre, les péchés ou bien le Père qui pardonne tout ? » François a donné ainsi un conseil : « après chaque Confession, restez quelques instants pour vous rappeler le pardon que vous avez reçu. Conservez cette paix dans le cœur, cette liberté que vous sentez en vous. Non pas les péchés, qui n’y sont plus, mais le pardon que Dieu vous a donné ».

A ceux qui pourrait avoir "la honte" d’aller se confesser, le Saint-Père a expliqué aussi qu’il ne s’agit pas d’un problème mais d’une bonne chose, et le signe d’aller plus loin car « Dieu n’a jamais honte de toi. Il t’aime là où tu as justement honte de toi-même. Et il t’aime toujours ».

Le Pape a enfin terminé en répondant au témoignage de Peter et Lenka, un couple parent de trois enfants, et qui ont traversé des phases très difficiles en raison notamment d’une grave maladie de Peter. « Vous avez demandé comment encourager les jeunes à ne pas avoir peur d’embrasser la Croix. Embrasser : c’est un beau verbe. Embrasser aide à vaincre la peur. Quand nous sommes embrassés, nous retrouvons confiance en nous-mêmes et dans la vie ». « La Croix ne peut s’embrasser toute seule ; a t-il conclu, la souffrance ne sauve personne. C’est l’amour qui transforme la souffrance. C’est donc avec Jésus que l’on embrasse la croix, jamais seuls ! » Si l’on embrasse Jésus, alors la joie renaît.

Lundi 13 Septembre

Pour son deuxième jour en terre slovaque, le Souverain pontife argentin a rencontré l’ensemble des évêques, prêtres et religieux de Slovaquie en la cathédrale catholique Saint-Martin de Bratislava, lundi 13 septembre 2021. Dans son discours, le Pape François a insisté sur la relation de liberté à nourrir dans la vie spirituelle et dans l’Église.

Le Pape François a d’emblée fait allusion au style de la première communauté chrétienne, « assidus et unanimes, ils marchaient ensemble » (cf. Ac 1, 12-14), affirmant que l’Église avait besoin de cela. Elle n’est « pas une forteresse », « une puissance, un château situé en hauteur qui regarderait le monde avec distance et suffisance ». « S’il vous plaît, ne cédons pas à la tentation de la magnificence, de la grandeur mondaine ! », s’est exclamé l’évêque de Rome, pronant une Église humble, « qui ne se sépare pas du monde et ne regarde pas la vie avec distance, mais y habite ».
Le centre de l’Église n’est pas l’Église

Cela aide à sortir de l’autoréférentialité : le centre de l’Église n’est pas l’Église !, a ensuite lancé François, appelant à sortir « de l’inquiétude excessive pour nous-mêmes, pour nos structures, pour la façon dont la société sympathise avec nous ».

Et le Pape de s’interroger : quels sont les besoins et les attentes spirituels de notre peuple ? Qu’attend-on de l’Église ?, a-t-il questionné proposant trois mots-clés.

Le premier est liberté. « Sans liberté, il n’y a pas de véritable humanité, parce que l’être humain a été créé libre pour être libre. Les périodes dramatiques de l’histoire de votre pays sont un grand enseignement : lorsque la liberté a été blessée, violée et éliminée, l’humanité a été dégradée et les tempêtes de la violence, de la coercition et de la privation des droits se sont déchaînées », a-t-il déclaré, ajoutant : « La liberté n’est pas une conquête automatique qui demeure une fois pour toutes. La liberté est toujours un chemin, parfois pénible, à renouveler continuellement. Il ne suffit pas d’être libre extérieurement, ou à travers les structures de la société, pour l’être vraiment ».
Le risque du choix

Il est parfois plus commode de ne pas se laisser provoquer par les situations concrètes et de continuer à répéter le passé, sans y mettre le cœur, sans le risque du choix, a pointé du doigt le Pape François, dénonçant l’attitude qui consiste à « passer sa vie en faisant ce que d’autres –peut-être la masse ou l’opinion publique– décident pour nous ».

Le Pape critique cette attitude aussi dans l’Église, où cette idée peut faire son chemin : « mieux vaudrait avoir toutes les choses prédéfinies, des lois à observer, la sécurité et l’uniformité, plutôt que d’être des chrétiens responsables et adultes qui pensent, interrogent leur conscience et se remettent en cause ». Dans la vie spirituelle et ecclésiale, la tentation existe de chercher une fausse paix qui nous laisse tranquille, plutôt que le feu de l’Evangile qui nous inquiète et nous transforme, alerte le Pape, exhortant à laisser place « à l’aventure de la liberté, même dans la vie spirituelle », sans quoi celle-ci risque de devenir « un lieu rigide et fermé ».

