Eglise catholique de Martinique
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        Audience Générale du Mercredi à Rome

Audience Générale du Mercredi à Rome

Mercredi 5 Août, pour la reprise des audiences générales après la pause du mois de juillet, toujours depuis la bibliothèque du Palais apostolique, le Pape François a lancé c un cycle sur les conséquences de la pandémie de coronavirus et la façon dont les chrétiens doivent réagir.


En partant de l’extrait de l’Évangile de Marc sur la guérison du paralytique, la Pape François a expliqué que la guérison que Jésus apporte ne vise pas seulement à guérir un mal physique, mais la personne tout entière.

« La pandémie continue à provoquer des blessures profondes, en dévoilant nos vulnérabilités », a évoqué les dégâts provoqués directement et indirectement par la pandémie dans de nombreux pays du monde, notamment pour les plus pauvres.

Dans ce contexte difficile, « nous devons garder notre regard solidement fixé sur Jésus et avec cette foi embrasser l’espérance du Royaume de Dieu que Jésus lui-même nous apporte ». Son « Royaume de justice et de paix » se manifeste aux personnes « à travers des œuvres de charité, qui à leur tour accroissent l’espérance et renforcent la foi », a expliqué le Pape en s’appuyant sur saint Paul. « Dans la tradition chrétienne, foi, espérance et charité sont bien davantage que des sentiments ou des attitudes. Ce sont des vertus qui nous sont communiquées par la grâce de l’Esprit Saint : des dons qui nous guérissent et qui nous rendent guérisseurs, des dons qui nous ouvrent à des horizons nouveaux, même quand nous naviguons dans les eaux difficiles de notre temps ».

C’est donc avec un esprit créatif et renouvelé que « nous serons en mesure de transformer les racines de nos maladies physiques, spirituelles et sociales. Nous pourrons guérir en profondeur les structures injustes et les pratiques destructrices qui nous séparent les uns des autres, menaçant la famille humaine et notre planète », a expliqué le Pape.

« Le ministère de Jésus offre de nombreux exemples de guérison, a rappelé le Pape. Quand il guérit ceux qui sont atteints par la fièvre, par la lèpre, par la paralysie ; quand il redonne la vue, la parole ou l’ouïe, en réalité il ne guérit pas seulement un mal physique, mais la personne tout entière. De cette manière, il la ramène également à la communauté, il la libère de son isolement. »

Le récit de la guérison du paralytique rejoint cette dynamique de guérison, avec la complicité des quatre hommes qui apportent leur ami paralytique auprès de Jésus. « L’action de Jésus est une réponse directe à la foi de ces personnes, à l’espérance qu’elles reposent en Lui, à l’amour qu’elles démontrent avoir les unes pour les autres. Jésus guérit donc, mais il ne guérit pas seulement la paralysie : il pardonne les péchés, il renouvelle la vie du paralytique et de ses amis. » Il s’agit donc d’une « guérison physique et spirituelle, fruit d’une rencontre personnelle et sociale ».
La doctrine sociale de l’Église doit nous inspirer

« L’Église, bien qu’elle administre la grâce du Christ qui guérit à travers les sacrements, et bien qu’elle organise des services sanitaires dans les lieux les plus reculés de la planète, n’est pas experte dans la prévention ou dans le soin de la pandémie », laissant cette responsabilité aux autorités politiques et aux professionnels de santé, a précisé le Saint-Père. Néanmoins, la doctrine sociale de l’Église apporte quelques principes fondamentaux : « la dignité de la personne, le bien commun, l’option préférentielle pour les pauvres, la destination universelle des biens, la solidarité, la subsidiarité, la sauvegarde de notre maison commune. Tous ces principes expriment, de manière différente, les vertus de la foi, de l’espérance et de l’amour », a rappelé l’évêque de Rome, invitant les dirigeants à s’en inspirer pour guérir le tissu social.

