656 - «Ne pensez pas que je sois venu abolir la Loi ou les Prophètes...»

Nous entrerons en Carême le 22 février prochain (mercredi
des Cendres). Un dossier, contenant des méditations et
des questions construites à partir de la Lettre Encyclique
« Fratelli Tutti » du pape François et la Parole de Dieu de
chaque Dimanche, nous est proposé par le diocèse. Il nous
aidera chaque semaine, pendant les 40 jours, à cheminer vers
Pâques. Le thème « Grandir ensemble dans une fraternité locale
et universelle » s’inscrit dans la dynamique de l’Année de la
Fraternité voulue par la Pastorale sociétale et expliquée dans
le document « Chemin de Mémoire », nous explique le Vicaire
épiscopal.

SOMMAIRE

  • EDITORIAL
  • MOT DE L'ÉVÊQUE  - "Si Vaval nous appelle - Église en sortie. Église en repli"
  • ÉGLISE UNIVERSELLE  - «Catéchèse du pape François - La passion de l’évangélisation : le zèle apostolique du croyant»
  • LITURGIE
  • VIE DU DIOCÈSE 
    • La paroisse de Basse-Pointe a fêté les familles
    • Carême 2023 : « Grandir ensemble dans une fraternité locale et universelle »
    • "Matinée diocésaine de la Catéchèse 2023 "Service Diocésain de la Pastorale Familiale - Une révolution en marche dans l’Eglise : Wahou !!
  • PAGES JEUNES
  • SOCIÉTÉ
  • Le carnaval : un rite sacré ?
  • ANTJÈ LÉGLIZ-LA - "L’apostasie "
  • AGENDA DE L'ÉVÊQUE
  • MEDIAS

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E g lise en MARTINIQUE N° 656 REVUE DIOCÉSAINE BIMENSUELLE – 2,00 € 12 FÉVRIER 2023 Hommage au père Filopon Questionnaire de Carême (Livret détachable) L'Apostasie « NN e pensez pas que je sois venu abolir la Loi ou les Prophètes...»

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23 S ommaire «N e pensez pas que je sois venu abolir la Loi ou les Prophètes : je ne suis pas venu abolir, mais accomplir." (Mt 5,17). En ce 6e dimanche du temps ordinaire A, nous comprenons que la Loi de Moïse, bien que d’une importance capitale, reste insuffisante sans l’Amour. Dans la contemplation de Jésus, nous devons, tous les jours, être constamment à la recherche de cet Amour véritable. Jésus est le maître de l’annonce, nous dit le pape François \ dans sa Catéchèse intitulée « La passion de l’évangé\ lisation : le zèle apostolique du croyant ». Chaque fois que nous parlons de Jésus, affirme le Saint-Père, nous devons nous calquer sur sa première annonce qui contient cinq éléments essentiels : la joie, la libération, la lumière, la guérison, l’émerve\ illement. En cela, le Parcours Wahou lancé par le Service Diocésain de la Pastorale Familiale en mars 2022, est une bonne école. Il propose des sessions de formation basées, entre autres, sur la Théologie du Corps de Saint Jean-Paul II, sur le projet de Dieu pour l’amour humain, etc. Les témoignages sont très édifiants. Nous entrerons en Carême le 22 février prochain (mercredi des Cendres). Un dossier, contenant des méditations et des questions construites à partir de la Lettre Encyclique « Fratelli Tutti » du pape François et la Parole de Dieu de chaque Dimanche, nous est proposé par le diocèse. Il nous aidera chaque semaine, pendant les 40 jours, à cheminer vers Pâques. Le thème « Grandir ensemble dans une fraternité locale et universelle » s’inscrit dans la dynamique de l’Année de la Fraternité voulue par la Pastorale sociétale et expliquée dans \ le document « Chemin de Mémoire », nous explique le Vicaire épiscopal. Nous méditerons sur le jeûne, l’adoration, la dimension missionnaire, la Bienheureuse Vierge Marie et la réconciliation. Par ailleurs, dans la rubrique « An tjè Légliz-la », comme promis dans la précédente édition, le Chancelier diocésain aborde le thème de l’apostasie en vue du retour à la religion de nos ancêtres. « S’il faut appeler aujourd’hui à une authentic\ ité, ce ne serait pas le retour aux religions traditionnelles, ce serait rétrograde », affirme-t-il. Dans la dynamique du prochain Carême, demandons à Jésus, Lumière du monde et Maître de l’annonce, de nous montrer nos insuffisances, nos manquements et nos esclavages, pour nous aider à grandir dans son Amour. Bon dimanche à tous ! Justine Lordinot ■ EDITORIAL MOT DE L’EVÊQUE LITURGIE VIE DU DIOCÈSE •  La Parole Dominicale •  Présentation \be la paroisse \bu Vert-Pré •  L’apostasie •  Le carnaval : un rite sacré ? •    La paroisse \be Basse-Pointe  a fêté les familles •    Carême 2023 : « Gran\bir ensemble  \bansune fraternité locale et universelle » •  Page Jeunes +15 •    Service Diocésain \be la Pastorale Familiale Une révolution en marche \bans l’Eglise :  Wahou !! •  Matinée \biocésaine \be la Catéchès\ne 2023 •   Si Vaval nous appelle Église en sortie. Ég\nlise en repli. •    Catéchèse \bu pape François La passion \be l’évangélisation :  le zèle apostolique \bu croyant 3 EGLISE UNIVERSELLE 8 6 7 9 14 13 16 AN TJÈ LÉGLIZ\bLA 17 SOCIÉTÉ 17 4 EDITORIAL 2 AGENDA DE L'EVEQUE 19 DIRECTEUR DE PUBLICATION : Jean-Michel MONCONTHOUR RÉDACTRICE EN CHEF : Justine LORDINOT MISE EN PAGE – IMPRESSION Caraïb Ediprint – Bois Quarré – 97232 Lamentin – Tél. \ 05 96 50 28 28 TIRAGE : 8 000 EXEMPLAIRES I.S.S.N. 0759-4895 – Commission paritaire N° 1115L87225 ADMINISTRATION – RÉDACTION Archevêché de la Martinique – Rue du R.P. Pinchon 97200 Fort de France - Tél. 05 96 63 70 70 SERVICE DES ABONNEMENTS Archevêché de la Martinique – BP 586 97207 Fort de France Cedex – Tél. 05 96 63 70 70 – 05 96 72 55 04 http://martinique.catholique.fr – egliseenmartinique@gmail.com

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 12vfévrier 2023 – n° 656 3 MOT DE L’ÉVÊQUE « P apiyon volé, sé volé nou ka volé ». Il est de bon ton pour les catholiques de fuir le Carnaval. Et pour cause ! Le C arnaval de Martinique, pour le peu qu’on en voit depuis quelques années, est devenu de plus en plus malélivé. Des âmes sensibles s’interrogent : même si des groupes réalisent de belles choses et de beaux costumes et que des chrétiens s’investissent encore çà et là, même si beaucoup d’éducateurs chrétiens tentent encore d’initier nos enfants à un carnaval propre et joyeux... comment pourrions-nous reconnaître notre culture et l’âme profonde de notre peuple à la vue de ces déferlements d'hubris et de stupre ? Comment ne pas souiller nos cœurs en étant spectateurs, voire acteurs de certains défilés de Carnaval qui semblent s’apparenter à une parodie pornographique et pré-orgiaque ? Ces questions que j’explicite ici, je les comprends. Comme je conçois que, à l’occasion des congés des jours gras et de l’arrêt de toute l’activité économique de l’île, beaucoup de fidèles, avant d’entrer en Carême, en profitent pour se ressourcer dans la Parole de Dieu et l’onction de l’Esprit- Saint. C’est un réflexe salutaire. Il faut sauver son âme, il faut sauver sa peau. Merci Seigneur ! Merci aux organisateurs, aux paroisses, associations et groupes de prière qui proposent à des centaines de fidèles de (re)découvrir la joie de l’Évangile. Dans un premier temps, le choix est vite fait. Lorsqu’on a devant nous la mort ou la vie, le malheur ou le bonheur, la malédiction ou la bénédiction (Dt 30, 15-19), on choisit la vie… sans hésiter ! C’est normal. Cependant, si Jésus avait fait ce choix, ne serait-il pas resté dans les cieux plutôt que de risquer l’incarnation en habitant parmi nous ? N’aurait-il pas plutôt fréquenté les docteurs de la Loi que le peuple à la nuque raide ? N’aurait-il pas pris ses repas avec les apôtres plutôt que chez Marie-Madeleine, Zachée ou Matthieu ? Aurait-il pris le risque de commander à ses disciples d’aller porter l’Évangile par toute la terre ? Le diable a-t-il si bien joué, si bien remporté la guerre que nous devrions nous résoudre à lui abandonner chaque année notre jeunesse, notre culture, nos médias et notre peuple sans réagir et en nous calfeutrant systématiquement dans un entre- soi douillet. Une Église en repli, c’est le rêve de tous les ennemis du Christ ! Une mère qui abandonne ses enfants et détourne son regard pour ne pas voir « le lion qui va et vient, rugissant à la recherche de sa proie » (1P 5,8) fait la délectation des adversaires de l’Église. Nous ne pouvons pas ne jamais passer à l’action. Je voudrais interroger les milliers de fidèles qui, hier et aujourd’hui, ont été formés au cours des merveilleux temps d’évangélisation : Qu’avons-nous fait de notre baptême ? Qu’avons- nous fait de l’onction de l’Esprit- Saint, des guérisons, des envois en mission ? Qu’avons-nous fait des charismes et de l’amour déversés sur nous ? Le temps ne viendra-t-il pas un jour d’aller sur les places et les parvis pour témoigner du Christ ? Que faire concrètement pour ceux qui se fourvoient ? Bien-aimé, le Père nous appelle, l’Église nous convoque, mais Vaval aussi, d’une certaine façon, nous provoque. Il va bien falloir un jour que le Nom de Jésus soit proclamé là où on ne s’y attend pas, d’une manière inusitée. Qui, quoi, comment ??? Je ne sais ! Mais il ne faut plus dormir sur nos deux oreilles, c'est l’heure de la mission : les assoiffés nous attendent. Le temps est proche. + Fr David Macaire op Archevêque de Martinique ■ Si Vaval nous appelle Église en sortie. Église en repli. costumes et que des chrétiens

