509 - La sainteté en famille

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• FÊTE DE LA SAINT-MICHEL AU FRANÇOIS • DERNIERS VŒUX JÉSUITES DE PÈRE M. GRANDIN • VISITE PASTORALE N° 509 REVUE DIOCÉSAINE — BIMENSUEL — 2,00 € — 25 octobre 2015

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Editorial S aints Louis et Zélie Martin ! La sainteté est à la portée de\ s familles qui ont maintenant comme modèles les époux Martin, canonisés ensemble, le 18 octobre 2015, par le pape François. Ce sont les paren\ ts de Sainte Thérèse de Lisieux (bien connue sous le nom de Sainte T\ hérèse de l’Enfant-Jésus). L’Eglise a vécu cet événement extraordinaire dans le cadre du\ Synode des évêques sur la famille, qui se clôture ce dimanche 25 octobre, \ à Rome. La famille qui marche sur la voie du Seigneur est fondamentale dans le témoignage de l’amour de Dieu, et mérite donc tout l’engagement dont l'É\ glise est capable, affirmait le Saint-Père, à l’audience générale du 9 octob\ re dernier. La vie de famille, nous en faisons tous l’expérience. Lieu d’é\ panouissement, lieu où se transmettent les valeurs fondamentales, école de la foi\ … la famille est en crise. Elle était donc au cœur d’une longue ré\ flexion qui, nous l’espérons fortement, portera des fruits de paix et de vér\ ité. A l’approche de la fête de tous les saints, remercions notre pape \ François d’avoir donné, pour la première fois, à l’Eglise et au mo\ nde, de saints époux et parents comme modèles et protecteurs de toutes les familles… et de nous rappeler combien le mariage est un chemin de sainteté. Nul n’aura quitté, à cause de moi et de l’Evangile, une mais\ on, des frères, des sœurs, une mère, des enfants ou une terre sans qu’il reçoive\ , en ce temps déjà, le centuple : maison, frères, sœurs, mère, enfants et terre, a dit Jésus (Mc,10,30). Le père Manuel Grandin a tout quitté pour entrer dans la grande famille des jésuites. Il s’engagera définitivement dans la Compagnie de Jé\ sus, fondée par saint Ignace de Loyola, en prononçant ses derniers vœux, le sa\ medi 31 octobre 2015, à Saint-Denis. Il a accepté de nous en parler. Ce sont les Arlésiens et les Franciscains qui ont reçu Mgr Macaire\ , à l’occasion de ses récentes visites pastorales... Ambiance fraterne\ lle et chaleureuse au rendez-vous, comme d’habitude. Dans cette édition, \ nous nous faisons l’écho de nombreux mouvements pastoraux qui ont fait\ leur rentrée, ou qui souhaitent apporter des informations au niveau des le\ cteurs. Concernant notre dossier intitulé « Le chrétien a-t-il le droit\ d’être ambitieux ? », vos témoignages ont permis d’enrichir le débat. C’est le père Benjamin François-Haugrin, curé de la paroisse de Riviè\ re-Salée, qui l’a introduit avec le Parcours Zachée, un temps de formation spirituelle permettant de développer un véritable «art de vivre chrétien\ ». L’Evangile d’aujourd’hui nous inspire cette demande : Seigneur, écarte ce qui nous aveugle et nous empêche de te suivre en toute liberté. Pr\ ends pitié de nous ! Justine Lordinot n DIRECTEUR DE LA PUBLICATION P. Luc Philippon, DEI REDACTRICE EN CHEF Justine Lordinot MISE EN PAGE – IMPRESSIONCaraïb Ediprint – Bois Quarré 97232 Lamentin – Tél. 05 96 50 28 28 TIRAGE : 8 000 EXEMPLAIRES I.S.S.N. 0759-4895 Commission paritaire N° 1115L87225 ADMINISTRATION – RÉDACTION Archevêché de la Martinique Rue du R.P. Pinchon – 97200 Fort de France Tél. 05 96 63 70 70 SERVICE DES ABONNEMENTS Archevêché de la MartiniqueBoîte Postale 586 97207 Fort de France Cedex Tél. 05 96 63 70 70 – 05 96 72 55 04 http://martinique.catholique.fr egliseenmartinique@orange.fr Editorial Mot de l'Evêque • L’ambition de la sainteté Eglise universelle • Canonisation de Louise et Zélie Martin • La Toussaint et la Commémoration des fidèles défunts Liturgie • Parole dominicale Dossier : Le chrétien a-t-il le droit d'être ambitieux ? • Le Parcours Zachée • Témoignages Vie du diocèse • Visites pastorales de Mgr Macaire aux Anses d'Arlet… • … et au François • Les derniers voeux jésuites de père Manuel Grandin • Agenda de l’Archevêque • Les Chrétiens dans le Monde du Travail ont fait leur rentrée • Fête de la Saint-Michel au François • Le Secours Catholique vient en aide à nos frères de La Dominique • Le Renouveau Charismatique en Martinique • De retour de la Province ecclésiastique autour de la famille Société • Les soins palliatifs, une proposition d’avenir Médias numéro 509 S ommaire 2 3 numéro 509 SS • FÊTE DE LA SAINT-MICHEL AU FRANÇOIS • DERNIERS VŒUX JÉSUITES DE PÈRE M. GRANDIN • VISITE PASTORALE N° 509 REVUE DIOCÉSAINE — BIMENSUEL — 2,00 € — 25 octobre 2015 5 6 10 77 8 4 12 14 15 1616 17 18 20 21 22 23

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L’ambition de la sainteté M algré tous les efforts des pasteurs, la sainteté continue de paraître comme un phénomène éloigné de notre réalité quotidienne. Quel dommage ! De tout temps, l’Eglise a pris soin, à travers le culte des saints, de montrer au monde que les saints étaient des femmes et des hommes comme tous les autres, de toutes conditions, de toutes races, langues et nations. Récemment, depuis saint Jean Paul II, les papes ont tenu à multiplier les béatifications et canonisations, montrant aussi que la sainteté n’est pas un phénomène ancien, mais une réalité contemporaine et courante dans la vie de l’Eglise. Presque banale, en tout cas « normale », dès lors que les moyens de salut donnés par le Christ sont mis en œuvre. Les saints sont donc nos frères, ils sont comme nous, ils nous ressemblent et nous leur ressemblons. Le Catéchisme de l’Eglise Catho- lique indique que "l'appel à la plénitude de la vie chrétienne et à la perfection de la charité s'adresse à tous ceux qui croient au Christ, quels que soient leur rang et leur état". Tous sont appelés à la sainteté: ‘Soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait’ (Mt 5,48) (CEC 2013). Et pourtant, reconnaissons-le : nous avons peur d’être des saints ! Dans notre conception spontanée, un saint est un religieux austère, privilégié de grâce mystique, environné de phénomènes surna- turels et souffrant d’atroces supplices pour l’honneur de Dieu. Nous pensons, en fait, qu’un saint est un extraterrestre qui ne sait pas s’amuser, se détendre et prendre la vie du bon côté. Nous croyons qu’un saint est forcément un surdoué de la morale et de l’ascèse. Au final, c’est un personnage éloigné, hors du temps, de l’espace et de la vie. Il est vrai que la vitrification de la figure des saints et la pétrification de leurs personnes dans nos sanctuaires nous ont plus ou moins fait croire que les saints étaient des demi-dieux ! Quelle erreur que de penser que les saints sont admirables mais pas imitables ! Ce genre de fausse propagande n’a pour résultat que de nous faire choisir la médiocrité d’une vie chrétienne bien rangée, sans choix radical, une vie chrétienne juste assez correcte pour qu’on puisse tranquillement se regarder dans son miroir le matin et aller communier le dimanche. C’est une vie chrétienne sans le désir d’être saint, sans le désir de la Vie éternelle, sans le désir de Dieu, juste le désir d’être « une bonne personne ». Nous n’avons pas l’ambition d’être des saints ! Pour cette raison, nos églises sont remplies de « bonnes personnes » qui n’ont pas envie d’être des saints. Pour cette raison, nos communautés n’accueillent pas les brigands et les prostituées qui, certes, ne sont pas de « bonnes personnes », mais peuvent, autant que les autres, devenir saints. Pour cette raison, nos jeunes nous quittent parce que nous ne les faisons pas rêver, parce qu’ils ne sont pas attirés par une vie chrétienne si fade. A tous, il faut proclamer que ce ne sont pas des bonnes personnes que Dieu veut, mais des saints. Et il peut en « fabriquer » avec des gens bien comme avec des pécheurs : il suffit de Lui en demander la grâce ! Car le monde attend le passage des saints. De tous, on attend la sainteté, la fidélité jusqu’à la mort au Christ, notre Dieu. Ils en sont capables, par la grâce. En représentant ces femmes et ces hommes sur les vitraux et les autels de nos églises, la culture catholique n’a d’autre ambition que de les montrer proches de nous. Proches de nous et proches de Dieu ! Une manière de nous dire que la sainteté est à la portée de tous, de nos proches, de nos jeunes, de nos anciens, de nos voisins et même à notre portée ! Par-dessus tout, ce que l’Eglise proclame à travers le culte des saints, ce n’est pas la glorification de telle ou telle personne dans un but politique. Ce que l’Eglise proclame, c’est la Gloire de Dieu. En effet, s’il n’y avait pas de saints, ce serait un véritable échec du projet de Dieu. N’y aurait-il aucun homme à être sauvé, alors que le Père a déployé tous les trésors de la grâce pour nous faire Miséricorde, alors que le Fils s’est fait chair pour nous faire passer des ténèbres à son admirable lumière, alors que l’Esprit qui renouvelle toute chose a été répandu sur l’Eglise ? Comment être chrétien sans proclamer la victoire de notre Dieu dans la vie de tant d’hommes et de femmes parvenus à la sainteté à travers les faiblesses du genre humain et les tentations de notre existence ? + David Macaire Archevêque de Saint-Pierre et Fort-de-France n ÉGLISE EN MARTINIQUE du 25 octobre 2015 / n°509 33 Mot de l'Evêque