Au long des prochaines semaines, il proposera donc dans ses catéchèses du mercredi un enseignement sur les questions que la pandémie a mises en évidence, en particulier « les maladies sociales ». « Nous explorerons la manière dont notre tradition sociale catholique peut aider la famille humaine à guérir ce monde qui souffre de graves maladies. Mon désir est de réfléchir et de travailler tous ensemble, en tant que disciples de Jésus qui guérit, pour construire un monde meilleur, plein d’espérance pour les générations futures », a conclu le Pape François en reprenant les termes de son exhortation apostolique Evangelii Gaudium.

(Avec V. N.)

Dimanche 2 Août 2020

Lors de la prière de l’Angélus place Saint-Pierre, le Pape a rappelé le lien fort entre le pain eucharistique et le pain quotidien, en commentant l’Évangile de saint Matthieu et le récit de la multiplication des pains.
Depuis la fenêtre du palais apostolique qui donne sur la place Saint-Pierre, le Pape François est revenu ce dimanche sur l’Évangile de saint Matthieu qui relate la multiplication des pains et des poissons par Jésus. (MT 14, 13-21). Les foules étaient venues nombreuses l’écouter. « Les gens viennent à lui pour l’écouter et être guéris : en fait, ses paroles et ses gestes guérissent et donnent de l’espoir » a précisé François.

Le Saint-Père est revenu sur ce texte pour rappeler la puissance de Dieu à travers le miracle du Christ, une puissance qui ne se veut pas spectaculaire mais qui manifeste sa charité. Le peuple se nourrit de sa Parole, une parole donnée en abondance, a-t-il précisé.

Le Pape a également souligné que derrière ce récit évangélique en saint Matthieu, se trouve une référence évidente à l’Eucharistie, rappelant ainsi le lien étroit entre le pain eucharistique, nourriture pour la vie éternelle, et le pain quotidien, nécessaire à la vie terrestre. « Avant de s’offrir comme Pain du salut, Jésus prend soin de la nourriture de ceux qui le suivent », a-t-il souligné.

L’attitude de Jésus envers les foules, faite de compassion et de tendresse, n’est pas de la sentimentalité a précisé le Pape, mais bien une manifestation concrète d’amour, de celui qui prend soin des autres. « Ai-je vraiment de la compassion ? » a demandé le Saint-Père face aux évènements dramatiques d’aujourd’hui. François a ainsi invité « à nous approcher de la table eucharistique avec ces mêmes attitudes : compassion pour les besoins des autres, confiance dans l’amour providentiel du Père et partage courageux ».

Découvrez dans son intégralité le texte de la catéchèse du Pape :

Chers frères et sœurs,

L’Évangile de ce dimanche nous présente le prodige de la multiplication des pains (cf. Mt 14, 13-21). La scène se déroule dans un lieu désert, où Jésus s’était retiré avec ses disciples. Mais les gens viennent à lui pour l’écouter et être guéris : en fait, ses paroles et ses gestes guérissent et donnent de l’espoir. Au coucher du soleil, la foule est encore là et les disciples, des hommes pratiques, invitent Jésus à leur faire ses adieux pour qu’ils puissent aller chercher de la nourriture. Mais il répond : "Vous leur donnez vous-mêmes de la nourriture" (v. 16). Imaginons les visages des disciples ! Jésus sait très bien ce qu’il va faire, mais il veut changer leur attitude : ne dites pas "laissez-les passer", mais "qu’est-ce que la Providence nous offre à partager ? Jésus, à travers cette situation, veut éduquer ses amis d’hier et d’aujourd’hui à la logique de Dieu : la logique de l’affrontement avec l’autre.

Dès qu’un des Douze dit, avec réalisme : "Ici, nous n’avons que cinq pains et deux poissons", Jésus répond : "Apportez-les-moi ici". (vv. 17-18). Il prend cette nourriture dans ses mains, lève les yeux au ciel, récite la bénédiction et commence à rompre et à donner les portions aux disciples pour qu’ils les distribuent. Et ces pains et ces poissons ne s’épuisent pas, ils sont suffisants et ils suffisent à des milliers de personnes.