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 12vfévrier 2023 – n° 656 4 EGLISE UNIVERSELLE\n C hers frères et sœurs, bonjour ! Jésus, modèle de l’annonce et Jésus, aujourd’hui, maître de l’annonce. Laissons-nous guider par l’épisode dans lequel il prêche à la synagogue de son village, Nazareth. Jésus lit un passage du prophète Isaïe (cf. 61, 1-2) et il surprend ensuite toute l’assemblée avec une prédication très brève, d’une seule phrase ! Et il dit ainsi : « Aujourd’hui s’accomplit l’Ecriture que vous venez d’entendre. » (Lc. 4:21). Voilà la prédication de Jésus : «Aujourd’hui, s’accomplit ce passage de l’Ecriture que vous venez d’entendre. » Cela signifie que pour Jésus, ce passage prophétique contient l’essentiel de ce qu’il veut dire de lui-même. Ainsi, chaque fois que nous parlons de Jésus, nous devons nous calquer sur sa première annonce. Voyons donc en quoi consiste cette première annonce. On peut en distinguer cinq éléments essentiels. Le premier élément\d, c’est la joie Jésus proclame : « L’Esprit du Seigneur est sur moi, […] il m’a envoyé porter la bonne nouvelle aux pauvres » (v. 18), c’est donc une annonce d’allégresse, une annonce joyeuse. (Bonne nouvelle). On ne peut pas parler de Jésus sans joie, car la foi est une merveilleuse histoire d’amour à partager. Témoigner de Jésus, faire quelque chose en son nom, c’est dire « entre les lignes » que nous avons reçu quelque chose de si beau qu’aucun mot ne suffit à l’exprimer. Et au contraire, lorsque manque la joie, l’Évangile ne « passe » pas, parce que -et c’est le mot lui-même qui le dit- l’Evangile est une « bonne nouvelle », une annonce de joie ! Un chrétien triste peut parler de choses merveilleuses, mais tout cela est vain si l’annonce qu’il transmet n’est pas joyeuse. Un penseur a dit un jour : « Un chrétien triste est un triste chrétien ». Ne l’oublions pas ! Nous  en  arrivons  au  deuxième  aspect : la libération Jésus dit qu’il a été envoyé pour « annoncer aux captifs leur libération ». Cela signifie que celui qui annonce Dieu ne peut pas faire de prosélytisme, non, il ne peut pas faire pression sur les autres, mais au contraire, il a à les alléger : il ne peut pas leur imposer des fardeaux, mais les enlever ; porter la paix, et non pas faire porter la culpabilité. Bien sûr, suivre Jésus implique une ascèse, cela demande des sacrifices ; après tout, si toute bonne chose exige des sacrifices, combien plus la réalité décisive de notre vie ! Cependant, celui qui témoigne du Christ montre la beauté du but plutôt que la peine du chemin. Il peut nous arriver de raconter à quelqu’un un beau voyage que nous avons fait : par exemple, nous aurions parlé de la beauté des lieux, de ce que nous avons vu et vécu, pas du temps pour y arriver et des files d’attente à l’aéroport, non ! Ainsi, toute annonce digne du Rédempteur doit communiquer la libération, comme cette annonce de Jésus : « Aujourd’hui, il y a de la joie, parce que je suis venu pour libérer ». \broisième aspect : la lumière Jésus dit qu’il est venu apporter « la vue aux aveugles » (ibid.). Il est frappant de constater que dans toute la Bible, avant le Christ, la guérison d’un aveugle n’apparaît jamais. Il s’agissait d’un signe promis qui viendrait avec le Messie. Mais ici, il ne s’agit pas seulement de la vue physique, mais aussi d’une lumière qui fait voir la vie d’une manière nouvelle. Il y a une « naissance à la lumière « , une re-naissance qui ne se produit qu’avec Jésus. Si nous y réfléchissons, c’est ainsi que la vie chrétienne est née pour nous : avec le baptême, qui dans l’Antiquité était appelé précisément « illumination ». Et quelle lumière Jésus nous apporte-t-il ? Il nous apporte la lumière de la filiation : Il est le Fils bien-aimé du Père, vivant pour toujours ; avec Lui, nous sommes nous aussi des enfants de Dieu aimés pour toujours, malgré nos erreurs et nos fautes. La vie n’est donc plus un long chemin aveugle vers le néant, non ; elle n’est pas une question de destin ou de chance, non. Ce n’est pas quelque chose qui dépend du hasard ou des étoiles, non, ni même de la santé ou des finances, non ! La vie dépend de l’amour, de l’amour du Père, qui prend soin de nous, ses enfants bien- aimés. Comme il est merveilleux de partager cette lumière avec les autres ! Vous est-il venu à l’esprit que la vie de chacun de nous -ma vie, votre vie, notre vie- est un acte d’amour ? Et une invitation à l’amour ? C’est merveilleux ! Mais si souvent nous l’oublions, face aux difficultés, face aux mauvaises nouvelles, face même, et c’est dommageable, à la mondanité, à une façon de vivre mondaine. Le quatrième aspect de l’annonce :  la guérison Jésus dit qu’il est venu « libérer les opprimés ». Les opprimés sont ceux qui, dans la vie, se sentent écrasés par quelque chose qui leur arrive : la maladie, les peines, un poids sur le cœur, la culpabilité, les erreurs, les vices, les péchés… Opprimés par cela… Pensons au sentiment de culpabilité, par exemple. Combien d’entre nous en ont souffert ? Nous pensons un peu au sentiment de culpabilité pour ceci ou cela… Ce qui nous oppresse avant tout, c’est précisément ce mal qu’aucun Catéchèse du pape F\Nrançois La passion de l’évangélisation : le zèle apostolique du croyant Jésus, maître de l’annonce

