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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 28 janvier 2024 – n° 674 5
«I
l n’est pas bon que l’homme
soit seul » (Gn 2, 18). Dès le
début, Dieu, qui est amour, a
créé l'être humain pour la communion,
en inscrivant dans son être la dimension
des relations. Ainsi, notre vie, modelée
à l'image de la Trinité, est appelée à se
réaliser pleinement dans le dynamisme
des relations, de l'amitié et de l'amour
réciproque. Nous sommes créés pour
être ensemble, et non pour être seuls.
Et c'est justement parce que ce projet de
communion est inscrit si profondément
dans le cœur de l'homme que l'expérience
de l'abandon et de la solitude nous effraie
et est douloureuse, voire inhumaine. Elle
l’est encore plus dans les moments de
fragilité, d'incertitude et d'insécurité,
souvent provoqués par l'apparition
d'une maladie grave.[]
Il faut cependant souligner que même
dans les pays qui jouissent de la paix
et de ressources plus importantes, le
temps de la vieillesse et de la maladie est
souvent vécu dans la solitude et parfois
même dans l'abandon. Cette triste réalité
est avant tout une conséquence de la
culture de l'individualisme, qui exalte la
performance à tout prix et cultive le mythe
de l'efficacité, devenant indifférente et
même impitoyable lorsque les personnes
n'ont plus la force nécessaire pour suivre
le rythme. […]
Cela nous fait du bien de réentendre
cette parole biblique : il n'est pas bon
que l'homme soit seul ! Dieu la prononce
au tout début de la création et nous révèle
ainsi le sens profond de son projet pour
l'humanité mais, en même temps, la
blessure mortelle du péché, qui s'introduit
en générant soupçons, fractures, divisions
et, donc, isolement. Il affecte la personne
dans toutes ses relations : avec Dieu,
avec elle-même, avec les autres, avec la
création. Cet isolement nous fait perdre
le sens de l'existence, nous prive de la
joie de l'amour et nous fait éprouver un
sentiment oppressant de solitude dans
tous les passages cruciaux de la vie.
Frères et sœurs, le premier soin dont nous
avons besoin dans la maladie est une
proximité pleine de compassion et de
tendresse. Prendre soin de la personne
malade signifie donc avant tout prendre
soin de ses relations, de toutes ses
relations : avec Dieu, avec les autres –
famille, amis, personnel soignant –, avec la
création, avec soi-même. Est-ce possible ?
Oui, c'est possible et nous sommes tous
appelés à nous engager pour que cela
devienne réalité. Regardons l'icône
du Bon Samaritain (cf. Lc 10, 25-37), sa
capacité à ralentir son rythme et à se
faire proche, la tendresse avec laquelle
il soulage les blessures de son frère
souffrant.
Rappelons-nous cette vérité centrale de
notre vie : nous sommes venus au monde
parce que quelqu'un nous a accueillis,
nous sommes faits pour l'amour, nous
sommes appelés à la communion et à la
fraternité. Cette dimension de notre être
nous soutient particulièrement dans les
moments de maladie et de fragilité, et c'est
la première thérapie que nous devons
adopter tous ensemble pour guérir les
maladies de la société dans laquelle nous
vivons.
À vous qui vivez la maladie, qu'elle soit
passagère ou chronique, je voudrais
dire : n'ayez pas honte de votre désir de
proximité et de tendresse ! Ne le cachez
pas et ne pensez jamais que vous êtes
un fardeau pour les autres. La condition
des malades nous invite tous à freiner les
rythmes exaspérés dans lesquels nous
sommes plongés et à nous redécouvrir.
Dans ce changement d’époque que
nous vivons, nous, chrétiens, sommes
particulièrement appelés à adopter le
regard compatissant de Jésus. Prenons
soin de ceux qui souffrent et qui sont seuls,
peut-être marginalisés et rejetés. Avec
l'amour mutuel, que le Christ Seigneur
nous donne dans la prière, en particulier
dans l'Eucharistie, guérissons les
blessures de la solitude et de l'isolement.
Et ainsi, coopérons pour contrer la culture
de l'individualisme, de l'indifférence, du
rejet, et pour faire grandir la culture de la
tendresse et de la compassion.
Les malades, les fragiles, les pauvres sont
au cœur de l'Église et doivent aussi être au
centre de nos attentions humaines et de
nos sollicitudes pastorales. Ne l'oublions
pas ! Et confions-nous à la Très Sainte
Vierge Marie, Santé des malades, pour
qu'elle intercède pour nous et nous aide
à être des artisans de proximité et de
relations fraternelles.
Rome, Saint-Jean-de-Latran, 10 janvier 2024
François
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MESSAGE DU PAPE FRANÇOIS
11 février 2024
« Il n’est pas bon que l’homme soit seul ».
Soigner le malade en soignant les relations !
pour la XXXII
ème
Journée
Mondiale du Malade
EGLISE UNIVERSELLE