669 - Ne détourne ton visage d’aucun pauvre (Tb 4, 7)

Le dossier de cette édition est en lien avec la Journée mondiale des pauvres. La pauvreté y est traitée sous différents aspects : pauvreté du coeur, crise sociétale et pauvreté, pauvreté et santé mentale. Nous avons demandé à deux associations qui oeuvrent en faveur des pauvres de nous présenter également leurs missions. Il s’agit de la Société de Saint-Vincent-de-Paul et du Secours Catholique.

SOMMAIRE

  • EDITORIAL
  • MOT DE L'ÉVÊQUE  - "Invitez des pauvres à votre table !"
  • EGLISE UNIVERSELLE  -  MESSAGE DU PAPE FRANÇOIS VIIe Journée Mondiale des Pauvres
  • LITURGIE
  • VIE DU DIOCÈSE 
    • Présentationn de la paroisse de Sainte-Thérèse
    • La paroisse de Sainte Thérèse en fête
    • 2013 - 2023 : La Caravane de l'Espoir fête ses 10 ans !
  • PAGES JEUNES
  • DOSSIER : JOURNÉE MONDIALE DES PAUVRES
  • ANTJÈ LÉGLIZ-LA - Pourquoi des statues dans nos églises ?

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Eve-Lyne BAZIN : egliseenmartinique@gmail.com - 0596 72 55 04

DIRECTEUR DE LA PUBLICATION : Jean-Michel MONCONTHOUR (DEI)

REDACTRICE EN CHEF : Justine LORDINOT

COMITE DE REDACTION :

  • Justine LORDINOT
  • Nicole CHESIMAR
  • Maéva Emmanuelle CELESTE

Tirages : 8000 ex - I.S.S.N 0759-4895  Commission paritaire N°1115L87225

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E g lise en MARTINIQUE N° 669 REVUE DIOCÉSAINE BIMENSUELLE – 2,00 € 12 NOVEMBRE 2023 Hommage au père Filopon NN e détourne ton visage d’aucun pauvre (Tb 4,7)

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23 S ommaire «V eillez donc, car vous ne savez ni le jour ni l'heure » (Mt 25, 13). En ce 32e dimanche ordinaire A, la liturgie nous invite à la vigilance, mais également à la sagesse. Sommes- nous prêts pour la rencontre avec le Christ ? Notons que s’y préparer, c'est prendre les moyens de durer ; c’est persévérer dans l'amour et ne pas être des chrétiens en sommeil spirituel. Il convient donc de nous ressourcer en Eglise pour tenir nos lampes allumées Notre d?sir de Dieu passe par le service du petit et du pauvre (o?\ le Seigneur lui-même se donne à voir), et par la pratique de la charité. Le 19 novembre, 33e dimanche ordinaire (une semaine donc avant la solennit? du Christ-Roi), l??glise c?l?bre\ ra la 7 e Journ?e mondiale des pauvres institu?e par le pape Fran?ois. Le\ thème retenu pour cette année est : « Ne détourne ton visage d’aucun pauvre » (Tb 4, 7). Le pape nous explique que « lorsque nous sommes devant un pauvre, nous ne pouvons pas détourner le regard, parce que nous nous empêcherions de rencontrer le visage du Seigneur Jésus. ». Il dit encore que « les pauvres sont des personnes, ils ont des visages, des histoires, des c?urs et des ?mes. Ce sont des\ fr?res et des s?urs avec leurs m?rites et leurs d?fauts, com\ me tout le monde, et il est important d’entrer dans une relation personnelle avec chacun d’entre eux. » Le dossier de cette édition est en lien avec la Journée mondiale des pauvres. La pauvret? y est trait?e sous diff?rents aspects \ : pauvreté du cœur, crise sociétale et pauvreté, pauvreté et santé mentale. Nous avons demandé à deux associations qui œuvrent en faveur des pauvres de nous présenter également leurs missions. Il s’agit de la Société de Saint-Vincent-de-Paul et du Secours Catholique. Par ailleurs, la rubrique « An tjè Légliz-la » nous interpelle au sujet de la pr?sence des statues dans nos ?glises. Des ?l?me\ nts de réponse nous sont apportés par un prêtre du diocèse. N’oublions pas que c’est au cœur de notre vie de tous les jours que le Christ est pr?sent et cherche ? se faire conna?tre\ . Rappelons-nous aussi que c?est l?Esprit Saint qui nous r?v?l\ e la présence du Seigneur dans ce monde. C’est Lui qui stimule notre prière, et nous fait persévérer dans la foi. Ne laissons donc pas mourir en nous le désir de Dieu ! Ne ratons pas le rendez-vous de l’Amour ! Soyons vigilants ! Tenons-nous prêts ! Nourrissons notre vie de la Parole de Dieu pour durer dans la foi, et sans cesse, posons-nous cette question : A quel niveau est notre provision d’huile ? Bon dimanche à tous ! Justine Lordinot ■ EDITORIAL MOT DE L’EVÊQUE LITURGIE VIE DU DIOCÈSE •  La Parole Dominicale •  Être au service des plus pauvres ! •  La pauvreté du coeur : une dynamique  spirituelle à vivre • Crise societale et pauvreté • Pauvreté et santé mentale • La Société de Sai\nnt-Vincent-de-Paul • Secours Catholique de Marti\nnique •  Pourquoi des statues dans nos églises \n? •   Présentationn de la paroisse  de Sainte-Thérèse • La paroisse de Sainte Thérèse en fête •  2013 - 2023 : La C\naravane de l'Espoir fête ses 10 ans ! •  Invitez des pauvres à votre table ! •  MESSAGE DU PAPE FRANÇOIS   VII e Journée Mondiale des Pauvres 3 EGLISE UNIVERSELLE 7 8 9 11 12 13 15 16 17 •  Pourquoi des statues dans nos églises \n? AN TJÈ LÉGLIZ-LA 22 Dossier :  JOURNÉE MONDIALE  DES PAUVRES 4 6 EDITORIAL 2 AGENDA DE L'EVEQUE 19 DIRECTEUR DE PUBLICATION : Jean-Michel MONCONTHOUR RÉDACTRICE EN CHEF : Justine LORDINOT MISE EN PAGE – IMPRESSION Cara?b Ediprint ? Bois Quarr? ? 97232 Lamentin ? T?l. \ 05 96 50 28 28 TIRAGE : 8 000 EXEMPLAIRES I.S.S.N. 0759-4895 – Commission paritaire N° 1115L87225 ADMINISTRATION – RÉDACTION Archevêché de la Martinique – Rue du R.P. Pinchon 97200 Fort de France - Tél. 05 96 63 70 70 SERVICE DES ABONNEMENTS Archevêché de la Martinique – BP 586 97207 Fort de France Cedex – Tél. 05 96 63 70 70 – 05 96 72 55 04 http://martinique.catholique.fr – egliseenmartinique@gmail.com

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 12 novembre 2023 – n° 669 3 L es plus anciens se souviennent de ce refrain : « Laisserons-nous à notre table un peu de place à l’étranger ». Nous l’avons chanté à tue-tête. La table de notre maison (nos grands- mères disaient en dedans) est un lieu privé et sacré. Elle n’est pas qu’un outil technique pour manger. C’est autour de cette table que se rassemblent (ou pas !) les membres de la famille. La table est donc fortement symbolique et représente le lieu de l’unité de ceux qui vivent sous un même toit : on est tourné les uns vers les autres, on partage les plats, on parle, on échange, on apprend à se connaître, à s’aimer… (ou pas !). Elle est parfois maigre, commune ou festive selon les évènements de la famille. Beaucoup de choses se jouent autour de cette table, en positif ou en négatif. D’une certaine manière, c’est l’équivalent, à la maison, de l’autel au chœur de l’église autour duquel se réunit la communauté pour le saint Sacrifice de la messe. Certains viennent, d’autres non ; certains communient, d’autres non. Ainsi, c’est autour de la table d’une famille que l’on mesure son unité et son amour : mange-t-on ensemble ? à la même heure ? le même repas ? dans la bonne humeur ? dans la vérité ?... (ou pas !) et enfin est-elle ouverte ? Si oui, à qui ? Jésus dit : « Quand tu donnes une réception, invite des pauvres, des estropiés, des boiteux, des aveugles ; heureux seras-tu, parce qu’ils n’ont rien à te donner en retour : cela te sera rendu à la résurrection des justes » (Lc 14, 13-14). C’est clair et limpide. Ce verset n’est pas à interpréter ni à spiritualiser de peur de le voir relativiser. Comme dirait le pape François, il est à mettre en œuvre « sine glossa », sans commentaire. Laissons- nous donc vraiment à notre table, un peu de place au pauvre ? Ne sommes-nous pas marqués par ce péché de mondanité bourgeoise qui nous fait préférer inviter du « beau monde » ou des proches que des pauvres et des étrangers (et dans ce cas, le mot « étrangers » signifie non seulement ceux qui viennent d’autres pays mais aussi ceux que nous ne connaissons pas assez même s’ils sont des catholiques de la même paroisse). Notre culture antillaise comporte une résistance intrinsèque à ce commandement du Seigneur. Deux exemples : (1) Il a fallu beaucoup de temps dans certaines paroisses pour que les membres des PCE de la catéchèse familiale acceptent de recevoir chez eux leurs voisins dont les enfants sont au catéchisme avec les leurs. (2) Des personnes venues d’ailleurs (notamment des métropolitains, mais aussi des antillais : guadeloupéens ou guyanais) me font souvent la remarque qu’elles sont bien accueillies en public et dans des groupes en Martinique, mais ne sont quasiment jamais reçues ni invitées « à la maison » par les autochtones ! Comment expliquer cela ? Je ne sais. Il faudrait consulter des sociologues ou des psychologues. Y aurait-il chez nous une certaine honte : « chez moi n’est pas assez rangé »… à moins que ce ne soit une certaine méfiance quant au regard de l’autre : « les gens vont regarder chez moi », la peur du « makrélaj ». Quoi qu'il en soit, une conversion est nécessaire. Voici un petit questionnaire auquel nous devons tous répondre (il vaut aussi pour nos bwè-manjé paroissiaux) : Qui recevons-nous chez nous ? Recevons-nous volontiers ceux que nous ne connaissons pas, même quand ils font partie de l’assemblée chrétienne ? Depuis quand avons-nous invité un pauvre ou des personnes très modestes à notre table ? Sont-ils systématiquement conviés lors de nos réceptions ? Sont-ils une priorité ? Y pensons-nous seulement ? Qui ouvre sa table, ouvre son cœur ! Recevoir un pauvre c’est recevoir le Christ, Lui-même. Ouvrons donc notre table aux étrangers et aux pauvres. Cela demande des efforts, une victoire sur bien des peurs, mais c’est là que se vérifie notre foi. Ainsi commence la fraternité ! Invitez des pauvres à votre table ! MOT DE L’ÉVÊQUE + Fr David Macaire, Archevêque de Saint-Pierre et Fort-de-France ■ ÉGLISE EN MARTINIQUE du 12 novembre 2023 – n° 669 3

