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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 25 septembre 2022 – n° 646 13
Notre mission de laïcs est d’abord de vivre de notre foi dans notre vie de laïcs :
famille, profession, relations sociales, c’est là que nous pouvons témoigner en
premier… Nous pouvons être appelés aussi à participer plus directement à la
mission explicite de l’Eglise en participant à des services divers : catéchuménat,
catéchèse, animation de la liturgie, services caritatifs ou sociaux tels qu’à Saint
Vincent de Paul (qui était Tertiaire Franciscain, ainsi que saint Louis qui est le
saint patron du Tiers Ordre Franciscain d’ailleurs, et qui avait une attention
particulière aux pauvres de son Royaume). Les tertiaires s’engagent dans
bien d’autres services comme la visite des malades, des défavorisés et des
toxicomanes. Des projets sont en cours pour apporter une aide aux jeunes
en échec scolaire, aux personnes âgées, aux nécessiteux.
Nous sommes invités par saint François à être des porteurs de paix et des
initiateurs de relations plus simples et plus fraternelles avec toute créature !
A travers la création, François admire les traces du Créateur et le rejoint dans un
acte de foi ; aussi, dans l’amour de notre Créateur et de notre Père, il nous invite
à être frères et sœurs de toutes les créatures. En pauvreté et en humilité, nous
sommes invités à sa suite, à ne pas être des consommateurs irresponsables, des
utilisateurs ingrats ou des prédateurs de la nature, mais des fils reconnaissants
et heureux de louer Dieu avec nos sœurs les créatures et des frères heureux
de partager les dons de Dieu ! Alors, nous pourrons louer le Créateur avec ces
mots de saint François extraits de son cantique des créatures :
« Très haut, Tout puissant et bon Seigneur,
à toi louange, gloire, honneur, et toute
bénédiction ;
à toi seul ils conviennent, ô
Très-Haut, et nul homme n’est
digne de te nommer.
Loué sois-tu, mon Seigneur,
avec toutes tes créatures,
spécialement messire frère
Soleil, par qui tu nous donnes
le jour, la lumière : il est beau,
rayonnant d’une grande
splendeur, et de toi, le Très-
Haut, il nous offre le symbole.
Loué sois-tu, mon Seigneur,
pour sœur Lune et les étoiles :
dans le ciel tu les as formées,
claires, précieuses et belles.
Loué sois-tu, mon Seigneur, pour frère
Vent, et pour l’air et pour les nuages,
pour l’azur calme et tous les temps : grâce
à eux tu maintiens en vie toutes les créatures.
Loué sois-tu, mon Seigneur, pour sœur Eau qui est
très utile et très humble, précieuse et chaste.
Loué sois-tu, mon Seigneur, pour sœur notre mère la Terre, qui nous porte et
nous nourrit, qui produit la diversité des fruits, avec les fleurs diaprées et les
herbes [… ].
Louez et bénissez mon Seigneur,
rendez-lui grâce et servez-le en toute humilité ! »
■
Co\b\be no\bbre de cultures antiques,
la culture hébraïque s’est enrichie
d’une interprétation spirituelle de son
alphabet. Dernière lettre de l’alphabet
hébraïque, le Tau (ou Taw) pouvait s’écrire
de différentes \banières et nota\b\bent
sous la for\be d’une graphie en « T ».
Une for\be qui prendra tout son sens pour
no\bbre de croyants.
Doté d’une valeur sy\bbolique unique dès
l’Ancien Testa\bent, le Tau est élevé au
rang de \barque salvatrice dans le livre
d’Ezéchiel. En effet, selon le verset 9,4
d’Ezéchiel, ce sy\bbole placé sur le front
des habitants qui soupirent et gé\bissent
des abo\binations co\b\bises dans la ville
de Jérusale\b, sauva ces derniers de
l’exter\bination. Par ce signe, ils furent
reconnus co\b\be les serviteurs fidèles
de Dieu, le peuple choisi par le Tout-
Puissant. Son peuple.
Proche des Antonins –une co\b\bunauté
religieuse qui se consacrait surtout
aux soins des lépreux– saint François
d’Assise a pu se fa\biliariser avec leurs
habitudes spirituelles. L’une d’entre elles
consistait à porter en pendentif une croix
du Christ en for\be de « T », la croix
de Tau, destinée à les protéger de tous
fléaux ou \baladies.
Saint François d’Assise évoque souvent sa
rencontre avec le Christ, un Christ qu’il
voyait sous la for\be d’un lépreux. Quoi
de plus nor\bal pour lui de s’approprier
la croix de Tau co\b\be son propre
sceau ? Ce dernier deviendra ainsi un
sy\bbole double : la \barque d’une fidélité
sans li\bite au Christ et le signe d’une
obéissance à l’ordre de servir les plus
défavorisés, nota\b\bent les lépreux.
Souvent en bois, la croix en Tau rappelle
d’ailleurs par ce \batériau \bodeste et
souple que les serviteurs de Dieu sont
encouragés à avoir l’œil si\bple, à vivre
\bodeste\bent et à se laisser façonner
par Dieu.
> Tau Franciscain\p