Eglise catholique de Martinique
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Le moment du grand deuil

Ces dernières semaines ont vu le deuil frapper notre île. Nos amis, nos familles ont été marqués. Des âmes sont blessées à vie. Nos relations et notre foi seront affectées, longtemps…
Il est trop tôt pour faire un quelconque bilan, ou même tirer un enseignement prophétique. Cette crise qui n’est pas que « sanitaire » n’est pas finie. Les distanciations qu’elle impose sont plus profondes et durables qu’on ne le pense. L’enjeu dépasse notre santé. Il concerne notre salut. Il est spirituel.


Avant tout, gardons-nous de l’esprit de ce monde désespéré et impie. Il ne compte que sur sa raison humaine pour répondre à ses « pourquoi » et calmer ses angoisses. Frénétiques et affolés devant le mal, les hommes n’ont d’autre remède, en dehors de la fuite des amusements, que de regarder le passé à la recherche de quelque coupable. Ils veulent combler leur vide spirituel en déchaînant la violence sur des victimes expiatoires. Une seule question : « à qui la faute !? », « qui sont les méchants ? » ou encore « qui faut-il condamner », « qui mettre en accusation ? » … idiotie païenne ! question diabolique !... Cela ne peut engendrer qu’accusations, inconduites, haines, rivalités, jalousies, emportements, intrigues, divisions, sectarisme… Et, en même temps, on laisse, en prime, aux petits malins de ce monde tout le loisir de faire passer des lois contre la vie au parlement, presque ni vu ni connu… pendant que les disciples de la vérité se focalisent sur des miroirs aux alouettes.

Pour les croyants, et les hommes de bonne volonté, il est une autre question, ou plutôt une autre réponse à la question : « pourquoi » ? En fait, la question s’écrit : « Pour… quoi ? », en deux mots. Il est trop tôt pour y répondre. Certains ont été engloutis dans la mort. D’autres luttent encore contre elle. Presque tous sont attristés, inquiets. Il y a des colères. Beaucoup, sidérés, se demandent encore ce qui s’est passé. Mais au moment d’un si grand deuil, voilà une lueur nouvelle, en tout cas, différente, sur ces événements terribles et anxiogènes. Le « pour… quoi » trouvera une réponse, un vrai sens porteur de paix dans l’a-venir. La lumière est au futur. Au présent, nous sommes encore dans la pénombre. Se tourner vers le passé, n’est qu’absurdité et vindicte.
Depuis la résurrection de Jésus-Christ, les chrétiens affrontent la même nuit que les autres hommes, mais tournés vers l’Orient. Ils sont les disciples du Levant et non les nostalgiques du Couchant. Ils traversent la tempête les mains tendues vers Jésus. Ils bravent l’obscurité, illuminés par l’Evangile.

Je ne sais pas quelles seront les leçons historiques des événements actuels, je crois même que nul aujourd’hui ne le sait et que, religieuse ou non, toute interprétation prétendument prophétique et définitive n’est qu’usurpation, folie et charlatanisme. Par contre, je sais, de façon certaine, que c’est en vivant de manière radicale la Charité de l’Evangile : en ne jugeant pas, en ne condamnant pas, en pardonnant, en posant des actes d’Amour, en offrant sa vie pour les autres, en étant pauvre, pur et miséricordieux, en faisant barrage aux mensonges, en tenant sa langue et ses nerfs, en respectant la vie et la nature, en fuyant la facilité et la violence, en respectant l’homme et la femme, en adorant et en honorant Dieu… que nous retrouverons le chemin de la paix et bâtirons une nouvelle cité et des communautés renouvelées dans l’Esprit-Saint.

Ce moment du grand deuil est peut-être celui du grand réveil… pour tous.

+ Fr David Macaire, Archevêque de Saint-Pierre et Fort-de-France■



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