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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 3 novembre 2024 – n° 688 17
sans réconciliation préalable durant leur
séjour terrestre. Jésus seul a payé le Prix
extrême, afin que cette réconciliation,
ce pardon soit possible, après la mort,
qui pour Lui, Jésus, une fois encore,
pour nous chrétiens, n’est pas une
extinction, une destruction, mais plutôt
et surtout, un passage vers le Père. Même
quand nous ployons sous le poids de
nos péchés, Il est toujours, là, à nous
rechercher afin que, nous retournions
à Lui dans la repentance et dans la foi,
et que nous restions toujours rivés sur
Lui, agrippés à Lui. C’est donc en
Jésus, par Jésus, avec Jésus que
le pardon au-delà de la mort
est hyper effectif, hyper-réel,
urgent et vital pour chacun,
chacune, si vraiment, nous
voulons être, et demeurer,
les fils et les filles de
l’Unique Père des cieux
tel que Jésus nous l’a
recommandé dans le
Notre Père : « Pardonne-
nous nos offenses, comme
nous pardonnons aussi à
ceux, à celles qui nous ont
offensés. », vivants ou morts.
Il en résulte, que tous ceux, toutes
celles, que j’ai offensés, blessés,
brisés et même tués socialement,
physiquement, par la calomnie, la
médisance, le mensonge, je puis leur
demander sincèrement pardon en
Jésus Christ et, en Jésus seul, l’Unique
Pardon authentique et éternel, en
Qui nos pardons puisent leur source
vive, leur efficience et sommet. Le
pardon reste l’autre nom de l’amour
authentique, tel que le Christ nous l’a,
exemplairement, enseigné avec le Bon
Larron, il n’est jamais, je dis bien - jamais
trop tard - d’accorder notre pardon,
ou d’en demander à celui que, à celle
que, j’ai offensé, ou qui m’a offensé
et qui ne vit plus, n’ayant pas réussi à
nous réconcilier avant son passage à
Dieu. Même si le défunt ou la défunte
ne peut plus apparemment voir ou
écouter le pardon que je lui offre, il faut
le demander, il faut le lui accorder au
nom de l’Amour, et se vider le cœur, afin
de ne point laisser la rancune tenace,
nous pourrir l’existence, mais surtout,
obéir à la recommandation de notre
Père, de nous pardonner nos offenses
comme nous pardonnons aussi, à
ceux, à celles qui nous ont offensés. Il
importe également de laisser le Christ
Ressuscité nous délivrer de la rage,
ou du poison mortifère et mortel de
l’aigreur ou de l’animosité soutenue
contre le défunt, la défunte, qui peut
être mon mari, mon épouse, un parent,
un ami, un frère ou une sœur, et ce, pour
des questions d’héritage. Il est temps
de se libérer. Pardonner c’est d’abord
se faire du bien en se libérant d’un
évènement malheureux qui continue
de m’enchainer dans le temps.
Et s’il nous est difficile, aujourd'hui, voire
impossible de pardonner le défunt, la
défunte, compte-tenu de l’offense
ou du mal subi, apprenons, alors,
et à chaque instant, à plutôt,
regarder le Crucifié : « Ils, elles,
regarderont vers celui ou celle
qu’ils ont transpercé »
6
. C’est
en Lui, et en Lui seul, que
nous trouverons les forces
requises, les ressources
nécessaires pour accorder
notre pardon à celui, ou celle
qui nous a fait horriblement
mal, et qui ne vit plus. Nous
pouvons rendre possible le
Pardon même après la mort
parce que Dieu nous a fait libres.
Et le pardon libère et l’offensé et
l’offenseur.
Père Albert Ogougbé, Curé de Trinité et Tartane ■
1
Luc 23 ; 34
2
Actes des Apôtres 7, 5-1-6 ; 8, 1a
3
ACf. le discours de Paul, à Athènes devant
les philosophes athéniens, surtout épicuriens
et stoïciens et le Livre des Actes des Apôtres
chapitre 1, est édifiant.
4 Cf. Dictionnaire Larousse
5 Luc 23, 39-43
6 Jean 19, 37