« N’ayez pas peur de former les personnes à une relation mûre et libre avec Dieu. L’Église du Christ ne veut pas dominer les consciences ni occuper les espaces, elle veut être une “fontaine” d’espérance dans la vie des personnes », a fait remarquer le Pape.

“L’Église du Christ veut être une “fontaine” d’espérance dans la vie des personnes”

« Que l’annonce de l’Évangile soit libératrice, jamais écrasante. Et que l’Église soit signe de liberté et d’accueil ! », a souhaité le Saint-Père.
La riche tradition chrétienne

Deuxième mot, avancé par le Pape, la créativité, citant l’exemple « des figures lumineuses des saints Cyrille et Méthode ».

« Cyrille et Méthode ont parcouru ensemble cette partie du continent européen et, brûlants de passion pour l’annonce de l’Evangile, ils sont arrivés à inventer un nouvel alphabet pour traduire la Bible, les textes liturgiques et la doctrine chrétienne », a affirmé le Pape. « Ainsi ils sont devenus des apôtres de l’inculturation de la foi auprès de vous, des inventeurs de nouveaux langages pour transmettre la foi, ils ont été créatifs dans la traduction du message chrétien, ils ont été si proches de l’histoire des peuples qu’ils rencontraient qu’ils ont parlé leur langue et assimilé leur culture. La Slovaquie n’a-t-elle pas encore besoin de cela aujourd’hui ? », a interrogé François avant de poursuivre : « N’est-ce pas là la tâche la plus urgente de l’Eglise auprès des peuples de l’Europe : trouver de nouveaux “alphabets” pour dire la foi ?

L’Évangile, en effet, estime le Saint-Père, ne peut pas croître s’il n’est enraciné dans la culture d’un peuple, c’est-à-dire dans ses symboles, dans ses interrogations, dans ses paroles, dans sa manière d’être. « Les deux frères ont été beaucoup gênés et persécutés, vous le savez. Ils étaient accusés d’hérésie parce qu’ils avaient osé traduire la langue de la foi. Voilà l’idéologie qui naît de la tentation d’uniformiser. Mais l’évangélisation est un processus d’inculturation : elle est une semence féconde de nouveauté ».
Le souvenir des blessures, brèches pour imiter Dieu

Enfin, troisième et ultime piste suggérée par François, le dialogue. L’unité, la communion et le dialogue sont toujours fragiles, surtout quand il y a derrière une histoire de souffrances qui a laissé des cicatrices, affirme-t-il. En effet, « le souvenir des blessures peut entraîner le ressentiment, la méfiance, et même le mépris, en incitant à élever des barrières ». Mais, relève enfin François, « les blessures peuvent être des brèches, des ouvertures qui, en imitant les plaies du Seigneur, font passer la miséricorde de Dieu ».

Dans les jardins du Palais présidentiel de Bratislava a eu lieu ce lundi matin la rencontre entre le Pape François et les autorités, la société civile et le corps diplomatique slovaque. Un rendez-vous qui a permis au Souverain Pontife, arrivé hier dans le pays, de rappeler l’héritage de cette « terre du milieu » et d’inviter à bâtir un avenir de paix et de solidarité.

Après un dimanche partagé entre Budapest et Bratislava, la première journée pleinement slovaque du Saint-Père s’est ouverte par une cérémonie de bienvenue au Palais présidentiel « Grassalkovich » de Bratislava. François s’est ensuite entretenu avec Zuzana Čaputová, chef de l’État depuis 2019, avant de sortir dans les jardins de cet édifice construit au 18e siècle.

Le Pape a reconnu venir comme « pèlerin dans ce pays jeune mais à l’histoire ancienne, sur une terre aux racines profondes située au cœur d’Europe ». En bref, une “terre du milieu”, devenu sans conflit indépendante de la République Tchèque il y a 28 ans.

L’histoire de la Slovaquie a une signification importante pour aujourd’hui. Elle l’appelle « à être un message de paix au cœur de l’Europe », a précisé François, et un exemple de fraternité. Face à la crise causée par la pandémie de Covid-19, la « reprise économique seule » n’est pas « suffisante », estime le Pape. Il faut que la Slovaquie « réaffirme son message d’intégration et de paix, et que l’Europe se distingue par une solidarité qui, en franchissant les frontières, puisse la ramener au centre de l’histoire », a-t-il souligné.

Le Souverain Pontife a également rappelé combien la foi chrétienne, notamment par l’œuvre d’évangélisation des saints Cyrille et Méthode, avait façonné l’histoire slovaque. Ceux-ci ont su chercher « la communion avec tous » et faire preuve d’une « ouverture spontanée », ce qui constitue un héritage « à recueillir » pour être « signe d’unité ».