Par ce geste, Jésus manifeste sa puissance, non pas de manière spectaculaire, mais en signe de charité, de la générosité de Dieu le Père envers ses enfants fatigués et dans le besoin. Il est immergé dans la vie de son peuple, il comprend sa lassitude et ses limites, mais il ne laisse personne se perdre ou se perdre : il se nourrit de sa Parole et donne de la nourriture en abondance pour se nourrir.

Dans ce récit évangélique, la référence à l’Eucharistie est évidente, surtout lorsqu’elle décrit la bénédiction, la fraction du pain, la remise aux disciples, la distribution au peuple (v. 19). Il convient de noter combien le lien entre le pain eucharistique, nourriture pour la vie éternelle, et le pain quotidien, nécessaire à la vie terrestre, est étroit. Avant de s’offrir comme Pain du salut, Jésus prend soin de la nourriture de ceux qui le suivent et qui, pour être avec lui, ont oublié de faire des provisions. Parfois, l’esprit et la matière sont mis en contraste, mais en réalité, le spiritualisme, comme le matérialisme, est étranger à la Bible.

Jésus nous a appris à demander le pain quotidien tous les jours : il n’y a pas d’opposition entre le pain nécessaire pour vivre et le pain qu’est l’Eucharistie. Au contraire, le contraste apparaît si nous nous approchons du sacrement en oubliant nos frères et sœurs qui manquent du nécessaire. La compassion, la tendresse que Jésus a manifestée envers les foules n’est pas de la sentimentalité, mais la manifestation concrète de l’amour qui prend soin des besoins des gens. Nous sommes appelés à nous approcher de la table eucharistique avec ces mêmes attitudes de Jésus : compassion pour les besoins des autres, confiance dans l’amour providentiel du Père et partage courageux.

Que Marie Très Sainte nous aide à suivre le chemin que le Seigneur nous montre dans l’Évangile d’aujourd’hui. C’est le voyage de la fraternité, qui est essentiel pour faire face à la pauvreté et à la souffrance de ce monde, et qui nous projette au-delà du monde lui-même, car c’est un voyage qui commence avec Dieu et qui revient à Dieu.

Deux jours après l’attaque qui a visé la cathédrale de Managua, capitale du Nicaragua, le Pape François a tenu ce dimanche à réaffirmer sa proximité spirituelle avec les Nicaraguayens, catholiques en particulier, après avoir récité la prière de l’Angélus.

« Je pense au peuple du Nicaragua qui souffre de l’attaque de la cathédrale de Managua, où l’image très vénérée du Christ qui a accompagné et soutenu la vie des fidèles au cours des siècles a été fortement endommagée - presque détruite. Chers frères Nicaraguayens, je suis proche de vous et je prie pour vous ».

Vendredi, un homme portant une capuche avait jeté une bombe incendiaire dans la chapelle du "Sang du Christ", située dans la cathédrale, brûlant presque totalement le crucifix qui y est vénéré depuis près de 4 siècles. Un acte qui a provoqué douleur et stupeur dans la communauté catholique locale.

(V. N.)

Dimanche 26 Juillet 2020

Devant les pèlerins réunis sur la place Saint-Pierre pour la prière de l’Angélus, le Pape François a repris l’Evangile de Saint Matthieu où Jésus s’adressant aux foules leur explique ce qu’est le Royaume des Cieux. La construction du Royaume à laquelle Jésus invite requiert la grâce de Dieu mais aussi la disponibilité active de l’homme.

