Page 12
ÉGLISE EN MARTINIQUE du 21 avril 2024 – n° 68012
VIE DU DIOCÈSE
Je suis Xavier, né il y a 30 ans à Paris de parents Guadeloupéens,
séminariste pour la Martinique, et voici l’histoire de ma vocation.
Tout a commencé lorsque mon voisin Edouard m’a traîné à la
messe de force le dimanche 24 avril 2016, et c’est un diacre qui
a proclamé et commenté l’Evangile ce jour-là. Son homélie m’a
profondément ému ; elle portait sur le don total du chrétien. Mon
cœur m’a donc porté à chercher à le rencontrer à la sortie de la
messe. Il s’appelait Bernard et, calmement, m’a demandé ce que
je faisais dans la vie. Je lui ai répondu que j’étais un étudiant
ingénieur du Génie Civil, et il m’a alors proposé de lui lire
bénévolement quelques plans qu’il avait reçus dans la semaine,
concernant la construction d’une école à Madagascar.
L’Afrique a donc été la pépinière de ma vocation, et trois
expériences que Dieu m’a fait la grâce de vivre m’ont conduit à
répondre à mon appel. La première de ces expériences est d’avoir
rencontré l’ambassadrice de Madagascar quatre jours après mon
arrivée. Elle venait de prononcer un lumineux discours sur le bien
accompli par le millier de volontaires français à Madagascar.
J’ai donc cru opportun de l’approcher pour lui parler de cette
petite école pour laquelle je travaillais humblement. Et c’est avec
un sombre cynisme qu’elle m’a répondu que les associations
humanitaires sont nombreuses à Madagascar, et que toutes ne
méritaient pas son attention. J’ai compris ce jour-là que faire le
bien commence par l’aimer, et que celui qui aime tièdement le
bien ne peut le faire que tièdement.
Une seconde expérience a été de collaborer avec le groupe des Dames
de la Charité de Fianarantsoa, à Madagascar, autour de l’école de
la Seconde Chance. Un jour, Olga notre professeur de malgache est
tombée malade et a dû quitter l’école momentanément. Et voici qu’un
jour je la revois, non seulement sur pied mais s’apprêtant à passer
le permis moto pour porter des denrées de première nécessité en
brousse. Les bras m’en sont tombés puisque je pensais avoir atteint
le sommet du don de moi-même, ayant quitté famille et ambitions
personnelles pour servir les humbles de Dieu. Mais c’était sur mon
superflu que je prenais pour soutenir cette école, sur mes économies
et sur mon temps libre, et non sans en tirer une vaine gloire. Or elle
qui n'avait rien, pas même la santé, la voilà qui se donnait tout entière,
et gratuitement, à ceux qui n’avaient rien à lui rendre. Au fond de
moi-même je l’ai enviée, et c’est pour essayer de lui ressembler que
je veux aujourd’hui devenir prêtre.
Mais l’expérience décisive a sûrement eu lieu l’après-midi du
dimanche 6 août 2017. Je participais à un rassemblement à l’hôtel de
ville d’Antananarivo, et une profonde amertume m’avait envahi. Je
me sentais perdu, seul, loin de chez moi, m’étant égaré à poursuivre
des ombres décevantes. Et j’ai vu un lustre dans lequel se réfléchissait
la lumière du soleil couchant. Je ne voyais pourtant rien que je n’aie
jamais vu, mais j’apprenais alors cette vérité toute nouvelle : c’est
la bonté de Dieu qui éclaire tout ce qui est bon. Celui qui aime une
femme, c’est la bonté de Dieu qu’il aime en elle. Celui qui donne sa
vie par amour, c’est un culte qu’il rend à la générosité de Dieu. A
partir de ce jour j’ai fait ce vœu devant Dieu : de ne plus aimer
que lui, puisque c’est en lui que demeure tout ce qui est digne
d’être aimé. C’est ainsi que s’est accomplie pour moi cette vision
du prophète Daniel : « Quant à la pierre qui avait frappé la
statue, elle devint un énorme rocher qui remplit toute la terre ».