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 12 novembre 2023 – n° 669 4 EGLISE UNIVERSELLE\n L a Journée Mondiale des Pauvres, signe fécond de la miséricorde du Père, a lieu pour la septième fois afin de soutenir la marche de nos communautés. C’est un rendez-vous que l’Église enracine progressivement dans sa pastorale, pour découvrir toujours mieux le contenu central de l’Évangile. Chaque jour, nous sommes engagés dans l’accueil des pauvres, mais cela ne suffit pas. Un fleuve de pauvreté traverse nos villes et devient toujours plus grand jusqu’à déborder ; ce fleuve semble nous submerger si bien que le cri des frères et sœurs demandant de l’aide, du soutien et de la solidarité s’élève de plus en plus fort. C’est pourquoi, le dimanche qui précède la fête de Jésus-Christ Roi de l’Univers, nous nous retrouvons autour de sa Table pour recevoir à nouveau de Lui le don et l’engagement de vivre la pauvreté et de servir les pauvres. « Ne détourne ton visage d’aucun pauvre » (Tb 4, 7). Cette Parole nous aide à saisir l’essence de notre témoignage. Nous arrêter sur le Livre de Tobie, un texte peu connu de l’Ancien Testament, passionnant et riche de sagesse, nous permettra de mieux entrer dans le contenu que l’auteur sacré désire transmettre. Devant nous s’ouvre une scène de vie familiale : un père, Tobit, salue son fils, Tobie, qui est sur le point d’entreprendre un long voyage. Le vieux Tobit craint de ne plus pouvoir revoir son fils et c’est pourquoi il lui laisse son “testament spirituel”. Il a été déporté à Ninive et maintenant il est aveugle, donc doublement pauvre, mais il a toujours eu une certitude exprimée par le nom qu’il porte : “Le Seigneur a été mon bien”. Cet homme, qui a toujours fait confiance au Seigneur, en bon père, désire laisser à son fils non seulement quelques biens matériels, mais le témoignage du chemin à suivre dans la vie. C’est pourquoi il lui dit : « Chaque jour, mon enfant, souviens- toi du Seigneur. Garde-toi de pécher et de transgresser ses commandements. Fais ce qui est juste tous les jours de ta vie et ne marche pas dans les voies de l’injustice » (4, 5). Comme on peut l’observer tout de suite, le souvenir que le vieux Tobit demande à son fils ne se limite pas à un simple acte de mémoire ou une prière à adresser à Dieu. Il fait référence à des gestes concrets qui consistent à accomplir de bonnes œuvres et à vivre avec justice. Cette exhortation se précise encore à tous ceux qui pratiquent la justice : "Fais l’aumône avec les biens qui t’appartiennent. Quand tu fais l’aumône, mon fils, n’aie aucun doute » (4,7). Les paroles de ce vieux sage sont trés étonnantes. N’oublions pas, en effet, que Tobit a perdu la vue précisément après avoir accompli un acte de miséricorde. Comme il le raconte lui-même, sa vie dès son plus jeune âge était consacrée à des œuvres de charité : « J’ai fait beaucoup d’aumônes à mes frères et aux gens de ma nation qui avaient été emmenés captifs avec moi au pays des Assyriens, à Ninive… » (1, 3.17). […] Nous pouvons nous demander : où est-ce que Tobit puise le courage et la force intérieure qui lui permettent de servir Dieu au milieu d’un peuple païen et d’aimer ainsi le prochain au risque de sa propre vie ? […] Bien qu’il soit bon cœur, il est mis à l’épreuve. Comme nous l’enseigne souvent l’Écriture sainte, Dieu n’épargne pas les épreuves à ceux qui œuvrent pour le bien. Pourquoi ? Il ne le fait pas pour nous humilier, mais pour affermir notre foi en Lui. Tobit, au moment de l’épreuve, découvre sa propre pauvreté qui le rend capable de reconnaître les pauvres. Il est fidèle à la Loi de Dieu et observe les commandements, mais cela ne lui suffit pas. L’attention concrète envers les pauvres lui est possible parce qu’il a fait l’expérience de la pauvreté dans son corps. Par conséquent, les paroles qu’il adresse à son fils Tobie sont son véritable héritage : « Ne détourne ton visage d’aucun pauvre » (4, 7). En fait, lorsque nous sommes devant un pauvre, nous ne pouvons pas détourner le regard, parce que nous nous empêcherions de rencontrer le visage du Seigneur Jésus. Et nous remarquons bien cette expression « d’aucun pauvre ». Chacun d’eux est notre prochain. […] Si je suis pauvre, MESSAGE DU PAPE FRANÇOIS Dimanche XXXIII e du Temps ordinaire  •  19 novembre 2023 VII e Journée Mondiale des Pauvres « Ne détourne ton visage d’aucun pauvre » (Tb 4,7)

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 12 novembre 2023 – n° 669 5 je peux reconnaître qui est vraiment le frère qui a besoin de moi. Nous sommes appelés à rencontrer tout pauvre et tout type de pauvreté, en secouant de nous l’indifférence et l’évidence avec lesquelles nous protégeons un bien- être illusoire. Nous vivons un moment historique qui ne favorise pas l’attention envers les plus pauvres. Le volume de l’appel au bien-être s’élève de plus en plus, tandis que l’on impose le silence aux voix de ceux qui vivent dans la pauvreté. On a tendance à négliger tout ce qui ne rentre pas dans les modèles de vie destinés surtout aux plus jeunes générations, qui sont les plus fragiles face au changement culturel en cours. […] Remercions le Seigneur du fait que beaucoup d’hommes et de femmes se dévouent aux pauvres et aux exclus, et partagent avec eux ; des personnes de tous âges et de toutes conditions sociales qui pratiquent l’accueil et s’engagent aux côtés de ceux qui se trouvent dans des situations de marginalisation et de souffrance. Ce ne sont pas des surhommes, mais des “voisins” que nous rencontrons tous les jours et qui, dans le silence, se font pauvres avec les pauvres. Ils ne se contentent pas de donner quelque chose : ils écoutent, ils parlent, ils essaient de comprendre la situation et ses causes pour donner des conseils appropriés et des repères justes. Ils sont attentifs aux besoins matériels mais aussi spirituels, à la promotion intégrale de la personne. Le Royaume de Dieu est rendu présent et visible dans ce service généreux et gratuit ; il est vraiment comme la semence qui tombe dans la bonne terre de la vie de ces personnes et qui porte son fruit (cf. Lc 8, 4-15). La gratitude envers tant de volontaires doit se faire prière pour que leur témoignage soit fructueux. […] Une fois de plus, malheureusement, nous devons constater de nouvelles formes de pauvreté qui s’ajoutent à celles déjà décrites ci-dessus. Je pense en particulier aux populations vivant dans des zones de guerre, notamment aux enfants privés d’un présent serein et d’un avenir digne. […] Il est facile, en parlant des pauvres, de tomber dans la rhétorique. Il y a aussi une tentation insidieuse de s’arrêter aux statistiques et aux chiffres. Les pauvres sont des personnes, ils ont des visages, des histoires, des cœurs et des âmes. Ce sont des frères et des sœurs avec leurs mérites et leurs défauts, comme tout le monde, et il est important d’entrer dans une relation personnelle avec chacun d’entre eux. Le livre de Tobie nous enseigne le caractère concret de notre action avec et pour les pauvres. C’est une question de justice qui nous engage tous à nous chercher et à nous rencontrer, pour favoriser l’harmonie nécessaire afin qu’une communauté puisse s’identifier comme telle. S’intéresser aux pauvres ne se limite donc pas à des aumônes hâtives, mais demande de rétablir les justes relations interpersonnelles qui ont été affectées par la pauvreté. Ainsi, “ne pas détourner les yeux des pauvres” permet d’obtenir les bénéfices de la miséricorde, de la charité qui donne sens et valeur à toute la vie chrétienne. Que notre attention envers les pauvres soit toujours marquée par le réalisme évangélique. Le partage doit correspondre aux besoins concrets de l’autre, pas pour me débarrasser du superflu. […] Dans cette maison qu’est le monde, tous ont le droit d’être éclairés par la charité, personne ne peut en être privé. Que la ténacité de l’amour de sainte Thérèse inspire nos cœurs en cette Journée Mondiale, qu’elle nous aide à “ne pas détourner notre regard du pauvre” et à le maintenir toujours fixé sur le visage humain et divin du Seigneur Jésus- Christ. Rome, Saint-Jean-de-Latran, 13 juin 2023, Mémoire de Saint-Antoine de Padoue, Patron des pauvres. Pape François ■ ‘‘‘‘ En fait, lorsque nous sommes devant un pauvre, nous ne pouvons pas détourner le regard, parce que nous nous empêcherions de rencontrer le visage du Seigneur Jésus. ‘‘‘‘