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Eglise universelle ÉGLISE EN MARTINIQUE du 25 octobre 2015 / n°509 4 I ls ont été déclarés saints le 16 octobre 2015 par le pape François. Louis et Zélie Martin ne seront pas canonisés parce qu’ils sont les parents de sainte Thérèse, dont le pape Pie X disait qu’elle était « la plus grande sainte des temps modernes ». Ils sont devenus saints parce qu’ils ont fait de leur vie ordinaire quelque chose d’extraordinaire. C’est ce que les procès de béatification et de canonisation ont démontré, ainsi que les études minutieuses des deux miracles de Pietro et de Carmen. Si l’Eglise aujourd’hui les canonise, c’est parce qu’ils sont un exemple pour nous. En effet, pour la première fois dans l’histoire, les époux seront canonisés ensemble et non pas séparément. L’Eglise propose donc ce modèle aux couples et aux familles. Mais qu’ont-ils donc fait ? Rien qui ne soit exceptionnel si ce n’est qu’ils ont vécu la sainteté dans leur vie de tous les jours. Ils ont mis Dieu à la première place et c’est en Lui qu’ils puisaient leur force pour vivre chaque jour l’Evangile. Zélie écrivait dans une de ses lettres : « Je veux devenir une sainte, ce ne sera pas facile, il y a bien à bûcher et le bois est dur comme une pierre. Il eût mieux fallu m’y prendre plus tôt, pendant que c’était moins difficile, mais enfin ‘mieux vaut tard que jamais ». Ils se savaient faibles, pécheurs, c’est pourquoi ils savaient avoir besoin de l’aide de Dieu. Leur vie s’enracinait dans la prière, celle en famille aussi, la messe quotidienne à 5h30 du matin, la confession, l’amour du prochain et des plus pauvres… On pourrait penser que ce couple bourgeois du XIX ème siècle menait une vie sans encombre, leur ouvrant facilement le chemin de la sainteté. Ce fut au contraire une famille éprouvée, qui connut la souffrance et l’offrit à Dieu. Mariés en 1858, ils eurent neuf enfants, dont quatre sont morts en bas âge. Au décès d’Hélène, âgée de 5 ans, la maman écrit dans une lettre : « Quand Louis est rentré et qu’il a vu sa pauvre petite fille morte, il s’est mis à sangloter en s’écriant : ‘ma petite Hélène, ma petite Hélène !’ Puis nous l’avons offerte ensemble au Bon Dieu ». Dans toutes les difficultés, ils s’efforçaient de faire confiance et de s’en remettre au Bon Dieu. Ainsi tout aussi bien dans les problèmes d’éducation que leur posait Léonie, que dans le travail ou l’épreuve de la maladie : « Le mieux est de remettre toutes choses entre les mains du Bon Dieu et d’attendre les évènements dans le calme et l’abandon à Sa volonté. C’est ce que je vais m’efforcer de faire ». Zélie mourut à 46 ans des suites douloureuses d'un cancer. Louis vit ses filles entrer dans la vie religieuse et vécut lui aussi l'épreuve de la maladie jusqu'à sa mort à l'âge de 71 ans. n La canonisation d’un couple exemplaire « Joie dans le ciel pour cette famille, joie sur terre pour l’Egli\ se entière » Louis et Zélie Martin avaient été déclarés "vénérables" par Jean Paul II le 26 mars 1994, et béatifiés à Lisieux le 19 octobre 2008. Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus disait d'eux « Le Bon Dieu m’a donné un père et une mère plus dignes du Ciel que de la terre » (lettre 261 du 26 juillet 1897). Quelques dates clés 22 mars 1957 : Ouverture à Bayeux du procès pour Louis Martin. 10 octobre 1957 au 21 janvier 1959 : Instruction du procès pour Zélie Martin, au diocèse de Séez. 3 juillet 2008 : Reconnaissance par le pape Benoît XVI, de la guérison miraculeuse du petit Pietro Schilirò, né à Milan, en 2002. 19 octobre 2008 : Les parents Martin sont proclamés Bienheureux à Lisieux. 18 mars 2015 : Le pape François ordonne la promulgation du décret reconnaissant le miracle de la guérison de la petite Carmen (Valence, Espagne). 18 octobre 2015 : Canonisation du couple Martin, à Rome.

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La Toussaint et la Commémoration des fidèles défunts, à la fois \ séparées dans le calendrier liturgique et en même temps articulées par leur enchaînement, manifestent, d’une part avec tous les saints et de l’autre avec tous les fidèles défunts, ce même Salut inauguré par le Christ mort et ressuscité. La Toussaint et la Commémoration des fidèles défunts La Toussaint C omme son nom l’indique, la Toussaint est la fête de tous les saints. Chaque 1 er novembre, l’Église honore ainsi la foule innombrable de ceux et celles qui ont été de vivants et lumineux témoins du Christ. Si un certain nombre d’entre eux ont été officiellement reconnus, à l’issue d’une procédure dite de «canonisation», et nous sont donnés en modèles, l’Eglise sait bien que beaucoup d’autres ont également vécu dans la fidélité à l’Evangile et au service de tous. C’est bien pourquoi, en ce jour de la Toussaint, les chrétiens célèbrent tous les saints, connus ou inconnus. Cette fête est donc aussi l’occasion de rappeler que tous les hommes sont appelés à la sainteté, par des chemins différents, parfois surprenants ou inattendus, mais tous accessibles. La sainteté n’est pas une voie réservée à une élite : elle concerne tous ceux et celles qui choisissent de mettre leurs pas dans ceux du Christ. La vie des saints constitue une véritable catéchèse, vivante et proche de nous. Elle nous montre l’actualité de la Bonne Nouvelle et la présence agissante de l’Esprit-Saint parmi les hommes. Témoins de l’amour de Dieu, ces hommes et ces femmes nous sont proches aussi par leur cheminement – ils ne sont pas devenus saints du jour au lendemain – par leurs doutes, leurs questionnements… en un mot : leur humanité. La Toussaint a été longtemps célébrée à proximité des fêtes de Pâques et de la Pentecôte. Ce lien avec ces deux grandes fêtes donne le sens originel de la fête de la Toussaint : goûter déjà à la joie de ceux qui ont mis le Christ au centre de leur vie et vivre dans l’espérance de la Résurrection. Le texte des Béatitudes, qui est l’Evangile lu au cours de la messe de la Toussaint, nous dit à sa manière, que la sainteté est accueil de la Parole de Dieu, fidélité et confiance en Lui, bonté, justice, amour, pardon et paix. Quand Jésus vit toute la foule qui le suivait, il gravit la montagne. Il s’assit, et ses disciples s’approchèrent. Alors, ouvrant la bouche, il se mit à les instruire. Il disait : Heureux les pauvres de cœur : le Royaume des cieux est à eux ! Heureux les doux : ils obtiendront la terre promise ! Heureux ceux qui pleurent : ils seront consolés ! Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice: ils seront rassasiés ! Heureux les miséricordieux : ils obtiendront miséricorde ! Heureux les cœurs purs : ils verront Dieu ! Heureux les artisans de paix : ils seront appelés fils de Dieu ! Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice : le Royaume des cieux est à eux ! Heureux serez-vous si l’on vous insulte, si l’on vous persécute et si l’on dit faussement toute sorte de mal contre vous, à cause de moi. Réjouissez-vous, soyez dans l’allégresse, car votre récompense sera grande dans les cieux ! (Matthieu 5,1-12a) La commémoration des fidèles défunts Le 2 novembre, l’Église catholique met tous les défunts au cœur de sa prière liturgique. Cette fête liturgique est à la fois une journée de commémoration et une journée d’intercession ; on fait mémoire des défunts et on prie pour eux. On prie pour les défunts car ils ont besoin d’une purification pour être pleinement avec Dieu. Notre prière peut les aider dans leur épreuve de purification, en vertu de ce qu’on appelle "la communion des saints". La communion des saints, c’est la communion de vie qui existe entre nous et ceux qui nous ont précédés. Il y a, dans le Christ, mort et ressuscité, un lien mutuel et une solidarité entre les vivants et les morts. Source : http://www.eglise.catholique.fr/ n ÉGLISE EN MARTINIQUE du 25 octobre 2015 / n°509 5

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 25 octobre 2015 / n°509 6 L a P arole D ominicale Dimanche 25 octobre 2015 Jérémie 31,7-9 • Ps 125 • Hébreux 5,1-6 • Marc 10,46-52 V a, ta foi t’a sauvé. Telle fut la réponse donnée par Jésus à Bartimée l’aveugle présenté dans l’Evangile de ce jour. Frères et sœurs, fils et filles bien aimés de Dieu, l’évangéliste Marc nous présente un homme dans une situation d’extrême fragilité. Cet homme est aveugle et son handicap le rend dépendant des siens, de l’autre. Il ne peut rien par lui-même et doit compter sur la providence et la sollicitude de tout un chacun. Cependant, Bartimée est aveugle mais pas sourd. Son infirmité le maintient, certes, en marge de tout. Il est comme un exilé au bord de la route. Mais il entend et sait ce qui se passe. Il a entendu parler de Jésus. Et son cri, Fils de David, Jésus, prends pitié de moi, est une profession de foi ! Cet itinéraire de vie décrit dans l’Evangile est celui de tout croyant. Aujourd’hui, notre Seigneur nous interpelle et nous dit : Qu’as-tu fait de ton baptême ? Où est ta foi ? La pédagogie du Seigneur est toujours la même. Ce texte s’inscrit juste après ceux des dimanches précédents, c'est-à-dire, au moment où Jésus, montant vers Jérusalem, annonce pour la troisième fois à ses disciples sa passion, sa mort et sa résurrection. L’Evangile de ce jour met le doigt sur ce qui est la faille de l’existence de l’Homme pour suivre Jésus, et marcher à la suite des disciples. Aujourd’hui encore, à travers cet Evangile, nous entendons le Christ nous dire, à l’instar du jeune homme riche, une seule chose te manque, va, vends tout ce que tu as et suis-moi. Cependant, nous en sommes encore dans notre petite Martinique avec nos histoires de blancs, de noirs, de békés, de nègres. Qu’avons-nous fait de notre baptême ? Où est notre foi ? Sommes-nous prêts à soutenir notre Eglise même quand le message qu’elle donne nous dérange. Sommes-nous prêts à nous déclarer chrétiens face à des détracteurs de l’Eglise catholique ? Sommes-nous prêts à intervenir face à une injustice ? ou disons-nous : ce n’est pas mon problème, je ne veux pas avoir de problèmes, j’en ai déjà assez. En définitif, frères et sœurs, sommes- nous prêts à renoncer à nous-mêmes, à prendre notre croix et à suivre le Christ ? Face à cette question nous sommes tentés de dire OUI, mais dans les faits que faisons-nous ? Au cri d’appel de Bartimée, le Christ va répondre en faisant appel à l’autre : «appelez-le». Il renverse la situation, et c’est la foule qui faisait taire l’aveugle qui l’encourage maintenant : confiance, lève-toi ; il t’appelle. C’est là, dans ce genre de situation, que le Seigneur a besoin de chacun d’entre nous. Mais nous avons peur. Quand le Seigneur nous met dans le cœur d’aller faire une correction fraternelle, nous avons peur ; nous disons : mais si je vais voir le frère ou la sœur, et qu’il me fait honte devant tout le monde . Nous avons peur de la honte. Le Christ, quand il a été humilié, avait-il peur ? Quand nous mettons la destination sur notre GPS de la foi comme étant le Christ, avons- nous honte ? Avons-nous peur ? On ne se met pas au service de la communauté mais on sait faire des «coups de gueule» sur les ondes. Le plus simple aurait été d’aller voir le frère ou la sœur. Mais nous avons peur et nous n’affrontons pas l’autre, notre frère. Qu’avons-nous fait de notre baptême ? Où est notre foi ? Aujourd’hui encore le Seigneur nous dit comme à Bartimée : Que veux-tu que je fasse pour toi ? Il nous rappelle que nous serons sauvés par la foi que nous mettons en Jésus- Christ. Alors, frères et sœurs, gardons fermement notre espérance en Dieu notre Sauveur et prions le Maître de la vie. Demandons-lui de renouveler en chacun de nous son Esprit-Saint, de renforcer en nous la foi, afin que nous prenions conscience des promesses de notre baptême, et que nous acceptions les conséquences qui en découlent. Amen. Paul Rougon, Diacre permanent n 30 ème Dimanche du Temps Ordinaire Année B