François est ensuite revenu sur la signification du pain et du sel, qu’il avait reçus ce dimanche de la main de deux enfants à son arrivée à l’aéroport de Bratislava. Des dons « simples et précieux, imprégnés d’Evangile ».

Le pain est d’abord un « message fort pour notre vie en commun », car il appelle au partage, au don de soi, à l’attention envers les plus faibles, et à la mise en œuvre d’une justice « qui ne doit jamais être à vendre ». Il faut « engager une lutte sérieuse contre la corruption et le droit doit avant tout être promu et répandu », a souligné à cet égard le Saint-Père, qui a également rappelé l’importance de garantir à chacun un travail digne.
Mettre du bon sel dans la société

Le sel quant à lui apporte de la saveur : il vient dire que « la saveur de la solidarité est nécessaire ». Et François d’inviter à une « générosité gratuite de qui se dépense pour les autres », en particulier de la part des jeunes. Le Successeur de Pierre a regretté le fait que trop de « jeunes en Europe se trainent dans la fatigue et la frustration, stressés par des rythmes de vie frénétiques et sans trouver où puiser des motivations et de l’espérance ».

Le sel est également un excellent conservateur. Il peut donc de manière imagée mettre en garde contre ce qui détériore « les meilleures traditions » : « superficialité de la consommation et des gains matériels », « colonisations idéologiques » réduisant « le progrès aux gains et les droits aux seuls besoins individualistes ».

En ce sens, le « sel de la foi », par le « témoignage de la charité » et non « l’ardeur d’engager des guerres culturelles » aidera la Slovaquie a relever les défis actuels. Il s’agit surtout de suivre « la voie des Béatitudes », car la « vision chrétienne de la société vient de là, des Béatitudes », a expliqué le Pape.
Inspiration montagnarde

L’histoire slovaque compte aussi nombre d’« exemples brillants de courage, de cohérence et de résistance contre l’injustice », et de « pardon », toujours inspirants.

Le Souverain Pontife a terminé son discours en parlant de la pandémie qui invite à construire l’avenir « le regard tourné vers l’autre ». « Personne ne peut s’isoler, comme individu ni comme nation », a-t-il averti. Avec poésie, François a évoqué la chaîne des monts Tatra qui sillonnent la Slovaquie et d’autres pays voisins « pour unir dans la beauté des peuples différents ». « Cultivez cette beauté, la beauté de l’ensemble. Cela exige patience et effort, courage et partage, élan et créativité. Mais c’est l’œuvre humaine que le Ciel bénit. Que Dieu bénisse cette terre. Nech Boh žehná Slovensko ! [Que Dieu bénisse la Slovaquie !] », a-t-il conclu.

Dimanche 12 Septembre

Après y avoir passé un peu plus de sept heures, le Saint-Père a quitté Budapest pour entamer la deuxième étape de son voyage apostolique. L’atterrissage du vol reliant la capitale hongroise à Bratislava a eu lieu en milieu d’après-midi. Quelques rendez-vous attendent le Pape pour achever cette journée dense.

Le Pape François a quitté la Hongrie où il se rendait pour la première fois de son pontificat. À 14h00 heure locale, après la messe Statio Orbis qui a conclu le 52ème Congrès eucharistique international en présence de plus de cent mille fidèles, le Souverain pontife a rejoint l’aéroport international de Budapest pour la cérémonie d’adieu. Il a été accueilli par le vice-premier ministre, Zsolt Semjén, avant de monter à bord de l’airbus A320. L’appareil a ensuite parcouru les 209 kilomètres séparant Budapest et Bratislava, capitale de la Slovaquie, deuxième étape du 34ème voyage apostolique de François. Le décollage a eu lieu à 14h57, pour une durée de vol d’environ 40 minutes.

Premières heures à Bratislava

À son arrivée à l’aéroport de Bratislava, le Saint-Père a été accueilli par le nonce apostolique, Mgr Giacomo Guido Ottonello, et l’ambassadeur de la République slovaque près le Saint-Siège, Marek Lisánsky. Puis s’est déroulée la cérémonie officielle de bienvenue, en présence de la présidente de la République, Zuzana Čaputová. Deux enfants en tenue traditionnelle ont offert au Pape du pain, du sel et des fleurs. Une foule joyeuse d’habitants et fidèles était également présente pour acclamer le Successeur de Pierre et lui manifester son affection. François et la présidente se sont ensuite rendus au salon VIP de l’aéroport pour une brève rencontre. Puis le Pape François est parti en voiture pour la nonciature apostolique, où se tiendra à 16h30 son premier rendez-vous sur le sol slovaque, la rencontre avec le Conseil œcuménique des églises. Une heure plus tard, comme il est de coutume lors de chacun de ses voyages apostoliques, le Souverain pontife saluera les membres de la Compagnie de Jésus présents dans le pays, un dernier rendez-vous qui conclura cette longue journée. Le séjour de François en Slovaquie s’achèvera mercredi 15 septembre.