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 12 novembre 2023 – n° 669 66 Dimanche 12 novembre 2023  la P P arole  DDominicale 32 ème dimanche du temps ordinaire - Année A  Sagesse 6,12-16  •  Psaume 62 (63)  •  \T1Thessaloniciens 4,13-18  •  \TMatthieu 25,1-13 LITURGIE  Prière d’introduction Dieu notre Père, nous te rendons grâces de nous inviter. Permets-nous d’être vigilants afin que nous puissions réellement être en mesure de te rencontrer le jour venu. Points de Réflexion ➊ Tous invités Nous sommes tous invités à la noce du Royaume. L’Evangile nous parle de dix jeunes filles : cinq insouciantes et cinq prévoyantes. Les insouciantes avaient pris les lampes sans emporter d’huile tandis que les prévoyantes avaient emporté leur lampe avec de l’huile. Finalement, le Royaume des cieux recoupe toutes les personnes, sages ou insouciantes. Il y a une générosité profonde. C’est un débordement d’amour ; l’expression de l’amour inconditionnel. Encore faut-il se laisser bousculer par cet amour, par cette invitation. ➋ Se laisser déplacer s’ouvrir à la sagesse La première lecture nous parle de la sagesse. Cette sagesse sans laquelle nous ne parviendrons pas à effectuer ce déplacement. Cette sagesse qui se laisse trouver, qui est assise à notre porte, a finalement vocation à nous faire vivre dans l’espérance de la rencontre qui nous est donné de faire et de refaire. Elle nous invite à sortir de nos ténèbres pour aller vers la lumière. Elle nous invite à changer notre mentalité et notre façon de vivre. Elle nous met en tension entre la grâce d’un amour déjà là et déjà expérimenté, mais dont la plénitude est encore à venir. ➌ Veiller Au fond, veiller c’est être capable à temps et à contre-temps de désirer la rencontre, même lorsque l’attente dure au-delà du prévisible. Être disciple en vérité suppose d’espérer afin de gérer sa foi dans la durée. Seule L’espérance dispose le chrétien à mettre sa confiance dans les promesses du Christ, à prendre appui non sur ses forces, mais sur le secours de la grâce du Saint- Esprit. Il pourra alors résister à l’épreuve et garder confiance en l’avenir. Je dialogue avec Jésus Seigneur, tu connais mon impatience, mes difficultés à veiller. Augmente en moi la foi et l’espérance afin que résonnent en mon cœur tes promesses. Que tous mes actes soient empreints du désir de te rencontrer. Seigneur, accorde-moi la grâce de garder ma lampe allumée. Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus, prie pour moi. Père Eddy Ertus, Administrateur de la paroisse de Sainte-Thérèse ■

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 12 novembre 2023 – n° 669 7 Horaires du bureau paroissial • Mardi, mercredi, vendredi et samedi de 9h à 12h • Tél : 0596 44 65 85 • Mail : paroisse.stetherese@ eglisemartinique.fr Réception du Père Eddy Ertus Mardi, mercredi et vendredi : Accueil et confessions sans rendez-vous de 7h10 à 08h30 et sur rendez-vous de 9h à 12h et de 15h30 à 18h30. E n 1925, la municipalité de Fort-de- France ayant acquis le faubourg des Terres Sainville, procéda à son assai- nissement et à son lotissement. Il se produisit alors une forte poussée de la population la plus misérable de ce quartier vers les collines qui dominent le port. Plusieurs cases y furent alors construites, la population ne cessant d’aug- menter et exprimant le désir d’un lieu de culte. Durant la même période, l’église des Terres- Sainville était érigée et prenait la place de la chapelle Saint-Antoine. Mgr Lequiem décida de transférer cette chapelle sur la nouvelle agglomération qui prospérait. La chapelle fut consacrée à Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus et le quartier prit le nom de Sainte-Thérèse. En l’an de grâce 1928, la paroisse de Sainte- Thérèse était créée. Elle a été l’une des dix premières au monde à avoir été consacrée à Thérèse. Père Desnoulez, premier curé de cette paroisse, avait pour challenge de construire une église en dur. La première pierre fut posée le 23 novembre 1930. Les jeunes du catéchisme devaient, chaque jeudi, porter une pierre qu’ils ramassaient sur le chemin. La parole « porter sa pierre à l’édifice » prenait alors tout son sens. D’autres jeunes vendaient des pétales de roses. Cinq ans après, la population ne cessant de croître s’installait sur le morne Pichevin. L’église était achevée en 1937. La paroisse de Sainte-Thérèse était ancrée dans son environnement sociétal. Différents organismes ont pris naissance, tels la crèche, le dispensaire et l’ouvroir tenus tous les trois par des religieuses. Le Foyer des jeunes travailleurs, situé sur le territoire paroissial, venait en aide aux jeunes en difficulté. Une trentaine d’années plus tard, l’histoire se répète. Des habitants, sortant des différentes communes, viennent s’installer sur une portion de terre située en contrebas de Sainte-Thérèse. Un jour de Noël 1961, le 25 décembre, Monseigneur Varin de la Brunelière y célèbre la messe sur une petite place en présence des « Âmes vaillantes ». Il décide que ce quartier prendrait le nom de Volga-Plage (« Volga » puisque ce sont des terres volées par les habitants - « Plage » parce que non loin de la plage). Une chapelle fut construite par les habitants sur ladite place et elle n’a cessé de connaître des améliorations. Volga-Plage fut alors greffée sur Sainte-Thérèse. En 2020, elle fut consacrée à Sainte Faustine. Le tremblement de terre de 2007 a été éprouvant pour la communauté. L’église fut fermée et les paroissiens se sont retrouvés à Emmaus (ZAC de Rivière-Roche) pour célébrer le culte. Loin de son territoire, durant une dizaine d’années, la communauté se disperse pour se retrouver sous une tente posée sur le parking devant l’église. Les paroissiens prennent leur marque afin de reconstruire l’Eglise des hommes. La communauté ne baisse pas les bras, la tâche est rude. Pas de presbytère, pas de salle paroissiale, mais des hommes et des femmes solidaires qui gardent le cap. C’est bien dans la pauvreté et dans l’humilité que nous faisons l’expérience de la miséricorde de notre Seigneur. Depuis peu, une structure ouverte a été construite non loin de l’église et accueille le culte. Autour du père Eddy Ertus, le Conseil économique et financier ainsi que le Conseil paroissial pastoral font le lien avec l’ensemble de la communauté et fixent les grandes lignes et orientations de la vie paroissiale. Les groupes spirituels, tels que l’équipe Pellevoisin le Rosaire, la légion, le Mouvement Sacerdotal Maria, le cœur d’accueil de Jésus, prient et accueillent ceux qui en ont besoin. Le groupe Padre Pio réalise une mission importante d’écoute et d’intercession. Le Renouveau charismatique très actif met en place des temps d’enseignement et d’adoration. A noter l’existence d’un groupe de jeunes enfants, « Les petits adorateurs de Thérèse », qui font l’apprentissage de l’adoration. Les jeunes se rassemblent et tentent de créer une émulation auprès des autres. La Pastorale des jeunes est en marche vers une responsabilisation de la mission de baptisé et une prise de conscience de l’appartenance à l’Eglise. ■ • Horaires du bureau paroissial Horaires du bureau paroissial Horaires d’ouverture des bureaux paroissiaux : • Mardi, mercredi, vendredi à 6h30 • Samedi à 18h • Dimanche à 7h30 à Sainte-Faustine et 9h à Sainte-Thérèse • 3 e dimanche : 7h à Sainte-Faustine et 8h30 et 10h à Sainte-Thérèse Administrateur : père Eddy Ertus Prêtre retraité : Père Barbe Gedio paroisse de Sainte-Thérèse

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 12 novembre 2023 – n° 669 8 La paroisse de Sainte-Thérèse en fête VIE DU DIOCÈSE Lundi  2  octobre,  la  paroisse  Sainte-Thérèse  fêtait  sa  sainte  Patronne.  Durant  les  neuf  jours  précédents,  la  communauté  s’est  retrouvée  chaque  soir  afin  de  prier  la  neuvaine consacrée à Sainte Thérèse ainsi que pour célébrer l’Eucharistie. Une rose  était  déposée  aux  pieds  de  Thérèse  remémorant  sa  promesse  de  faire  tomber  sur  nous une pluie de roses.  D ifférents prêtres sont venus ponctuer cette période préparatoire. Nous avons eu la joie et la surprise d’accueillir notre Evêque la veille de cette fête. La petite Thérèse, qui fut consacrée patronne des missions sans sortir de son carmel, nous enseigne la simplicité. Elle nous montre la sainteté, non pas celle qui est visible dans les grandes actions, mais dans les petites choses. La communauté Thérésienne tente, à son niveau, d’être une fervente apôtre. Quelques jours après, la communauté de Volga fêtait elle aussi sa sainte Patronne, sainte Faustine, celle qui s’efforce de transmettre le message de la miséricorde divine en ayant une vie simple, mais tellement riche de l’union avec le Seigneur. Thérèse et Faustine, une histoire de confiance, un message commun : vivre l’amour du Christ dans la petitesse. Nicole Chésimar ■