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I l se déroule en deux parties, où l'on découvre des thèmes de la doctrine sociale de l'Eglise. La première est "La Boussole", avec quatre thèmes, qui sont : Acteur de la création, Pour servir le Bien commun, Un usage juste de la propriété, Une option préférentielle pour les pauvres. La deuxième partie "Le Compas" propose quatre autres thèmes qui sont : Exercer l'autorité, Participer à la communauté, Unité et liberté, Un art de vivre chrétien. Le Parcours m'a permis d'accompagner des chrétiens qui, ayant des responsabilités dans la société, s'interrogent sur la compatibilité de leurs décisions avec l'Evangile…" Faut-il oublier son baptême lorsque l'on doit prendre des décisions qui auront des conséquences sur la vie des autres ?". Il était important de réhabiliter le travail qui, dans le livre de la Genèse, est marqué du sceau de la souffrance et la pénibilité après le péché originel. Il fallait également guérir notre mémoire martiniquaise traumatisée par le travail forcé des esclaves. Par conséquent, l'objectif était d'aider mes frères et sœurs chrétiens à sortir d'une vision négative du travail, en leur faisant écouter une bonne nouvelle de Dieu au sujet de l'activité humaine. Dans le projet de Dieu au début de la création avec Adam et Eve, "être au travail" n'est donc pas une malédiction, mais une bénédiction, un véritable chemin de sainteté. \ A ce jour, j'ai lancé deux Parcours, cela en collaboration avec la communauté de l'Emmanuel et sa responsable, Elise Rubal : le premier en décembre 2011, sur la paroisse de Saint-Esprit, avec les encouragements du regretté Mgr Gaston Jean-Michel, et le second en mars 2013, sur la paroisse de Rivière-Salée. Le Parcours se déroule sur huit mois. Les paroisses du Lorrain, de Redoute et des Terres-Sainville ont également accueilli un Parcours Zachée. Ceux qui ont suivi le Parcours peuvent témoigner que celui-ci a été pour eux une révélation. Ils ont découvert que Dieu leur donnait rendez-vous dans leur activité, et qu'il ne fallait pas la fuir mais, au contraire, le mettre au cœur de celle-ci. Par le biais du Parcours, la doctrine sociale de l'Eglise (DES) est devenue pour les Zachéens et les Zachéennes (ceux et celles qui ont fait le Parcours) un chemin vers Dieu, un parcours de transformation personnelle, mais également pour la société. Le Parcours Zachée nous rappelle l'urgence de mettre Jésus au cœur de nos activités humaines, et notamment au travail, de donner un sens à nos actions et de les orienter vers le bien. Se laisser transformer par le Christ pour ensuite transformer le monde, enraciner nos décisions sur les commandements de Dieu, évaluer leurs conséquences en priorité pour les plus fragiles d'entre nous, c'est toute la pédagogie du Christ. Au Parcours Zachée, les chants de louange au début des rencontres nous mettent dans de bonnes dispositions pour accueillir l'enseignement qui dure environ une heure quinze. Quinze jours après, nous nous retrouvons en groupe de partage pour échanger autour des exercices pratiques proposés dans le manuel. Chaque rencontre se termine par un partage, qui permet de créer un climat convivial et fraternel entre les participants et créer ainsi une vraie communauté. Le groupe des participants a pu se connaître et tisser des liens d'amitié, une vraie expérience de vie communautaire. Sur la paroisse de Rivière-Salée, nous avons pour projet de garder le lien entre Zachéens, avec la mise en place du "Réseau Zachée" , afin de continuer l'évangélisation à travers un site Internet. Le Parcours Zachée est une porte d'entrée vers une catéchèse, à partir de la doctrine sociale de l'Eglise (DSE), pour les chrétiens qui s'interrogent sur la nécessité de leur participation à la construction de leur communauté en accédant aux responsabilités, sociales, économiques et politiques. Au soir de notre vie, le Seigneur nous dira : Qu'as-tu fait des talents que je t'ai donnés ? Comme dans : "La Parabole des talents" (Mt 25,14-30), notre joie sera de lui dire : " Maître, j'en ai gagné d'autres". N'ayons pas peur, ne cachons pas sous terre les talents que Dieu nous a donnés, ayons l'ambition de les faire fructifier, soyons serviteurs là où le Seigneur nous appelle. \ P. Benjamin François-Haugrin Curé de la paroisse de Rivière-Salée, Grand-Bourg et Petit-Bour g n Dossier : Le chrétien a-t-il le droit d'être ambitieux ? ÉGLISE EN MARTINIQUE du 25 octobre 2015 / n°509 7 Le Parcours Zachée est l'œuvre de Pierre-Yves Gomez, membre de la communauté de l'Emmanuel. Je l'ai découvert, le 15 août 2011, dans la librairie du sanctuaire Notre-Dame du Laus, à Gap, en France. Le Parcours Zachée

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Dossier : Le chrétien a-t-il le droit d'être ambitieux ? ÉGLISE EN MARTINIQUE du 25 octobre 2015 / n°509 8 Marie-Alice Palcy On apparente souvent, voire toujours, l'ambition au désir d'être le premier, ce qui dans notre culture judéo-chrétienne est très mal perçu. Jésus lui-même ne nous rappelle-t-il pas que nous devons être des serviteurs ? Que nous ne devons pas chercher à être les premiers ? Comment, dès lors, tolérer l'idée même de l'ambition? Mais n'avons-nous pas une façon très restrictive de comprendre les choses ? Nous prenons peut-être le risque d'un amalgame pernicieux et… hypocrite ! En fait, si l'ambition consiste à nuire aux autres pour être sur un piédestal, si elle est destructrice et se cantonne à posséder pour paraître, elle n'est pas de Dieu. La fin ne justifie jamais les moyens. Mais si nous ne confondons pas service et servilité, nous accepterons l'idée que le chrétien est par vocation un "être ambitieux". En effet, il veut aller au ciel vivre auprès de Dieu ! Il veut ETRE PARFAIT ! Quelle ambition ! Dieu veut que nous soyons "la tête et non la queue". Impossible dans la médiocrité... Nous avons la mission de "montrer Jésus" dans ce monde imparfait. Immense projet : c'est là notre ambition ! Sabine Andrivon-Milton L’ambition n’est pas incompatible avec la foi chrétienne. L’ambition est insufflée par le Seigneur qui te donne des idées, te guide et t‘ouvre les portes pour arriver à l’objectif qu’il t’a fixé car, au fond, c’est lui qui te donne l’intelligence pour réussir. Lorsqu’on a atteint son objectif, il faut rester humble. Par contre, si tes ambitions sont orientées vers des choses malsaines (donc non insufflées par le Seigneur), ou qui ne sont pas à la gloire de Dieu, il est certain que tu n’y arriveras pas, et que tu auras de nombreux obstacles à affronter, et que tu ne seras pas heureux même si tu parviens un jour à assouvir ton désir. L’homme peut désirer quelque chose, mais ce désir ne doit pas devenir une obsession, car l’obsession fait oublier ou délaisser tout le reste (famille, amis, Dieu…), et modifie souvent les comportements. On devient agressif, renfermé, suspicieux et parfois méchant. Le chrétien a le droit d’être ambitieux, mais il ne doit pas désirer une chose qui fera du mal à quelqu’un ; au contraire, cette chose doit lui permettre de servir l’autre. Lindsay Alcindor (16 ans) Je pense que le chrétien a le droit d'être ambitieux comme toute autre personne, car pour réussir sa vie, il faut croire en Dieu, en ses capacités, mais il faut aussi avoir de l'ambition ; ce n'est pas parce qu'on est chrétien, qu’on n’a pas le droit d'être ambitieux, sauf si cette ambition n'est pas dans le but de faire quelque chose de bien. Marie-France Delblond L'ambition, selon la définition du monde, est le désir de gloire, de réussite sociale et de tout ce qui peut honorer l'amour propre. L'ambition du chrétien est de mettre ses talents au service de ses frères, et comme le Christ, servir et non être servi. Le problème n'est pas l'ambition, mais la "mondanité" et tout ce qu'elle engendre. Le pouvoir grise car l'ambition finit toujours par prendre le dessus, et détourner l'homme de ses bonnes intentions. C'est la raison pour laquelle, dans ses choix, le chrétien doit faire preuve de discernement et de bon sens. L'ambition pour un chrétien, ce serait d'arriver à la perfection pour plaire au Créateur, et ainsi accéder à la vie éternelle. Monique Idoménée (15 ans) Je pense que le chrétien a le droit d'être ambitieux, à condition que ses ambitions soient au service de ses frères, et qu’il se laisse éclairer par Dieu ; car c'est Lui qui nous guide et nous permet de réussir. Cindy Doré (34 ans) Le chrétien a le droit d’être ambitieux. Nous sommes tous « unique » et le Seigneur a donné à chacun des dons, du charisme, et la capacité d'accomplir les choses. Comme l'a dit Mgr Macaire, arrêtons d'être des chrétiens "tchòlòlò". Maintenant il est important que nos ambitions, nos désirs, soient tournés vers Dieu, pour que sa volonté seule s'accomplisse. Témoignages…