Pour le faire comprendre, Jésus esquisse trois paraboles : celle du trésor caché dans le champ, celle de la perle précieuse et celle du filet jeté à la mer. Le Saint-Père a choisi de s’attarder sur les deux dernières, pour en expliquer le sens, soulignant que « la réaction de celui qui trouve la perle ou le trésor est pratiquement la même : l’homme et le marchand vendent tout pour acheter ce qui leur est maintenant le plus cher ».

En s’adressant aux foules Jésus propose de nous impliquer dans la construction du Royaume des Cieux, « en présentant une caractéristique essentielle de celui-ci : ceux qui sont prêts à tout jouer pour eux-mêmes adhèrent pleinement au Royaume » a relevé le Pape. L’homme qui trouve le trésor comme le marchand de perles fines vendent tout ce qu’ils ont, abandonne leur sécurité matérielle. « On peut en déduire que la construction du Royaume requiert non seulement la grâce de Dieu mais aussi la disponibilité active de l’homme » a précisé le Pape François.

Nous sommes ainsi appelés à prendre l’attitude de ces deux personnages évangéliques a poursuivi le Saint-Père, en abandonnant « le lourd fardeau de nos certitudes mondaines qui nous empêchent de chercher et de construire le Royaume : la soif de possession, la soif de profit et de pouvoir, en ne pensant qu’à nous-mêmes. »

Le Royaume des Cieux n’est en rien bâti sur l’illusoire, « il est le contraire des choses superflues que le monde offre, il est le contraire d’une vie banale : c’est un trésor qui renouvelle la vie chaque jour et l’élargit vers des horizons plus vastes » a encore relevé le Pape. Ceux qui ont trouvé ce trésor on « un cœur créatif et chercheur, qui trace et suit de nouveaux chemins, qui nous amènent à aimer Dieu, à aimer les autres, à nous aimer vraiment nous-mêmes. »

Jésus, qui est le trésor caché, a conclu François, et la perle de grande valeur « ne peut qu’éveiller la joie, toute la joie du monde : la joie de découvrir un sens à sa vie, la joie de se sentir engagé dans l’aventure de la sainteté. »

Le Pape a ensuite lancé un appel au terme de l’Angélus :

« En mémoire des saints Joachim et Anne, les grands-parents de Jésus, je voudrais inviter les jeunes à faire un geste de tendresse envers les personnes âgées, surtout les plus seules, dans les maisons et les résidences, celles qui n’ont pas vu leurs proches depuis tant de mois. Chers jeunes, chacune de ces personnes âgées est votre grand-père ! Ne les laissez pas seuls ! », a-t-il supplié, dans le contexte dramatique de la pandémie et du confinement qui a condamné des millions de personnes âgées à une solitude qui s’est avérée mortelle pour certains, par syndrome de glissement.

François a donc exhorté les jeunes à passer des appels téléphoniques, des appels vidéo, à envoyer des messages, à les écouter et même dans le respect des règles de santé, à leur rendre visite et à les embrasser, même symboliquement et à distance. « Ce sont vos racines. Un arbre détaché de ses racines ne pousse pas, il ne donne pas de fleurs et de fruits. C’est pourquoi il est important d’être uni et connecté à ses racines. Ce que l’arbre a fleuri vient de ce qu’il a enterré, dit un poète de ma patrie. C’est pourquoi je vous invite à applaudir nos grands-parents, tous ! », a lancé François.

Le pape François, durant son pontificat, a souvent évoqué les enseignements d’une femme qui a donné une empreinte précieuse à son chemin de foi. « C’est surtout ma grand-mère, la mère de mon père, qui a marqué mon parcours de foi », avait déclaré le Souverain Pontife lors de la Vigile de la Pentecôte le 18 mai 2013.

« C’était une femme qui nous expliquait, nous parlait de Jésus, nous enseignait le Catéchisme ». « Je me souviens toujours que le Vendredi Saint, elle nous emmenait le soir à la procession des bougies et qu’à la fin de cette procession, le "Christ couché" arrivait, et que grand-mère nous faisait nous agenouiller, nous les enfants, en disant : "Regarde, il est mort, mais demain il ressuscitera". J’ai reçu la première annonce chrétienne de cette même femme, de ma grand-mère », avait alors confié le Pape argentin.