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 12 novembre 2023 – n° 669 9 10 ans d'évangélisation et d'élan missionnaire Les  samedi  21  &  dimanche  22  octobre  2023,  les  membres  de  la  Caravane  de  l'Espoir,  arborant leurs nouveaux t-shirts blancs ou verts, ont tenu à partager leur 10 ème  anniversaire  à la Ferme Perrine avec les fidèles et le concours de nombreux intervenants qui ont œuvré  à leur croissance spirituelle autour du thème « Tous unis pour montrer Jésus ».   U n événement qui a tenu toutes ses promesses avec cette Caravane version XXL où environ 1000 participants ont fait le déplacement pendant deux jours ; sans compter les milliers d’internautes qui ont suivi ce temps fort via les réseaux Facebook et YouTube de la Caravane de l’Espoir. Le père Wilfried Bannais, qui pour l’occasion s’est transformé en animateur, et Géraldine (Caravane de l’Espoir) ont merveilleusement orchestré cet anniversaire. La thématique de l'unité était au centre de ce week-end : l’unité envers soi-même, l'unité dans sa relation personnelle avec Dieu, l'unité dans le couple, l'unité dans la famille et enfin l'unité dans la mission. Ces différents thèmes ont été vécus à travers les ministères exercés au sein de la Caravane de l’Espoir : la louange, la Parole en mouvement (sketch), les enseignements, les ministères de prière et de guérison. L’unité s’est remarquée également par l’implication de différents groupes et services diocésains qui ont participé pleinement à ce temps d’évangélisation, tels que le Service Padre Pio, la Pastorale de la Spiritualité, l'Association des Centres de Préparation au Mariage (ACPM), l’Océan Infini de Miséricorde, le groupe Magdala, l’association Air Bonheur et bien d’autres. Pour exemple, le Dimanche, la louange a été assurée par le groupe Magdala qui a été rejoint par Estelle, la conductrice de louange de la Caravane et ils n’ont fait qu’un pour louer Jésus ! Les sketchs ont comme d'habitude marqué les esprits. « La Parole en mouvement » a pour vocation de mettre le doigt sur des réalités de notre vie parfois douloureuses qui ont besoin d’être évangélisées. Les comédiens ont su, avec humour et émotion, nous interpeller sur la place de Dieu dans nos vies quelles que soient les circonstances. D’ailleurs, le sketch sur la mission proposé le dimanche a beaucoup plu et nous vous invitons à revoir les sketchs sur notre chaîne YouTube : La Caravane de l’Espoir. Pour chacune des grandes thématiques, de nombreux intervenants se sont succédé pour édifier les participants : Tony Allaguy- Salachy, Mgr Alain Ransay, Sylviane Rotsen, les pères Pierre Henderson et Marcel Crépin, Bruneau Faustin, Raymonde Moundangui et le père Eddy Ertus. L’assemblée a également été encouragée par un témoignage de Frédérique Levif. Comme l'a précisé Angélique l'une des participantes à l’événement, le ministère de guérison est « un moment particulier où l'Esprit-Saint nous touche chacun de manière différente ». Un temps de prière de guérison a accompagné chaque enseignement et permis aux participants d’expérimenter la miséricorde de notre Seigneur. Les jeunes qui étaient présents ont bénéficié aussi de ce temps d’intercession et de consolation, et particulièrement des filles ont pu être enlacées par les religieuses présentes et être ainsi consolées par l'amour miséricordieux du Seigneur. Les couples n’étaient pas oubliés ; ils ont pu vivre une démarche de réconciliation devant le Saint-Sacrement et tant d’autres grâces ont été reçues au cours de ce week-end de Feu ! Nous ne pouvons que rendre grâce à Dieu d’avoir inspiré ce temps où il a désiré voir son Église unie pour bénir ses enfants. En clôture de ce merveilleux temps, le dimanche soir, les artistes de la Caravane de l'Espoir, Ingrid Edouard Szot, Rosy, Yann Brédas, DJ Charlan et les musiciens qui les ont accompagnés ont enflammé la scène de la Ferme Perrine en proposant au public des chants de louange, d'amour et de solidarité. ■ 2013 - 2023 : La Caravane de l'Espoir fête ses 10 ans !

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 12 novembre 2023 – n° 669 10 Allez ! De toutes les nations, faites des disciples. Baptisez-les au Nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit, apprenez-leur à observer tout ce que je vous ai commandé. Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu'à la fin du monde. (Mt 28, 19-20) Le temps que nous avons vécu durant ces deux jours était vraiment très riche de part les enseignements, les sketchs qui ont été joués. Nous pensons que tout un chacun avait sa place lors de cet événement dans la mesure où une trame a été dressée de manière complète autour du thème « Tous unis pour montrer Jésus » : Unité dans les familles, Unité dans l'Eglise, Unité dans la mission. Nous avons vécu aussi un très bon moment lors du ministère de guérison pour permettre à l'Esprit Saint de faire son travail d'Unité en nous au travers de nos blessures. Cela fait 4 ans que je suis revenue en Martinique et c'est quelque chose que je ne connaissais pas. Dans cet événement, je constate que plusieurs groupes du diocèse se sont rassemblés pour faire corps et cela permet de voir que l'Eglise est en train d'évoluer. Aussi, Monseigneur Alain Ransay qui était en Guyane a pu nous évangéliser grâce aux nouvelles technologies : j'ai aimé ce moment ! Les enseignements qui ont été donnés par les prêtres ont été très profonds et cela m'a bougée intérieurement. Si l'on prend le temps de réécouter, il y a quelque chose qui se fait intérieurement. Nous avons passé de très bons moments et nous avons été très bien accueillis par les membres de la Caravane de l'Espoir. Nous avons reçu quand même beaucoup d'interventions durant ces deux jours, mais tout s'est bien passé par la grâce de Dieu. Dans notre mission, cette thématique nous rejoint particulièrement car nous tentons d'être les plus unis que possible pour pouvoir intervenir sur toutes les manifestations ; et les enseignements donnés par les différents intervenants nous ont vraiment fortifiés et encouragés. Nous souhaitons un Joyeux Anniversaire à la Caravane de l'Espoir. J'ai beaucoup aimé ce temps et particulièrement les sketchs car ils touchaient de près le quotidien de chacun et j'ai trouvé cela formidable. On ressent également que les sketchs sont préparés dans la prière. Pour moi, la collaboration avec la Caravane de l'Espoir était une union normale pour aider, diffuser, soutenir l'autre dans sa mission. Si nous réclamons la bénédiction pour nous, il faut aussi d'abord bénir l'autre dans sa mission, et c'est ainsi que le Seigneur nous rejoint. « Faire du bien à l'autre, c'est se faire du bien à soi ». C'est vraiment une expérience unique, l'unité s'est vraiment manifestée et je rends gloire au Seigneur pour la Caravane de l'Espoir où l'Esprit leur a soufflé ce thème. Je crois qu'il est temps, l'heure est venue pour que la Martinique se réveille, que l'on se mette ensemble pour bâtir le Royaume de Dieu pour sauver les âmes en Martinique et dans le monde entier. Ce qui m'a marqué dans ce rassemblement c'est l'unité dans le couple et l'importance de mettre Dieu au sein de son couple afin de vivre un amour profond et pour l'éternité. Aujourd'hui, tous les enseignements donnés nous ont fortifiés ma femme et moi, et surtout sur le choix des amis. Être ici en famille est une grâce du Seigneur et je lui suis très reconnaissant. Johan et Annie-Claude, animateurs de l'ACPM Soeur Nicaise, Dominicaine missionnaire de Notre-Dame de la Délivrande Nous avons passé de très bons moments et nous avons été très bien accueillis par les membres de la Caravane de l'Espoir. Nous Micheline, Unité de secours Saint-Michael J'ai beaucoup aimé ce temps et particulièrement les sketchs car ils touchaient de près le quotidien de chacun et j'ai Béatrice, Immaculée Conception C'est vraiment une expérience unique, l'unité s'est vraiment manifestée et je rends gloire au Seigneur pour la Caravane de Franzette , Renouveau Charismatique, Puits de Jacob & Padre Pio Patrick ‘‘ Allez ! De toutes les ‘‘ Allez ! De toutes les ‘‘ VIE DU DIOCÈSE Le temps que nous avons vécu durant ces deux jours était vraiment très riche de part les Unité dans la mission. Nous avons vécu aussi un très bon moment lors du ministère de guérison pour permettre à l'Esprit Saint de faire son travail d'Unité en nous au travers de nos blessures. Unité dans la mission. Nous avons vécu aussi un très bon moment lors du ministère de guérison pour permettre à l'Esprit Saint de faire son travail d'Unité en nous au travers de nos blessures. Unité dans la mission. Nous avons vécu aussi un très bon moment lors du ministère de guérison réclamons la bénédiction pour nous, il faut aussi d'abord bénir l'autre dans sa mission, et c'est ainsi que le Seigneur Cela fait 4 ans que je suis revenue en Martinique et c'est quelque chose que je ne connaissais pas.

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 12 novembre 2023 – n° 669 11 ÉGLISE EN MARTINIQUE du 12 novembre 2023 – n° 669 A ujourd’hui, comment vivons- nous ces paroles de la Bible, cet héritage spirituel, dans notre Diocèse ? Le pauvre, le petit, a toujours été une priorité pour notre Père. Ces paroles doivent résonner en chacun dans sa marche vers Celui qui nous a créés à son image et sa ressemblance. De quel pauvre s’agit-il ? Le pauvre est celui qui vit de la charité publique, une personne sans ressource, quelqu’un qui a faim. Cela ne s’arrête pas au matériel, il y a la faim de paix, de justice, d’amour… celui qui a besoin d’une aide pour que sa vie soit plus facile ; celui qui a besoin de retrouver sa dignité. Dans l’Evangile de Matthieu, particulièrement les chapitres 5 et 25, Jésus énumère ceux et celles qui ont besoin de notre aide. Celui, celle qui est rejeté, le sans amour… qui a besoin de consolation… qui recherche plus de justice, de compassion, de paix… qui est insulté, persécuté, calomnié... qui n’a pas de quoi se nourrir, se vêtir… qui est éloigné de son pays et rejeté… qui est malade… qui est privé de liberté… Le Seigneur Jésus s’identifie à eux. Chaque jour, nous côtoyons une ou deux personnes en situation de pauvreté, de manque de santé, de dignité, de travail, d’amour, allons-nous nous y habituer, être indifférents ? En cette 7 ème Journée mondiale des pauvres, le pape François nous invite à « ne détourner notre visage d’aucun pauvre ». (Tb 4,7) Qu’est-ce qui est mis en place au niveau de notre Diocèse ? Oui, les pauvres ne sont pas des personnes extérieures, en marge de la Communauté, de la Maison commune, mais des frères et des sœurs avec qui partager la souffrance pour soulager leur malaise, leur marginalisation, pour qu’on leur rende leur dignité perdue et qu’on leur assure leur inclusion sociale nécessaire. (Pape François) Par la Pastorale de la Diaconie et des Caritas, notre Diocèse est au service des pauvres avec les actions menées par des Aumôneries (Santé, Prison), Services(Saint- Vincent-de-Paul, Secours Catholique), Pastorales (Migrants, Paroissiales), des baptisés à titre individuel. Ce sont plus de 15 initiatives et adresses qui sont répertoriées dans Ecclesia’M. Il y a un manque de visibilité, de communication des différentes initiatives. A la demande de Mgr David, nous avons lancé un vaste chantier afin de coordonner toutes ces initiatives. Cela prend du temps. Nous avons besoin de chaque baptisé pour faire progresser l’accueil et reculer la marginalisation : • Oui, tu es en situation de précarité, n’hésite pas à prendre contact avec ta paroisse. Ne reste pas isolé. • Tu es baptisé, tu as du temps à consacrer aux autres, fais-toi connaître au sein de ta paroisse, tu peux être force de proposition… Des initiatives peuvent être prises en ce mois de novembre : - Journée mondiale des pauvres le 19 novembre. - Collecte du Secours Catholique les 18 et 19 novembre. - Collecte de la Banque alimentaire les 25 et 25 novembre. Ensemble, nous pouvons faire reculer les causes de pauvreté, d'exclusion et d’inégalités en maintenant notre regard toujours fixé sur le visage humain et divin du Seigneur Jésus-Christ. « Certes, le malheureux ne disparaîtra pas de ce pays. Aussi je te donne ce commandement :  tu  ouvriras  tout  grand  ta  main  pour  ton  frère  quand  il  est,  dans  ton  pays,  pauvre  et  malheureux. » (Dt 15, 11). Jésus, trois jours avant de donner sa vie pour les pécheurs que  nous sommes, s’est inspiré de cette parole pour dire à ses disciples : « Des pauvres, vous  en aurez toujours avec vous… » (Mt 26,11 – \TJn 12,8 – Mc 14,7).\T Pierre Valey, diacre permanent Responsable du Comité Diocésain de la Solidarité et de la Charité ■ Ne détourne ton visage d’aucun pauvre JOURNÉE MONDIALE D\nES PAUVRES  DOSSIER Être au service des plus pauvres !

