Confessions


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mardi 1 avril 2025
Diocèse de Martinique

Quand un pénitent vient voir un confesseur, plusieurs questions le taraudent. En cette période où les confessions de Carême sont de rigueur, le père Pierre Henderson va nous éclairer sur ce sacrement redouté mais libérateur.

On le connaît sous plusieurs noms : sacrement du pardon, de la réconciliation, de pénitence ou encore la confession. Son but est de nous réconcilier avec Dieu, avec les autres et avec nous-mêmes. Cette démarche passe par le pardon, que nous sommes appelés à recevoir et à offrir. Le pardon est un acte d'amour puissant qui rapproche les croyants de Dieu et leur apporte la paix intérieure.

Est-ce que j'aime ?

Tout se résume finalement à cette question : est-ce que j'aime ? Est-ce que j'aime Dieu ? Est-ce que je m'aime moi-même ? Est-ce que j'aime mon prochain ? Mais aimer ne signifie pas seulement ressentir une émotion agréable envers quelqu'un. Aimer, c'est avant tout vouloir son bien et s'efforcer de contribuer à son bonheur par des gestes concrets. Il n'est pas toujours facile de vouloir le bien des autres par notre seule volonté. Mais dans la confession, Dieu nous donne son pardon, nous rappelant combien Il nous aime et nous fortifie pour mieux aimer à notre tour.

Dans le sacrement du pardon, nous rencontrons Jésus-Christ. Après sa résurrection, il a insufflé l'Esprit Saint aux Apôtres – les premiers prêtres – et leur a confié le pouvoir de pardonner les péchés en son nom (Jn 20,23). Le Coeur du Christ brûle d'amour pour nous. Son plus grand désir est que nous fassions l'expérience de sa profonde miséricorde en accueillant son pardon à travers la confession. Ce sacrement nous offre la consolation du pardon reçu du Seigneur et renforce notre relation avec le Christ et son Église.

➊ Comment surmonter la honte d’avoir péché ? Comment partager ses péchés à un prêtre ? 

  • D’abord il faut se rendre à l’évidence que nous sommes tous pécheurs y compris le prêtre. La confession est avant tout, confession de l’Amour de Dieu qui ne juge pas mais qui revivifie. Souvenonsnous de l’évangile de la femme adultère (Jn.8,1-11).
  • Ensuite, ontologiquement par sa consécration et spirituellement et pastoralement par sa mission, le prêtre montre le visage de Jésus qui compatit et qui relève. Il est un allié. Et il garde le secret de nos péchés. C’est une règle inviolable. Le prêtre qui l’enfreint encourt la sanction la plus grave en Droit Canonique ; il s’agit de la suspension immédiate du prêtre dite excommunication latæ sententiæ (littéralement = la sentence étant déjà prononcée), prévue par le Droit canonique (canons 983 §1 ; 1388 §1).
  • Enfin, c’est bon signe d’avoir honte de notre péché. Car cela devrait produire la contrition parfaite qui pousse à se jeter aux pieds de Jésus dans le Sacrement de la Réconciliation dont le ministre est le prêtre.

Pourquoi Dieu doit-il passer par un prêtre ? Ce serait quand même plus facile de confesser ses péchés en priant et en demandant pardon à Dieu directement ?

  • Le Seigneur a toujours suscité pour son peuple, des prêtres, des prophètes et des rois pour sanctifier, former et gouverner son peuple selon sa volonté d’Amour.
  • Le prêtre consacré ne s’appartient plus. Il devient canal de la grâce de Dieu. Et quand il fait ce que Dieu dit, alors son acte est divin. (Comme dans les sacrements notamment).
  • Nous savons qu’un sacrement se reçoit. Même si notre foi est plus grande qu’une montagne, nous ne pouvons, nous administrer un sacrement, on le reçoit d’un autre : comme le baptême, l’ordre, le mariage, la confirmation, l’eucharistie, le sacrement des malades, et bien sûr la confession.
  • La présence du confesseur a aussi une dimension psychologique par rapport à l’accompagnement spirituel. Cette présence permet également d’avoir de la compassion et des conseils inspirés et avisés.
  • Enfin la présence du prêtre est essentielle pour valider notre réconciliation avec l’église que nous avons également salie par notre péché.

 ➌ Mais comment est né ce sacrement, Jésus en parle-t-il dans la Bible ?