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 12vfévrier 2023 – n° 656 5 médicament ou remède humain ne peut guérir : le péché. Et si quelqu’un se sent coupable pour quelque chose qu’il a fait, il se sent mal. Mais la bonne nouvelle, c’est qu’avec Jésus, ce mal ancien, ce péché, qui semble invincible, n’a plus le dernier mot ! Je peux pécher parce que je suis faible. Chacun de nous peut pécher, mais cela n’a pas le dernier mot. Le dernier mot, c’est la main tendue de Jésus qui te relève du péché. « Et mon Père, quand fait-il cela ? Une fois ? ». Non. « Deux fois ? ». Non. « Trois fois ? ». Non, il le fait toujours. Chaque fois que tu ne te sens pas bien, et bien, le Seigneur tend sa main vers toi ! Il veut seulement que tu t’y agrippes et que tu le laisses te porter. La bonne nouvelle c’est qu’avec Jésus, ce mal ancien n’a plus le dernier mot : le dernier mot, c’est la main tendue de Jésus qui te fait avancer. Jésus nous guérit du péché, toujours. Et combien dois-je payer pour cette guérison ? Rien. Jésus invite ceux qui sont fatigués, opprimés, qui peinent, dit l’Evangile ; il les invite à venir à Lui (cf. Mt 11,28). Ainsi, accompagner quelqu’un à la rencontre de Jésus, c’est l’amener au médecin des cœurs, de l’âme, qui soulage notre vie. C’est lui dire : « Frère, sœur, je n’ai pas de réponse à tous tes problèmes, mais Jésus te connaît, Jésus t’aime et il peut guérir et apaiser ton cœur. Va et laisse-les à Jésus ». Ceux qui portent des fardeaux ont besoin d’une caresse pour le passé. On entend si souvent : « Mais il faudrait que je guérisse mon passé… J’ai besoin d’une caresse sur ce passé qui me pèse tant… ». Il a besoin de pardon. Et ceux qui croient en Jésus ont justement cela à donner aux autres : le pouvoir du pardon, qui libère l’âme de toutes dettes. Frères, sœurs, ne l’oublions pas : Dieu oublie tout. Comment cela ? Oui, il oublie tous nos péchés. Il les oublie. Pour cela… il n’a pas de mémoire ! Dieu pardonne tout parce qu’il oublie tous nos péchés. Nous devons seulement nous approcher du Seigneur et Il nous pardonne tout. Il veut seulement que nous nous approchions de Lui et il nous pardonne tout. Pensez à ce quelque chose de l’Évangile, à ce fils cadet qui a commencé à dire à son père : « Seigneur, j’ai péché ! ». Ce fils… et le père lui met la main sur la bouche. « Non, ça va, ce n’est rien… ». Il ne le laisse pas finir… Et c’est bien, c’est beau. Jésus nous attend pour nous pardonner, pour nous guérir, nous restaurer. Et combien de fois ? Une fois ? Deux fois ? Non. Toujours. « Mais Père, je fais toujours les mêmes choses… ». Et lui aussi, Il fera toujours la même chose : Il te pardonnera, t’embrassera. S’il vous plaît, ayons confiance en cela, voilà comment nous aime le Seigneur; voilà comment nous aimons le Seigneur ! Celui qui porte des fardeaux et a besoin d’une caresse pour le passé a besoin de pardon, et Jésus le donne. Voilà ce que Jésus fait : il libère l’âme de toute dette. Dans la Bible, on parle d’une année où l’on était libéré du poids de ses dettes : le Jubilé, l’année de grâce. Comme si c’était le point ultime de l’annonce… Effectivement, Jésus dit qu’il est venu « pro- clamer une année de grâce du Seigneur » (Luc 4:19). Il ne s’agissait pas d’un jubilé programmé, comme ceux que nous avons aujourd’hui, où tout est planifié et où l’on réfléchit à la manière de le faire. Non. Mais avec le Christ, la grâce, qui rend nouvelle notre vie, arrive, étonne et nous émerveille toujours. Cinquième  aspect  :  l'émerveil- lement  Le Christ EST le Jubilé de chaque jour, de chaque heure, celui qui t’approche, qui t’embrasse, qui te pardonne. Et l’annonce de Jésus doit toujours apporter l’émerveillement de la grâce. Cet émerveillement … « Non, je ne peux pas le croire ! J’ai été pardonné. ». Mais c’est ainsi que notre Dieu est si grand : ce n’est pas nous qui faisons des grandes choses, mais c’est la grâce du Seigneur qui, à travers nous, accomplit des choses inattendues et imprévisibles. Voilà les surprises de Dieu ! Dieu est le maître des surprises. Il nous surprend toujours, il nous attend toujours, il nous attend. Nous arrivons, et Lui, Il nous attend ! Toujours. L’Évangile s’accompagne d’un sentiment d’émerveillement et de nouveauté qui a un nom : Jésus. Qu’Il nous aide à le proclamer comme Il le désire, en communiquant la joie, la délivrance, la lumière, la guérison et l’émerveillement. Voilà comment on communique Jésus. Une dernière chose : cette « bonne nouvelle », dont l’Évangile dit qu’elle est adressée » aux pauvres » (v. 18). Nous oublions souvent les pauvres, et pourtant ils sont les destinataires explicitement mentionnés, car ils sont les bien-aimés de Dieu. Souvenons-nous des pauvres et souvenons- nous que, pour accueillir le Seigneur, chacun de nous doit devenir « pauvre au-dedans ». Non pas auto-suffisant, non : mais pauvre « de l’intérieur », de cette pauvreté qui fait dire : « Seigneur, j’ai besoin de pardon, j’ai besoin d’aide, j’ai besoin de force ». Cette pauvreté que nous avons tous, en réalité, et bien voilà, se rendre pauvre intérieurement. Il faut dépasser toute notre prétention à l’autosuffisance pour comprendre enfin que l’on a besoin de la grâce, que l’on a toujours besoin de Lui. Si quelqu’un me dit : « Père, quel est le chemin le plus court pour rencontrer Jésus ? ». Alors, je lui répondrai : « Sois dans le besoin. Rends- toi nécessiteux, nécessiteux de la grâce, nécessiteux du pardon, nécessiteux de la joie. Et Lui, Il s’approchera de toi. ». Merci. Pape François. Source : https://fr.zenit.org/2023/01/25/ ■

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 12vfévrier 2023 – n° 656 66 Dimanche 12 fév\bie\b 2023  la P P arole  DDominicale 6 ème dimanche du temps ordinaire - Année A Prière d’introduction Seigneur, merci pour ton immense amour. Nous savons que tu n’es ni aveugle ni sourd. Tu vois notre misère et tu entends nos cris. Tu viens à notre rencontre pour nous parler de ton projet de salut, de libération. Rends- nous attentifs à tes commandements et donne-nous la grâce de reconnaître nos erreurs et de chercher la voie de la réconciliation afin que nous puissions vivre pleinement de ton amour et de ta paix. Amen ! Réflexion Lecteurs de « Eglise en Martinique », la liturgie de ce 6 ème dimanche vient nous rappeler que Dieu a un projet pour nous. Ce projet est de nous libérer de notre misère qui vient du péché, de nos divisions. Dieu nous promet le salut et la libération. Il nous donne ses lois, ses commandements d’amour qui sont source de libération. ➊ Ne pensez pas que je suis venu abolir la Loi ou les Prophètes, mais accomplir. Pour accomplir cette œuvre de salut, Dieu nous donne des lois qui nous aideront à vivre en harmonie. C’est en Jésus que la Loi et les Prophètes sont récapitulés. Jésus accomplit, mène à son achèvement tout ce qui était contenu dans la première Alliance. Il vient sauver la Loi. Par sa présence, il accomplit la volonté de Dieu. La volonté de Dieu, c’est de s'approcher de l'homme. Il vient pour enrichir la Loi, pour l’éclairer, afin que tous les hommes puissent connaître le véritable visage de Dieu. Le but de la Loi, c’est de libérer l’amour et la vie de Dieu dans le cœur de l’homme. Quand on vit en société, il est important de se respecter les uns les autres. C’est un minimum indispensable à la vie en société : ne pas tuer, ne pas voler, ne pas tromper… Le Seigneur veut nous libérer de tout ce qui détruit notre vie grâce à l’Esprit-Saint qui travaille en nous et fait de nous des adultes dans la foi pour entrer vraiment dans son projet. ➋ Laisse ton offrande là, devant l'autel, va d'abord te réconcilier avec ton frère. Pour entrer vraiment dans ce projet de Dieu pour nous, Jésus nous propose le chemin de la réconciliation. Le long de la vie, nous pouvons trouver beaucoup d'adversaires, mais le pire de tous est nous- mêmes quand nous nous éloignons du chemin de Dieu. Dans la recherche de la réconciliation avec Dieu et avec nos frères, il est important et même essentiel de nous réconcilier d’abord avec nous-mêmes. La conversion que nous pratiquons devrait refléter notre façon de vivre. Jésus nous demande de nous réconcilier avec nos ennemis. Un premier pas sur ce chemin de réconciliation est de prier pour nos ennemis. Si nous avons été sérieusement blessés par d'autres, prions le Seigneur de cicatriser ces souvenirs douloureux et d'obtenir la grâce de pouvoir pardonner. Si nous refusons de faire la paix avec notre prochain, nous ne pouvons pas dire que nous aimons Dieu. Si quelqu’un dit : j’aime Dieu, alors qu’il y a de la haine contre son frère, c’est un menteur. Nous ne pouvons pas vivre en enfants de Dieu sans vivre ensemble comme des frères. Nous sommes invités à aller davantage au cœur de notre relation avec Dieu, avec nous-mêmes et avec les autres. ➌ Si ton œil droit entraîne ta chute, arrache-le et jette-le loin de toi ; si ta main droite entraîne ta chute, coupe-la et jette-la loin de toi… Sacrifice par amour pour entrer dans le projet de Dieu. Jésus est très radical. Il est conscient, pour le suivre, que la lutte contre la tentation fait partie de notre vie quotidienne. Nous avons tous des yeux ou des mains à sacrifier et à jeter loin de nous afin de préserver ce qui est important. Sacrifier veut dire mettre les choses dans le bon ordre, car toute chose a une place dans la création. Ce qui ne peut être sacrifié, c’est la vérité. Que votre parole soit « oui » si c’est « oui », « non » si c’est « non ». Jésus nous invite à vivre dans la vérité. Vivre dans la vérité demande un sacrifice. La radicalité évangélique est la recherche de la vérité dans notre vie. Le chrétien en étant radical avec lui-même dans sa quête de la vérité devient un martyr. Comme chrétiens, nous ne serons pas jugés seulement pour ce que nous avons fait, mais pourquoi nous l’avons fait. Je dialogue avec Jésus Seigneur Jésus, en méditant ta parole, nous reconnaissons que nous sommes tous coupables. Nous ne travaillons pas assez pour notre salut. Et pourtant, tu nous donnes des moyens efficaces pour reprendre le contrôle de notre vie. Chaque jour, tu nous invites à nous ouvrir à toi. Aide-nous à nous engager sur ce chemin de conversion pour que tu sois en nous et nous en toi. Résolution Apprécions toute chose dans les moindres détails. Sortons de notre rigidité qui tue souvent notre liberté. Discernons nos paroles et nos actes selon la loi de l’Evangile qui nous rend libres et capables d’aimer. Père Michel Delvarice , Administrateur paroisse Sainte Jeanne d’Arc, Vert-Pré ■ Ben Sira le Sage 15,15-20  •\s  Psaume 118 (11\b)  •  1\sCorinthiens 2,6-10 \s •   Matthieu 5,17-3\s7 LITURGIE 