Toutes ces choses m’ont donc conduit en 2019 à vendre tout ce
que j’avais acquis en trois ans à Madagascar, pour m’offrir au
service de l’Eglise de Jésus.
Je suis né dans une famille catholique de trois
enfants, dont je suis le dernier. J’ai eu la joie de
grandir dans une famille croyante, pratiquante
et de recevoir le témoignage de la foi de mes
grands-parents et de mes parents. Les temps de prière vécus en
famille : ils m’ont permis de découvrir cette présence du Seigneur
au quotidien. « Mon secret est à moi ». Sollicité pour parler de
ma vocation, il me revient ce mot de Sainte Édith Stein à qui
une amie demandait de raconter sa rencontre avec le Christ, qui
aboutit à son baptême et à son entrée au Carmel. « Mon secret
est à moi », et au fond, à Dieu : on peut raconter des faits de
notre histoire, mais comment traduire cet indicible qui nous a
fait passer du Pourquoi moi au Pourquoi pas moi ? Ce mystère
me dépasse. C’est sans doute bien ainsi, car la vocation d’un
prêtre est d’abord « l’affaire de Dieu ». Nulle vocation ne naît
d’elle-même ni ne vit par elle-même. Une vocation émane du
cœur de Dieu et s’épanouit dans le terreau fertile des fidèles,
dans l’expérience de l’amour fraternel. L’histoire de ma
vocation débute quand j’étais très jeune. Déjà à l’âge de 6
ans j’ai senti un appel de l’intérieur à devenir prêtre, très tôt,
j’ai commencé à servir la messe. Et, c’est vraiment un lieu
qui a été porteur pour moi, le service m’a permis d’avoir un
amour incommensurable pour la messe. C’est dans ce climat
que le désir d’être prêtre est né dans mon cœur. L’amitié avec
le Christ est un élément fondamental et reconnaissable de
toute vocation au sacerdoce. Si le prêtre est l’homme de Dieu,
qui appartient à Dieu et qui aide à le connaître et à l’aimer, il ne
peut pas ne pas cultiver une profonde intimité avec Lui, demeurer
dans son amour, en faisant place à l’écoute de sa Parole ». En
interrogeant ma vie, je constate que le Seigneur s’est employé, non
seulement à faire naître ma vocation dès ma petite enfance, mais
encore à la faire minutieusement grandir, déjà au moment où j’étais
encore incapable de la questionner. Par la main des hommes et
comme par enchantement, il m’a conduit et guidé dans un chemin de
vérité où je suis encore heureux de vivre et où je continue à trouver
la joie et la force d’avancer. Quand je repense à tout ce qui s’est
passé dans ma vie et à ce que je vous dévoile dans ces quelques
lignes. Cela peut être source d’angoisse. Le futur, l’inconnu, on ne
maîtrise pas grand-chose, en fait. Seule la confiance en Jésus rend
libre, et c’est exactement ce que je demande au Seigneur pour que
Sa Volonté se fasse en moi.
Je suis Xavier, né il y a 30 ans à Paris de parents Guadeloupéens, Une seconde expérience a été de collaborer avec le groupe des Dames
Témoignage
de Joseph
d’elle-même ni ne vit par elle-même. Une vocation émane du
cœur de Dieu et s’épanouit dans le terreau fertile des fidèles,
dans l’expérience de l’amour fraternel. L’histoire de ma
vocation débute quand j’étais très jeune. Déjà à l’âge de 6
ans j’ai senti un appel de l’intérieur à devenir prêtre, très tôt,
j’ai commencé à servir la messe. Et, c’est vraiment un lieu
qui a été porteur pour moi, le service m’a permis d’avoir un
amour incommensurable pour la messe. C’est dans ce climat
que le désir d’être prêtre est né dans mon cœur. L’amitié avec
le Christ est un élément fondamental et reconnaissable de
toute vocation au sacerdoce. Si le prêtre est l’homme de Dieu,
Témoignage
de Xavier