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12 ÉGLISE EN MARTINIQUE du 12 novembre 2023 – n° 669 1212 E n  ce  début  de  mois  de  novembre,  la  fête  de  la  Toussaint oriente nos regards vers la contemplation  de la foule immense de ceux qui se tiennent devant  le  Trône  et  devant  l’Agneau  de  Dieu  (Ap  7,  9)  et  nos  cœurs  vers  la  méditation  du  sermon  de  Jésus  sur  le  Mont des Béatitudes (Mt 5, 1-12) qu’Il commence ainsi :  « Heureux  les  pauvres  de  cœur,  car  le  Royaume  des  Cieux est à eux. »  Cette pauvreté du cœur est la clé de  la vie spirituelle, de la sainteté. Avec  « les saints de la  porte d’à côté » *, découvrons ensemble la pauvreté du  cœur comme dynamique spiritu\Telle à vivre.  La pauvreté du cœur : une dynamique spirituelle à vivre La pauvreté du cœur : DOSSIER JOURNÉE MONDIALE D\nES PAUVRES  Heureux les visiteurs de malades rassemblés un samedi matin du mois d’octobre pour un temps de lectio divina et de partage d’expériences. Les pauvres de cœur ont soif de la rencontre fraternelle, de la Parole de Dieu, de la convivialité, de donner de leur temps. En méditant Ex 22, 20-26, des mots résonnent, ils partagent leur difficulté à écouter les plaintes et les gémissements du malade et à compatir sans proposer tout de suite la prière. Pour eux, offrir de son temps à travers ce service évangélique, c’est offrir un manteau à son prochain. Ils s’interrogent : « Plus tard, qui prendra soin de nous ? » Au cours de la Semaine bleue, semaine nationale dédiée aux personnes âgées et retraitées, les amis bénévoles du C.E.V. ont fait un appel à don en produits d’hygiène corporelle pour les résidents : eau de toilette, déodorant, gel douche, mousse à raser, etc. Les paroissiens deSaint- Christophe et d’ailleurs, pauvres de cœur, ont entendu le cri de leurs frères et sœurs, ils ont répondu et la récolte fut abondante. Bienheureux ceux qui répandent la bonne odeur du Christ (2Co 2, 15). Estelle, une paroissienne de Sainte-Thérèse, vient de subir un A.V.C. Avec sa fille, nous nous réunissons autour d’elle pour prier avec elle et pour elle. Nous méditons Jc. 5,13-15. Je lui demande alors : « Que veux-tu que Jésus fasse pour toi ? » Estelle répondit aussitôt : « Je ne veux pas d’abord demander des choses à Jésus, je veux lui dire merci ; merci pour la maladie, car elle me permet de faire fructifier les dons qu’Il m’a donnés. » Bienheureux les pauvres de cœur qui s’abandonnent avec confiance à la divine providence. Un lundi du mois d’octobre, le verdict tombe : Frédéric est en état de mort cérébrale. Avec ses proches, nous avons prié, échangé sur sa vie, ce qu’il était pour eux. Ils retiennent de lui que c’était quelqu’un qui avait le cœur sur la main. Après avoir consulté le corps médical, ils ont donné l’au- torisation de prélever des organes en vue d’une greffe. Pour eux c’était une évidence, c’était la voie à suivre car Frédéric l’avait exprimé. L’infirmière revient vers eux et les remercie tout en ajou- tant : « par ce don des reins, ce sont deux vies qui seront sauvées. » Heureux ceux qui ont le cœur et les mains ouverts, ils rendent le Royaume des Cieux présent, visible et palpable. Heureuse la jeune Emma de 101 ans, résidente du Centre Emma Ventura (C.E.V.). Elle était assise au bord de son lit et venait de terminer ses prières à l’Esprit Saint. Quand elle voit le prêtre arriver au loin dans le service, elle tape des mains car elle sait que Jésus Eucharistie arrive. Son cœur est en fête. Les pauvres de cœur ont faim de se nourrir du Corps du Christ. En méditant avec elle Mt 16, 24, elle partage : « je porte ma croix pour la justice et la paix dans le monde entier. » Elle intercède : « Seigneur apprends-nous à faire silence, car ce monde en guerre ne trouvera la paix que s’il fait silence. » Heureuse la jeune Emma de 101 ans, résidente Au cours de la Semaine ‘‘ Aimer c’est tout donner et se donner soi-même. (Sainte Thérèse de Lisieux) ‘‘ Père Robert-Marie, aumônier du C.H.U.M. ■ *expression du pape François (Gaudete et exsultate, 2018)

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 12 novembre 2023 – n° 669 13 CRISE SOCIETALE et PAUVRETE Q La pauvreté nFest pas le fruit du destin, elle est une consé\Tquence de lFégoïsme. »  (Pape François) Depuis de nombreux mois, la Martinique vit ce que beaucoup appellent une crise sociétale,  qui résulte premièrement d’un problème social. Jésus n’a pas promis que ce monde ne  serait pas porteur d’épreuves (pauvreté, chômage, inégalités socio-raciales, etc.). Jésus  disait : « Des pauvres, vous en aurez toujours avec vous, mais moi, vous ne m’aurez pas  toujours. » (Jn 12,8). C ertains diront qu’à aucun moment, Jésus ne s’est laissé enrôler par la politique ! Il ne s’est pas joint par exemple aux zélotes (activistes politiques) qui voulaient libérer Israël de l’oppression politique des Romains par la violence. Mais devons-nous garder l’espoir, car ce n’est pas le bout du tunnel voire des signes du royaume ? Quel rôle doit jouer l’Eglise face à cette double crise sociétale et sociale en Martinique ? A la lumière de l'Evangile, l'Eglise n’a de cesse d’observer la situation du monde contemporain et de donner des indications concrètes d’actions, d’après le message chrétien d’amour fraternel envers tous les hommes. Elle se préoccupe particulièrement des pauvres, des vulnérables et des opprimés. En effet, l’Eglise met l’accent sur l’option préférentielle pour les pauvres dans sa Doctrine Sociale de l’Eglise (DSE). Construire un avenir durable exige d'intensifier nos efforts visant à éliminer l'extrême pauvreté et la discrimination sociale, pour s’assurer que chacun puisse exercer pleinement ses droits humains fondamentaux. La pleine participation des personnes vivant dans la pauvreté aux prises de décisions qui affectent leurs vies et leurs communautés, doit être au centre des politiques et des stratégies visant à bâtir avec elles un avenir durable. De cette façon, nous pourrons garantir que notre planète et nos sociétés humaines répondront aux besoins et aux aspirations de tous -et non pas seulement celles de quelques privilégiés- cela dans le souci des générations actuelles et futures. Les conséquences de la crise sociétale et ses répercussions sociales se retrouvent dans toutes les dimensions de la vie : alimentation, logement, isolement, insécurité sociale, sentiment d’insécurité, pauvreté aggravée par la crise du COVID. Pour les membres de l’Observatoire Socio-Politique de l’Eglise en Martinique (OSPEM), face à cette situation, l’Eglise a un rôle à jouer, et ce, à plusieurs niveaux : Au niveau  économique Il convient de :   Rappeler que nous vivons dans un sys- tème économique mondialisé. Pour autant, il est de notre responsabilité personnelle et collective de développer notre rési- lience territoriale en développant des projets innovants, notamment en matière d’économie circulaire.   Indiquer que pour obtenir une société plus égalitaire, nous devons réapprendre à être solidaires entre nous ; en optant aussi pour le circuit court de consommation permettant ainsi à nos petits producteurs de vivre, sans pour autant boycotter les grandes surfaces où bon nombre de nos compatriotes travaillent.   Préciser que la croissance économique