C’est la seconde fois qu’un Successeur de Pierre se rend dans ce pays d’Europe de l’Est. Saint Jean-Paul II avait déjà rendu visite à trois reprises au peuple slovaque, en 1990, en 1995 et en 2003.

Première étape du voyage apostolique en Slovaquie

Une rencontre œcuménique avec les représentants des Églises du pays s’est tenue à la nonciature apostolique de Bratislava, la capitale, dimanche 12 septembre. Dans son discours, le Pape François a interpellé les chrétiens du Vieux continent, les invitant à renouer avec « l’ardeur de l’annonce et la prophétie du témoignage ».

Le Pape François s’est déclaré ravi que sa première rencontre en terre slovaque ait lieu en compagnie du Conseil œcuménique des Églises du pays ; selon lui « signe que la foi chrétienne est germe d’unité et levain de fraternité ».

Les Églises chrétiennes étaient représentées, entre autres, par le métropolite orthodoxe slovaque Rastislav, et Mgr Ivan El’ko, évêque général de l’Église évangélique dans le pays et président du Conseil œcuménique slovaque, composé de onze Églises membres.

Le Pape a d’emblée fait allusion aux années de persécution athéiste, alors que la liberté religieuse était interdite ou mise à dure épreuve durant le communisme. « Maintenant vous avez en commun une partie du parcours sur lequel vous expérimentez combien il est beau, mais en même temps difficile, de vivre la foi comme des personnes libres. En effet, il existe la tentation de redevenir esclaves, certes, non pas d’un régime, mais d’un esclavage encore pire, l’esclavage intérieur », a affirmé le Saint-Père, citant l’illustre poète russe Fiodor Dostoïevski dans son célèbre récit, la Légende du Grand Inquisiteur.

« Jésus est revenu sur la Terre et est emprisonné. L’inquisiteur prononce des paroles cinglantes : l’accusation qu’il porte est précisément celle d’avoir donné trop d’importance à la liberté des hommes. Il lui dit : « Tu veux aller au monde les mains vides, en prêchant aux hommes une liberté que leur sottise et leur ignominie naturelles les empêchent de comprendre, une liberté qui leur fait peur, car il n’y a et il n’y a jamais rien eu de plus intolérable pour l’homme ! » (Les Frères Karamazov, Gallimard 1994, p. 644). Et il insiste, en ajoutant que les hommes sont disposés à échanger volontiers leur liberté avec l’esclavage le plus confortable, celui qui consiste à se soumettre à quelqu’un qui décide pour eux, pour avoir du pain et une sécurité. Au contraire, il a continué à préférer pour l’homme la liberté, alors que l’humanité réclame “du pain et rien d’autre” ».
Retrouver l’ardeur perdue de l’Europe

Le Souverain pontife s’inquiète de voir un tel schéma se reproduire aujourd’hui : « Aidons-nous à ne pas tomber dans le piège de se contenter de pain et de rien d’autre. Car ce risque survient lorsque la situation se normalise, lorsque nous nous sommes établis et que nous nous installons dans le but de mener une vie tranquille ».

Et François d’interpeller l’ensemble du Vieux continent : « Ici, au cœur de l’Europe, on en vient à se demander : nous chrétiens, n’avons-nous pas un peu perdu l’ardeur de l’annonce et la prophétie du témoignage ? Est-ce la Vérité de l’Evangile qui nous rend libres, ou bien nous sentons-nous libres lorsque nous nous dégageons des zones de confort qui nous permettent de nous gérer et d’avancer sereinement sans contrecoups particuliers ? »

Et encore, en nous contentant de pain et de sécurité, n’avons-nous pas perdu l’élan dans la recherche de l’unité implorée par Jésus ?, continue de s’interroger le Pape.

Cette unité exige certainement une liberté mûre de choix forts -renoncements et sacrifices- mais qui est la condition préalable pour que le monde croie. (cf. Jn 17, 21).

Ici l’évangélisation est née « de manière fraternelle », en portant le sceau des saints frères de Thessalonique Cyrille et Méthode, affirme le Pape, invitant à imiter ces « apôtres des slaves ». Ceux-ci, témoins d’une chrétienté « encore unie et enflammée par l’ardeur de l’annonce », nous aident à poursuivre le chemin en cultivant la communion fraternelle entre nous au nom de Jésus, a-t-il estimé.

« Par ailleurs, comment pouvons-nous souhaiter une Europe qui retrouve ses racines chrétiennes si nous sommes nous-mêmes les premiers déracinés de la pleine communion ? », questionne le Souverain pontife. « Comment pouvons-nous rêver d’une Europe libre d’idéologies si nous n’avons pas la liberté de faire passer la liberté de Jésus avant les nécessités des différents groupes de croyants ? », poursuit-il dans sa forte interpellation aux Européens.

