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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 23 juin 2023 – n° 684 55
Dimanche 23 juin 2024
laP Parole DDominicale
12
ème
Dimanche du Temps Ordinaire - Année B
Prière de louange
Loué sois-tu, Dieu notre Père. En ton Fils Jésus,
venu nous chercher jusque dans l’ombre du
péché,
Loué sois-tu, Seigneur Jésus-Christ : par ta mort
et ta résurrection, tu as réécrit notre histoire
Loué sois-tu, Souffle saint, tu nous parles le
langage de l’amour,
Loué sois-tu, Dieu trois fois saint, Père, Fils et
Esprit, unis en un seul amour.
Introduction
L’énigme du mal et de la souffrance
constitue une pierre d’achoppement pour
la conscience humaine et pour la foi. Jésus,
qui a fait l’expérience de l’abandon du Père
pendant la passion, nous révèle que Dieu
est infiniment présent à nous ; il nous fait
grandir dans la foi et nous aide à passer sur
d’autres rives.
Points de réflexion
➊ Loin des sirènes du succès.
Après une intense activité avec succès ayant
attiré des foules, Jésus ne se laisse pas piéger
par les sirènes du succès. Dans son désir
de retrait laminé par la fatigue, Lui le Fils de
l’Homme qui n’a où reposer sa tête, s’endort
dans la barque, fuyant la tempête de désirs
des humains, les disciples et le Maître épuisé,
devront affronter la tempête de la Mer. Affolés
devant les bourrasques qui s’abattent sur leur
bateau à la dérive, les disciples réveillent le
Maître en l’apostrophant. Leurs cris rappellent
la complainte de Job dans la première lecture.
Le monde du mal se réveille.
➋ L’énigme du mal et le silence de Dieu.
Qu’il vienne de l’être humain ou qu’il frappe
aveuglément, le mal est une énigme et un
scandale. Devant la souffrance qui l’accable,
Job gémit, se révolte, se débat et entreprend
un véritable bras de fer avec Dieu et avec ses
amis. Il accuse le Seigneur de son silence.
Son gémissement correspond aux cris des
pauvres qui, dans les psaumes, ne cessent
de clamer leur désarroi devant le silence de
Dieu. Le mal oppresse les humains à travers
les guerres, violences et souffrances. Le
mal se révèle aussi dans les catastrophes
naturelles. Une seule question s’impose :
Comment comprendre son silence quand
nous souffrons ? Autant de questions qui
heurtent la conscience humaine et la foi des
croyants et croyantes. Et Pourtant…
➌ Dieu au cœur de nos tempêtes.
A propos des tempêtes de l’existence humaine,
Jésus n’est pas resté indifférent. Il a combattu
le mal avec détermination et persévérance. Il
a, du reste, apporté une parole d’espérance
et multiplié des gestes de salut pour ceux
et celles qui souffraient. Il s’est fait proche
des hommes et des femmes chez qui le mal
sévissait et semblait toujours avoir l’avantage.
Il a vécu la condition humaine jusqu’au bout.
Pendant sa passion, il a trouvé la force dans
la confiance en son Père, qui n’abandonne
pas celles et ceux qui se tournent vers lui. Sa
vie et sa mort apportent un nouvel éclairage à
l’énigme du mal. Ressuscité, il nous a assurés
qu’il est avec nous « tous les jours jusqu’à la
fin du monde (Matthieu 28, 20). Au cœur de
nos tempêtes, quand il nous arrive de douter
de sa présence, il nous redit sûrement, comme
à ses disciples dans la lecture évangélique :
« Pourquoi êtes-vous si craintifs ? N’avez-vous
pas encore la foi ?
➍ Que signifie avoir la foi ?
Devant le mal sévissant et l’affolement de
l’homme, il est il est reproché à Job et aux
disciples leur manque de foi. Et pourtant, dans
les deux cas, les cris de Job et des disciples,
expression de peur et de manque de confiance,
leur ont valu la réaction salutaire de Dieu.
Donc, le fait d’appeler Dieu au secours, même
maladroitement et sous l’effet de la peur,
peut être source de salut. En réalité, le motif
du reproche que Jésus adresse aux disciples
est ailleurs, et plus grave : Les disciples l’ont
laissé s’endormir en eux. Le sommeil du Christ
peut être lu, symboliquement, comme une foi
engourdie. Lorsqu’il en est ainsi, nous avons
l’impression que Dieu est absent ou qu’il se
tait. En chacun et chacune de nous réside
l’enjeu de la présence vivante du Christ. En
réveillant Jésus, les disciples se trouvent en
fait à rallumer leur propre foi. Le Maître peut
alors agir dans leur vie et faire cesser le chaos.
Conclusion : suivre Jésus
Suivre le Christ n’est pas exempt de difficultés.
En tant que chrétiens et chrétiennes, nous
n’échappons pas au vertige du mal et au
scandale de la souffrance qui pourraient nous
laisser croire que plus rien n’est possible. Le
Christ est pourtant bien présent et agissant
dans notre existence. En cela, il est notre allié
contre le mal. Au cœur de nos tourments, nous
pouvons compter sur sa présence. Certes, son
silence peut nous déconnecter et nous faire
croire qu’il nous a abandonnés ou qu’il est
insensible à notre sort. Pourtant, le silence de
Dieu ne signifie pas son absence. En réalité,
il se tient à la fois du côté des personnes
qui souffrent et du côté de celles qui luttent
contre le mal. Croire en Jésus, c’est naître à
l’espérance et consentir à mourir aux fausses
idées que nous entretenons sur Dieu. Croire
en lui, éviter de le laisser s’endormir en nous
ou le réveiller, c’est consentir à passer avec
lui sur d’autres rives, c’est-à-dire passer de
la peur à la confiance.
Père Francky Vilsaint ■
Job 38,1.8-11 • Psaume 106 (107) • 2 Corinthiens 5,14-17 • Marc 4,35-41
LITURGIE
En Jésus, Dieu se révèle présent et agit en nous