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 25 octobre 2015 / n°509 9 Erika du Lamentin (20 ans) Je pense que si je veux me réaliser pleinement, il me faut tirer le meilleur parti de tout ce que j’ai reçu de mes parents, de ma famille élargie, des personnes que j’ai rencontrées, des personnes qui m’ont formée, dans le but de partager et de me donner aux autres pour faire avancer le monde. Avoir de l’ambition, dans ce cas, me semble être une bonne chose surtout si j’ai une conscience morale qui joue les gendarmes pour m’empêcher de faire n’importe quoi, à n’importe quel prix pour réussir, comme vendre de la drogue, par exemple. Si c’est pour perdre mon âme, la réussite n’a aucun intérêt pour moi. Mais le respect de la Parole de Dieu et l’aide de l’Esprit- Saint me permettent de discerner ce qui motive mon ambition, et cela m’empêche de déraper. Chantale Namilos Parfaitement. Vu qu'il y a toutes sortes d'ambition, il faudrait bien se situer et faire le bon choix pour ne pas tomber dans la présomption. Oui, dès qu'il s'agit d'une saine et sainte ambition pour Jésus ou pour montrer Jésus ; ce qui n'a rien à voir avec le "faire-voir" ou l'intention de présenter un succès à titre personnel, ou de la prétention d'être chrétien. Oui la bonne ambition convient très bien au chrétien, dès l'instant où la réussite est noble pour la glorification de l'Eglise, pour la Gloire de Dieu et le Salut des âmes. Toute ambition doit tendre vers l'Objectif de la vie Éternelle ; c'est la Parole qui invite à l'être : "Soyez parfaits comme votre Père Céleste est Parfait". Et, ce que Dieu veut pour nous n'est-ce pas notre sanctification ? (Thessal.). En quoi être ambitieux pour atteindre le Royaume des cieux serait-il incompatible avec le fait d'être chrétien, puisque le monde et sa richesse appartiennent à Dieu, et le chrétien est cohéritier du Royaume avec le Christ. La petite Thérèse de Lisieux, dite Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus, a eu l'ambition d'être Missionnaire dans le monde, ou Apôtre de l'Amour , "aimer Jésus et le faire aimer", n'a-t-elle pas été proclamée docteur de l'Église en octobre 1997 (par le pape Jean Paul II) ? A mon humble avis, c'est une ambition juste et c'est la seule que tout chrétien devrait avoir, puisqu'au dernier jour, toute autre ambition – hormis l'Amour de Dieu et l'Amour du Prochain – se révélera caduque. Vanité de vanité, dit le Quohélet, tout est vanité, et j'ajouterais, sauf l'ambition de gagner le Ciel par l'Amour : c'est un désir ambitieux à cultiver, car c'est là l'Essentiel. Mathurin Trobrillant (54 ans) Qu’est-ce que l’ambition, sinon le désir d’atteindre un but qu’on s’est fixé ? Tout être humain doit être ambitieux. Que l’on soit riche ou pauvre, on a le droit d’être ambitieux. Cependant, l’ambition ne doit pas être synonyme de pouvoir, de domination de l’homme sur l’homme. Elle ne doit pas être obsessionnelle au point de faire oublier Dieu, et l’en écarter de son projet. Il doit donc être au centre du projet pour aider à atteindre le but fixé. Oui, je suis un chrétien ambitieux. J’ai l’ambition de voir mes enfants réussir dans la vie ; j’ai l’ambition de gagner plus pour nourrir correctement ma famille, j’ai l’ambition d’avoir un jour une maison individuelle… Oui, le chrétien a le droit d’être ambitieux. Arnold Louison (24 ans) On a le droit d'être ambitieux, sans trop pour cela laisser l'ambition prendre le dessus sur la raison. Être ambitieux est une chose mais être dépendant de ses ambitions en est une autre. Le thème qui vous est proposé pour la prochaine édition de la r\ evue (n° 510) : L'exode de notre jeunesse : Pensez-vous que les jeunes doivent obligatoirement quitter la Martinique pour réussir leur vie ? Nous attendons vos témoignages (10 lignes maximum), pour le 28 octobre 2015 au plus tard, à egliseenmartinique@orange.fr N’oubliez pas de préciser vos noms et prénoms. Merci de joindre une photo. Les dossiers de la revue Eglise en Martinique

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Vie du diocèse Le mardi 29 septembre, débute la visite épiscopale à la paroiss\ e Saint-Henri. Au programme : rencontre avec les laïcs en responsabilité, célé\ bration eucharistique le matin du mercredi 30 septembre, entretien avec le maire Eugène Lar\ cher et son équipe municipale, visite des résidents de l’EPHAD Les Madrépores, et échange avec les acteurs économiques de la ville. Visites pastorales de Mgr Macaire aux Anses d'Arlet… C ’est une communauté en adoration devant le saint- sacrement, comme chaque mardi, que Mgr Macaire a trouvée à son arrivée, vers 18h. Il a alors procédé au salut du saint- sacrement. Après un bref échange, sur la place de l’église, avec quelques jeunes Arlésiens, il s’est rendu à la salle paroissiale Saint-Jean- Paul II, où l’attendaient les laïcs en responsabilité et les religieuses de la communauté. Suite à la présentation de la paroisse avec ses atouts, enjeux, perspectives, souhaits, mais aussi ses difficultés, s’installe un libre échange entre l’évêque et les laïcs, qui s’est poursuivi au cours d’un «souper de l’amitié». Une marche très matinale en compagnie de quelques paroissiens donne le « la » à la journée du mercredi bien chargée. La célébration eucharistique, concélébrée à 6h30 dans une église comble avec le curé, père Jean- Michel Monconthour, s’acheva par une petite balade sur le front de mer, avant de partager le petit déjeuner avec le maire et son équipe municipale. La visite s’est poursuivie à l’EHPAD Les Madrépore s, où l’évêque a pu rencontrer les pensionnaires, le personnel soignant et administratif. Il était heureux d’apporter sa bénédiction et de l’espoir à nos aînés. Il a également pris le temps de bénir les marchands de l’Espace «Man Jérôme», et rejoint quelques marins pêcheurs du bourg pour aborder avec eux la problématique de la pêche. Ensuite, cap sur Petite-Anse où l’attendaient, en chansons, les équipes du Rosaire et de nombreux fidèles à la chapelle. Un échange convivial s’installe. Et c’est avec joie que les fidèles sortirent de la chapelle, agitant leurs fanions bleus et blancs. L’émotion était intense, d’autant plus qu’il s’est vu offrir une conque de lambi. ÉGLISE EN MARTINIQUE du 25 octobre 2015 / n°509 10

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Mwen ka monté, sé sa mwen sav, entonné par l’évêque, rythmait ses pas jusqu’au port, où l’attendaient les professionnels de la pêche du quartier, entourés de leur famille. Les enfants présents près des «cabanes de pêcheurs» bien fleuries ont été les premiers à l’accueillir, et ont reçu chacun une bénédiction personnelle. Les pêcheurs lui ont fait la surprise d’une visite en bateau des côtes de la commune, depuis Petite-Anse jusqu’à l’Anse-Noire, en passant par la grotte aux chauves-souris ; il met pied à terre à Grande-Anse et fait un clin d’œil aux restaurateurs. Il a partagé le déjeuner avec les personnes en situation de précarité, porteuses de handicap, les séniors et les fidèles. La journée s’est achevée par un échange avec les candidats à la confirmation du 17 octobre. Ce passage trop rapide de notre Evêque restera gravé dans les cœurs de tous les fidèles. n ÉGLISE EN MARTINIQUE du 25 octobre 2015 / n°509 11 Quid de la paroisse des Anses d’Arlet Curé : P. Jean-Michel Monconthour, nommé en octobre 2014. La majorité de la population est catholique. Notre communauté paroissiale vient de fêter ses 331 ans, le 13 juillet, fête de son saint patron, Henri. Elle dispose de deux chapelles (Petite-Anse, dédiée à Notre- Dame de la Salette et Mapou dédiée à sainte Anne). Nous avons la grâce d’avoir une communauté de religieuses (les sœurs de Saint-Paul de Chartres) qui entretient des liens avec l’ensemble de la communauté, et nous accompagne sur le plan spirituel. Petite ville de pêcheurs de 3 984 habitants, à vocation touristique, située au Sud Caraïbe, elle tient son nom d’un chef caraïbe nommé Arlet. La commune s'étend sur trois anses principales sur la côte. Grande- Anse au nord, le Bourg au centre et Petite-Anse au sud, avec son bassin d’eau ferrugineuse, réputée pour calmer les douleurs articulaires. Vingt-six quartiers constituent l’ensemble du territoire arlésien. Les deux grands secteurs économiques sont la pêche et la restauration. Au niveau culturel, la ville possède un patrimoine culturel et a vu naître des artistes talentueux tels : Alexandre Stellio, clarinettiste, né à l’Anse Dufour, Espélisane Sainte-Rose, figure du patrimoine arlésien, avec le Bèlè lisid. La ville des Anses d’Arlet est le berceau du Bèlè lisid. Présentation de la catéchèse Dix-neuf catéchistes, accompa- gnateurs de cheminement et de catéchuménat, pour cent quarante-deux enfants et jeunes catéchisés, et deux adultes qui cheminent en vue des sacrements de l’initiation chrétienne.