“Comment pouvons-nous rêver d’une Europe libre d’idéologies si nous n’avons pas la liberté de faire passer la liberté de Jésus avant les nécessités des différents groupes de croyants ?”

« Il est difficile d’exiger une Europe davantage fécondée par l’Évangile sans se préoccuper du fait que nous sommes encore divisés entre nous sur le continent et sans prendre soin les uns des autres. Des calculs de convenance, des raisons historiques et des liens politiques ne peuvent pas être des obstacles inébranlables sur notre chemin », a déclaré le Pape, invoquant l’aide des saints Cyrille et Méthode, « précurseurs de l’œcuménisme » (Jean-Paul II, Lett.enc. Slavorum Apostoli, n. 14), pour qu’ils aident « à nous prodiguer pour une réconciliation des diversités dans l’Esprit Saint ».

À leur époque, Cyrille et Méthode ont permis que la Parole divine s’incarne sur ces terres (cf. Jn 1, 14), rappelle le Pape, proposant deux suggestions pour répandre l’Évangile de la liberté et de l’unité aujourd’hui.

Le premier concerne la contemplation. « Un caractère distinctif des peuples slaves, qu’il vous appartient ensemble de conserver, c’est le trait contemplatif, qui, à partir d’une foi expérimentale, va au-delà des conceptualisations philosophiques et même théologiques, et qui sait accueillir le mystère. Aidez-vous à cultiver cette tradition spirituelle dont l’Europe a tant besoin : l’Occident religieux en particulier en a soif, pour retrouver la beauté de l’adoration de Dieu et l’importance de ne pas concevoir avant tout la communauté de foi sur la base d’une efficacité programmatique et fonctionnelle ».

Le deuxième conseil concerne en revanche l’action. « L’unité ne s’obtient pas tant avec de bonnes intentions ni par l’adhésion à quelques valeurs communes, mais en faisant quelque chose ensemble pour ceux qui nous rapprochent davantage du Seigneur. Qui sont-ils ? Ce sont les pauvres parce que Jésus est présent en eux (cf. Mt 25, 40). Partager la charité ouvre des horizons plus larges et aide à marcher plus vite, en surmontant les préjugés et les malentendus ».

Le Saint-Père relève qu’il s’agit d’une caractéristique qui trouve un accueil véritable en Slovaquie où, dit-il, l’on apprend par cœur à l’école une poésie qui contient ce très beau passage : « Lorsque la main étrangère frappe à notre porte avec une confiance sincère : qui que ce soit, s’il vient d’à côté ou de loin, de jour ou de nuit, sur notre table il y aura le don de Dieu à l’attendre » (Samo Chalupka, Mor ho !, 1864).

« Que le don de Dieu soit présent sur la table de chacun afin que, même si nous ne sommes pas encore capables de partager le même repas eucharistique, nous puissions accueillir ensemble Jésus en le servant dans les pauvres », en déduit donc l’évêque de Rome.

Voyage en Hongrie

Le Souverain pontife a célébré la grand-messe solennelle de clôture du 52ème Congrès eucharistique international de Budapest, dimanche 12 septembre, point culminant d’une semaine d’intense prière et réflexion sur le précieux centre de la vie chrétienne : l’Eucharistie.

Le Pape François a invité à passer « de l’admiration stérile » à « l’imitation concrète » de Jésus.

Au moins 75 000 fidèles -chiffre annoncé, variation possible-, nombre de cardinaux et évêques d’Europe centrale, mais aussi le Patriarche œcuménique de Constantinople, ont pris part à la célébration eucharistique sous le ciel bleu de la Place des Héros, au centre de la capitale hongroise.

Dans son homélie, le Pape a indiqué trois voies pour passer de l’admiration à l’imitation de Jésus.

« Aujourd’hui encore, en fixant le regard sur chacun de nous, le Seigneur nous interpelle personnellement : « Mais moi, qui suis-je vraiment pour toi ? Pour toi qui suis-je ? » « C’est une question qui, adressée à chacun de nous, n’exige pas seulement une réponse exacte, de catéchisme, mais une réponse personnelle, de vie », a affirmé d’emblée l’évêque de Rome, précisant que de cette réponse personnelle naissait le renouvellement de la condition de disciple, qui passe par trois moyens : l’annonce de Jésus, le discernement avec Jésus, le cheminement à la suite de Jésus.

L’annonce de Jésus. À ce « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? », Pierre répond que Jésus est le Christ, le Messie. « C’est exact mais incomplet. Il y a toujours le risque d’annoncer une fausse messianité, selon les hommes et non selon Dieu », assure François.