Les grands-parents sont souvent la force motrice de la transmission de la foi. « C’est un grand don pour l’Église », a souligné le Pape François lors de l’audience générale du 11 mars 2015, « la prière des grands-parents et des anciens ! La prière des anciens et des grands-parents est un cadeau pour l’Église, c’est une richesse ! C’est une grande injection de sagesse également pour l’ensemble de la société humaine : surtout pour celui qui est trop occupé, trop distrait ».

Et encore aujourd’hui, lui-même devenu octogénaire, le Pape François garde cette dévotion filiale et cet attachement à sa grand-mère. « Les paroles des grands-parents ont quelque chose de spécial pour les jeunes. Et ils le savent. Les mots que ma grand-mère m’a donnés par écrit le jour de mon ordination sacerdotale, je les porte toujours avec moi, toujours dans mon bréviaire et je les lis souvent et cela me fait du bien. », avait-il confié lors de cette même audience.

(Avec V. N.)

Dimanche 19 juillet 2020

Lors de l’audience de l’angélus donnée place Saint-Pierre, le Pape François a livré une méditation sur la patience de Dieu, « ouvrant les cœurs à l’espérance », en s’appuyant sur la parabole du bon grain et de l’ivraie dans l’Évangile du jour (cf. Mt 13, 24-43).

Dans l’Évangile du jour (Mt 13, 24-43), nous rencontrons à nouveau Jésus, désireux de parler à la foule en paraboles du Royaume des Cieux, a d’emblée souligné le Pape, souhaitant s’attarder sur la première des paraboles, celle de l’ivraie. « Jésus raconte que dans le champ où le bon blé a été semé, l’ivraie germe aussi, un terme qui résume toutes les herbes nuisibles qui infestent le sol », a ainsi expliqué le Souverain pontife.

Les serviteurs vont alors voir le maître pour savoir d’où vient l’ivraie, et il répond : « Un ennemi a fait cela ! » (v. 28). Ils voudraient l’arracher immédiatement ; en effet, l’agriculteur doit débarrasser le champ des mauvaises herbes les plus visibles afin de permettre aux bonnes plantes de mieux pousser, a observé le Saint-Père.

Au lieu de cela, le propriétaire dit non, parce qu’il risquerait d’arracher les mauvaises herbes et le bon grain ensemble. Il faut attendre le moment de la récolte : ce n’est qu’alors qu’ils se sépareront et que l’ivraie sera brûlée.

« On peut lire dans cette parabole une vision de l’histoire », a affirmé le Successeur de Pierre. « À côté de Dieu - le maître des champs - qui sème toujours et uniquement de bonnes graines, il y a un adversaire, qui étend l’ivraie pour entraver la croissance du grain. Le maître agit ouvertement, à la lumière du soleil, et son but est une bonne récolte ; l’autre, en revanche, profite de l’obscurité de la nuit et travaille par envie, par hostilité, pour tout gâcher. L’adversaire a un nom : il est le diable, l’adversaire par excellence de Dieu », a poursuivi le Pape François.

Selon le Pape, l’intention du diable est « d’entraver l’œuvre du salut, de faire en sorte que le Royaume de Dieu soit entravé par des travailleurs injustes, semeurs de scandale ». En effet donc, la bonne graine et les conflits ne représentent pas le bien et le mal dans l’abstrait, mais nous, êtres humains, qui pouvons suivre Dieu ou le diable, a insisté le Saint-Père.

Et si l’intention des serviteurs est d’éliminer le mal d’un seul coup, c’est-à-dire les gens mauvais, le maître est plus sage, il voit plus loin : « ils doivent savoir attendre, car endurer la persécution et l’hostilité fait partie de la vocation chrétienne ».