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Vie du diocèse ÉGLISE EN MARTINIQUE du 25 octobre 2015 / n°509 12 Suivant les prévisions de son calendrier pastoral, notre Archevêqu\ e a séjourné à la paroisse Saint-Michel du François, du 6 au 7 octobre dernier. Ce séjour venait prolonger la visite qu’il avait récemment rendue à la communauté chrétienne franciscaine, à l’occasion de la fête patronale. … et au François A u cours de l’un et l’autre passage, la remarquable sollicitude du pasteur diocésain et l’indéfectible hospitalité franciscaine se sont donné rendez-vous. Cependant, à la différence de la précédente visite, en plus d’une durée légèrement plus longue, la seconde a été rythmée par diverses activités : découverte de l’histoire de l’évangélisation du François, déjeuner avec le personnel du presbytère, moments de convivialité ouverts à tous, activités sportives avec un groupe de paroissiens, rencontre des responsables de différentes associations paroissiales, participation à la rentrée du catéchisme, visite de deux établissements accueillant des personnes âgées, rencontre avec le monde politique communal, entretien avec le curé et avec les paroissiens… Ce programme révèle la vitalité de l’Église qui est au François, et montre la volonté de l’Archevêque de prendre contact avec toutes les réalités qui font le quotidien des Franciscains. On retiendra de cette visite, la proximité de l’Évangile à l’ensemble des aspects de la vie franciscaine. C’est un défi à relever chaque jour… n Anne Majani J'ai ressenti un homme de Dieu au baptême rayonnant, dont la soif d'évangéliser est sans limite. Pour une rentrée de catéchisme, c'était vivifiant ! Je suis aussi très sensible au respect particulier de Mgr Macaire pour la liturgie tellement sacrée de l'Eucharistie. Que la très Sainte Vierge le protège et le bénisse ! Eric Raphose Monseigneur dans nos eaux ! Celles de notre baptême, puisqu’il a été surtout question d’une rencontre avec Dieu. Le cheminement du chrétien prend sa source dans une véritable rencontre avec Dieu, ont été ses mots dans la chapelle, en présence des responsables de mouvements, et de notre curé. Mgr Macaire nous a donné un véritable espoir en l’avenir de notre société et de notre Eglise, d’une Eglise plus proche de ceux qui sont malades, ceux qui vivent la solitude, et ceux qui sont rejetés, à l’exemple du Christ pasteur et rassembleur dans l’amour, sans abandonner la volonté de se convertir. Merci, Monseigneur, pour la joie, la foi que vous suscitez et votre bonne humeur. Eliane Cenille Après sa visite à la mairie, Mgr Macaire s'est rendu à l'EHPAD où il a été accueilli par un chant de bienvenue ; certains résidents attendaient avec impatience sa venue. Il a pris le temps de saluer un à un tous les résidents.Ils étaient heureux, ils se sont exprimés par des prières, des souhaits, des demandes et aussi par des chants. La visite de Mgr Macaire s'est terminée par un petit partage avec les résidents, le personnel de l'établissement et quelques visiteurs des malades. La visite était courte mais remplie d'émotion et de joie pour les résidents. Il s’est ensuite rendu à la maison de retraite Les Gliricidias . Il a ensuite partagé le repas du midi avec les religieuses, quelques membres du personnel de la paroisse, et bien sûr, le père Jacek, notre curé. Moment très convivial. Laissez venir à moi les petits enfants !

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 25 octobre 2015 / n°509 13 Quid de la paroisse du François Curé : Père Jacek Ossowski Modérateur du district Grand Sud Coresponsable des diacres permanents de la Martinique Mouvements et activités de la paroisse Equipe de retraités Laure Sabès, Légion de Marie, Mouvement Sacerdotal Marial, Scouts, Prière des mères, Notre Dame du Cénacle, Mouvement Chrétien des retraités (MCR), Responsables de la catéchèse, Equipe du Rosaire adultes, jeunes et enfants, Pastorale des jeunes, Laïcs associés des Dominicains de Notre-Dame de la Délivrande, Villa Madeleine Delbrel, Conférence Saint-Vincent- de-Paul, Fraternité Saint-François d’Assise, Miséricorde Divine, atelier de la Parole, groupe d’entretien de l’église, groupe de préparation aux baptêmes, équipe des funérailles, groupe de retraités de permanence de l’église, Renouveau Charismatique, Servants d’autel.Huit chorales : Chorale du François, Christ en Mélodie, Voix du Crépuscule, Chœur d’une Sonate, Chorale des Catéchumènes, Chorale des Funérailles, Chorale des jeunes et d’enfants , Voix Divine. Catéchèse : sept cent quarante enfants, de l’éveil à la foi à la 5ème année de catéchisme, et deux cent quatre-vingt-cinq adolescents en cheminement. Des documents sur la consécration de l'église Saint-Michel et une clochette de l'église ont été remis à l'Archevêque\ . Visite pastorale à la Maison de Retraite « Les Gliricidias » L'Archevêque à l'écoute du conseil paroissial. Rentrée de la catéchèse à l’église pour les enfants de\ 3 ème et 4 ème années de catéchisme Mgr Macaire a dédicacé le Livre d'or de la Mairie en invoquant saint François et saint Michel

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Eglise en Martinique : Bonjour père Manuel, pourquoi est-ce si long pour qu'un jésuite entre définitivement dans la Compagnie ? Manuel Grandin : ... Il faut avoir en tête une chanson de variété des années 70 : "pour faire un homme – et donc pour un jésuite – mon Dieu, que c'est long !" En fait, saint Ignace, fondateur des Jésuites en 1540, a eu très tôt l'intuition que pour faire un homme libre et disponible à l'Esprit- Saint, ça prend du temps ; et donc il a voulu que la formation jésuite, à la fois spirituelle, intellectuelle et pastorale, dure une vingtaine d'années. Dans les faits, je suis jésuite depuis la fin du noviciat, mais st Ignace a voulu poser quelques étapes de cette formation, dont l'ordination et ces derniers vœux que je vais prononcer le samedi 31 octobre. EenM. : Quand avez-vous fait vos premiers vœux ? MG : ... Comme n'importe quel religieux ou religieuse, j'ai fait vœux de pauvreté, chasteté et obéissance à la fin de mon noviciat. C'était il y a seize ans, et ces vœux se font dans l'intimité, juste avec la communauté et les parents. Les "derniers vœux" sont également appelés "vœux solennels", car ils sont célébrés devant toute la Congrégation et les amis. Je vais donc redire, devant tous, mon engagement comme au premier jour, et je vais surtout rendre grâce au Seigneur pour toutes ces années où Lui... a été vraiment fidèle. EenM. : Quelles sont les principales étapes de la formation suivie ? MG : Après les deux ans de noviciat où il y a des temps de retraite (les fameux trente jours d'Exercices Spirituels), de service (auprès de personnes en grande fragilité) et d'études, nous vivons un long temps de formation intellectuelle avec des études de philosophie et de théologie, comme pour tous ceux qui se préparent à être prêtres. Ensuite, nous avons deux ans de stage pastoral ou professionnel. Ce fut le cas pour moi qui n'avais pas d'expérience professionnelle avant d'entrer très jeune dans la communauté. Ainsi j'ai été éducateur auprès de jeunes en difficulté à Toulouse. Puis, nous avons ensuite d'autres études en théologie ou dans d'autres domaines, pour avoir une spécialité. Pour ma part, j'ai fait des études en théologie morale sur un grand homme, Xavier Thévenot, un salésien. Puis vient l'ordination, ensuite un premier temps de mission en responsabilité (j'ai été aumônier de collège-lycée pendant quatre ans) avant, de nouveau, de faire neuf mois de retraite et de session pour préparer les derniers vœux. Ces neuf mois, je les ai vécus au Chili, en découvrant une autre aire culturelle et de nouvelles manières missionnaires. C'est une longue formation, mais se convertir prend du temps, et vu encore tout ce qui est encore à évangéliser en moi, le travail sera encore long ! EenM. : Y a-t-il aujourd'hui encore des vocations chez les jésuites ? Est-ce variable selon les pays et les continents ? MG : Il y a chaque année trois ou quatre nouveaux jésuites par an en France depuis vingt ans, ce qui est un beau chiffre en Europe. Mais ces rentrées n'équilibrent pas le décès des vingt-cinq ou trente jésuites chaque année en France. Les vocations les plus nombreuses se trouvent en Inde, et dans le reste de l'Asie. Dans ma communauté sur Paris, il y a plus d'étudiants jésuites Indiens que de Français. C'est d'ailleurs une certaine épreuve pour les communautés plus anciennes de Les derniers vœux jésuites de père Manuel Grandin Le père Manuel Grandin sj, prononce ses derniers vœux, le samedi 3\ 1 octobre 2015, à Saint-Denis. Il a accepté de répondre à nos question\ s au moment où il s’engage définitivement dans la Compagnie de Jésus, fondé\ e par Ignace de Loyola au XVI ème siècle. Vie du diocèse ÉGLISE EN MARTINIQUE du 25 octobre 2015 / n°509 14

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sentir le désintérêt des jeunes en Europe. Mais c'est un certain humour de l'histoire et du Seigneur que ceux qui ont été évangélisés dans les siècles passés deviennent les évangélisateurs des pays européens. La volonté du Seigneur est parfois bien incompréhensible. EenM. : Le pape François trouve- t-il dans la Compagnie un soutien affirmé ? Les rapports avec lui sont-ils différents des rapports des jésuites avec ses prédécesseurs ? MG : Clairement, les jésuites, nous avons été les premiers à être surpris de cette élection, car nous avons toujours été à distance à propos des responsabilités dans l'Eglise. Saint Ignace pensait en effet que la place des jésuites était une place de conseiller et de soutien. On a eu ce rôle auprès de tous les papes, et on a bien sûr continué avec l'actuel. Le pape François n'a pas toujours eu de bonnes relations avec ses compagnons jésuites d'Argentine car – c'est fou de l'imaginer – c'était un homme assez autoritaire et présomptueux. C'est le contact avec les plus pauvres et grâce à la prière, qu'il est devenu cet homme plein de bonté et d'ouverture. Et sur des dossiers chauds (la famille, l'écologie, l'économie), le Pape n'hésite pas à faire appel à des jésuites pour faire avancer la réflexion et la pratique de l'Eglise. EenM. : Enfin, après votre entrée définitive, quelles sont les missions qui vous sont confiées par votre provincial ? Sont-elles différentes de celles que vous aviez reçues précédemment ? MG : Les derniers vœux ne sont pas, comme à l'ordination, un moment obligatoire de nouvelle mission. Plus que jamais, je travaille avec les 18-35 ans, à la fois en termes d'accompagnement individuel ou en groupe. On vient de terminer une journée sur l'écologie avec cent quatre-vingts jeunes, et on est en ce moment dans la préparation des JMJ. EenM. : Avez-vous encore un lien (formation ou autre) avec l'Eglise en Martinique et avec Mgr Macaire ? MG : On se connaît bien avec Mgr Macaire, même s’il est dominicain ! En fait, nos familles sont proches et notre démarche d'entrée dans la vie religieuse en métropole nous a rapprochés. Mon lien avec notre Eglise en Martinique est fait de liens personnels avec l'un ou l'autre prêtre (dans le cadre de Bèlé Légliz , par exemple), avec votre revue, Radio Saint-Louis, et avec les Antillais de Métropole. EenM. : Merci beaucoup, père Grandin. MG : Merci de votre prière et de votre soutien. Propos recueilli par Michel Déglise n ÉGLISE EN MARTINIQUE du 25 octobre 2015 / n°509 15 Dimanche 25 octobre : - Fin de la visite pastorale du secteur paroissial de Rivière-Pilote, Josseaud et La Régale - Messe à Rivière-Pilote - Confirmation à Josseaud - 17h30 : Vêpres solennelles à la cathédrale Lundi 26 octobre : Conseil d’Administration de l’Association Diocésaine de la Martinique Mardi 27 octobre : Conseil épiscopal Mardi 27 - mercredi 28 octobre : Visite pastorale de la paroisse de Schœlcher Mercredi 28 octobre, 18h : Catéchèse de l’Evêque à l’église Emmaüs, retransmise sur Radio Saint-Louis Du 29 octobre au 11 novembre : Voyage en métropole à l’occasion de l’Assemblée Plénière des Evêques de France. Samedi 31 octobre, 16h : Messe des derniers vœux du père Manuel Grandin, jésuite, à l’église Saint- Denys-de-l’Estrée, à Saint-Denis (93) Dimanche 1 er novembre : - 11h : Messe à l’église Notre-Dame de Lorette (paroisse d’insertion de Jean-Jacques Sainte-Croix). - 18h : Messe des Illuminations à l’église Notre-Dame de la Croix de Ménilmontant (ancienne paroisse d’insertion de Gaëtan Présent). Lundi 2 novembre, à Lourdes : Rencontre des évêques des départements et collectivités d’Outre-Mer Du 3 au 8 novembre, à Lourdes : Assemblée plénière des Evêques de France Mercredi 11 novembre : - 10h : Rencontre avec les envoyés et délégués diocésains de l’Aumônerie Antilles-Guyane - 15h : Messe des Antillais et Guyanais à l’église Saint- Sulpice de Paris, précédée d’une catéchèse à 14h. Agenda de l’Archevêque