“Il y a toujours le risque d’annoncer une fausse messianité, selon les hommes et non selon Dieu”

Un serviteur crucifié, non pas un messie puissant

C’est pourquoi Jésus commence, à partir de ce moment, à révéler son identité pascale, celle que nous trouvons dans l’Eucharistie, estime le Pape. « Il explique que sa mission culminera, bien sûr, dans la gloire de la résurrection, mais en passant par l’humiliation de la croix. Jésus impose le silence sur son identité messianique, mais pas sur la croix qui l’attend. »

Conscient de « cette annonce bouleversante », le Souverain pontife déclare que nous pouvons être nous aussi stupéfaits. « Nous aussi, nous voudrions un messie puissant au lieu d’un serviteur crucifié. »
La simplicité d’un Pain qui se laisse rompre

« L’Eucharistie se trouve devant nous pour nous rappeler qui est Dieu. Il ne le fait pas par des mots, mais concrètement, en nous montrant Dieu comme Pain rompu, comme Amour crucifié et donné. Nous pouvons ajouter beaucoup de cérémonies, mais le Seigneur est là, dans la simplicité d’un Pain qui se laisse rompre, distribuer et manger. Pour nous sauver, il se fait serviteur ; pour nous donner la vie, il meurt », poursuit l’évêque de Rome.

Deuxième étape du raisonnement du Saint-Père : Le discernement avec Jésus. Face à l’annonce du Seigneur, la réaction de Pierre est typiquement humaine : lorsque la croix se profile, avec la perspective de la souffrance, l’homme se rebelle, explique-t-il, ajoutant : « Et après avoir confessé la messianité de Jésus, Pierre se scandalise des paroles du Maître en tentant de le dissuader d’avancer sur sa voie ». Or, relève le Pape, « La croix n’est jamais à la mode : aujourd’hui comme dans le passé. Mais elle guérit au-dedans », a insisté le Pape.

La part de Dieu, la part du monde

C’est devant le Crucifié que nous faisons l’expérience d’une lutte intérieure bénéfique, l’âpre conflit entre le « penser selon Dieu » et le « penser selon les hommes », détaille le Saint-Père. D’un côté, il y a la logique de Dieu, qui est celle de l’amour humble : « La voie de Dieu rejette toute imposition, toute ostentation et triomphalisme, elle est toujours tendue vers le bien d’autrui, jusqu’au sacrifice de soi », assure le Successeur de Pierre. D’un autre côté, il y a le « penser selon les hommes » : c’est la logique du monde, attachée à l’honneur et aux privilèges, tournée vers le prestige et le succès. C’est l’importance et la force qui comptent ici, ce qui attire l’attention du plus grand nombre et sait se faire valoir devant les autres, vilipende le Pape.

Consacrer du temps à l’adoration

Toutefois, selon François, la différence n’est pas entre qui est religieux et qui ne l’est pas. « La différence cruciale est entre le vrai Dieu et le dieu de notre moi », note-t-il. « Combien celui qui règne en silence sur la croix est loin du faux dieu que nous voudrions voir régner par la force et réduire nos ennemis au silence ! Combien le Christ qui se propose seulement avec amour est différent des messies puissants et vainqueurs adulés par le monde ! Jésus nous secoue, il ne se contente pas de déclarations de foi, il nous demande de purifier notre religiosité devant sa croix, devant l’Eucharistie », s’est exclamé le Pape, proposant d’intensifier l’adoration, afin « que Jésus nous libère de la servitude paralysante de la défense de notre image, qu’il nous inspire à le suivre là où il veut nous conduire ».

Le décentrement libérateur de soi

Enfin, troisième passage pour parvenir à imiter le Christ : Le cheminement à la suite de Jésus. « Le cheminement chrétien n’est pas une poursuite du succès, mais il commence par un certain recul, par un décentrement libérateur, par le fait de se retirer du centre de la vie », indique d’abord François, en vue de passer « de l’admiration stérile du Christ à l’imitation concrète du Christ ».

« C’est là que nous pousse l’Eucharistie : nous sentir un seul Corps, nous rompre pour les autres ». Et le Pape d’exhorter à cette transformation dans l’Eucharistie à l’image « des grands et courageux » saints hongrois, Étienne et Élisabeth.

« Comme eux, ne nous contentons pas de peu ; ne nous résignons pas à une foi qui vit de rites et de répétitions. Ouvrons-nous à la nouveauté scandaleuse de Dieu crucifié et ressuscité, Pain rompu pour donner la vie au monde », développe le Successeur de Pierre, souhaitant que ce 52ème Congrès eucharistique international, point d’arrivée d’un parcours, soit « surtout un point de départ » pour accueillir « le tournant de la grâce ».