« Le mal, bien sûr, doit être rejeté, mais les méchants sont des gens avec lesquels il faut faire preuve de patience », a recommandé le Saint-Père, précisant qu’il ne s’agissait pas de « cette tolérance hypocrite qui cache des ambiguïtés, mais d’une justice tempérée par la miséricorde ». Ainsi, l’action des disciples de Jésus doit aussi être orientée non pas pour supprimer les méchants, mais pour les sauver.

L’Évangile d’aujourd’hui présente donc deux façons d’agir et de demeurer dans l’histoire : d’une part, le regard du maître ; d’autre part, le regard des serviteurs. Les serviteurs se soucient d’un champ sans mauvaises herbes, le maître se soucie du bon grain.

« Le Seigneur nous invite à prendre son propre regard, celui qui est fixé sur le bon grain, qui sait le garder même dans les mauvaises herbes. Ceux qui cherchent les limites et les défauts des autres ne coopèrent pas bien avec Dieu, mais plutôt ceux qui savent reconnaître le bien qui pousse silencieusement dans le domaine de l’Église et de l’histoire, le cultivant jusqu’à ce qu’il mûrisse. Et alors ce sera Dieu, et Lui seul, qui récompensera les bons et punira les méchants », en a conclu le Pape François.

Après la prière de l’Angélus , le Souverain pontife argentin a appelé à un cessez-le-feu global et immédiat, après notamment la résolution du Conseil de sécurité de l’ONU approuvée le 1er juillet dernier.

« À l’heure où la pandémie n’est pas près de s’arrêter, je voudrais assurer ma proximité avec ceux qui sont confrontés à la maladie et à ses conséquences économiques et sociales. Mes pensées vont surtout aux populations dont les souffrances sont aggravées par les situations de conflit. Sur la base d’une récente résolution du Conseil de sécurité des Nations unies, je réitère mon appel en faveur d’un cessez-le-feu global et immédiat qui permettra d’instaurer la paix et la sécurité nécessaires pour fournir l’aide humanitaire requise », a ainsi assuré le Saint-Père, ce dimanche 19 juillet.

Lors de l’Angélus du 5 juillet dernier, le Pape appuyait déjà cette résolution onusienne adoptée mercredi 1er juillet, dans laquelle figure « la cessation générale et immédiate des hostilités dans toutes les situations inscrites à son ordre du jour » afin de lutter contre le coronavirus, et une « pause humanitaire durable » pendant au moins 90 jours consécutifs.

(Avec V. N.)

Dimanche 12 Juillet 2020

Le Pape François, avant la prière de l’angélus, a proposé une méditation sur le sens de la Parole de Dieu. En prenant appui sur l’Évangile selon saint Matthieu (13,1-23), qui relate la parabole du semeur, le Saint-Père a expliqué comment recevoir cette « semence féconde ».

Le Pape François, en ce 15ème dimanche du temps ordinaire, a rappelé que la Parole de Dieu, symbolisée par les semences, « n’est pas une Parole abstraite, mais c’est le Christ lui-même, le Verbe du Père qui s’est incarné dans le sein de Marie ». Ainsi accueillir la Parole de Dieu « signifie accueillir la personne du Christ ». Et le Saint-Père a observé les différentes façons de la recevoir, mettant en garde contre un accueil qui ne serait pas fertile.

Il y a tout d’abord le risque de la distraction, « un grand danger de notre temps ». « Assaillis par tant de bavardages, par tant d’idéologies, par les possibilités permanentes de se distraire à la maison et à l’extérieur, on peut perdre le goût du silence, du recueillement, du dialogue avec le Seigneur, au point de risquer de perdre la foi » relève le Pape.

