Eglise catholique de Martinique
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        Mai - Juin 2020 : « Un rendez-vous avec notre histoire »

Mai - Juin 2020 : « Un rendez-vous avec notre histoire »

COMMUNIQUE DU DIOCESE DE MARTINIQUE

Les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des hommes de ce temps, des pauvres surtout et de tous ceux qui souffrent, sont aussi les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des disciples du Christ, et il n’est rien de vraiment humain qui ne trouve écho dans leur cœur. La communauté des chrétiens se reconnaît donc réellement et intimement solidaire du genre humain et de son histoire.


Il est indéniable que beaucoup de martiniquais de tous bords réclament aujourd’hui une nouvelle lecture de notre propre histoire. Déjà des groupes de toutes tendances y travaillent à leur manière. Les actes de dégradation et de violence de ces derniers jours sont troublants ; mais s’ils sont un cri d’appel au dialogue, ils méritent qu’on s’y arrête... Cela bouscule tous les martiniquais. Le diocèse de Martinique entend ce cri et veut s’engager de son mieux dans un processus de dialogue.

Aujourd’hui, nous devons relire notre histoire ! Le Peuple de Martinique a un rendez-vous avec elle ! C’est pourquoi le diocèse de Martinique appelle à un dialogue dans la vérité de toutes les composantes de notre peuple, sans exclusion. Pour que la nouvelle lecture de notre histoire qui est en route avec différents acteurs depuis plusieurs années naisse dans un consensus de tous... et fonde enfin un avenir ou les chaînes ne seront que celles du passé.

Cette relecture ne peut-être le fait de certains groupes, ni se baser sur une pensée unique, encore moins sur des imprécisions, du révisionnisme, voire des dénis si nous ne voulons pas voir rejaillir des violences à chaque génération : seule la VÉRITÉ rend LIBRE, vraiment libre !

Nous ne savons pas ce qui a poussé nos anciens à se montrer fiers de personnages historiques qui pourtant n’ont pas, à leur époque, été de glorieux pourfendeurs de ce que notre génération a clairement identifié comme un crime contre l’humanité. Inversement, pourquoi des esclavagisés héros de la liberté ou des personnes comme de Ségur, Montesinos ou Javouhey ont-ils été ignorés par l’histoire officielle alors qu’ils avaient lutté à leur risques et périls contre l’esclavage ? Nous ne pouvons juger des périodes précédentes qui ont valorisé une partie de notre mémoire plutôt qu’une autre, mais il est légitime aujourd’hui de travailler ensemble à la lecture de notre histoire dans la vérité et la justice.

Outre le fait que les bâtiments religieux historiques appartiennent aux municipalités et que la communauté catholique qui n’en est qu’affectataire ne décide pas des éléments extérieurs d’architecture, surtout quand ils rappellent des événements historiques, le diocèse souligne qu’un travail de purification de la mémoire a déjà été entrepris notamment avec la municipalité des Trois Îlets : en 2018 à deux pas de l’église, la rue Jules Ferry (homme d’Etat qui prônait la supériorité de la race blanche sur la race noire) a été renommée. Le conseil municipal, avec le concours d’historiens réputés, lui a donné le patronage d’ Épiphane de Moirans ( moine franciscain qui, à la suite d’autres religieux abolitionnistes, fut le premier au 17e siècle à réclamer explicitement une réparation pour les esclaves contre le crime de la traite et de l’esclavage).

La communauté catholique qui travaille déjà à des projets concrets, soutiendra toute initiative de dialogue pour la réparation et la liberté en Martinique.

+ Fr David Macaire, op
Archevêque de Martinique



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