Eglise catholique de Martinique
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A la génération actuelle…

Episode Pilote : Et si tout n’était pas perdu ?


- Vous n’avez pas l’air en forme !

- Qui ? moi !?

- Oui. Vous !

- Pourquoi dites-vous cela !?

- Oh ! vous savez, il suffit de vous observer. Comme toute votre génération, même sans vous voir, on peut deviner et votre isolement, et votre angoisse.

- Ça m’étonnerait ! C’est vrai que la vie ne semble pas facile, mais le monde entier est concerné par la mauvaise ambiance. Quant à moi, je suis un sacré fêtard entouré de toute une bande de copains. Je mange, je bois, je prends du bon temps. Tous mes rêves ne sont pas réalisés, mais j’ai de belles perspectives… Et puis, il n’y a qu’à regarder sur les réseaux, mes « amis », mes followers se comptent par dizaines et mes derniers posts ont été likés sur toute la planète.

- Oui mais la fête et ces amis-là ne sont que des « trompes-le-cœur ». Vos addictions, votre mode de vie « liquide », vos amusements comme vos amours sans fin et sans lendemain, votre dépendance au portable, votre fuite du silence… tout cela parle pour vous. C’est trop évident ! Une fête qui ne célèbre pas un événement, un plaisir qui ne se justifie que par lui-même, ne sont que d’illusoires médicaments… N’est-ce pas ce que chantaient nos grands-pères des années 80 : « zouk-la sé sel médikaman nou-ni ». Et le chanteur continuait à juste titre « man malad’ man malad’ man malad’ ! Ce à quoi la foule antillaise, dans son humour au second degré et son gros bon sens, rajoutait avec acuité « Ay lopital ! » … Tout était vrai dans ce petit dialogue. La maladie, son interminable convalescence, sa fuite dans la sensualité… Quant au reste, au fond de votre cœur, vous savez que c’est faux. « Vanité des vanités, disait l’Ecclésiaste, tout est vanité » (Si 1,2) ...

- Ah ! Je sens que vous allez encore me parler de Jésus, de prier et d’aller à la messe. Je vous rassure, ma mère me l’a déjà dit et pas qu’une seule fois… Sincèrement, j’ai déjà essayé, à plusieurs reprises, et je ne vois pas ce que ça m’apporterait : me lever bien tôt un gros dimanche… (déjà, il faudrait laisser tomber mes soirées du samedi, le seul « ti-moment » sans stress de ma semaine), ensuite m’habiller, (ça veut dire préparer des habits propres !), prendre la voiture, trouver une place de parking, s’asseoir sur un banc bien dur dans une église étouffante, avec des gens qui vous regardent, ensuite supporter une fois sur deux des chants que vous ne connaissez pas, diffusés avec une vieille sono, sans parler du prêtre qui raconte tout le temps, et longtemps, des considérations théologiques et des babillages avec des « il faut… » et des « vous devez… » que vous avez déjà entendus 1000 fois depuis le catéchisme… C’est mission impossible. Quant à la communion… Si vous allez prendre l’hostie vous avez toujours l’impression que quelqu’un vous a vu (ou qu’on lui a dit…) ou vous soupçonne de faire des bêtises avec votre corps ; si vous n’allez pas communier, c’est encore pire… tout le monde sait vos affaires ! ça ne donne pas envie !… J’ajoute que j’ai des amis cathos qui ont tous de quoi vivre et faire la fête, qui prient et témoignent parfois, mais qui ne sont pas plus heureux que moi ! Beaucoup n’ont personne dans leur vie, sont tristes, se posent des questions comme tous les autres… à chaque fois qu’ils font une « tite-bêtise », ils ont des scrupules à n’en plus finir… On n’a pas forcément l’impression qu’ils ont trouvé un bonheur durable et profond !

- OK ! vous avez quasiment fait le tour de la question. Et vous avez vu les impasses. Tout cela aussi c’est vanité. Mais ça ne résout pas votre déficit de bonheur ! C’est pourquoi je dois vous poser la question.

- Laquelle ?

- La seule qui, pour tout être humain, mérite une réponse. Elle s’adresse à vous, à vos amis, vos followers, votre mère, les pratiquants, le prêtre de votre paroisse, et à moi aussi : Est-ce qu’on vous a vraiment montré Jésus !?

- Franchement !?… Je n’en suis pas sûr ! Mais où est-il ?

- Venez et voyez…

(à suivre…)

+ Fr David Macaire, Archevêque
de Saint-Pierre et Fort-de-France ■



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