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Vie du diocèse C’est dans une atmosphère conviviale que les membres du CMT de la Martinique se sont retrouvés, dans la matinée du dimanche 27 septembre 2015, au Relais de Châteaubœuf, pour établir le programme d’activités de \ l’année 2015-2016. Les Chrétiens dans le Monde du Travail ont fait leur rentrée E taient présentes les équipes de Ducos, Lamentin, Fort- de-France, Centre-Sud et Sainte-Marie, soit une quarantaine de personnes. Ceux qui rejoignent le mouvement sont ceux qui sont en lien avec le monde du travail, soit parce qu’ils exercent une activité, soit parce qu’ils sont à la recherche d’un emploi. Les grands axes de l’année à venir ont été présentés par le président du CMT, le président de la FEMAC, ainsi que le secrétaire général du CMT et discutés avec beaucoup de sérieux. Ils se résument comme suit : le respect de l’esprit du mouvement, le thème de l’année, la nécessité d’une formation spécifique pour les nouveaux militants. Respecter l’esprit du mouvement. L’objectif principal est de relancer l’action sans pour autant écarter la prière. En effet, le mouvement, étant un mouvement d’action catholique, doit respecter son esprit. Cette fidélité à lui-même autorise pourtant l’innovation. Le thème de l’année 2015-2016 : la mission Le thème choisi pour être développé en réunions d’équipes c’est la mission. Ce thème est aussi celui de l’exhortation apostolique du pape François, La joie de l’Evangile. L’enjeu de ce thème est d’être présent à soi-même et aux autres, afin d’être présence de Dieu dans notre univers quotidien. Car c’est bien là que nous attend notre mission. Il ne s’agit pas de se contenter de proposer des réponses toutes faites, mais de s’examiner soi-même sous le regard de Dieu. Un questionnaire en sept points a été remis aux membres présents, pour les accompagner dans la réflexion. Les premiers commentaires seront analysés lors de la récollection du 8 novembre 2015. Nécessité d’une formation spécifique. Pour y parvenir, l’accent a été mis sur la formation, dans l’optique d’associer la mission et l’action. Cette formation n’a pas pour objectif de concurrencer les diverses formations que nous gratifie le diocèse, mais de les compléter. Elle aidera à prendre conscience de l’identité de membre d’un mouvement d’action catholique tel que le CMT, dont la devise est : Voir - Juger - Agir. Cette formation se déclinera sur plusieurs formes, en concertation avec les équipiers. Nous espérons qu’elle va préparer, guider et soutenir les membres du mouvement dans la mission. Au cours de la matinée de travail, d’autres sujets ont été abordés. Il s’agit de : - L’implication des membres du mouvement dans la vie de la paroisse - La coopération des différentes équipes entre elles - La Collectivité Territoriale de Martinique, pour laquelle le mouvement fera une conférence qui fera office du Vo i r. (La FEMAC/M prendra le relais pour l’ Agir qui fera l’objet d’un autre article). La lettre que Mgr David Macaire a adressée à l’ensemble des responsables des mouvements d’action catholique, a agréa- blement surpris et touché les membres du CMT qui ont procédé à la lecture, puis au partage de celle-ci. Tout au long de l’année, les membres du CMT feront tout pour porter l’information à tous les niveaux du diocèse. Nous prions l’Esprit-Saint pour qu’il nous aide à répondre aux attentes de notre Evêque, et surtout à celles que Dieu a sur nous, pour manifester la présence du Seigneur dans notre vie de tous les jours. Dominique C., Antoinette D., Micheline L. n ÉGLISE EN MARTINIQUE du 25 octobre 2015 / n°509 16

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 25 octobre 2015 / n°509 17 Comme à l’accoutumée, le mardi 29 septembre, la paroisse du Fra\ nçois a connu l’affluence des grands jours. En effet, le pèlerinage annuel de «la Saint-Michel» (selon l’expression locale) a drainé une foule innombrable de fi\ dèles arrivés de tous les horizons de notre île. Fête de la Saint-Michel au François L a veille, à 18h, une messe avait été célébrée à l’intention des paroissiens de la place, et des pèlerins empêchés le lendemain par le travail ou autre inconvénient. Père Luciano, prédicateur du jour, nous a d’ailleurs gratifiés d’une homélie lumineuse sur les anges. Le jour de la solennité, trois célébrations eucharistiques ont eu lieu : à 5h30, 7h30 et la messe épiscopale à 10h, concélébrée avec le curé, le père Jacek Ossowski, présidée par Mgr David Macaire accompagné des diacres. Comme c’est la tradition, une délégation de parachutistes, venus rendre hommage à leur saint patron, étaient présents. L’assemblée, impressionnante, a pris l’église d’assaut. Les places manquaient, en dépit de l’installation, sur le parvis, de chapiteaux et de grands écrans pour le confort du plus grand nombre. La chorale, sous la houlette de Sr Jeanne de Chantal, a galvanisé à sa suite les fidèles pour vivre pleinement ce moment de communion fervente. Mgr Macaire, ne dérogeant pas à ses qualités de prêcheur, a distillé un enseignement sur les anges teinté de son humour légendaire. A la fin de l’office, avant la bénédiction finale, un parachutiste a fait lecture d’une lettre retrouvée sur le corps d’un soldat tombé au champ d’honneur. La procession s’est déroulée au rythme exaltant du Cantique à saint Michel. Sur le parvis se tinrent des manifestations militaires avec les parachutistes : discours, défilé et dépôt de gerbe au monument aux morts. A l’initiative du curé de la paroisse, des bouteilles d’eau ont été distribuées aux fidèles à cause des fortes chaleurs qui règnent sur notre île depuis quelques semaines. Honneur à notre Dieu par ses saints archanges : Michel, Gabriel et Raphaël. Marie-Claire et Sr Marie-Bénédicte n Mgr Macaire à l’entrée de la procession à l’église Sai\ nt-Michel Comme chaque année, les pèlerins étaient venus en nombre de tou\ te la Martinique P. Claude Anglio, curé du Diamant, P. Jacek Ossowski, curé du François, et l’aumônier militaire. Selon la tradition, un parachutiste a lu la "prière du parachutiste"

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Vie du diocèse Le Secours Catholique, faut-il le rappeler, est un service d’Eglise et non un simple mouvement d’Eglise. Il agit au cœur de la charité de l’Eglis\ e. Le Secours Catholique vient en aide à nos frères de La Dominique Opération Collecte de vivres et produits divers D ans son Encyclique Deus Caritas es de 2007, le pape émérite Benoît XVI attirait l’attention des fidèles sur le fait que, des trois missions de l’Eglise (martyria, liturgia et diaconia) , la dernière citée était celle pour laquelle il y avait encore des efforts à faire. En effet diaconia c’est le service de la charité, le service du frère. L’action du Secours Catholique s’inscrit résolument dans ce service. C’est ainsi que, quand nous avons appris avec émotion et une grande douleur le malheur qui frappait nos frères dominiquais, nous avons voulu manifester le même élan de solidarité que celui que nous avons toujours eu envers nos compatriotes au quotidien. Nous nous sommes rapprochés des associations qui œuvraient dans ce domaine de la charité, et dans le même temps, nous avons été sollicités par la Croix-Rouge pour une action solidaire en faveur de La Dominique. Nous regrettons que la collaboration avec la Croix- Rouge n’ait pu se faire faute de préparation, mais nous avons bon espoir de pouvoir corriger cela dans le futur. Une rencontre s’est tenue au siège du Secours Catholique, entre les associations suivantes : Maison du Cœur, Yéshua, Isaie, Urgences Caraïbes et Secours Catholique. Il convenait que nous agissions ensemble pour être plus efficaces. Nous voulions résister à la tentation d’agir dans l’émotion des premiers moments, où on se précipite avec une quantité importante de vivres sans trop bien savoir ce qui est nécessaire. De plus, il nous paraissait plus sage de nous investir dans une action dans le long terme, puisque de nombreuses initiatives tant privées qu’institutionnelles se mettaient en place dans l’urgence. La conception que nous avons de nos interventions, dans le cadre des actions caritatives, voudrait que nous fassions prioritairement des "appels à dons" pour financer des actions dans le pays destinataire. Cela porte un petit plus à l’économie de ce pays. Cependant, le rapport que nous faisaient les médias, nous laissait penser qu’il était urgent de participer à une collecte, en mobilisant tous les bénévoles qui le pouvaient, sur des lieux où ces opérations se dérouleraient avec toutes les associations avec lesquelles nous avions envisagé de travailler. La réponse du public a été massive et a dépassé nos espérances. On peut regretter que la collaboration n’ait pas été permanente, et que le nombre de personnes mobilisées en aval de l’action était dérisoire pour la somme de travail qu’occasionne le conditionnement des produits collectés, pour leur acheminement vers les points d’embarquement. La relecture de ces actions nous permettra de mieux nous organiser à l’avenir, tant au départ des colis, qu’à leur arrivée. Appel à dons Parallèlement à l’action de collecte pour laquelle le Secours a mobilisé ses bénévoles, en relation avec d’autres associations, notre archevêque a lancé un "appel à dons", en direction des fidèles catholiques. Cela s’est fait au cours des messes du week-end qui a précédé la remise du Pallium. Précisons que la quête réalisée au cours de cette cérémonie a été réservée pour l’action en faveur de La Dominique. Nous pourrons, alors, mieux travailler à venir en aide en investissant dans l’économie dominiquaise. Mais comme vous le verrez plus tard, cette seule collecte ne suffira pas à financer les aides que nous voulons porter à nos voisins. Vous pourrez vous rapprocher du Secours Catholique pour contribuer à cet effort. Mission de reconnaissance sur le terrain Les Délégations de Guadeloupe et de Martinique du Secours Catholique ont été envoyées en mission de reconnaissance à La Dominique par l’équipe de l’Action Internationale du siège national. Nous sommes allés dans cette île, du 18 au 21 septembre. Nous avons été accueillis par l’équipe de Caritas Dominique qui est l’équivalent du Secours Catholique sur place. ÉGLISE EN MARTINIQUE du 25 octobre 2015 / n°509 18

