Eglise catholique de Martinique
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        Le Pape François sera content !

Le Pape François sera content !

Les évêques de la Conférence épiscopale de la Caraïbe viennent de passer trois jours de session dans la petite île d’Antigua de15 au 17 Juin pour travailler sur les synthèses des diocèses à propos du fameux « synode sur la synodalité »
Nous vous proposons de découvrir le témoignage de Mgr David Macaire op, archevêque de Fort-de-France (Martinique) et administrateur apostolique du diocèse de Basse-Terre (Guadeloupe).


« Le Pape François sera content ! Les fidèles et le clergé des 20 diocèses de la Conférence des Antilles, se sont beaucoup investis dans la démarche synodale qu’il a voulue. Les antillais ont fait ressortir des lignes fortes de leur expérience d’Église en Caraïbe.

« Nous catholiques de la Caraïbe, commence, par exemple, le texte sur les points de consensus, exprimons l’inquiétude qu’on considère uniquement l’Église comme une institution purement humaine. Nous ne souhaitons pas que les autorités utilisent un jargon profane pour parler de la vie de l’Église, en écartant les fondements spirituels et la tradition théologique ».

Ces îles nombreuses et isolées ont réaffirmé systématiquement la « centralité de la messe » dans la vie de l’Église. Toutes les contributions, notamment en Martinique et en Guadeloupe, rappellent que l’eucharistie est le « cœur de la communion de notre communauté ». Sans ignorer ceux qui s’en sentent exclus ou ceux qui ne communient pas, l’affirmation que « la messe est le lieu où la communauté chemine comme une seule entité et où toute l’activité de l’Église trouve unité et identité » a été reprise sous différents modes, non comme théorie, mais comme vécu. Il faut dire que, chez nous, la messe reste une dévotion populaire de masse. C’est donc le vrai peuple qui s’est exprimé et non pas quelques idéologues déconnectés. Citons ce cri un peu inquiet, mais significatif : « changez tout le reste, mais ne touchez pas à la messe ! ».

On retrouve, non sans spontanéité, des éléments enracinés dans les plus anciennes traditions. Exemple : « la prière et le culte sont l’expression la plus pure de notre foi », (cf. « lex orandi lex credendi » datant de saint Léon-le-Grand en 435).

D’autres vérités d’une grande maturité sont ressorties de la consultation : « chaque baptisé a une mission et doit jouer un rôle dans l’Église ». D’où l’exigence de « reconnaître la responsabilité de chaque fidèle », d’être ambitieux sur la formation (d’abord biblique, catéchétique et spirituelle mais aussi technique), de progresser dans « la collaboration et la coresponsabilité avec les clercs, les religieux, mais aussi entre fidèles ». Le cléricalisme, a-t-on rappelé, n’est pas toujours le fait des prêtres. D’une part, ces laïcs qui se déresponsabilisent et consomment, mais aussi ceux qui se croient de « petits-prêtres », s’agrippent à leur fonction sans partage et transforment leurs frères et sœurs en spectateurs infantilisés de leur pouvoir et de leurs idées. On a noté que l’isolement des pasteurs entraîne des dérives aussi bien du côté des prêtres que des communautés et que seule des fraternités de disciples missionnaires en sont le rempart. Les fidèles consultés ont rappelé que « le respect de l’autorité ecclésiale et l’obéissance aux enseignements de l’Église et du clergé leurs semblait incontournable ».

En écho avec la pensée papale, il a été souligné la nécessité de « sortir évangéliser » et de se tourner vers (dans l’ordre de priorité) les jeunes, les jeunes adultes, les non pratiquants et d’autres catégories qui se sentent exclus comme les personnes homosexuelles ou les divorcés-remariés. Les fidèles ont rappelé des éléments majeurs de la mission synodale de l’Église : la promotion non-négociable de la « culture pro-live et la défense de la vie de la conception à la fin naturelle », « les écoles catholiques comme lieu de mission », « l’inventivité dans l’appel des vocations presbytérales » ; la « promotion de la mission des hommes laïcs traités parfois chez nous comme des fidèles de seconde zone », la « valorisation du rôle pourtant prépondérant des femmes » ou la nécessité des « prières populaires et de l’expérience charismatique »…

Une expression résume peut-être l’ambiance synodale caraïbéenne : « notre mission commune est fondamentalement une mission d’amour qui apporte l’unité en Jésus au monde et appelle l’engagement de tous »… En effet, le Pape François sera content.

En travaillant sur ces textes, on appréhende mieux la méthode. Ces consultations ne sont ni des sondages « pro » avec des chiffres scientifiques, ni des référendums qui s’imposeraient aux évêques et encore moins au pape ! Ces textes sont des nébuleuses où tout (et le contraire de tout) est compilé. Normal ! Ça fait partie de la méthode, celle de l’Église, celle de l’Esprit-Saint ! Les conférences épiscopales ne sont donc pas de simples « caisses d’enregistrement » de doléances plus ou moins matures. Dans un synode, il y a ceux qui parlent (parfois sans savoir), mais aussi ceux qui ne parlent pas, il y a la sagesse du Magistère, de la Révélation et de la Tradition (les générations qui nous précèdent font aussi partie de la marche ensemble !). In fine, l’autorité, qu’on le veuille ou non, revient aux successeurs des apôtres par la volonté de Jésus. Ils « marchent avec les autres » et écoutent tous les avis mais, n’en déplaise à certains, le discernement leur revient. La communauté ecclésiale ne peut que se purifier. C’est ce que le Pape et nous tous, voulons.

On doit donc s’étonner des attitudes opposées (mais dans le même genre), de deux types de catholiques.

D’abord, ceux qui prennent le synode pour un parlement et l’Église pour une démocratie libérale… à la remorque de l’idéologie post-moderne occidentale, ils réclament toutes sortes d’innovations inconsistantes... Ils risquent d’être déçus. Changeons d’abord nos cœurs et arrêtons d’épouser l’esprit du temps !

Inversement, il y a toujours quelques cathos de service qui, prenant les affirmations des médias au premier degré, foncent « bille-en-tête » et s’en saisissent pour soupçonner les autorités de l’Église de ne pas être assez catholiques. A chaque évènement de ce genre, c’est la même chose : la presse fait des gros titres politiques et certains, sans aucun recul, fustigent faisant précisément le jeu de la division. Toutes ces tempêtes de bénitiers font bien rire nos ennemis. Pas le Bon Dieu, ni le pape...

L’Église a 2000 ans et n’appartient pas qu’à notre génération. Elle ne change pas selon les idées du monde et l’esprit du temps. Laissons l’Esprit-Saint la conduire. »

+ Fr David Macaire op, archevêque de Fort-de-France (Martinique) et administrateur apostolique du diocèse de Basse-Terre (Guadeloupe)



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