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 12vfévrier 2023 – n° 656 7 Pour la paroisse : Marie-Claude Élie-Marius , Jocelyne Célestine, Gisèle Jean-Zéphirin ■ Dé ti mo anlè Vèwpré L e Vert-Pré est un hameau rural de la commune du Robert en Martinique, peuplé d’environ 6000 habitants appelés « Vertpréens ». Il est situé à une altitude de 310 mètres et compte à ce jour 17 quartiers. Aujourd’hui, on y cultive la banane principalement alors qu’historiquement on y cultivait la canne à sucre et l’ananas. Son église, dont la patronne est sainte Jeanne d’Arc fêtée le 30 mai, a été construite grâce à une solidarité exemplaire de ses habitants et à la volonté de trois hommes : • M. Morinière, habitant du Vert-Pré, travaillait à l’époque à la sucrerie du Robert avant de construire une distillerie dont les ruines sont encore visibles dans le « terrain des ananas » ; • Deux Bretons, M. Leray, un pionnier de l’installation de l’école au Vert-Pré et M. Maignan, propriétaire des terres où se dresse aujourd’hui l’église. Zéné nou bati ba nou (Une belle page d’histoire écrite par nos ainés) En 1930, MM. Morinière, Constant Le Ray et Maignan décident de construire une église pour remplacer la petite chapelle existante. M. Maignan offre le terrain, M. Morinière fournit les terrassiers et la charpente en fer et M. Le Ray prépare l’accès avec ses élèves de CM2. La construction de l’église fut le résultat de la solidarité des Vertpréens. Les pierres étaient rassemblées dans chaque quartier et lorsque la pile était conséquente, tous les habitants allaient les chercher pour les ramener, tant dans les mains que sur la tête, dans une immense procession. Au fur et à mesure que les travaux avançaient, les charpentiers bénévoles confectionnaient les bancs. La construction s’est achevée en 1934, mais fut endeuillée par la mort d’un ouvrier, M. Ernest Birota, victime d’une chute mortelle au moment de l’installation du clocher. Les premières messes étaient célébrées uniquement le dimanche par l’abbé Aulra, assisté de M. Lucien Dorival, sacristain, homme à tout faire et chef de la chorale, qui fabriquait les hosties comme de petits gâteaux secs dans un four à charbon. Aujourd’hui, l’administrateur de la paroisse est le père Michel Delvarice, nommé le 30 août 2018. An Tchè Légliz nou-an Des pastorales et mouvements en action : La Pastorale familiale, les Pastorales de la santé, des jeunes, des hommes, de la communication, des post-confirmés, du catéchuménat des adultes ; PCE de quartiers qui vivent les 5 essentiels ; Renouveau charismatique, des groupes de prières, Légion de Marie, Equipe du rosaire, Equipes liturgiques… Des paroissiens investis : CPAE, CPP, Equipes de comptage, Equipes d’accueil, de décoration, de nettoyage, de funérailles, de baptême, de communication, chorales dont un Chœur d’hommes ; un groupe de louange… Temps forts à venir : Concerts spirituels avec le « Chœur d’hommes » et des « Pastorales des jeunes » du diocèse. Nos projets en cours : Travaux de rénovation du clocher, de sécurisation et travaux de réhabilitation du presbytère grâce aux actions menées par les paroissiens dévoués et dynamiques. Paroisse du Vert-Pré Organisation de la paroisse • Horaires des messes en semaine : Mardi, mercredi, vendredi à 6h30. Le 3 ème mercredi du mois, la messe a lieu en quartier, à 18h Jeudi 17h : exposition du Saint-Sacrement - 17h30 : Vêpres - 18h : messe • Horaires des messes dominicales : Samedi à 17h – dimanche à 8h et messe du district à 18h • Horaires d’ouverture du bureau paroissial : Mardi, jeudi, vendredi de 8h-11h – samedi de 8h-10h et dimanche après la messe. Sans oublier la permanence du prêtre le mercredi de 8h-11h et 15h-17h, sur rendez-vous Organisation de la paroisse ‘‘ S’il fallait, dans le monde entier, choisir le coin privilégié pour fixer le Paradis Terrestre, je voterais pour que ce soit Le Vert-Pré. Théodore Roosevelt, 1916 ‘‘ Une citation emblématique

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 12vfévrier 2023 – n° 656 888 La paroisse Saint Jean-Baptiste de Basse-Pointe a fêté les  familles, le dimanche 8 janvier 2023, en même temps que  l’Épiphanie.  C ette cérémonie a débuté par la messe à la Chapelle de Démare. Les paroissiens sont venus en famille pour la célébration de cette messe. A cette occasion, les familles sont entrées en procession avec le curé, l’acolyte et les servants d’autel. Elles y ont pris part aux différents temps : monition, lectures, quête. A l’issue de la cérémonie, les paroissiens se sont retrouvés en famille, à midi, à la salle polyvalente de Basse-Pointe, autour d’un déjeu ner convivial. L’animation était assurée par le groupe Péniel qui a permis aux paroissiens de participer à la louange. Pour clôturer cette journée qui était aussi celle de la fête de l’Épiphanie, les paroissiens ont pu partager la galette des rois. La paroisse de Basse- Pointe a fêté les familles VIE DU DIOCÈSE Paroisse de Schoelcher COMMUNIQUÉCOMMUNIQUÉ Le père Gibon, curé de la paroisse de Schoelcher, informe les fidèles du diocèse que des travaux seront réalisés à l’église du bourg de Schoelcher : restructuration des colonnes, restructuration des bétons de la façade intérieure, reprise d’étanchéité. Ainsi, à compter du lundi 30 janvier 2023, et pendant toute la durée des travaux, l’église du bourg sera fermée au culte. De ce fait : • Les messes de semaine auront lieu aux heures habituelles à l’ég\ lise de la Résurrection de Terreville (au-dessus du Leader Price), à l’exception de la messe du mercredi matin qui est maintenue à Fond Lahaye à 6h30. • Les messes dominicales auront également lieu à l’église de la Résurrection de Terreville aux horaires suivants : Samedi soir : 18h – Dimanche : une seule messe à 8h. N’hésitez pas à vous rendre sur le site de la paroisse de Schoelcher (https://schoelcher.eglisemartinique.fr/) pour avoir tous les horaires au jour le jour. Merci de votre compréhension. Bénédictions ! Ainsi, à compter du lundi 30 janvier 2023, et pendant toute la durée des travaux, • Les messes de semaine auront lieu aux heures habituelles à l’ég\ lise de la Résurrection A cette occasion, les familles sont entrées en procession avec le curé, l’acolyte et les servants d’autel. Elles y ont pris part aux différents temps : Une paroissienne ■

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 12vfévrier 2023 – n° 656 9 2023 CARÊME « Grandir ensemble dans une fraternité locale et universelle » Le Carême de cette année 2023 s’inscrit dans la dynamique de l’Année de la  Fraternité  voulue par la Pastorale sociétale et expliquée dans le document  « Chemin de Mémoire »  réalisé par elle. D epuis plusieurs années, les différents acteurs du diocèse œuvrent pour que la foi ne soit pas exilée de l’existence sociale. Fort de cela, la spiritualité du Carême propre à notre diocèse, tout en prenant en compte une ou plusieurs réalités sociales, associe P rojet pastoral, guérison intérieure de l’homme, afin de permettre progressivement aux chrétiens catholiques de rentrer dans la vérité de l’anthropologie pascale. La manière d’opérationnaliser nos carêmes a pour avantage de ne pas vivre dans une monotonie. Ainsi donc, chaque semaine des 40 jours, nous sommes appelés à être missionnaires vers les autres, à offrir des journées de jeûne pour la guérison de la Martinique, à devenir des adorateurs… Le Carême 2023 reste dans la logique des Carêmes précédents. Le thème proposé « Grandir ensemble dans une fraternité locale et universelle » est la reprise de l’idée majeure du chemin de mémoire proposé par la P astorale sociétale. La méditation et les questions pour chaque semaine sont construites avec la Lettre Encyclique « Fratelli Tutti » du pape François et la Parole de Dieu de chaque dimanche. Un clin d’œil a été fait aussi aux orientations pastorales 2022-2023. Père Gilles Aizo Vicaire épiscopal