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Nous avons pu visiter les sites les plus touchés. Le rendu des images télévisées ne donne qu’une pâle idée de la tragédie que ce peuple a vécue. De simples ruisseaux se sont transformés en fleuves de boue, dévastant tout sur leur passage. Il aurait pu y avoir beaucoup plus de victimes que cela. Les dégâts sont considérables. Nous avons repéré des sites où nous pourrions intervenir, et listé des actions à mener auprès de certaines familles. Nous avons fait le rapport de notre mission au Bureau National. Dans les prochains jours, les délégations vont se rencontrer pour affiner la stratégie. Visite de l’Archevêque à la Dominique Notre archevêque, Mgr David Macaire, s’est rendu à La Dominique, le 12 octobre, pour rencontrer l’évêque de ce Diocèse, Mgr Gabriel Malzaire. Il était accompagné de père Luc Philippon, délégué à l’information, de Gilbert Pollo, caméraman du service multimédia diocésain, du diacre Hervé Lordinot, économe diocésain, et de moi-même, Président du Secours Catholique. Nous avons pu rencontrer les responsables de l’Eglise à La Dominique. Mgr Gabriel Malzaire nous a exposé les besoins les plus immédiats pour les familles et pour les enfants, surtout à Petite-Savane. M me Dorothy Leevy, coordinatrice de Caritas Dominique nous a partagé les difficultés et les projets concernant le milieu de vie scolaire, même si la rentrée a pu se faire. Nous avons entendu leurs besoins, et nous verrons comment y répondre selon nos moyens. Notre visite a été très appréciée. Nous avons confié tout cela au Seigneur dans un moment de prière inoubliable. Eglise en Martinique a interrogé l’Economat diocésain pour connaître le montant des quêtes organisées à la demande de Mgr Macaire, dans les paroisses et lors de la cérémonie de remise du pallium à la cathédrale Saint-Louis, le dimanche 6 septembre 2015 : ce sont plus de 90 000 € qui ont été donnés par les fidèles martiniquais, et qui sont maintenant consacrés à financer les projets retenus par le Secours Catholique de la Martinique, en partenariat avec la Caritas de la Dominique. Patrice Icheck, Président du Secours Catholique Martinique n ÉGLISE EN MARTINIQUE du 25 octobre 2015 / n°509 19 ont la joie de vous inviter à la retraite qui se déroulera, du vendredi 30 octobre à 17 heures au dimanche 1 er novembre 2015, à 17 heures, au Foyer de Charité de Trinité. Cette retraite est organisée par les Equipes Notre-Dame [Mouvement de\ spiritualité conjugale], à l’intention des couples mariés et des fiancés qui désirent approfondir leur foi et rencontrer le Christ. Le thème de la Retraite, prêchée par le Père Zonzon, Conseiller spirituel des Equipe Notre-Dame en Martinique, est : "A l'image de Dieu, Il les créa… !" Renseignements et inscriptions : Serge et Léandre RACINE - Tél : 05 96 53 52 97 ou 06 96 92 18 33 L’équipe du Service Diocésain du Catéchuménat des Adultes organise une formation sur l’accueil des catéchumènes, et les actes administratifs du catéchuménat, à l’attention de tous les accompagnateurs et animateurs du Catéchuménat des Adultes et des Adolescents sans exception. Cette formation aura lieu le samedi 7 novembre 2015 , de 8h à 12h, au relais paroissial de Châteaubœuf. LES EQUIPES NOTRE-DAME ET L’ASSOCIATION DES CENTRES DE PRÉPARATION AU MARIAGE SERVICE DIOCÉSAIN DU CATÉCHUMÉNAT Communiqué Communiqué

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Vie du diocèse 40 ans ! Voilà déjà 40 ans que quelques frères chrétiens, très peu nombreux, se sont réunis pour prier ensemble, d’une manière toute nouvelle, \ pour la grande majorité d’entre nous. Il faut dire que cette pratique fut très\ diversement accueillie, tant par les fidèles que par leurs pasteurs, à mesure \ qu’elle se développait. La grâce du Renouveau touchait notre diocèse. Le Renouveau Charismatique en Martinique M gr Maurice Marie- Sainte a accueilli cela et s’est donné le temps d’observer et d’en voir les fruits. Son successeur, Mgr Michel Méranville, a adopté la même démarche. Pendant tout ce temps, le Renouveau était toléré. En 2009, on a observé une évolution quand l’Archevêque décida de provoquer les Assises du Renouveau. Pendant trois ans, une large réflexion fut menée, au moyen d’une enquête, auprès des participants aux groupes de prières et des prêtres. Le point culminant de cette affaire c’était le grand Rassemblement de Pentecôte 2012. Trois missions furent confiées au Renouveau : 1. Travailler pour la jeunesse martiniquaise ; 2. Travailler pour la société martiniquaise ; 3. Travailler pour l’unité de l’Eglise. Aujourd’hui, il existe encore de nombreuses interrogations autour du Renouveau, à charge pour les responsables de continuer à communiquer et de persévérer. C’est dans cette optique que cet article que vous avez le loisir de lire paraît dans Eglise en Martinique . Quand on s’intéresse au Renouveau, on a envie de savoir combien de fidèles constituent son effectif, mais il est difficile de répondre à cette question. Il conviendrait d’abord de définir le Renouveau pour mieux en comprendre la spiritualité, et les questions trouveront tout naturellement leurs réponses. Le Renouveau ne se définit pas comme un mouvement, mais comme un courant qui traverse l’Eglise. Les personnes qui sont touchées par ce courant, ne restent pas obligatoirement dans les groupes qui constituent des lieux de croissances spirituelles quand ils sont bien gérés. Elles peuvent continuer leur cheminement, dans d’autres mouvements ou services d’Eglise. On peut d’ailleurs mesurer cela en voyant combien les grandes célébrations voient leur animation se faire autour de chants issus des assemblées charismatiques, y compris le mode d’animation. Beaucoup de mouvements, même ceux qui déclarent ne pas appartenir au Renouveau, peuvent être considérés comme ses enfants. En effet, leurs inspirations viennent de là. A un moment où l’Eglise traversait une véritable crise de vocations, et où les églises voyaient une baisse de la fréquentation des fidèles, l’influence des groupes de prières a permis le retour d’un grand nombre de nos frères et sœurs à la pratique religieuse. De plus, leur engagement au sein de l’Eglise est remarquable. Notre société attend beaucoup de notre Eglise aujourd’hui. Je peux en témoigner en ma qualité de président diocésain du Secours Catholique. Si le Renouveau a permis ce retour massif à l’église de nos compatriotes, l’Esprit de Pentecôte continuant de souffler, il faudra maintenant se préparer à une nouvelle mission, en répondant à l’appel du Saint-Père, et aller vers les périphéries, vers les plus pauvres. Cette pauvreté n’est pas seulement matérielle, elle est aussi morale et spirituelle. Les souffrances sont nombreuses. Il faudra, au terme d’un grand discernement, prêter une oreille attentive et porter une réponse adaptée aux cris des malheureux. Les quelque quatre-vingts groupes de prières, répartis dans tout le diocèse, sont regroupés au sein de cinq secteurs (Nord Caraïbe, Sud Caraïbe, Nord Atlantique, Centre et Sud Atlantique). Une coordination organisée en quatre grands services (animation, évangélisation, secrétariat, com- munication) planifie les actions au niveau diocésain. Elle est issue du comité de pilotage des Assises du Renouveau, qui se sont tenues, au stade Pierre-Aliker, le lundi de Pentecôte 2012. La collaboration entre la coordination et les secteurs est essentielle pour la conduite des activités d’évangélisation, et l’accompagnement de nos frères et sœurs. Puisqu’elle est effective, alors larguons les amarres, hissons les voiles et voguons vers les larges horizons d’une grande fraternité. Patrice Icheck , Coordinateur Diocésain n ÉGLISE EN MARTINIQUE du 25 octobre 2015 / n°509 20

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 25 octobre 2015 / n°509 21 A la demande des évêques, des délégations des services de pastorale familiale des trois diocèses de la province ecclésiastique Antilles-Guyane se so\ nt rencontrées, les lundi 26 et mardi 27 septembre 2015, au Centre de Vie Spirituelle Sainte Thérèse de Guyane. Rencontre de la province ecclésiastique Antilles- Guyane sur la famille M gr Emmanuel Lafont, évêque de Cayenne, ainsi que Mgr Philippe Ballot, évêque de Chambéry, ont animé les échanges. Nous vous proposons une synthèse de ces travaux qui ont eu pour bases, d’une part, le document Instrumentum Laboris préparatoire au synode d’octobre 2015 sur la famille, exploitant les conclusions du synode extraordinaire de 2014, et d’autre part, les travaux réalisés par notre province en 2009 sur ce même thème. Alors que nous échangions avec nos enfants afin de les préparer à cet appel de Mgr Macaire, l’un d’eux nous a certainement rappelé l’essentiel : « Vous allez aider les familles à prier ». Parmi les temps forts que nous avons vécus, quelques points saillants peuvent être mis en exergue en guise de bilan : • La communion spirituelle est le fondement de l’Eucharistie et non une consolation laissée aux divorcés-remariés, nous a rappelé avec conviction Mgr Ballot. Nous devrions davantage remercier les divorcés-remariés qui nous le rappellent. Toute famille chrétienne peut être porteuse de la promotion du sacrement du mariage, aucune n’est disqualifiée. J’ai été très sensible à cette intervention car mes parents, alors qu’ils étaient dans ce cas, nous ont toujours amenés à la messe dominicale en s’abstenant de communion sacramentelle, mais vivant profondément cette communion spirituelle. Aujourd’hui, tous leurs enfants sont mariés en église avec une profonde reconnaissance pour ce témoignage de communion avec le Christ et l’Eglise. • Malgré un constat parfois un peu négatif partagé sur la famille dans nos trois diocèses (augmentation des demandes de séparation, particulièrement venant des femmes, peur du mariage chez certains jeunes, violences intrafamiliales et sexuelles importantes, taux d’IVG bien plus élevé que la moyenne française, infidélités récurrentes, déficit de paternité…), les échanges et les témoignages ont permis d’encourager les équipes présentes, de prendre conscience de façon encore plus aiguë des responsabilités partagées, et de nous recentrer sur l’essentiel au niveau de la pastorale familiale : - nécessité vitale d’encourager la prière avec la P arole de Dieu en famille, de favoriser la rencontre avec Jésus, afin que les familles soient de vraies Eglises domestiques et prennent conscience de la façon dont Dieu entre dans le concret de la vie familiale en la rendant plus belle et vitale ; - importance de prier avec le s’il-te-plaît, le pardon et le merci afin de restaurer l’usage de ces mots dans nos relations quotidiennes ; - la famille comme sujet d’évangélisation, c’est-à-dire que toutes les familles soient missionnaires et qu’elles rayonnent de la présence aimante de Dieu… En conclusion, la pastorale familiale traverse toutes les pastorales. Elle doit être portée par les bergers des communautés (évêque, curés…) afin d’utiliser les lieux où les parents et les familles sont naturellement réunis (préparation au baptême, catéchèse, accompagnement des familles endeuillées, préparation au mariage…) pour promouvoir l'Evangile, la Bonne Nouvelle de la famille, avec patience et miséricorde. Pour le Service Diocésain de la Pastorale Familiale, Alain et Béatrice Arnaud n