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 12 novembre 2023 – n° 669 14 ne suffit pas pour résorber la pauvreté car même sans croissance, il y a des moyens d’agir notamment par le biais de mesures fiscales et sur l’emploi. En dehors de la croissance : Élaborer de nouveaux critères du bien-être. A Affirmer que le nombre de bénéficiaires d’aide alimentaire n’a cessé de croître. La crise sanitaire du Covid-19 en est la principale responsable. Elle a plombé, en quelque sorte, ces nombreux petits boulots qui permettaient à nombre de Martiniquais de joindre les deux bouts. Au niveau sociopol\gitique Il faut : A Amener la population martiniquaise à prendre conscience que ce n’est pas par la violence que les différends seront réglés, mais par le dialogue ; A Rappeler que le vieillissement de notre population est favorisé par l’exode des jeunes, majoritairement en métropole et par le nombre croissant d’avortements observé depuis plusieurs années. Les conséquences du vieillissement de la population sur notre territoire font que des opportunités d’emploi se font jour. En effet, de nouveaux métiers se créent. Pour exemple, ils sont axés sur la gériatrie. Celle-ci est susceptible d’intéresser les jeunes chômeurs. A Rappeler à chaque citoyen martiniquais qu’il doit se sentir concerné par la crise écologique afin de devenir à son niveau acteur de la solution. En matière de pollution, trier ses ordures relève de la responsabilité et doit interpeller la conscience de chacun dans l’esprit de l’encyclique Laudato Si selon le pape François ; A Constater que l'isolement social est une conséquence de la grande pauvreté ; A Préciser qu’il est possible financièrement de construire davantage de logements sociaux. Il est également possible de réhabiliter des logements inhabités pour le dédier à l’habitat. Il n’est pas viable, ni humainement, ni légalement, ni économiquement de continuer à laisser grandir le mal-logement dans notre pays. Au niveau culturel\g Les demandes cultu- relles des milieux défavorisés englobent les arts, la beauté, les expres- sions artis- tiques de toutes sortes, souligne le rapport « Grande pau- vreté et précarité » publié en 1987. Aujourd’hui encore, les plus pauvres expriment, dans toute leur profondeur, une attente qui vaut pour tous les milieux peu aisés. La culture est une nourriture essentielle pour l’être humain. Une autre difficulté de la pauvreté réside dans la difficulté que peuvent rencontrer des personnes en situation de précarité à prendre en main leur santé. Cela peut provenir d’une absence de but, ou bien d’un manque de finalité dans leur existence. Le résultat est que les pauvres se retrouvent exclus de l’action culturelle. En effet, à cause des difficultés exposées précédemment, on voit progressivement se développer un cloisonnement entre l’action sociale et l’action culturelle. Pour les pauvres, accéder à la culture « reconnue » ou « savante » est important et des actions dans ce sens voient le jour. Elles mériteraient d'être amplifiées. On peut dire que : « le droit à la culture se fonde d’abord sur le droit pour tous à l’expression. Ensuite, il leur permet la consolidation de leur savoir, de leur expérience et de leur forme de pensée. » En Martinique, les trois quarts des habitants en grande pauvreté font face à des impayés. De plus, ils doivent renoncer aux loisirs. La raison est qu’ils sont dans l'impossibilité de disposer d'une somme d'argent suffisante pour s'offrir des loisirs payants, accéder à internet ou se payer un repas. Face à cette situation, l’OSPEM propose de multiplier les lieux d’éducation populaire qui permettent la rencontre, l’expression et la création pour chacun. Au niveau religieux\g Le pape François appelle une nouvelle fois à construire « une approche différente de la pauvreté » sur le plan politique, tant au niveau des États qu’au niveau des institutions mondiales, en s’intéressant aux personnes incarnées, réelles, concrètes, et non pas seulement à des projections statistiques. L’enjeu, en effet, ce n’est pas seulement de donner de l’argent, mais de garantir le droit à l’expression et à la participation. « Servir efficacement les pauvres provoque l’action et permet de trouver les formes les plus appropriées pour relever et promouvoir cette partie de l’humanité trop souvent anonyme et sans voix, mais qui a imprimé en elle le visage du Sauveur qui demande de l’aide. » Le pape exhorte donc à aller au contact direct des pauvres, à s’immerger dans leurs réalités plutôt que d’évaluer leur nombre. Jésus nous encourage à être « attentifs les uns aux autres pour nous stimuler à vivre dans l’amour et à bien agir » (Hébreux 10, 24). Alors, pas de doute ! Dieu nous emploie comme ambassadeurs pour dispenser son amour et sa justice autour de nous. Père Benjamin Francois-Haugrin Yves-Marie Grivalliers ■ pas par la violence que les différends seront réglés, mais par le dialogue ; A vieillissement de notre population est favorisé par l’exode des jeunes, majoritairement en métropole et par le nombre Les demandes cultu- relles des milieux défavorisés englobent les arts, la beauté, les expres- sions artis- tiques de toutes sortes, souligne le rapport « Grande pau- mais qui a imprimé en elle le visage du Sauveur qui demande de contact direct des pauvres, à s’immerger dans ne suffit pas pour résorber la DOSSIER JOURNÉE MONDIALE D\nES PAUVRES 

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 12 novembre 2023 – n° 669 15 La  pauvreté  désigne,  dans  une  société  donnée,  le  fait  d’être  dans  une  situation  de  manque  économique, c'est-à-dire de manque matériel et concrètement ne pas avoir suffisamment d’argent  pour répondre, ne serait-ce qu’à ses besoins de base : se nourrir, se vêtir, se loger, se soigner… Selon  l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), la santé mentale est un « état de bien-être qui permet à  chacun de réaliser son potentiel, de faire face aux difficultés normales de la vie, de travailler avec  succès et de manière productive et d’être en mesure d’apporter une contribution à la communauté. » C es deux notions étant définies, quel lien possible entre pauvreté et santé mentale ? Les personnes touchées par la précarité sont- elles plus malades ? Celles atteintes dans leur santé mentale risquent-elles de sombrer dans la précarité ? Des études réalisées au Canada et aux Etats- Unis démontrent clairement une corrélation entre les deux. En effet, elles révèlent qu’il existe une plus grande prévalence des désordres mentaux et des problèmes de santé mentale dans les classes sociales les plus dépourvues économiquement. On retrouve de deux à trois fois plus de troubles psychopathologiques (névrose, psychose, désordres de la personnalité…) chez les plus pauvres. Elles révèlent également que la proportion de personnes présentant un niveau de bien- être élevé augmente avec le revenu familial. Ceux qui ne travaillent pas et qui ne sont pas aux études présentent plus de problèmes psychologiques et sont susceptibles d’être porteurs d’idées suicidaires ou à faire des tentatives de suicide. La Martinique n’échappe pas à cette règle. En effet, le taux de pauvreté en Martinique est supérieur à la moyenne nationale. Pour information, selon des études récentes, les familles monoparentales et les personnes à faibles revenus seraient davantage impactées par la précarité. La pauvreté entraîne donc une inégalité de traitement de la souffrance par faute de moyens dans le public. Et ceux qui ont les moyens financiers ont cependant la possibilité de profiter des soins dans le privé. Or, la Déclaration universelle des droits de l’homme souligne : « Toute personne a droit à un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé, son bien- être et ceux de sa famille, notamment pour l’alimentation, l’habillement, le logement, les soins médicaux ainsi que les services sociaux nécessaires. » La Fédération nationale des associations d’accueil et de réinsertion sociale souligne : « Le lien entre santé mentale et précarité comporte deux dimensions. D’une part, le trouble mental ou les troubles de la personnalité participant à la précarisation des personnes altérant leurs aptitudes sociales, économiques, relationnelles. Inversement, la situation d’exclusion et de précarité entraîne souvent l’apparition de troubles mentaux et de prévalence de la souffrance psychique. » (Précarité et santé mentale : repères et bonnes pratiques. FNARS. Fédération nationale des associations d’accueil et de réinsertion sociale, 2010). Nous constatons également que la précarité entraîne une situation d’errance qui affecte la santé mentale (en 2015, la DJSCS aurait recensé entre 300 et 500 personnes en situation d’errance sur le territoire martiniquais). La crise économique et sociale associée à la toxicomanie et à l’alcoolisme sont des facteurs qui aggravent la situation. Frédérique Carole, infirmière en psychiatrie de liaison, souligne dans son mémoire de Master 2 : « La maladie mentale vient, au cours d’un épisode de vie, impacter les ressources, le logement créant des pertes qui aboutissent à un isolement pouvant conduire à une désocialisation. Le processus de désocialisation devient encore plus stigmatisant pour les personnes vulnérables. Car la société se retrouve à les classer... (les dépressifs, les paranoïaques, les schizophrènes...) … Ces impacts engendrent des conséquences au niveau de l’alliance thérapeutique, avec des conséquences sociales ainsi que sur le plan personnel. L’isolement que vivent ces personnes les amène à s'auto-exclure, allant jusqu’à quitter leur logement, voire à être expulsés » (Vulnérabilité sociale, accès aux droits et aux soins pour les personnes souffrant de troubles mentaux en Martinique, 2020, P.15). Selon Mme Carole, il y aurait une véritable difficulté d’accès aux droits et aux soins pour les publics en précarité présentant des troubles mentaux en raison du manque de moyens dans les établissements publics, de la désocialisation, du déni de la pathologie et de l’impuissance des familles face à leur membre en souffrance psychique. En conclusion, malgré l’offre de soins qui néanmoins est insuffisante, les personnes atteintes de la pauvreté rencontrent des difficultés à se faire soigner et souffrent d’une inégalité de traitement face à la souffrance psychique. Celles qui ont les moyens financiers peuvent accéder plus facilement aux soins offerts par le privé (clinique, cabinets libéraux). Les Établissements publics n’ont pas toujours les moyens de répondre de manière adaptée, personnalisée et rapide. Nous notons également que la précarité peut également engendrer une souffrance psychique (stress, anxiété, angoisse, dépression...). Une véritable réflexion est à mener pour réduire cette inégalité afin que tout citoyen ait accès, non seulement à une vie décente, mais également aux soins au même titre que tous. Le chrétien, à la suite du Christ, a son mot à dire à ce sujet car nous sommes tous frères. Tony Allaguy-Salachy Psychologue clinicien, diacre permanent ■ Pauvreté et santé mentale