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 12vfévrier 2023 – n° 656 10 ➊ « Le Seigneur dit à Abram, quitte ton pays, ta parenté et la maison de ton père » (Gn 12,1). La fraternité consiste aussi à ne pas obliger l’autre à penser comme soi. Elle nous permet quelquefois de laisser partir l’autre pour que le Seigneur puisse œuvrer dans sa vie. • Suis-je seulement proche de ceux et celles qui pensent comme moi ? • Cette semaine, est-ce que je peux écrire les idées que je n’apprécie pas chez les autres ? ➋ « On observe la pénétration culturelle d’une sorte de "déconstructionnisme", où la liberté humaine prétend tout construire à partir de zéro. » (Fratelli Tutti n° 13). • En quel sens les expériences des autres et des aînés peuvent-elles nous aider à construire la fraternité ? • Puis-je mettre par écrit ces expériences ? ➌ « Avec la force de Dieu, prends ta part des souffrances liées à l’annonce de l’Évangile ». (1Tim 1, 8). • Quels sacrifices accepterai-je d’endurer pour construire la fraternité ? consacrée à l'consacrée à l' AdorationAdoration 2 ème semaine Le combat de la fraternité : Jeûner aux intentions d’un frère ou d’une sœur La fraternité, un détachement pour un passage ➊ Pour vous, qu’est-ce que la fraternité? ➋ « Le Seigneur Dieu modela l’homme » (Gn 2,7). • Quelles sont les personnes que nous considérons comme frères, sœurs ? Nous arrive-t-il de penser que tous les humains sont créés à l’image et à la ressemblance de Dieu ? • Quels sont les freins à la fraternité ? ➌ « Oui, je connais mon péché, ma faute est toujours devant moi ». (Ps 50). • Quels sont mes péchés contre la fraternité ? ➍ « Plus que jamais, nous nous trouvons seuls dans ce monde de masse qui fait prévaloir les intérêts individuels et affaiblit la dimension communautaire de l’existence ». (Fratelli Tutti n° 12). • Quels sont les signes qui montrent que la fraternité est brisée en Martinique ? ➎ M’est-il arrivé d’avoir tenté un frère, une sœur ? Si oui, penser à cette tentation et prier pour ce frère, cette sœur ? (Par exemple obliger quelqu’un à ne pas être fidèle à Dieu). Le combat de la fraternité : Le combat de la fraternité : 1 ère semaine consacrée au  Jeûne Jeûne • Jeûner pour quelqu’un que nous n'aimons pas ou que nous avons offensé. • Dans les paroisses, les curés peuvent proposer des jeûnes de 12h. Des personnes qui le peuvent se proposent de jeûner toutes les 12h. • Un jeûne paroissial peut être envisagé. Ce jour, la messe sera célébrée le soir. À la fin de la messe, des pains bénis avec une bouteille d'eau seront distribués à l’assemblée. C’est la paroisse qui offre le pain et la bouteille d’eau. Mais les paroissiens apporteront en offrande le prix de leur repas. L’argent récolté sera versé à Saint Vincent de Paul ou au Secours Catholique pour les frères et sœurs en situation de précarité. • Les curés peuvent afficher à l’église ce qui a été relevé au niveau des questions 3 et 4 de la 1 ère semaine. • Si la Paroisse possède un oratoire, tout ce qui a été relevé peut y être exposé. • Pendant cette semaine d’adoration, demander que les lumières de la Transfiguration transforment tout cela pour notre Martinique et le monde. Point d’effo\bt conc\bet   Point d’effo\bt conc\bet  

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 12vfévrier 2023 – n° 656 11 Avec l’Évangile de ce dimanche, deux attitudes sont proposées : passer des ténèbres à la lumière, de la non-connaissance à la reconnaissance du Christ, ou au contraire passer de la lumière à l’aveuglement, c’est-à- dire de la vue des signes au refus de croire. Jésus, lumière appelle à un choix : en rester à notre routine, fût-elle spirituelle, ou bien marcher à sa suite en lâchant nos sécurités pour trouver la lumière. ➊ Quels sont les aveuglements qui empêchent la fraternité de prendre racine ? ➋ Les pharisiens n’ont pas voulu reconnaître l’aveugle de naissance guéri, comme un frère. Nous arrive-t-il de choisir l’aveuglement ? Pourquoi ? Y -a-t-il un frère, une sœur, qui nous a aidé à quitter l’aveuglement ? Pouvons-nous témoigner de cela ? ➌ Les parents de l’aveugle de naissance guéri avaient peur des juifs. S’ils affirmaient que Jésus est le Christ, ils seront exclus du Temple. Avons-nous eu peur ou refusé de défendre un frère, une sœur, qui a été accusé faussement ? Pourquoi ? ➍ Le 25 mars, nous célébrons la Solennité de l’Annonciation : Par son Oui, Marie a accueilli la Lumière. Avons-nous aidé un frère, une sœur à dire Oui à Dieu ? Comment cela s’est-il passé ? Est-ce que nous pouvons témoigner de cela ? Pour cette semaine, il serait bon de faire le bilan en CPP avant le Carême. Les points qui auront été retenus seront mis en application durant cette semaine. « Croire en Dieu et l’adorer ne garantit pas de vivre selon sa volonté (…). Mais il existe des manières de vivre la foi qui favorisent l’ouverture du cœur aux frères ; et celle-ci sera la garantie d’une authentique ouverture à Dieu » (Fratelli Tutti n° 74). Les 4 orientations pastorales 2022-2023 pour notre diocèse peuvent nous aider à vivre une dimension de la fraternité. Cette semaine, chaque paroisse fera la relecture du P rojet pastoral proposé en septembre. (Ce qui est fait, ce qui n’est pas fait, les obstacles, les projections). 3 ème semaine consacrée à la  consacrée à la    Dimension missionnaire Dimension missionnaire Le frère peut nous permettre de vivre en présence de Dieu. Jésus est Lumière pour le monde. Reconnaître cette lumière par l’intercession de la Bienheureuse Vierge Marie. • Vivre une (ou plusieurs) dimen- sion du P rojet pastoral qui n’est pas encore vécue. • Essayer de rejoindre un frère ou une sœur dans l’un de ses désirs pour le (la) conduire à Dieu. (cf. Évangile de la Samaritaine) • Faire une chaîne de Rosaire sur toutes les paroisses. Toutes les 30 mn, quelqu’un doit être en train de méditer le chapelet pour demander à Marie de nous aider à sortir de nos aveuglements. consacrée à la   Jésus est Lumière pour le monde. Jésus est Lumière pour le monde. Jésus est Lumière pour le monde. Jésus est Lumière pour le monde. Jésus est Lumière pour le monde. Jésus est Lumière pour le monde. Jésus est Lumière pour le monde. Jésus est Lumière pour le monde. Jésus est Lumière pour le monde. Jésus est Lumière pour le monde. Jésus est Lumière pour le monde. Jésus est Lumière pour le monde. Jésus est Lumière pour le monde. Jésus est Lumière pour le monde. 4 ème semaine BienheuBienheu rere use Vierge Marie use Vierge Marie Point d’effo\bt conc\bet   Point d’effo\bt conc\bet  

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 12vfévrier 2023 – n° 656 12 La libération du frère ou de la sœur Jésus leur dit : « Déliez-le, et laissez-le aller ». (Jn 11, 44). ➊ Quel frère, quelle sœur dois-je délier ? Pourquoi ai-je des difficultés à pardonner ? À propos du pardon, lisons ce que le pape François écrit : « Il ne s’agit de proposer un pardon en renonçant à ses droits devant un puissant corrompu, devant un criminel ou devant quelqu’un qui dégrade notre dignité. (…) Aimer un oppresseur, ce n’est pas accepter qu’il continue d’asservir, ce n’est pas non plus lui faire penser que ce qu’il fait est admissible ». (Fratelli Tutti n° 224). ➋ Est-il arrivé que nous soyons complices d’un puissant corrompu ? Comment cela est-il arrivé? « Quand les conflits ne sont pas résolus, mais plutôt dissimulés ou enterrés dans le passé, il y a des silences qui peuvent être synonymes de complicité avec des erreurs et des péchés graves. Mais la vraie réconciliation, loin de fuir le conflit, se réalise dans le conflit, en le dépassant par le dialogue et la négociation transparente, sincère et patiente » (Fratelli Tutti n° 224). ➌ S’il y des divisions dans notre famille, pouvons-nous nous inspirer des propos du Pape pour entreprendre une démarche de réconciliation ? 5 ème semaine consacrée à la consacrée à la  Réconciliation Réconciliation • Faire une bonne confession avant Pâques. • Se réconcilier avec son frère/ sa sœur en paroisse, en famille… • Ne pas fêter Pâques avec la haine dans le cœur. Prière au Créateur S eigneur et Père de l’humanité, toi qui as créé tous les ê\ tres humains avec la même dignité, insuffle en nos cœurs un esprit de frè\ res et sœurs. Inspire-nous un rêve de rencontre, de dialogue, de justice et de paix\ . Aide-nous à créer des sociétés plus saines et un monde plus \ digne, sans faim, sans pauvreté, sans violence, sans guerre. Que notre cœur s’ouvre à tous les peuples et nations de la terr\ e, pour reconnaître le bien et la beauté que tu as semés en chacun pour\ forger des liens d’unité, des projets communs, des espérances partagées. Amen ! Pape François Point d’effo\bt conc\bet  