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Société La méconnaissance persistante des soins palliatifs, soulignée dans\ tous les rapports concernant la fin de vie, avait été largement pointée lors d\ es premières Assises martiniquaises des soins palliatifs et de l’accompagnement qui se sont déroulées en juin 2015. Une information adéquate du grand public est un impératif pour une bonne diffusion de la culture palliative dans les établissements de santé, les EHPAD (1) et au domicile. Les soins palliatifs, une proposition d’avenir L a journée mondiale des soins palliatifs et de l’accompagnement est une journée unitaire d’action qui promeut et soutient les soins palliatifs à travers le monde. Le thème retenu, en 2015, par l’ASPM-Réseau Wouspel (2), en lien avec l’ASP fondatrice, était : «Les soins palliatifs, une proposition d’avenir». L’objectif était de renforcer la visibilité de ces soins en Martinique et de faire prendre conscience au grand public, du progrès médical et sociétal majeur pour le XXI ème siècle, qu’ils constituent, tant pour les personnes malades que pour leurs proches. Cela s’avère primordial à une période où les évolutions législatives pourraient bien conduire à des choix très critiquables au niveau éthique, et aboutir à une remise en question des solidarités en fin de vie. La pertinence d’une diversification des outils de communication à inciter à privilégier un contact direct entre la population et les différents acteurs des soins palliatifs, lors d’un espace de rencontre dans un lieu très fréquenté, toute la journée de samedi. Forma’SPA, cellule de formation de l’ASPM-Réseau Wouspel, à l’initiative du projet et maître d’œuvre, a sollicité tous les acteurs professionnels et bénévoles des soins palliatifs qui ont, pour la plupart, participé activement à l’animation de l’espace-rencontre. Le projet a été réalisé également grâce au soutien de différents partenaires. Un emplacement a ainsi été mis à disposition gracieusement par la Direction de la Galleria, de 9h à 21h, le samedi 10 octobre. La SFAP a autorisé le libre usage de leurs films «Vivre le temps qu'il nous reste à vivre» et «J’ai pu parler à cœur ouvert» qui ont été diffusés tout au long de la journée, grâce au prêt de matériel audiovisuel par les Ets Marie-Sainte. La CGSS Martinique a contribué à la diffusion de l’information en imprimant 1 000 documents, notamment sur les droits des personnes en fin de vie, les directives anticipées, la personne de confiance... Les boissons rafraichissantes offertes par la Société Caraïbes de Fret ont concouru à la grande convivialité des rencontres. L’espace-rencontre a reçu la visite de deux-cent soixante et onze visiteurs au profil hétéroclite. Des échanges très libres ont eu lieu entre les acteurs des soins palliatifs, et un public très diversifié qui a pu se renseigner sur la loi concernant la fin de vie, appréhender les soins palliatifs dans leur réalité quotidienne, se documenter sur les structures existant en Martinique, et livrer expériences et questionnements personnels. Il a été aussi possible de découvrir des approches non médicamenteuses de la prise en soin de la douleur globale : toucher- détente, réflexologie plantaire, aromathérapie… Plusieurs personnes ont transmis leurs coordonnées afin d’être tenues informées des prochaines actions effectuées par l’ASPM. D’autres se sont renseignées sur le bénévolat d’accompagnement, jusqu’à candidater. Neuf nouveaux adhérents à l’ASPM ont manifesté concrètement leur soutien à cette association qui œuvre, avec des moyens très limités, pour le développement des soins palliatifs en Martinique. Des aidants ont tenu à partager l’expérience d’un accompagnement d’un proche, effectué le plus souvent dans la souffrance et l’isolement du fait de l’ignorance des dispositions législatives, et de l’offre de soins et d’accompagnement en Martinique. Une situation actuelle problématique a donné lieu à un signalement au Réseau Wouspel pour un accompagnement à domicile. Dr Eliane Catorc n ÉGLISE EN MARTINIQUE du 25 octobre 2015 / n°509 22 (1) Etablissements d’Hébergement pour Personnes Agées Dépendantes (2) Association des soins palliatifs de la Martinique

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Dimanche 1 er novembre 2015 Tous appelés à la sainteté ! Prions-nous pour les morts, faut-il le faire, et pourquoi d’ailleurs ? Et les morts ? Prient-ils pour nous ? Dans quel but ? Et pourquoi nous prions pour les saints ? Comment s’y retrouver entre la fête des saints et la commémoration des défunts ? En ce jour de la Toussaint, Dieu m’est témoin pose toutes ces questions et reçoit pour y répondre, le père Jean-François Lof. Prêtre à Marseille et aumônier des Antillais et Guyanais de Métropole, il viendra donc nous éclairer et nous rappeler que les défunts sont près de nous, car ils sont près du Christ. Nous irons en Guadeloupe, à Morne-à-l’Eau, chez la famille Duport, qui a accepté de nous accueillir pour cette fête familiale de la Toussaint. Nous serons connectés avec Joël Caton, gardien du cimetière de Commune Prima à La Réunion ; il nous racontera comment chacun a sa façon bien particulière de prier pour les défunts. Nous irons également en Polynésie, où le père Abraham nous rappellera que les défunts sont très présents dans la culture polynésienne. Dimanche 8 novembre 2015 Seigneur, apprends-nous à prier ! Au-delà des automatismes que nous avons, des paroles que nous récitons, savons-nous encore vraiment prier ? Et y a-t-il des méthodes pour apprendre à prier ? Notre prière évolue-t-elle avec l’âge et la foi, et comment qualifier la qualité d’une prière ? Cette semaine, Dieu m’est témoin s’interroge sur la façon dont nous prions et pour cette leçon de prière, reçoit le père Manuel Grandin, jésuite, Martiniquais, directeur du Réseau Jeunesse Ignatien ; il nous rappellera l’importance de la prière et comment réapprendre à prier avec la Parole de Dieu. Nous irons à La Réunion voir comment prier à l’école de saint Ignace ; en immersion avec le père Christophe Kerhardy, jésuite, au sein d’un groupe de chrétiens en recherche ; une leçon concrète et magnifique ! Nous irons également en Guadeloupe, à l’Anse-Bertrand, rencontrer Francine Romil qui prie le Rosaire et nous en rappellera la méthode. Medias ÉGLISE EN MARTINIQUE du 25 octobre 2015 / n°509 23 Dieu m’est témoin est diffusé tous les dimanches matin, à 5h45, sur Martinique 1 ère. L’émission peut se revoir sur le site : www.dieumesttemoin.fr 99.5 – 101.3 et 105,3 mHz Site internet : www.radiosaintlouis.com Rue Georges-Zaïre, ZAC Rivière Roche, 97200 Fort de France Tél. : 05 96 71 86 04 - Fax : 05 96 71 86 05 Courriel : contact@radiosaintlouis.com L’Evangile par-dessus les toits 33 ans à votre service : 1982-2015

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Jésus, ma joie, c’est de T’aimer ! Il est des âmes sur la terre qui cherchent en vain le bonheur mais pour moi, c’est tout le contraire : la joie se trouve dans mon c\ œur. Cette joie n’est pas éphémère, je la possède sans retour \ comme une rose printanière, elle me sourit chaque jour. Vraiment je suis trop heureuse, je fais toujours ma volonté… Pourrais-je n’être pas joyeuse et ne pas montrer ma gaieté ? Ma joie, c’est d’aimer la souffrance, je souris en versant des ple\ urs, j’accepte avec reconnaissance les épines mêlées aux fleurs. \ Lorsque le Ciel bleu devient sombre et qu’il semble me délaisser, ma joie, c’est de rester dans l’ombre, de me cacher, de m’abaisser. Ma joie, c’est la Volonté Sainte de Jésus mon unique Amour ! Ainsi je vis sans nulle crainte, j’aime autant la nuit que le jour. Ma joie, c’est de rester petite aussi quand je tombe en chemin. Je puis me relever bien vite et Jésus me prend par la main. Alors le comblant de caresses, je Lui dis qu’Il est tout pour moi et je redouble de tendresses lorsqu’Il se dérobe à ma foi. Si parfois je verse des larmes, ma joie, c’est de les bien cacher. Oh ! Que la souffrance a de charmes quand de fleurs on sait la voiler ! \ Je veux bien souffrir sans le dire pour que Jésus soit consolé. Ma joie, c’est de Le voir sourire lorsque mon cœur est exilé. Ma joie, c’est de lutter sans cesse afin d’enfanter des élus. C’est le cœur brûlant de tendresse de souvent redire à Jé\ sus : « Pour Toi, mon Divin petit Frère, je suis heureuse de souffrir, ma seule joie sur cette terre c’est de pouvoir Te réjouir ». Longtemps encore je veux bien vivre Seigneur, si c’est là Ton désir dans le Ciel je voudrais Te suivre si cela Te faisait plaisir. L’amour, ce feu de la Patrie ne cesse de me consumer que me font la mort ou la vie ? Jésus, ma joie, c’est de T’aimer ! Ainsi soit-il. Sainte Thérèse de Lisieux (1873-1897)

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