  • Oui dans la prière enseignée par Jésus Lui-même à la demande de ses disciples : le Notre Père en Lc.11,4, nous voyons que le pardon et la réconciliation sont plus que nécessaires pour la vie en Dieu : « Pardonne-nous nos péchés, car nous-mêmes, nous pardonnons aussi à tous ceux qui ont des torts envers nous. Et ne nous laisse pas entrer en tentation. »
  • Aussi la deuxième lettre aux Corinthiens dit-elle que Dieu nous a réconciliés avec Lui par le Christ et il nous a donné le ministère de la réconciliation. Et l’apôtre Paul ajoute : nous sommes les ambassadeurs du Christ et par nous, Dieu lance l’appel : « laissez-vous réconcilier avec Dieu (2Co.5,18-20)
  • Dans l’évangile de Matthieu Jésus donne aux Apôtres le pouvoir des clés : « Je te donnerai les clés du royaume des Cieux : tout ce que tu auras lié sur la terre sera lié dans les cieux, et tout ce que tu auras délié sur la terre sera délié dans les cieux. » (Mt.16,19). Et plus loin il dit : « Amen, je vous le dis : tout ce que vous aurez lié sur la terre sera lié dans le ciel, et tout ce que vous aurez délié sur la terre sera délié dans le ciel.» De même dans l’Évangile de Jean, après avoir soufflé sur eux, Jésus leur dit : « Recevez l’Esprit Saint. À qui vous remettrez ses péchés, ils seront remis ; à qui vous maintiendrez ses péchés, ils seront maintenus. » (Jn.20,22b-23)
  • Ce ministère de la réconciliation est un signe du salut, un sacrement que Jésus a institué pour notre rédemption. Et cela constitue un mystère et une richesse que l’Eglise entretient précieusement avec humilité et reconnaissance. Tous et toutes sont invités à venir y gouter régulièrement.

A quelle fréquence faut-il se confesser ?

  • Les commandements de l’Église demandent de faire sa confession (pascale) annuelle.
  • Toutefois il est vivement recommandé de se confesser régulièrement, en moyenne une fois par mois, pour ne pas laisser des habitudes de péchés s’installer dans notre vie. Rester dans le péché consiste à ouvrir grandement la porte de notre vie au diable.
  • Alors se confesser dès que nous avons péché. Le plus tôt possible. Car nul ne sait ni le jour, ni l’heure (Mt.24,36-44)

➎ Comment faut-il se confesser ? Faut-il donner des détails ?

  • Il faut les 4C : Complet, Clair, Concret et Concis. 
  • Prendre le courage de dénoncer le mal et le péché pour s’en séparer. Il ne faut pas cacher des choses.
  • Être suffisamment explicite pour que le confesseur puisse aider à dessoucher le mal. Pour le faire, il pourra poser des questions s’il le faut pour nous y aider.

Il y a certains péchés qui sont récurrents et malgré la bonne volonté on rechute de la même manière. A quoi bon aller se confesser alors ? 

  • C’est la question du combat spirituel
  • La lettre aux hébreux demande de résister au péché jusqu’au sang (He.12,4)
  • La confession récurrente permet d’avoir la grâce ad hoc pour vaincre ce péché

➐ Une des choses difficiles à faire, c’est l’examen de conscience avant d’aller se confesser, voir en quoi on a pu manquer d’amour. Au vu des blessures que les Martiniquais portent en eux depuis quatre siècles, pouvez-vous nous conseiller une méthode pour passer au peigne fin toute notre vie afin de faire une bonne confession capable de nous réconcilier avec nous-mêmes.

  • A la lumière de l’Amour, oui.
  • Et concrètement à la lumière des commandements de Dieu et de l’Église. Il est aussi conseillé de lire les chapitres 5, 6 et 7 de l’évangile de Matthieu. Et bien d’autres exercices spirituels qui nous permettent de scruter notre coeur pour le laisser purifier et restaurer par la Miséricorde Divine.
  • Notre peuple blessé est debout et restera debout grâce au vrai pardon qui vient de Dieu et qui coupe tout lien avec le Mal.

➑ En quoi consiste la contrition parfaite et imparfaite ?

  • Contrition parfaite : regret du péché qui a offensé Dieu et gâché l’amitié avec Lui.
  • Contrition imparfaite : regret de son image de pécheur et des empêchements dûs à la situation de pécheur.

➒ A quoi sert la pénitence que le prêtre donne au pécheur ?

  • Une sanction réparatrice est un acte d’amour envers le repenti et du repenti envers Dieu, son prochain et lui-même.
  • Permet de réparer mystiquement l’offense faite à Dieu.
  • Permet aussi de développer des armes contre les péchés.
  • L’accomplissement de la pénitence est indispensable pour la validation de la confession. Les deux autres conditions indispensables sont : le regret du péché qui conduit à son aveu, et la Parole d’absolution du prêtre

➓ Dans la Bible Jésus dit qu’il y a un péché qui ne peut-être pardonné ni dans ce monde, ni dans l’autre, c’est celui contre le Saint-Esprit.

Qu’est-ce que ce péché contre le Saint-Esprit ?

  • C’est perdre le discernement et appeler le bien, mal et le mal, bien.
  • C’est refuser que Jésus soit le Fils de Dieu et le traiter d’Être possédé par Belzébul (Mt.12,16, Lc.11,15).
  • C’est adopter une condition de mensonge par jalousie.
  • Alors ce péché est comme un choix libre de l’enfer.
  • Toutefois, la Miséricorde de Dieu n’a pas de limite pour ceux et celles qui (re) viennent à Lui.

 Père Pierre Henderson, curé du Vauclin■

Extrait du N° 698 d'Eglise en Martinique

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