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 12vfévrier 2023 – n° 656 13 +15 Page Jeunes Et si je glorifiai\ns Dieu  en  faisant le carnaval ?\n Bon  moi,  j’ai  des  talents,  avec  ma  #teamcarnival (mes potes  pour le vidé), on honore Dieu,  mais  pas  que  le  dimanche  à  la  messe  ;  on  a  réalisé  qu’on  peut  aussi  le  faire  pendant le carnaval...  Eh ouais  . La création musicale permet de glorif er Dieu, et peut être pour tout chrétien une occasion, seul ou en groupe, de faire  corps, en unité pour que les musiques, les sonorités créées,  rendent gloire à Dieu !   Que tu choisisses d‛être aux ti bwa, aux cha-chas, à la caisse claire, au tambour, à la cloche ou aux cuivres (trombone, sax, trompettes…), tu peux offrir à ce moment une offrande à Dieu pour ce talent qu‛il t‛a donné ! Là aussi ta créativité peut rendre gloire à Dieu  Que ce soit à travers les f gures d’antan (neg gwo  siwo... Mariann  lapof  g) ou  avec tes collants, plumes, feuillages, miroirs, etc, si avec ta #teamcarnival vous faites des ateliers costumes, vous créez là de bons souvenirs et perpétuez ainsi à travers cet  e  amitié, une communion.   Mon corps étant le temple du Saint-Esprit, est-ce que je glorifi e Dieu à travers mes costumes ? La musique Depuis des décennies, le carnaval est  l’occasion de satyres chantées, sur la société, les hommes politiques et depuis quelques années sur quelqu'un qui aurait  fait une frasque mémorable avant les jours  gras…  fait une frasque mémorable avant les jours  Mé sé pa sa sèlman ! a bi a bi... é damizo... bonm' biswi-a… étaient des  chants d’antan. Pa biwen alé rio… beaucoup de groupes continuent à perpétuer cet e tradition du carnaval en usant d’imagination pour rallier les carnavaliers. On peut souligner la jeunesse de certains groupes qui renouent avec cet e création, artistique pour péréniser le carnaval populaire, et met ent leur talent de création, que ce soit à l’écriture ou à la recherche de rythmes, pour avoir «LE » son de carnaval de l’année.    Nous ne parlons absolument pas des chants où les injures sont à l‛honneur. Dansez, louez, célébrez le Seigneur… !!!  AAAh la danse, s’il y a bien une chose que  les jeunes aiment : c’est ça : DANSER !!!As-tu cet e f bre créatrice de chorégraphe ? Montre alors tes talents créatifs ! crée ta #carnivalteam si tu n’es pas déjà dans un groupe où tu  peux avec les autres faire vivre ce carnaval…    Ma façon de danser glorifi e t-elle Dieu ? Les chansons La danse La création de costumes Maeva Emmanuelle Céleste Là aussi ta créativité peut rendre gloire à Dieu  Que ce soit à travers les f gures d’antan (neg gwo  siwo... Mariann  lapof  g) ou  avec tes collants, plumes,  feuillages, miroirs, etc, si avec ta #teamcarnival  vous faites des ateliers costumes, vous créez là de  est-ce que je glorifi e Dieu à travers mes costumes ? La création de costumes Prière au Créateur

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 12vfévrier 2023 – n° 656 14 Une révolution en marche dans l’Eglise : Wahou !! Service Diocésain de la Pastorale Familiale Le 12 mars 2022 a été le point de départ des Parcours Wahou sur le Diocèse. En ce début  d’année  2023,  comment  la  démarche  a-t-elle  été  accueillie  ?  La  révolution  du  troisième  millénaire annoncée a-t-elle véritablement débuté ?  Morne-Rouge Gros-Morne Diamant • 25 février 2023 • Samedi 9h00 - 11h30 • 19 mars 2023 • Dimanche 9h30 -11h30 • 25 mars 2023 • Samedi 8h30 -10h30 Proposée pour transmettre le beau projet de Dieu pour l’amour humain, pour la sexualité humaine, pour notre corps Basée sur la Théologie du Corps de Saint Jean-Paul II Comprendre en vue de quoi Dieu à créer l’être humain homme et femme Comprendre le sens du corps et de la sexualité humaine Comprendre qui nous sommes dans la pensée éternelle d’amour de Dieu Destinée à tous les acteurs du diocèse et aux fidèles La formation au Parcours Wahou Vise à guérir la relation avec Dieu, avec soi-même, entre les hommes et les femmes Parcours \bahou : Pou\gr mémoire Le Parcours Wahou est mis en place sur notre diocèse par le Service Diocésain de la Pastorale des Familles (SDPF) depuis mars 2022. Quelques points de repère pour identifier ce qu’est la formation au parcours Wahou. Une action bien en\ggagée sur le diocès\ge. Suite au lancement de la démarche Wahou le 12 mars 2022, il y a eu un très bon accueil du Parcours Wahou sur l’ensemble les districts mobilisés. En effet, de mars à décembre 2022, deux sessions de formation ont été lancées ; il y a eu 180 participants. Il est à noter que la participation des hommes n’était pas importante : elle était de 25% environ. Il conviendra de mobiliser plus massivement les hommes sur les prochains parcours. Perspectives Actuellement, des parcours sont en cours sur les paroisses de Morne-Rouge, Morne-des Esses, Gros- Morne, Trinité, Sainte-Marie et Diamant ; c’est donc 11 paroisses qui se sont engagées dans la démarche. D’autres paroisses sont en cours de discussion. Ci-dessous les parcours pour lesquelles les inscriptions sont en cours : Le SDPF prépare également la mise en place d’une autre formation ouverte à tous : le forum Grammaire de la Vie, sur l’écologie intégrale. Elle est prévue pour début 2024. VIE DU DIOCÈSE contacter la coordinatrice des Parcours Wahou, Mme Audrey Mounouchy : 0696 03.50.49 Pour toute information ou inscription,Pour toute information ou inscription,

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 12vfévrier 2023 – n° 656 15 Les témoignages … Sylvère. D, paroissienne du Centre Un jour, après une déception amoureuse, j’ai demandé à Dieu : « c’est pour quand le pays de miel et de lait ? Tu nous as promis d’être heu- reux ». J’ai connu et suivi le P arcours Wahou, je l’avais rêvé, espéré, Dieu l’avait déjà programmé, prévu dans cette alliance des origines avec Adam et Eve, mais rompue par innocence. Aujourd’hui, je le sais. Wahou !!! Quel beau projet, mieux qu'au jardin d'Eden, tout en ayant la connais- sance, nous serons à nouveau, à notre résurrec- tion, dans une plénitude d’Amour avec Dieu pour lui avoir fait confiance et pour avoir mis nos pas dans ceux de notre frère Jésus. Wahou !!! Marie-Christel, paroisse du Saint-Esprit Le Parcours m’a été vraiment bénéfique. Je sens encore qu’il y a du cheminement à faire pour connaître et comprendre tous les tenants et aboutissants. Le livre va pouvoir m’aider à travailler encore sur le sujet. Je souhaite appro- fondir ce que j’ai reçu. Marie-Christine, paroisse du Saint-Esprit Une sœur en Christ m’a parlé de ce P arcours. Nous faisons de l’évangélisation de rue et cela sera un plus pour répondre aux questions des personnes que nous rencontrons. Je vis en couple et j’aurais aimé que mon compagnon soit là pour que l’on puisse entendre ensemble la même chose et comprendre la relation au corps, ce qu’est la chasteté. J’aurais apprécié d’entendre plus les animateurs du Parcours sur certaines problé- matiques, mais j’ai été heureuse d’être là durant tous ces samedis. Alexandra, paroisse du François Je chemine depuis 6 ans. J’ai pris connaissance du Parcours sur la paroisse, cela m’a interpel- lée. Par rapport aux épreuves de la vie que j’ai connues, j’ai voulu en savoir plus et je me suis inscrite. J’ai retrouvé un peu d’estime de moi grâce aux enseignements et j’ai compris certaines choses, notamment que le corps est un don de Dieu et comment accueillir ce don. Cela m’a enrichie et je souhaite transmettre ce que j’ai reçu à mes enfants. Isabelle, paroisse du François Le Seigneur m’avait déjà interpellée sur les rela- tions sexuelles dans le mariage. Quand je me suis mariée en 2018, j’ai senti que les relations avec mon époux devaient être différentes de celles que j’avais eues avant le mariage. Quand ma sœur m’a parlé du Parcours l’an dernier, j’ai tout de suite su que je devais m’inscrire. Je pensais le suivre surtout pour moi, mais je veux maintenant le transmettre à mes enfants lorsqu’ils seront en âge, pour qu’ils ne reproduisent pas les erreurs que j’ai faites… et pourquoi pas le transmettre à d’autres personnes avant cela. Je me rends compte aujourd’hui à quel point l’amour dans le couple est fragile et combien seul Dieu peut le fortifier pour le rendre solide. Samuel, paroisse du François Au plus fort de l’épidémie de Covid, je me suis vu me renfermer sur moi et je sentais qu’il fallait que je m’ouvre à nouveau. Lorsque j’ai entendu le mot Wahou, j’ai tout de suite été intéressé, je voulais savoir ce qu'il signifiait. J’avais envie de rallumer cette petite flamme que Dieu met dans le cœur. Mais j’étais tiraillé comme si une force voulait m’empêcher d’y aller. Grâce à Dieu, j’ai pu m’inscrire. Après la deuxième séance, je suis rentré chez moi en pleurs. Tout ce que j’apprenais me confortait dans l’assurance que Dieu s’est donné sur la croix pour nous sauver, pour me sauver, moi. Célibataire, j’ai appris le sens du mariage, de l’union, du don de soi. Dieu m’a dit qu’il m’aime, moi, dans cet état de vie. J’ai dit mon "Wahou", et j’ai envie de transmettre ce que j’ai reçu. Ingrid, Paroisse de Ducos Avec le Parcours Wahou, j’ai pu comprendre que ce don réciproque des époux vécu dans le sacrement de mariage, rendait visible l’Amour de Dieu qui est Père, Fils et Esprit Saint. Wahou !!! Ce qui a également changé mon regard sur la sexualité. Je comprends mieux sa dimension sacrée, comme une grâce de Dieu offerte aux époux pour toucher « un petit peu » le mystère de l’Amour trinitaire. Je pense qu’il faut que chacun puisse finalement vivre personnellement ce Parcours Wahou pour comprendre à quel point notre vie est merveille aux yeux de Dieu ; à quel point nous sommes aimés de Dieu et comment Il nous appelle à aimer en retour. Audrey, Paroisse du François Ce Parcours a été une belle rencontre avec la théologie du corps de saint Jean-Paul II. J’y ai compris la grande beauté du plan de Dieu pour chacun de nous, dans toutes les dimensions de l’être, en particulier celle du corps. Wahou ! Combien est beau mon corps, combien est belle la sexualité dans le sacrement du mariage, com- bien grande est chaque vocation ! J’apprends depuis à poser un juste regard sur moi-même et sur l’autre. S’il est une expression que j’ai retenue, c’est celle-ci : être pour l’autre. La pédagogie de ce P arcours est efficace, mêlant la théorie et la pratique. J’ai hâte à présent de transmettre et partager tout ce que j’ai appris à d’autres. Spécialement pour la jeunesse de notre pays, si belle et assoiffée du vrai, du beau, du bonheur. Robert, Responsable SDPF Avant de vivre le P arcours, je ne m’étais jamais posé la question du sens de mon corps. Lorsque j’ai débuté le Parcours, j’étais certain que j’apprendrais, que je connaitrais des aspects importants du plan d’Amour de Dieu pour nous. Cela a été beaucoup plus. C’est avec surprise et émerveillement qu’à la fin, j’ai pris conscience que j’étais un homme transformé, une vraie expérience d’un amour qui se donne et s’accueille. La conséquence première est le changement de regard posé sur soi, les autres et Dieu et qui invite fortement à modifier la manière de vivre. Dans les relations, en se don- nant totalement, librement, fidèlement, je peux dire que l’on goute au bonheur, c’est Wahou ! Sur le plan pastoral, je suis convaincu que ce P arcours est un des éléments majeurs pour la guérison des hommes, des femmes, des jeunes, des couples, des familles de notre Martinique d’aujourd’hui. L’important est que chacun(e) s’engage dans ce chemin de transformation pour vivre de l’amour trinitaire de Dieu. Rendons grâce à Dieu pour sa présence à nos côtés. « Que le Seigneur nous bénisse et nous garde ! ».