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 12 novembre 2023 – n° 669 16 DOSSIER JOURNÉE MONDIALE D\nES PAUVRES  C haque jour, nous sommes confrontés au regard que nous portons sur les personnes en situation de précarité. Dans son message adressé pour la septième Journée mondiale des pauvres, le pape François, en reprenant le livre de Tobie, nous dit : ? Ne d?tourne ton visage d?aucun pauvre ? (Tb 4, 7). La pr?carit? va au-del? d?une situation de\ pauvret? puisqu?elle ne se limite pas ? un aspect mat?riel : elle concerne aussi l\ es relations sociales. Depuis 171 ans, la Société de Saint-Vincent-de-Paul de Martinique et ses bénévoles, animés par la conviction qu?une soci?t? plus juste est possible, agit inlassablement aupr?\ s des plus démunis d’entre nous, s'efforçant de soulager les pauvretés qui nous entourent. Un r?seau de charit? de proximit?, au service des plus fragiles\ Interview de Régine Pognon, Présidente de la délégation de Martinique Pouvez-vous dire à nos lecteurs quelles  sont les différentes formes de précarité  auxquelles vous êtes confrontés en  Martinique ? Sur le plan des définitions, la pauvreté s'en- tend comme une absence ou insuffisance  de ressources (monétaires notamment). La  précarité ne se comprend pas seulement  ainsi. La notion désigne une fragilité des  revenus et des positions sociales. Ainsi la  précarité est l'absence d'une ou plusieurs  des sécurités permettant aux familles d'as- sumer leurs responsabilités élémentaires  et de jouir de leurs droits fondamentaux.  L'insécurité qui en résulte peut être plus ou  moins étendue et avoir des conséquences  graves et définitives. La précarité sociale résulte de parcours  de vie faits de ruptures sociales,  professionnelles ou affectives et recouvre  des histoires et difficultés diverses. Ces  ruptures et conditions de vie passées  et présentes induisent ou révèlent des  problèmes de santé, parfois aussi, elles  en découlent. Les formes sont diverses :  précarité d'emploi, de logement  ; précarité  financière et pauvreté ; précarité par  non-accès aux soins de santé ; insécurité  alimentaire ; précarité relationnelle,  affective ou des liens sociaux ; exclusion  et précarité sociale... Quelles sont vos actions pour combattre  cette précarité ? Nous créons des dispositifs pour coller aux  mieux aux réalités de notre société. Cela  se passe par l’éducation et les formations  professionnelles, par exemple. Obtenir un  diplôme augmente les chances de trouver  un emploi et, par conséquent, diminue la  probabilité d’être pauvre. C’est un des  très bons leviers pour sortir de la pauvreté.  L’accès au logement permet d’acquérir  de l’autonomie et de reprendre pied dans  la société, sans oublier la question de la  mobilité et des transports.  Pour tenter  également d’améliorer un peu le quotidien,  des initiatives sont lancées dans le domaine  de la consommation, de la santé et de  l’hygiène, de la culture. Quelle est la part que fait la Société de  Saint-Vincent-de-Paul à l’évangélisation  quand elle accompagne les plus pauvres  ? Dans l’accueil, la bienveillance et le regard  aimant, nous témoignons du visage du  Christ. Être présents tout simplement. C’est  un ensemble. Le bénévole inséré dans sa  conférence se nourrit de ses frères, de la  prière commune, de cette fraternité vincen- tienne qui se reflète dans l’action… Dieu  agit ! Nous sommes tous des miracles de  Dieu et nous pouvons témoigner nous aussi  des miracles dans la vie des personnes  rencontrées.  Est-ce que cette évangélisation est  importante quand on est confronté à  des personnes en situation de précarité  ?  L’évangélisation, c’est témoigner de  l’amour de Dieu pour tous et pour chacun,  toutes situations confondues. Dans notre  mission, l’approche est non intrusive,  sans chantage ou pression, mais le  lieu d’un espace libre pour laisser la  providence agir… Important dans le  silence de l’Esprit-Saint. Vrai exercice  de style d’évangéliser seulement par  l’action amoureuse de Dieu et arriver  à l’interrogation souhaitée : qu’est-ce  qui vous anime ? Qu’est-ce qui fait la force de la  Société de Saint-Vincent-de-Paul de  Martinique ? Sa proximité, notamment dans les  visites à domicile des bénévoles, sa  discrétion et son service permanent.  Pouvez-vous nous parler des projets  de  la Société de Saint-Vincent-de-Paul  pour 2024 ? Le projet reste le même : être  simplement présent à côté de l’autre, de  nous-mêmes, dans l’amour du Christ  ;  faire Église. Cependant, une conférence  doit pouvoir avoir un lieu d’accueil  et d’écoute chaleureux pour sortir de  l’atmosphère anxiogène du monde et  se réfugier dans le parfum de Dieu. Du  visible, voire l’invisible du ciel dans cet  instant de la rencontre autour d’un café,  un sourire, une tendresse manifestée.  Nous y travaillons. ■ Un r?seau de charit? de proximit?, au service des plus fragiles\ 11 Avenue de la Plaine Montgérald11 Avenue de la Plaine Montgérald11 Avenue de la Plaine Montgérald 97200 Fort-de-France97200 Fort-de-France Tél : 0596 75 20 08Tél : 0596 75 20 08 Port : 0696 821449 Port : 0696 821449 Email : st-vincent-de-paul.association@wanadoo.frEmail : st-vincent-de-paul.association@wanadoo.frEmail : st-vincent-de-paul.association@wanadoo.frEmail : st-vincent-de-paul.association@wanadoo.frEmail : st-vincent-de-paul.association@wanadoo.frEmail : st-vincent-de-paul.association@wanadoo.fr

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17 ÉGLISE EN MARTINIQUE du 12 novembre 2023 – n° 669 1717 Interview de Marcette Louis-Joseph Déléguée Territoriale du Secours Catholique de Martinique Dimanche 19 novembre 2023 : Journée mondiale des pauvres et Journée nationale du Secours Catholique Pouvez-vous nous rappeler comment  s’organise la mission du Secours  catholique en Martinique ? Le Secours Catholique de Martinique  agit grâce à un réseau composé de 380  bénévoles et 6 salariés. Ce réseau anime  20 lieux d’accueil et accompagne 800  familles en moyenne chaque année par  le biais de dispositifs divers. Quelle est votre stratégie de lutte contre  la pauvreté ? Le Secours Catholique s’attaque à toutes  les causes de pauvreté, d’inégalités et  d’exclusion. Il place au cœur de son  action la participation des personnes  en précarité ("Faire Avec" et pas "Faire  Pour"). Nous sommes sollicités le plus  souvent dans l’urgence pour des aides  alimentaires, financières, matérielles,  vestimentaires. Répondre à l’urgence  est absolument nécessaire, mais est  nécessairement insuffisant. Par le biais  de divers dispositifs d’accompagnement  tels les épiceries sociales, la Boutique  solidaire de vêtements, les Ateliers de  redynamisation vers l’emploi et l’activité,  les Jardins solidaires, le Café connecté,  l’Accompagnement à la parentalité, les  Vacances en famille, l’Accompagnement  des personnes âgées, l’Accompagnement  éducatif pour les enfants et les jeunes,  nous visons à renforcer la capacité de  tous à agir ensemble. Pour s’attaquer  aux causes profondes de la pauvreté,  l'association interpelle l’opinion et les  pouvoirs publics et propose des solutions  dans la durée. Quels constats faites-vous sur le  terrain (isolement, logement, moyen  financier, famille, emploi, alimentation,  culture…) ? Quelques chiffres-clés permettent de  dresser un tableau de la situation des 709  ménages reçus en 2022  : 64% de familles  monoparentales, 10% de familles  nucléaires, 26% de personnes seules,  48% de chômeurs, 43% des ménages ne  vivent que des prestations et 14% n’ont  aucune ressource, 95% des ménages sous  le seuil de pauvreté. Sur le terrain, nous  constatons une augmentation du nombre  de personnes reçues et une aggravation  des situations des ménages. Quatre  facteurs ont été identifiés : la baisse du  niveau de vie, l’inflation, la précarisation  de l’emploi et le non-recours aux droits. En tenant compte de l’inflation qui  érode le pouvoir d’achat, le niveau de  vie médian a baissé de 7,6 % en un an.  Il s’établit à 538 euros par mois en 2022  (contre 579 euros en 2021). Quand les revenus se tassent et que le coût  de la vie augmente, les conséquences  pour les petits budgets sont manifestes :  insécurité alimentaire, endettement,  isole-ment social, fragilisation de la santé  physique voire psychique. Les demandes  adressées au Secours Catholique sont  l’écoute, l’aide alimentaire, l’aide  au paiement des factures (loyer, eau,  électricité, cantine, transport). Le fait  d’être parent isolé, avec de faibles  ressources, accroît les difficultés. Le non- recours aux droits est en nette hausse.  Le nombre de personnes en situation de  précarité a-t-il augmenté en Martinique  depuis la pandémie du covid ? Les travailleurs sociaux et les associations  constatent une forte augmentation  du nombre de personnes reçues.  Avant la pandémie, notre association  accompagnait en moyenne 400 familles.  Durant la période de confinement, 736  ménages ont été aidés. Au 30 septembre  2023, l’objectif d’accueil de 800 ménages  était déjà atteint. Dans le contexte économique actuel,  quelles sont vos priorités ? Notre Projet de Délégation 2021-2025 a  arrêté deux priorités : le développement  du pouvoir d’agir des personnes et  l’accès aux droits. Développer le pouvoir  d’agir c’est repérer, valoriser et s’appuyer  sur les talents des « pauvres » pour les  aider à redevenir autonomes. Lutter pour  l’accès aux droits c’est permettre aux  personnes de connaître leurs droits, les  accompagner pour qu’elles puissent en  bénéficier. Les retards dans le traitement  des demandes (RSA, retraite, titres de  séjour, etc.) privent 24 % des ménages  reçus de ressources financières et les  plongent dans l’extrême précarité  alimentaire. Qu’est-ce qui fait la force du Secours  Catholique de Martinique ? Pour mettre en œuvre ses actions, le  Secours Catholique s’appuie sur ses  bénévoles qui tiennent courageusement  la barque, malgré une diminution  de 35% des effectifs depuis la crise  sanitaire. Nous profitons pour lancer  un appel à bénévolat afin de renforcer  nos dispositifs ; toutes les compétences  sont bienvenues ! L’association tirent  80% de ses ressources financières de la  générosité des donateurs, catholiques  ou non, qui reconnaissent la pertinence  des actions menées. Enfin, avec ses  partenaires institutionnels et associatifs,  la Délégation de Martinique met en  œuvre ses dispositifs dans le cadre de  la lutte contre la précarité et l’exclusion. Pouvez-vous nous parler des projets du  Secours catholique pour 2024 ? La meilleure façon de sortir de la pauvreté  c’est par le travail digne. Nous œuvrons  actuellement à la création d’une structure  innovante pour l’accompagnement vers  l’emploi de personnes en précarité en  situation de chômage de longue durée. Délégation de Martinique Secours Catholique 50, rue Robespierre, Terres Sainville CS 20144 97202 Fort-de-France Cédex Tél. : 0596 63 50 94 Fax. : 0596 63 20 38 Mail : martinique@secours- catholique.org 97202 Fort-de-France Cédex

