Page 18
ÉGLISE EN MARTINIQUE du 2 juin 2024 – n° 68318
Le Seigneur nous invite à venir le rencontrer à la messe. Il s’agit d’un moment de communion. Cette
célébration est composée du temps de la parole, de l’homélie, de l’eucharistie, de chants, de prières.
Que venons nous chercher à la messe ? Est-ce un temps pour rendre un culte au Seigneur ? Ou est-ce
un moment de simple satisfaction personnelle ?
C
ertains diront à la fin de la
célébration « la messe était
belle » ou « le prêtre a bien
parlé » ou encore « les chants étaient
beaux ». Mises à part ces informations
qui se rapportent à notre ressenti, qu’en
est-il ? Sommes-nous entrés en relation
avec notre Seigneur ? avons-nous saisi
l’essentiel ? sommes-nous conscients de
la grâce qui nous est donnée ?
La messe est essentielle pour notre
foi. Depuis la Covid, certains restent
à la maison et « suivent » la messe
à la télévision. D’autres déclarent
ne pas avoir le temps. La messe est
l’assemblée chrétienne autour du
Christ, qui offre son corps et son
sang, par sa mort et sa résurrection,
et le don du Saint-Esprit pour le
pardon des péchés. Et cela, pour la
louange et la gloire de Dieu son Père
et le salut du monde. Les fidèles sont
invités à entrer dans cette offrande, en
offrant leur propre vie, et en recevant
la vie du Christ. Il s’agit de l’échange
eucharistique, échange merveilleux. Et
cela se vit lors de la prière eucharistique.
Toutes les parties de la messe tiennent de
cette prière eucharistique, qui est source
et sommet de toute la messe et de toute
la vie chrétienne.
Notre prière est soutenue par l’ensemble
de nos frères. Nous faisons communion.
Ensemble, nous vivons l’eucharistie.
Jésus nous a dit « Si vous ne mangez la
chair du Fils de l’homme et ne buvez son
sang, vous n’aurez pas la vie en vous »
(Jean 6-53).
Différents acteurs (servants d’autel,
ministres extraordinaires de communion,
proclamateurs, chantre, chorale) prennent
part à la célébration de la messe. Cette
implication sous-entend un engagement
dans la mission qui est la leur. Il ne s’agit
pas simplement d’exécuter mais bien
d’être au service de la communauté pour
qu’elle vive la liturgie, le mystère. La
messe n’est pas un théâtre où chacun
doit réaliser une prestation mais créer
ensemble une synergie. Personne n’est
star, tous sont serviteurs.
Il est évident que beaucoup de personnes
attendent l’homélie qui est un temps
fort au cœur de l’eucharistie. L’homélie
est le commentaire des textes du jour.
Il y a peu d’espaces pour évangéliser,
aussi, il s’agit d’un moment privilégié
au service de la rencontre, de l’alliance,
du mystère d’amour entre Dieu et les
hommes. L’homélie est une parole qui
nous ouvre à la relation avec Dieu. Le
prêtre doit tout faire pour ne pas rater
cette occasion qui lui est donnée de
toucher les cœurs, afin que ceux-ci se
tournent vers Dieu et s’ouvrent à lui.
L’homélie, à l’image de la prédication
de l’apôtre Pierre est une exhortation
qui nous ouvre à l’effusion du Saint-
Esprit.
Il s’agit d’un exercice difficile qui
s’apparente à de l’art ; il faut savoir
accrocher, dans la durée, son auditoire.
Le Pape François, dans son
exhortation apostolique « Evangelii
gaudium » recommande beaucoup
la préparation de l’homélie et le soin
de la prédication. Selon lui, l’homélie
est « au cœur de l’eucharistie ».
« Elle n’est donc ni un cours de
Bible, de morale ou de doctrine, ni
une conférence, ni une catéchèse, ni
une méditation, ni un spectacle de
divertissement. Il ne faut pas hésiter
à passer du temps pour la préparer. »
Pourtant, une messe sans homélie
ou sans chorale n’est pas une « sous-
messe ». Le prêtre, lorsqu’il célèbre
seul la messe, ne prononce pas
d’homélie. Il s’agit toujours du même
culte. Il faut donc saisir l’essentiel,
la symbolique : la relation à Dieu
et la grâce qui nous est donnée. Ce
Dieu qui se donne, s’offre pour le
pardon de nos péchés, la guérison
des malades, la purification des
lépreux, la résurrection des morts,
la délivrance de ses enfants. Il faut
porter aux autres la bonne nouvelle
de ce que nous avons célébré : et
que désormais nous vivons : la mort
et la résurrection du Christ pour le
pardon des péchés en pesant toutes
les conséquences de cela. Le pécheur
est pardonné et le péché, la mort, le
diable et ses démons sont condamnés.
Nous en sommes les témoins.
Nicole Chésimar■
?
Question
AN TJÈ
LÉGLIZ-LA
La messe
‘‘
La messe est essentielle pour notre
foi. Depuis la Covid, certains restent
à la maison et « suivent » la messe
à la télévision. D’autres déclarent
ne pas avoir le temps. La messe est
l’assemblée chrétienne autour du
Christ, qui offre son corps et son
sang, par sa mort et sa résurrection,
et le don du Saint-Esprit pour le
pardon des péchés. Et cela, pour la
louange et la gloire de Dieu son Père
et le salut du monde. Les fidèles sont
invités à entrer dans cette offrande, en
offrant leur propre vie, et en recevant
la vie du Christ. Il s’agit de l’échange
eucharistique, échange merveilleux. Et
cela se vit lors de la prière eucharistique.
Toutes les parties de la messe tiennent de
star, tous sont serviteurs.
Il est évident que beaucoup de personnes
la préparation de l’homélie et le soin
de la prédication. Selon lui, l’homélie
est « au cœur de l’eucharistie ».
« Elle n’est donc ni un cours de
Bible, de morale ou de doctrine, ni
une conférence, ni une catéchèse, ni
une méditation, ni un spectacle de
divertissement. Il ne faut pas hésiter
à passer du temps pour la préparer. »
Pourtant, une messe sans homélie
ou sans chorale n’est pas une « sous-
messe ». Le prêtre, lorsqu’il célèbre
seul la messe, ne prononce pas
d’homélie. Il s’agit toujours du même
culte. Il faut donc saisir l’essentiel,
la symbolique : la relation à Dieu
et la grâce qui nous est donnée. Ce
Dieu qui se donne, s’offre pour le
pardon de nos péchés, la guérison