Arrivée du Saint-Père à Budapest

L’avion menant le Saint-Père en Hongrie a atterri à l’aéroport international de Budapest. Ainsi débute une matinée dense pour François, avec plusieurs rencontres prévues dans la capitale hongroise, ainsi que la célébration de la Messe de clôture du 52e Congrès eucharistique international. Le Pape reprendra l’avion cet après-midi pour rejoindre la Slovaquie, seconde étape de son voyage.

Après avoir décollé à 6h00 du matin heure locale de l’aéroport de Rome Fiumicino, l’airbus A320 transportant le Pape François, son entourage proche et des 78 journalistes est arrivé à destination à 7h42. Dans une brève salutation aux personnes à bord, le Pape a salué Mgr Guido Marini, Maître des célébrations liturgiques pontificales, et Mgr Dieudonné Datonou, diplomate béninois de la Secrétairerie d’État en charge de l’organisation de ce voyage. Tous deux prennent part à leur dernier voyage apostolique puisqu’ils ont récemment été nommés évêques et devront donc bientôt quitter le Vatican.

À sa sortie de l’avion, le Saint-Père a été accueilli par le nonce apostolique en Hongrie, Mgr Michael A. Blume, par l’ambassadeur de Hongrie près le Saint-Siège, Eduard Habsburg-Lothringen, par le vice-premier ministre hongrois, Zsolt Semjén, et par le cardinal Peter Erdő, archevêque d’Esztergom-Budapest et primat de Hongrie.

Dans les pas des saints Papes Paul VI et Jean-Paul II, le Souverain pontife argentin est le troisième évêque de Rome de l’époque moderne à prendre part personnellement à un Congrès ...

C’est la seconde fois qu’un Souverain Pontife se rend en Hongrie, déjà visitée par saint Jean-Paul II en 1991 et 1996. Le 54e voyage du Pape François sera avant tout un « parcours spirituel », comme l’a souligné devant les journalistes Matteo Bruni en Salle de Presse du Saint-Siège ce jeudi 10 septembre.
Messe en fin de matinée

Une fois arrivé en voiture Place des Héros (Hősök tere), lieu emblématique de la capitale hongroise, François rencontrera le président de la république de Hongrie János Áder, ainsi que le Premier ministre Viktor Orban, au Musée des Beaux-Arts.

C’est dans ces lieux abritant la plus grande collection d’art de Hongrie que le Saint-Père rencontrera aussi l’épiscopat hongrois, à 9h15 heure locale. Un discours est prévu. Suivront toujours entre les murs de ce musée une rencontre avec les représentants du Conseil œcuménique des Églises et quelques communautés hébraïques de Hongrie. Un discours est également prévu.

À 11h30, sur la vaste place monumentale des Héros de Budapest, le Successeur de Pierre célébrera la messe de clôture du 52ème Congrès eucharistique international, ou Statio Orbis.

Puis à 14h00, il retournera vers l’aéroport de Budapest afin de prendre l’avion pour la Slovaquie voisine, où son arrivée à Bratislava est prévue à 15h30.

Le 34ème voyage apostolique du Pape François

Le directeur du Bureau de presse du Saint-Siège, Matteo Bruni, a présenté ce 9 septembre lors d’une conférence de presse le 34ème voyage du pontificat de François, qui aura lieu du 12 au 15 septembre prochain en Hongrie et en Slovaquie. Il a donné quelques clés de lecture pour mieux comprendre ce déplacement.

Le 34ème voyage international du Pape François se veut « un pèlerinage au cœur de l’Europe, au cours duquel le Pape abordera des questions qui touchent l’ensemble du continent », a expliqué ce jeudi Matteo Bruni aux journalistes présents en Salle de Presse. Il s’agira avant tout d’un « parcours spirituel », commençant par l’adoration de l’Eucharistie et se terminant devant Notre-Dame des Douleurs qui, en ce siècle, n’a jamais cessé de veiller sur les terres slaves blessées par le totalitarisme.

À cet égard, il est donc bon « d’éviter de mélanger d’autres types de lectures avec celle qui est plus spirituelle », a déclaré le directeur du Bureau de presse du Saint-Siège, répondant à ceux qui l’interrogeaient sur la rencontre du Souverain Pontife avec le Premier ministre Viktor Orbán, dimanche matin, avant la messe de clôture – aussi appelée Statio Orbis - du Congrès eucharistique mondial sur la place des Héros. « Il s’agit d’une rencontre avec les plus hautes autorités du pays, et évidemment parmi elles se trouve Orbán », a ajouté Matteo Bruni, expliquant que la présence du Premier ministre avec sa famille à la messe papale « sera confirmée par les Hongrois ».