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 12 novembre 2023 – n° 669 18 ? Question AN TJÈ LÉGLIZ-LA ‘‘ Pourquoi des statues dans nos églises ? ‘‘ Pourquoi y a-t-il des statues dans nos  églises ? Il convient de se référer au texte Exode 20  3-5 «  Tu n’auras pas d’autres dieux en face  de moi. Tu ne feras aucune idole, aucune  image de ce qui est là-haut dans les cieux,  ou en bas sur la terre, ou dans les eaux par- dessous la terre. Tu ne te prosterneras pas  devant ces dieux, pour leur rendre un culte.  Car moi, le Seigneur ton Dieu, je suis un  Dieu jaloux  : chez ceux qui me haïssent, je  punis la faute des pères sur les fils, jusqu’à  la troisième et la quatrième génération. » Si nous appliquons strictement ces paroles,  il ne devrait pas y avoir de statues dans nos  églises. Mais, dans Exode 25, 18 à 20, il  est dit « tu forgeras deux chérubins en or à  placer aux deux extrémités du propitiatoire.  Fais un chérubin à une extrémité et l’autre  à l’autre extrémité. » Dieu demande aux  juifs de réaliser des statues pour le temple. Par ailleurs, dans le livre des Nombres  21,8, Moïse demande de réaliser, dans  le désert, un serpent d’airain vers qui on  devait regarder pour être guéri. Donc, les  deux idées sont présentées : la nécessité  ou pas des statues. Dans Exode 25 et Nombres 21, le Seigneur  demande, certes, de faire des statues mais  qui ne sont certainement pas des idoles à  adorer. Elles constituaient des signes de sa  présence salvatrice qui avaient vocation à  éveiller la foi des juifs au sein de l’ancien  testament. Dans l’Eglise, la logique de la  représentation du Christ Jésus à travers  les statues ou une image rejoint tout  simplement celle de l’incarnation. Jadis,  durant l’A ncien Testament, Dieu n’avait  ni corps ni figure et il ne pouvait être  représenté, mais en Jésus Christ Il s’est fait  voir en chair et en os et il a vécu parmi les  hommes. L’Eglise qui est à côté du Christ  depuis la première heure de son ministère  public peut faire une image de ce qu’elle  a vu de lui. S’il est légitime de représenter  le Christ Jésus, il est encore plus naturel de  représenter sa mère et les saints qui sont  des créatures. Les statues et les images  qui sont déposées dans les églises sont  autant de représentations auxquelles nous  accordons un profond respect, mais nous  ne les adorons pas, puisque nous ne les  confondons pas avec Dieu. En revanche,  elles portent vers Dieu. Tout l’intérêt d’une  statue est finalement qu’elle permet par la  pensée d’aller vers notre Dieu.  En fait, être contre les statues reviendrait,  aujourd’hui, à croire que quelqu’un qui  prend son album de photos de famille  tient sa grand-mère dans sa main. Aucun  chrétien catholique ne croit que Dieu réside  en cette statue. En revanche, la statue du  Christ nous rappelle bien que Dieu s’est  fait chair, et, il nous porte finalement, par  tout ce que nous sommes et par tous nos  sens, à adorer le Christ qui s’est fait chair  et est venu jusqu’à nous. De même que tenir la photo de notre grand- mère dans la main, ne veut aucunement  dire que nous tenons réellement notre  grand-mère, mais simplement de penser  à elle et d’avoir un sentiment profond.  De  même, quand on regarde la statue, on est  conscient que nous ne sommes pas face au  Christ, mais face à une image qui par toute  notre imagination, par tous nos sens nous  porte à élever nos sentiments et à tourner  notre esprit vers le Christ qui est réellement  présent et ressuscité. Pourquoi avoir besoin de statues si  on a la foi ? L’Eglise tient compte de la dimension tout  à fait humaine de l’homme. Dieu nous a  laissé des sacrements, des signes efficaces  de sa présence. Certains pourraient,  effectivement, arguer avoir la foi et donc  ne pas avoir besoin de sacrements. La  statue fait office d’album de famille tout  simplement. Elle nous permet de revivre  certains instants et évènements. Il ne s’agit  plus d’une simple image.  Nous entrons  dans l’adoration en Esprit en vérité. Ce  sont de simples supports. On n’adore pas  l’image mais on a un profond respect pour  l’image. Les représentations actuelles ne se  fondent pas dans notre environnement  local En matière de piété populaire et d’image,  le risque est important. Même en ce qui  concerne l’esthétique, il y a une certaine  vigilance à avoir. Peut-être parce que nous  ne sommes pas dans l’adoration de l’image,  on peut critiquer le fait que Jésus, qui est  sémite, soit représenté blond aux yeux  bleus. Mais au fond, représenter Jésus en  véritable sémite ne le fera pas pour autant  devenir noir. Cela nous force à entrer dans  le projet de Dieu, à comprendre qu’il a pris  chair d’un peuple qui est le moindre de tous  les peuples. Un peuple esclave, colonisé.  Il vient donc dans la condition d’esclave.  Donc la représentation qu’il prend n’est  pas au service d’une domination. Il ne  faudrait pas créer un faux problème. Au  fil du temps, cette représentation pourrait  être revue. Propos recueillis par Nicole Chésimar ■ Le père Eddy Ertus, administrateur de la paroisse Sainte-Thérèse de l’Enfant-Jésus, nous éclaire  sur la présence des statues dans nos église\Ts.

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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 12 novembre 2023 – n° 669 19 MARTINIQUE 40 € GUADELOUPE 44 € GUYANE 44 € FRANCE et étranger 50 € E g lise en MARTINIQUE Et toi, Où en es-tu ? Ils ont dit "Oui " N°641REVUE DIOCÉSAINE BIMENSUELLE — 2,00 €8 MAI 2022 Hommage au père Filopon Les "Chemins de mémoires" dans le diocèseJournée mondiale de prière pour les vocations lise MARTINIQUE MARTINIQUE Ils ont ditIls ont dit "Oui " "Oui " "Oui " "Oui " "Oui " "Oui " "Oui " "Oui " "Oui " "Oui " "Oui " "Oui " "Oui " "Oui " "Oui " "Oui " "Oui " "Oui " Ils ont dit "Oui " Ils ont ditIls ont dit "Oui " Ils ont dit "Oui " N°641REVUE DIOCÉSAINEREVUE DIOCÉSAINEBIMENSUELLE — 2,00 €8 MAI 2022 E g lise en MARTINIQUE Inauguration de l'oratoire "Jésus Eucharistie" au Morne-des-Esses Soif de miséricorde ? N°640REVUE DIOCÉSAI NE BIMENSUELLE — 2,00 €24 AVRIL 2022 Hommage au père Filopon Dossier : La Miséricorde divine dans le diocèseHomélie de la Messe chrismale Règlement à l’ordre de : ADCOM Martinique Nous retourner ce bon, accompagné de votre règlement à : Eglise en Martinique Boîte Postale 586 97207 FORT de France CEDEX E g lise en MARTINIQUE Et toi, OOOOOOOOOO Ils ont ditIls ont dit Les "Chemins de mémoires" Les "Chemins de mémoires" Les "Chemins de mémoires" dans le diocèseJournée mondiale de prière Journée mondiale de prière pour les vocationspour les vocationspour les vocationspour les vocationspour les vocationspour les vocations OOOOOOOOOOOOO Inauguration de l'oratoire Inauguration de l'oratoire "Jésus Eucharistie" au Morne-des-Esses"Jésus Eucharistie" au Morne-des-Esses SSoif de miséricorde ?Soif de miséricorde ?SSoif de miséricorde ?S Dossier :Dossier : La Miséricorde divine La Miséricorde divine La Miséricorde divine La Miséricorde divine dans le diocèseHomélie de la Messe chrismaleHomélie de la Messe chrismale Nom :  .......................................................................\1................................................................................................................ Prénom :  .......................................................................\1...................................................................................................................... Adresse :  .......................................................................\1...............................................................................................................................\1...... Mail :  .......................................................................\1...............................................................................................................................\1...................... Tél. :  .......................................................................\1...............................................................................................................................\1...................... Code Postal :  .......................................................................\1.................................................................................................................... Ville :  .......................................................................\1...............................................................................................................................\1....................... Oui, je m’abonne ! ASSOCIATION DIOCÉSAINE DE \TMARTINIQUE Service legs et donations Archevêché de Fort-de-France - 5-7, rue du Révérend Père Pinchon BP 586 - 97207 FORT DE FRANCE CEDEX\T Téléphone : 06 96 31\T0 333 - E-mail : mi\Tchel.pouch@wanadoo.fr oui , je souhaite recevoir en toute confidentialité votre brochure pour m’informer  sur les possibilités de legs, donations et assurances-vie à l’Association Diocésaine. oui ,je  souhaite  être  contacté  pour  un  rendez-vous  au  Service  des  legs  et  donations ou à mon\N domicile. LÉGUEZ à l’ Église catholique L’espérance en héritage DEMANDE D’INFORMATIONS sans engagement de votre part Mes coordonnées  ❏ Mme ❏ Melle    ❏ M. Nom  Prénom Adresse   Code postal Ville  Téléphone E-mail Paroisse  (facultatif) POUR L’ARCHEVÊCHÉ DE MARTI\TNIQUE 99.5 - 101.3 et105.1 MHz www.radiosaintlouis.com Radio Saint-Louis, Rue Georges-Zaïre, ZAC Rivière Roche, 97200 Fort de France Tél. : 05 96 71 86 04 - Fax : 05 96 71 86 05 - Courriel : radio-saint-louis@orange.fr

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S aint Vincent de Paul, Apôtre et témoin de la Charité du Christ : apprends-nous à aimer Dieu en acte et en vérité et d’abord en la personne des pauvres et des nécessiteux que sa Providence place sur le chemin de nos vies. Apprends-nous à ne pas nous détourner des blessés de la vie, mais au contraire à aller vers eux, pour en\ faire notre prochain. Obtiens-nous un cœur compatissant aux misères et aux souffrances d\ es autres, spécialement à celles des plus démunis de ce monde ; apprends-nous à être généreux pour les servir aux dépens \ de nos bras et à la sueur de nos visages.et à la sueur de nos visages. Accompagne-nous dans notre service des autres et intercède auprès du Fils de Dieu, qui a donné sa vie par amo\ ur pour nous, pour que nous devenions dans notre famille, notre travail, notre quartie\ r, notre paroisse, nos communautés, des témoins crédibles de son É\ vangile d’Amour. pour que nous devenions dans notre famille, notre travail, notre quartie\ r, notre paroisse, nos communautés, des témoins crédibles de son É\ vangile d’Amour. pour que nous devenions dans notre famille, notre travail, notre quartie\ r, Amen (Source : aleteia.org)

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