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 12vfévrier 2023 – n° 656 16 VIE DU DIOCÈSE Le lieu, le mélange des différentes couleurs, l’accueil, rien à dire… L'enseignement était lui aussi agréable à écouter, M ais je m'attendais à un échange entre le prêtre et nous, mais le temps était court aussi. Concernant les témoignages, certes, ils étaient beaux, sauf que j aimerais avoir aussi un retour des jeunes, savoir comment ils ont intégré ce nouveau mode de fonctionnement, étaient-ils plus réceptifs que durant les années de l’ancienne méthode ? L eur foi a-t-ielle changé ? Ou encore, quel regard ont-ils actuellement sur leur vie chrétienne ? Bref, plusieurs petites questions qui, à mon humble avis, pourraient peut-être nous interroger et corriger certaines erreurs. Je me permets de dire cela car même si nous abordons des thèmes différents, nous devons nous reporter au même fil directeur, notre foi, qui est l’essentiel afin d’emmener en toute humilité nos jeunes vers l’amour, la paix, la joie. Sinon, la messe et l'homélie de Monseigneur étaient à la hauteur de mon espérance. Agréable fin de journée bénie ! Catéchiste depuis 2018, début de ma mission 2017. Ce nouveau souffle m’a été donné lors de la messe d’envoi en mission par : - le pain de vie, - la louange, l’unité des catéchistes, - l’enseignement : se recentrer, se mettre à niveau, prier beaucoup plus, être disponible. L’évêque a complété pour les catéchistes (j’ai été consolé, revigoré, fortifié). A l’homélie, Monseigneur a insisté sur l’importance des catéchistes auprès des familles. L’évangélisation : ils connaissent les familles, ils peuvent les rassembler, les accompagner dans leur chemin de foi. Ils sont des pasteurs. J’ai pu témoigner auprès des familles de ce nouvel élan. Je me sens plus forte et déterminée. Je reste confiante, car l’Esprit Saint est toujours présent pour nous aider à « Montrer Jésus et faire rayonner son royaume d’Amour ». Je n’oublie pas notre M aman bénie. J’accepte la mission et espère que la grâce de Dieu me sera donnée. Merci Sainte Trinité, Monseigneur, les prêtres, les catéchistes, toutes les équipes pour l’amour reçu. Louange, enseignement, témoignages, messe d’envoi en mission : Temps fort revigorant, renouvelant, forti- fiant. Joie de retrouver les acteurs de la Catéchèse, venus des quatre coins de la Martinique, qui portaient chacun un T-Shirt dont l’ensemble formait un magnifique arc-en-ciel ! L’enseignement, ayant pour thème l’Appel, a amplifié ma prise de conscience concernant la nécessité de chercher toujours l’Esprit du Christ, pour devenir son fidèle ami et refléter sa Sainte Face ! Le mot « Appelés », dont chacune des 7 lettres est portée par un représentant des 7 districts, donne le ton de l’enseignement offert : l’Appel ! Appel à Écouter le Seigneur, à se laisser pétrir par sa Parole. Appel à l’Humilité, au Pardon. Appel à la Vie. Ensemble, relevons le défi proposé par père Lafine : le chapelet 24h sur 24h, 365 jours sur 365, dans le diocèse Martinique. Merci Seigneur de nous appeler à Te Servir. Pour nous, la rencontre a été fructueuse en parta- geant notre vécu ; ce fût un moment d'apaisement avec beaucoup d'émotions. Nous retenons que les enseignements des religieux ont été riches surtout sur la posture à avoir ; qu'il faut être humble ; avoir de l'amour pour les autres et oser se remettre en question. Donc, dans notre mission, nous avons dû adapter notre accompagnement afin de mieux accueillir les personnes qui nous sont confiées en répondant à l'appel de Dieu. Le lieu, le mélange des différentes couleurs, l’accueil, rien à dire… Mylène, Cheminement, paroisse du Saint-Esprit Suzy, Catéchèse familiale 7-12 ans, paroisse du Vert-Pré Audrey, Éveil A la Foi, paroisse de Schoelcher Régine, Denise, Sinédie : Animatrices HandiKT, District Centre, Saint-Christophe Le samedi 14 janvie\sr 2023 a eu lieu la\s Matinée diocésaine de  la Catéchèse à l’église Sainte-Face de De Briand. L ors de ce rassemblement, l’ensemble des acteurs de la Catéchèse a pu vivre un moment de louange suivi d’un enseignement du père Lafine, Responsable diocésain de la Formation. Par la suite, plusieurs témoignages ont été donnés en fonction de chaque public accompagné (Eveil à la foi, Catéchèse 7-12 ans, Cheminement, HandiKT). La Messe a été célébrée en présence de Monseigneur Macaire qui a rappelé le rôle du catéchiste auprès des familles. Et à cette occasion, nous remercions tous les catéchistes et animateurs de la Catéchèse pour leur dévouement, le temps consacré à cette mission si importante pour notre communauté martiniquaise. Au nom de tous ces « témoins », nous souhaitons à toutes les familles, une bonne rencontre avec le Christ. Laurent Vestris, Responsable diocésain de la C atéchèse Matinée diocésaine de la Catéchèse 2023 Pour toutes informations : 05 96 63 70 70 catechese@eglisemartinique.fr Sur le site internet : catechese.eglisemartinique.fr ors de ce rassemblement, l’ensemble des acteurs de la Catéchèse a pu vivre un moment de louange suivi d’un enseignement du père Lafine, Responsable diocésain de la Formation. Par la suite, plusieurs témoignages ont été donnés en fonction de chaque public