« Il s’agit d’un pèlerinage en l’honneur du Saint-Sacrement », a-t-il poursuivi, rappelant que la genèse de ce voyage remonte précisément au désir du Pape d’être proche des centaines d’hommes et de femmes qui, depuis dimanche dernier, participent au Congrès eucharistique.

« La Hongrie a ensuite ouvert les portes de la Slovaquie », a rappelé Matteo Bruni. Le Pape lui-même, lors de la conférence de presse sur son vol de retour d’Irak en mars dernier, avait expliqué qu’il avait été conseillé par l’un de ses collaborateurs de passer de Budapest à Bratislava, qui est « à deux heures de voiture ». Une courte étape hypothétique qui s’est transformée en un voyage de soixante-douze heures dans les principales villes de cette région d’Europe centrale et orientale, dont beaucoup avaient déjà été visitées par Jean-Paul II lors de trois voyages : en 1991, 1996 et 2003, deux ans avant sa mort.

À cette époque, le Pape Wojtyla avait appelé l’Église et les communautés chrétiennes à participer à la reconstruction d’une société qui se remettait lentement des horreurs du nazisme et des « erreurs et souffrances » du régime communiste. Un scénario différent de celui que François rencontrera la semaine prochaine, cependant, « les peuples et les terres sont les mêmes » et dans l’âme de nombreux hommes et femmes, les blessures de ces années sombres pèsent encore lourdement. « Le Pape visite des peuples qui ont souffert d’un régime répressif de la foi et de la liberté religieuse », y compris des évêques, des prêtres, des religieuses, des laïcs emprisonnés, torturés, martyrisés, des prêtres ordonnés en secret dans les usines où ils étaient employés, mais aussi « des chrétiens fiers d’avoir résisté, parfois jusqu’au sang, au mal et à la persécution ».

Par le souvenir de personnalités tels que le cardinal hongrois József Mindszenty (1892-1975) ou le cardinal slovaque Ján Chryzostom Korec (1924-2015), pilier de l’Église slovaque dite clandestine, le Saint-Père voudra tourner son regard « vers l’avenir de l’évangélisation et de la mission ». C’est pourquoi il rencontrera les jeunes d’abord, puis les représentants des autres confessions chrétiennes et des autres religions, au cours de journées intenses, avec un total de sept discours, trois homélies, un salut et un Angélus, tous prononcés en italien.

« La souffrance et le martyre ont uni mais aussi divisé les différentes confessions, c’est pourquoi les rencontres œcuméniques sont importantes », a souligné Matteo Bruni. Toutes deux se tiendront le premier jour, dimanche 12 septembre : la première le matin avec des représentants du Conseil œcuménique des Églises, à Budapest, au Musée des Beaux-Arts ; l’autre, l’après-midi, à la nonciature de Bratislava.

Tout aussi importante dans cette visite papale, a souligné le directeur du Bureau de Presse du Saint-Siège, sera la rencontre avec les communautés juives, elles aussi héritières d’une longue histoire de souffrance aggravée par les déportations du régime nazi, qui ont réduit une communauté comptant auparavant 246 000 membres à 20 000 après la guerre. Parmi eux, 15 000 ont vécu à Bratislava jusqu’en 1940, et seuls 3 500 survécurent, voyant leur patrimoine architectural détruit après la Seconde Guerre mondiale et se heurtant à l’indifférence et à l’hostilité. Seuls les changements politiques qui ont suivi la chute du communisme en 1989 ont conduit à une renaissance de la vie juive. La communauté que le Pape rencontrera le 13 septembre sur la place Rybné námestie, où se trouve un mémorial de l’Holocauste, est une communauté très active, promouvant des activités religieuses, culturelles, éducatives et sociales.
Santé, covid-19 : la prudence habituelle

Matteo Bruni a également répondu aux questions des journalistes sur les éventuelles mesures particulières prévues pendant le voyage, suite à la récente opération que le Saint-Père a subie au côlon : « Il n’y a pas de mesures particulières, mais la prudence habituelle. Comme toujours, il y a un médecin et quelques infirmières à bord », a-t-il déclaré. Aux côtés du Pape François, se trouveront également les responsables de la Secrétairerie d’État ainsi que les cardinaux Leonardo Sandri (Églises orientales), Miguel Ángel Ayuso Guixot (Dialogue interreligieux) et Kurt Koch (Unité des chrétiens), et, comme le veut la tradition, un employé du Vatican, cette fois un employé du Gouvernorat.

Quant aux mesures contre la Covid-19 durant ce voyage - selon des données non officielles, il y a 200 cas de contagion par jour en Slovaquie -, et notamment la suppression de l’obligation du pass sanitaire pour participer aux célébrations du Pape, Matteo Bruni a précisé : « Ce sont des décisions des autorités locales, je peux imaginer qu’elles ont pris toutes les mesures nécessaires ».



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