L’enthousiasme momentané peut également représenter un écueil dans la mesure où il reste superficiel et « n’assimile pas la parole de Dieu ». Le Saint-Père l’a comparé à « un terrain pierreux » avec peu de terre où la semence germe vite mais se dessèche rapidement car elle ne prend pas racine. Ainsi, « face à la première difficulté, une souffrance, un trouble de la vie, cette foi encore faible se dissout, comme la semence qui tombe au milieu des pierres se dessèche ».

Le troisième danger mis en exergue a été celui des préoccupations mondaines, un thème que le Saint-Père développe très régulièrement depuis le début de son pontificat, et qui consisterait à accueillir la Parole de Dieu comme un terrain où poussent des buissons épineux. Tromperie de la richesse, du succès agirait alors comme des épines étouffant la Parole et la privant de fruit.

« Le bon terrain », celui qui est fertile est celui où « la semence prend et porte du fruit ». Une semence qui représente « ceux qui écoutent la Parole, l’accueillent, la conservent dans leur cœur et la mettent en pratique dans la vie de tous les jours » a souligné le Pape, en rappelant que « la parabole du semeur est un peu la “mère” de toutes les paraboles, parce qu’elle parle de l’écoute de la Parole ». Une Parole, semence féconde et efficace en elle-même que « Dieu répand partout avec générosité, sans se soucier du gaspillage ».

Personne n’est exclu, a insisté le Saint-Père, « chacun de nous est un terrain sur lequel tombe la semence de la Parole ». Tous, « si nous le voulons, nous pouvons devenir un bon terrain, défriché et cultivé avec soin, pour faire mûrir la semence de la Parole ». « Elle est déjà présente dans notre cœur », mais, a précisé le Pape, il nous revient de la faire la faire fructifier en distinguant parmi tant de voix et tant de paroles, celle du Seigneur, l’unique qui nous rend libres. Le Saint-Père a alors encouragé à « s’habituer à écouter la Parole de Dieu » invitant à avoir toujours avec soi une Bible.

(Avec V. N.)

Dimanche 5 juillet 2020

Lors de la prière de l’Angélus, le Saint-Père a livré une réflexion en trois parties sur l’évangile du jour tirée du chapitre 11 de Matthieu : tout d’abord, Jésus élève un hymne de bénédiction et d’action de grâce au Père, puis il révèle le rapport entre Lui et le Père et enfin invite à le suivre pour trouver le réconfort.

« Je suis doux et humble de cœur » : pour le 14eme dimanche du Temps ordinaire, le Saint-Père a commenté l’évangile du jour tirée du chapitre 11 de Matthieu.

En premier lieu, a expliqué le Pape, « Jésus loue le Père, parce qu’il a gardé cachés les secrets de son Royaume “aux sages et aux savants” (v. 25). Il les appelle ainsi avec une pointe d’ironie, parce qu’ils pensent l’être et que leur coeur est donc fermé. Jésus dit que les mystères de son Père sont révélés aux “tout petits”, c’est-à-dire à ceux qui s’ouvrent avec confiance à sa Parole de salut, ressentent le besoin de Lui et attendent tout de Lui. »

Ensuite, a continué le Saint-Père, Jésus a expliqué qu’il a tout reçu du Père : « Il l’appelle “mon Père”, pour affirmer l’unicité de son rapport avec Lui. En effet, ce n’est qu’entre le Fils et le Père qu’il y a une totale réciprocité : l’un connaît l’autre, l’un vit dans l’autre ».

Comme le Père qui a une préférence pour les « tout petits », Jésus s’adresse à ceux « peinent et sont opprimés », a continué François, « Il se place d’ailleurs lui-même parmi eux, parce qu’Il est “doux et humble de coeur” » (v. 29). « La vraie sagesse vient du coeur », a-t-il estimé, « ceux qui s’ouvrent avec confiance à sa Parole de salut, ressentent le besoin de Lui et attendent tout de Lui ».