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 12vfévrier 2023 – n° 656 17 ? Question AN TJÈ LÉGLIZ-LA Dans le précédent numéro, le baptême (et notamment son rejet dans le cadre de l'apostasie) était abordé. Père Médard Kounoudji, chancelier diocésain, poursuit en nous éclairant sur un constat fait au sein de notre société, tendant à revenir à la religion de nos ancêtres. > L’apostasie L ' i nvitation à une apostasie massive du christianisme a été initialement adressée par des « pseudo-illuminés » aux Africains. Mais elle n’a été qu’une voix du désert . Et parce que cet appel a connu peu de succès sur le continent noir, il est, de nos jours, orienté vers les Antilles. Les raisons de l’apostasie sont, aux dires des instigateurs, l’honneur de la mémoire de nos ancêtres africains qui seraient désespérés, dans l’au-delà, de voir leur descendance embrasser la religion des colons. Cet honneur exigerait que tous ceux qui sont de souche africaine rejettent le christianisme pour revenir à la religion de leurs aïeux. En somme, un appel à l’authenticité. Pourquoi l’authenticité ne concernerait que la religion ? Ne serait-ce pas plus conséquent d’adopter le mode de vie complet de nos ancêtres ? On commencerait par détruire toutes nos routes asphaltées pour n’emprunter que des sentiers. On renoncerait à nos habitats modernes pour retourner à vivre sous des huttes ou dans des cavernes. On se serait passé des moyens de transport pour ne se déplacer qu’à pieds, de même qu’on se serait libéré des nouvelles technologies de communication. Simplement pour se débarrasser de tout ce qui vient des colons et ainsi honorer la mémoire de nos ascendants. Mais j’en suis sûr, personne ne le ferait, parce que nous avons compris, à raison, que notre manière de vivre actuelle, mutatis mutandis, est un progrès par rapport au mode de vie de nos ancêtres. De la même façon, le christianisme est un progrès par rapport aux religions traditionnelles. Le christianisme n’est pas né chez les colons. Il a pris corps en Asie, précisément en Palestine (Aujourd’hui Palestine et Israël). Il n’est pas non plus d’origine asiatique parce qu’avant son avènement, les nations, au milieu desquelles il a surgi, sacrifiaient aux dieux. De même, tous les peuples, évangélisés par la suite, ont connu cette première étape des religions traditionnelles. Les Grecs et les Romains avaient leur panthéon, c’est- à-dire un ensemble de dieux auxquels ils vouaient un culte. Les Gaulois avaient hérité des Romains des divinités auxquelles ils offraient des sacrifices. Le christianisme n’est donc originel à un peuple particulier. Il n’est de nulle part pour être étranger à quelque peuple que ce soit. Il est chez lui au milieu de toutes les nations. Partout où il se trouve, il apporte une Lumière nouvelle qui vient éclairer la religion intuitive qu’est la religion traditionnelle comme le montre bien le discours de saint Paul à l’Aéropage d’Athènes (Act. 17, 16-33). Par sa mort et sa résurrection, Jésus a accompli une fois pour toute ce que ne réussissait pas à faire le sang des taureaux et des boucs sacrifiés aux dieux dans les religions traditionnelles : pardonner les péchés et sauver l’homme (Héb 10, 1-18). C’est un progrès, « Nous avons là un chemin nouveau et vivant qu’il a inauguré… » (Heb 10, 20). S’il faut appeler aujourd’hui à une authenticité, ce ne serait donc pas le retour aux religions traditionnelles, ce serait rétrograde. Il est plus opportun et urgent d’appeler à un retour aux valeurs traditionnelles que sont le respect de la vie humaine depuis sa conception, de la famille telle que voulue par le Créateur ; la protection des personnes âgées ; le sens de l’hospitalité et du partage, le respect de notre corps, de la nature, etc, autant de valeurs tenues en estime et enseignées aussi par le christianisme. Père Médard Kounoudji, Chancelier ■ 1 Les statistiques du Vatican annoncent, chaque année, la montée fulgurante du nombre de chrétiens pratiquants en Afrique. Il suffit de prendre part à des assemblées dominicales en Afrique subsahélienne pour s’en rendre compte. Julien l'Apostat présidant une réunion sectaire - peinture de Edwa\ rd Armitage 1875 ©Getty - Universal History Archive

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 12vfévrier 2023 – n° 656 18 l e carnaval :un rite sacré ? SOCIÉTÉ La période de 7 jours précédant le carême était autrefois appelée « jours charnels ». On avait  coutume autrefois de manger gras et la consommation de la chair était permise. Aujourd’hui,  de cette fameuse semaine de se\spt jours gras, il n'en reste que quatre. La symbolique des jours carnava- lesques : 4 jours – 4 thèmes L e dimanche gras , le roi Vaval est de sortie et parade avec les autres groupes. Jour de l’accueil, de l’ouverture et du rite d’entrée constitué par la réception de sa majesté et de sa reine. Il s’agit également de la résurrection ou la réincarnation de Vaval, revenu de cet autre bord de l’année et trop longtemps attendu. Le lundi gras : fête du mariage burlesque autour de la symbolique de l’inversion. Ce jour-là, les hommes se déguisent en femmes et les femmes en hommes. Jour solennel de mise en scène ironique et critique des structures familiales créoles et de la société : la Famille, l’Etat et la Religion, ironie des mariages chrétiens (cortèges nuptiaux bénis par des faux curés lisant la Bible à l’envers, pratique affichée des remariages des divorcés, des maternités ou grossesse avancée, des « béni konmès » : le « Nou mayé kanmenm ». Nous assistons à un retour au chaos originel, au désordre, à une apparente profanation et transgression. Le carnaval instaure un nouvel ordre social symbolique. Il s'agit d’un ordre social à l'envers « où ce qui est en haut est comme ce qui est en bas” et inversement. Le mardi gras : synonyme de joie, abondance et fécondité. Le mardi gras marque la fin de la « semaine des sept jours gras ». Deux personnages trônent ce jour-là : Vaval (apparent ennemi de la société qui empêche la prospérité) et papa diable (symbole de la fécondité, de la connaissance et de la prospérité). Le mercredi des cendres : rite sacrificiel ? Le sacrifice qui est l’offrande d’une victime à une divinité. « La communauté dans son intégralité se retourne contre la victime sacrificielle. Le sacrifice dissipe les germes de dissensions au sein de la communauté en se polarisant sur la victime » (1). Vaval fait le sacrifice de sa personne et accepte la mort. Il est condamné et brûlé sur la place publique. Le carnaval, un temps sacré Le temps circulaire de l’éternel retour est célébré. Il s’agit d’un rituel temporaire. Déjà dans l’Antiquité romaine, on célébrait la fin de l’hiver avec les calendes de mars, fêtes pendant lesquelles les interdits étaient transgressés. L’hiver est synonyme de mort, tandis que la résurrection de la nature arrive avec le printemps. Selon André Lucrèce, dans son ouvrage « société et modernité", « Cette rupture avec le temps séculier et quotidien se trouve confirmée par le rythme du temps chrétien qui visait à enterrer sa vie de païen ». Le carnaval se vit dans un amont (préparation du rite), un pendant (temps du rite), et un après (effets du rite). Les principaux acteurs du rite Le bwa bwa et le vaval Le bwa bwa est utilisé dans les carnavals du 19 e siècle à Saint-Pierre. Il était enterré ou noyé. Après la catastrophe, Fort-de- France prit le relais et le mot Vaval apparut. Le papa diable tient son origine du Sénégal. Les cornes : signe d’abondance. Les miroirs : la sagesse et la connaissance. Le sacrifice humain est chanté : « djab-la ka mandé an ti manmay » et « an ti manmay ki san batenm ». Le mas lamno : représentation parodique de la mort brutale imposée par le plus fort au plus faible au sein d’une société fondée sur l’inégalité. Les signes et symboles La farine qui est une valeur sacrée depuis l’antiquité et participait des offrandes aux divinités. L’ eau , symbole de vie, de mort est lancée sur la foule, probablement pour purifier l’esprit du mal qui y était dissimulé. Le feu , qui purifie, associé à l’encens chasse les démons. C’est le feu du bûcher qui détruit Vaval. Il annonce également la repentance du Carême. Nicole Chésimar Résumé de la conférence donnée par Père Jean Michel Monconthour en mars 2021 ■ 1 René Girard, 1977, p. 18

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 12vfévrier 2023 – n° 656 19 Agenda de l’Archevêque Dimanche 12 février : • Messe du week-end des fiancés • 17h30 : Vêpres solennelles à la cathédrale Saint-Louis Mardi 14 février : • Assemblée des modérateurs Mercredi 15 février : • Rencontre avec les confirmands de l’établissement St Jean-Paul II et des paroisses de De Briant, Schœlcher, Saint-Joseph • 18h : Catéchèse de l’Évêque à Emmaüs Du 16 au 18 février : • Guadeloupe Jeudi 16 février : • Cours de Théologie de la spiritualité par visioconférence Du 18 au 19 février : Visite pastorale à la paroisse de Sainte-Luce Samedi 18 février : • 18h30 : Messe dominicale anticipée à l’église de Sainte-Luce Dimanche 19 février : • 9h : Messe à l’église de Sainte-Luce • 14h30 : Messe avec le groupe Renouveau Charismatique au hall des sports à Trinité • 17h30 : Vêpres solennelles à l'église d'Emmaüs Du 20 au 22 février : • Retraite spirituelle Mercredi 22 février : Mercredi des Cendres • 9h30 : Messe au Monastère des Sœurs bénédictines de Bout-Bois au Carbet • 15h30 : Messe avec les jeunes retraitants aux Eaux Jaillissantes Du 23 au 25 février : • Guadeloupe Jeudi 23 février : • Cours de Théologie de la spiritualité par visioconférence Du 25 au 26 février : Visite pastorale à la paroisse de Basse-Pointe Samedi 25 février : • 18h30 : Messe dominicale anticipée à la chapelle Démare de Basse-Pointe Dimanche 26 février : • 8h & 10h : Messes à la chapelle Démare de Basse-Pointe • 15h30 : Célébration de l’Appel décisif à la cathédrale Saint-Louis • 17h30 : Vêpres solennelles à la cathédrale Saint-Louis 99.5 - 101.3 et105.1 MHz www.radiosaintlouis.com Radio Saint-Louis, Rue Georges-Zaïre, ZAC Rivière Roche, 97200 Fort de France Tél. : 05 96 71 86 04 - Fax : 05 96 71 86 05 - Courriel : radio-saint-louis@orange.fr

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