Eglise catholique de Martinique
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L’heure des grands adorateurs…

Et maintenant qu’allons-nous faire ? Il semble en cette rentrée qu’il y a tellement de blessures à guérir, tant de problèmes à solutionner, de si nombreuses menaces à parer ! Le temps et l’époque se densifient. L’histoire semble s’accélérer, comme à l’approche de grands bouleversements. Trop de révolutions technologiques, trop de changements politiques, trop de bouleversements sociologiques, trop de bavardages médiatiques, de paroles, d’avis, de crises… Bref, le monde bouge. La Martinique est ébranlée par de petits séismes de toutes sortes. Les chrétiens ne peuvent pas ne pas s’interroger sur l’appel de Dieu et le type de missions qui leur incombe.


Donc que faut-il faire ? Faire comme si de rien était ? Se croiser les bras ? Combattre sur le terrain politique ? Se jeter dans la bataille médiatique ? Agir. Oui agir ! Mais pour quoi agir ? Car « agir » est une option existentielle particulière : On peut agir pour changer les choses (noble désir, mais il faut avoir les compétences et les ressources). On peut agir pour se changer soi-même (mais c’est un peu narcissique). On peut agir pour se rassurer ou pour combler un vide (mais c’est très égoïste). On peut agir pour faire plaisir ou se faire voir (ce qui est très orgueilleux). On peut agir pour hurler avec les loups (mais ce n’est que lâcheté). On peut même, selon saint Paul, être « affairés sans rien faire » (2 Th 3,11) (quelle hypocrisie ! )...

Et pourtant, le même apôtre nous dit « vous, frères, ne vous lassez pas de faire le bien » (2 Th 3,13). Il faut donc agir, mais agir en vue de « faire le bien », c’est-à- dire, agir avant tout pour « faire signe », pour être prophète. Il ne s’agit pas non plus de s’ériger en modèle et de donner des leçons. L’action chrétienne vise la fécondité plus que l’efficacité. Elle n’est jamais superficielle, elle est profonde, parfois secrète, souvent discrète. Elle est, selon la tradition de l’Action Catholique (« voir, juger, agir »), issue d’une observation, d’une d’une observation, d’une analyse analyse et d’un jugement.

Le fruit d’un discernement, c’est-à-dire de beaucoup de patience et d’amour. Les apôtres, face à leurs adversaires, disaient : « Nous ne pouvons pas ne pas parler » (Ac 4,20). Il y a donc des circonstances, quand on est écouté, ne serait-ce qu’un peu, où il faut parler et agir, même au péril de sa vie. Mais il y a aussi des moments où il faut se taire et ne rien faire, comme Jésus lors de sa Passion… une passion volontaire. Il est resté muet. Face à certains brouhahas et à l’agitation du monde, l’urgence est peut- être de se taire. Non pas par passivité ou par lâcheté, encore moins par mépris, mais par amour, comme un acte (oui un acte !) prophétique. Autrement dit, nous pouvons choisir de ne rien faire et de ne pas agir, mais de contempler ! et ce n’est pas toujours la moindre des actions.

La contemplation est le sommet de l’action invisible. Elle est une plongée volontaire active dans le tourbillon éternel de l’Amour trinitaire. Elle est silence dans le vacarme. Elle est paix dans l’affrontement. Elle est sûreté dans la peur. Elle est joie dans les turpitudes. Elle recueillement dans l’éclatement. Elle est guérison dans l’épidémie. Elle est lumière dans la grisaille. Elle est vie dans la mort.

L’heure est venue, chrétiens ! L’heure des grands adorateurs.

+ Fr David Macaire, Archevêque de Saint-Pierre et Fort-de-France



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