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ÉGLISE EN MARTINIQUE du 27 avril 2025 – n° 70010
Nous sommes
ressuscités par pure
Miséricorde divine
VIE DU DIOCÈSE
Nous venons de célébrer Pâques. Le Christ, notre Seigneur et Dieu, est ressuscité. Et nous
aussi, nous sommes ressuscités avec lui. Durant quarante jours de carême, nous avons été
préparés à notre résurrection en apprenant à mourir à nos défauts, à nos peurs, nos fuites,
nos trahisons, nos diverses addictions, à nos condamnations et jugements de nos frères et
sœurs, à nos hypocrisies, à nos manques d’amour, de fidélité et d’espérance.
T
outes ces morts nous ont préparés
à recevoir à Pâques la vie nouvelle
du Ressuscité que le Père éternel
nous a réservée depuis le commencement
en Jésus. Toutefois, retenons que ce ne
sont pas nos efforts à ces morts qui nous
garantissent la vie du Ressuscité qui nous est
proposée depuis la veillée Pascale, mais c’est
parce que le Christ Jésus est ressuscité que
nous pouvons aussi ressusciter parce que,
par notre baptême, nous sommes plongés
en Jésus. Ainsi, tous nos efforts de mourir
à quelque chose durant le carême sont
plongés dans la mort de Jésus le Vendredi
Saint sur la Croix. Voilà ce qui valide notre
résurrection. Plongés en Jésus, et recevant
de lui la vie nouvelle, nous sommes invités
à célébrer cette vie « non pas avec de vieux
ferments, non pas avec ceux de la perversité
et du vice, mais avec du pain non fermenté,
celui de la droiture et de la vérité », nous a
suggéré Saint Paul dans la deuxième lecture
du dimanche de Pâques.
Si donc je suis ressuscité avec le Christ devant
vivre la vie nouvelle de ressuscité, il devient
logique que, plongé en Jésus par le baptême,
je dois laisser le Christ vivre en moi ou révéler
le Christ présent en moi. Ma vie désormais
doit viser à tout prix les actes, les sentiments,
les gestes, les intentions, les raisons du Christ
Jésus. Or le grand motif qui prévaut à notre
vie nouvelle, c’est l’amour miséricordieux de
Dieu. C’est par pure miséricorde que nous
sommes sauvés par la mort et la Résurrection
du Christ. De fait, si je dois témoigner de
ma vie nouvelle comme le dit Saint Pierre
dans les Actes des Apôtres : « Nous sommes
témoins de tout ce qu’il a fait (les œuvres
de miséricorde, de guérison, des miracles
etc.) (…) Dieu lui a donné de se manifester
(…) à des témoins que Dieu avait choisis
d’avance, à nous qui avons mangé et bu
avec lui après sa résurrection d’entre les
morts. Dieu nous a chargés d’annoncer au
peuple et de témoigner que lui-même l’a
établi Juge des vivants et des morts. » Ainsi,
ayant reçu de Dieu la Vie nouvelle, Vie de
Ressuscité, nous sommes établis témoins
de Jésus. Nous devons faire et vivre comme
lui, le Miséricordieux. Nous comprenons
pourquoi le Pape Jean-Paul II a décidé
de faire du dimanche qui suit celui de la
Résurrection, le dimanche de la Miséricorde.
On ne peut parler de résurrection sans parler
de miséricorde.
En effet, l’objectif premier de l’Incarnation-
Rédemption, c’est de réconcilier l’humanité
au cœur de Dieu. Et le sommet de cette mission
a été accompli sur la Croix. Car, avant d’aller
sur la Croix, Jésus, le Fils bien-aimé en qui le
Père trouve tout son plaisir, disait : « Non pas
ce que je veux mais ce que tu veux. » Or la
volonté du Père est de nous réconcilier entre
nous et avec lui, ainsi de nous sauver par
pure miséricorde. Nous réconcilier signifie
que nous nous sommes coupés et séparés
de lui ; nous réconcilier signifie que nous
avons coupé la corde avec lui et qu’il nous
faut retrouver la corde pour nous rattacher
à lui. Et cette corde qui doit attacher notre
misère, car sans Dieu nous ne sommes rien
que misère, c’est la Miséricorde. Retenons
que le mot miséricorde contient deux termes
que sont « misère » et « corde ». Je pense
que l'on pourrait dire que la miséricorde est
l’ensemble « des cordes qui sont lancées
à la misère ». Nous comprenons ici que la
misère est plus forte et plus englobante que
le péché. La miséricorde, avant d'être un acte,
est un état. Le miséricordieux est celui qui «
sait voir » : « J'ai vu la misère de mon peuple
et je suis descendu pour le délivrer » (cf. Ex 3).
Ainsi, dans la miséricorde, il y a fidélité, pitié,
compassion, amour. En bref, la misère fait
fractionner le cœur, et ce processus appelé
« miséricorde » reconstruit le cœur. Oui, dans
le mot miséricorde, il y a bien « un lien », un
« attachement », la fameuse corde jetée vers
la misère. Il y a l’idée de cœurs liés. Et dans le
sermon sur la Montagne, à travers la charte
de la vie chrétienne, nous entendons Jésus
nous dire : Heureux les artisans de paix, ils
seront appelés enfants de Dieu. Heureux
les miséricordieux car ils obtiendront
miséricorde. Nous ne pouvons donc mener la
vie chrétienne, vie de ressuscité, en oubliant
les béatitudes. C’est le désir profond de
chaque être humain d’être heureux. La vie
nouvelle que Dieu nous a garantie la nuit de
Pâques est une vie de bienheureux.
Et pour mieux comprendre ce chemin
des bienheureux, il nous faut chercher à
comprendre ce qu’est la Miséricorde. La
miséricorde, c'est la vertu qui nous pousse à
pardonner là où nous aurions le droit de sévir
et de punir. La miséricorde, c'est un mélange
de pitié, d'amour, de grâce, de compassion
et de pardon. La miséricorde, c’est la corde
qu’on lance pour attraper la misère qui détruit
et pour nouer les cœurs et ceci dans un élan