« Doux et humble », Jésus est « l’Homme qui vit “de tout coeur” cette condition en pleine transparence dans l’amour du Père, c’est à dire dans l’Esprit Saint ». Jésus est ainsi « le modèle des "pauvres en esprit" et de tous les autres “bienheureux” de l’Evangile, qui accomplissent la volonté de Dieu et témoignent de son Royaume. »

Enfin, a conclu le Souverain Pontife, le « réconfort » que le Christ offre n’est pas « seulement un soulagement psychologique ou une aumône élargie, mais la joie des pauvres d’être évangélisés et d’être des constructeurs de la nouvelle humanité », « La joie que nous donne Jésus est unique ».

C’est alors un message pour tous les hommes et les femmes de bonne volonté que Jésus adresse aujourd’hui, un message « à un monde qui exalte ceux qui deviennent riches et puissants, peu importe par quels moyens, et bafouent parfois la personne humaine et sa dignité ». Ce message est également pour l’Eglise, « appelée à vivre les oeuvres de miséricorde et à évangéliser les pauvres », « le Seigneur veut que nous soyons ainsi ».

Après la prière de l’Angélus, le Souverain Pontife est revenu sur la résolution prise par les Nations unies, qui exige une cessation immédiate et mondiale des hostilités.

Mercredi 1er juillet, le Conseil de sécurité des Nations unies a adopté une résolution dans laquelle il exige la « cessation générale et immédiate des hostilités dans toutes les situations inscrites à son ordre du jour » afin de lutter contre le coronavirus, et une « pause humanitaire durable » pendant au moins 90 jours consécutifs.

« L’appel à un cessez-le-feu global et immédiat est louable », a déclaré le Saint-Père lors de l’Angélus, depuis la fenêtre des appartements pontificaux, avant de continuer : « Il permettrait d’assurer la paix et la sécurité indispensables pour fournir l’aide humanitaire urgente et nécessaire ».

Le Souverain Pontife a dit espérer « que cette décision sera observée efficacement et rapidement pour le bien des nombreuses personnes qui souffrent. Puisse cette résolution du Conseil de sécurité devenir un premier pas courageux vers un avenir de paix ».

(Avec V. N.)

Jeudi 2 Juillet 2020

Le Souverain Pontife a envoyé une lettre au Pape émérite après le décès de son frère, Georg Ratzinger, survenu ce mercredi 1er juillet à Ratisbonne (Bavière), à l’âge de 96 ans.

« Vous avez eu la délicatesse de m’informer en premier lieu de la nouvelle du décès de votre frère bien-aimé, Mgr Georg. Je tiens à vous renouveler l’expression de ma plus profonde sympathie et de ma proximité spirituelle en ce moment de tristesse », écrit le Saint-Père à son prédécesseur.

Le Pape émérite, 93 ans, a donc perdu le dernier membre de sa famille proche encore en vie. Il y a deux semaines, malgré son âge avancé et les fatigues du voyage, il n’avait pas hésité à se rendre en Allemagne au chevet de Georg, dont l’état de santé s’était dégradé, afin de lui faire un ultime adieu. Des liens étroits d’amitié et de confiance unissaient les deux frères, qui furent d’ailleurs ordonnés prêtres le même jour, le 29 juin 1951.

« Je vous assure de ma prière de suffrage pour le défunt, afin que le Seigneur de la vie, dans sa bonté miséricordieuse, l’introduise dans la patrie du ciel et lui accorde la récompense préparée pour les fidèles serviteurs de l’Évangile », poursuit François dans sa lettre. « Je prie aussi pour vous, Votre Sainteté, en invoquant du Père, par l’intercession de la Bienheureuse Vierge Marie, le soutien de l’espérance chrétienne et la tendre consolation divine ». « Filialement et fraternellement », signe enfin le Saint-Père à l’égard du Pape émérite.

Les obsèques de Georg Ratzinger se tiendront le 8 juillet prochain à 10h en la cathédrale Saint Pierre de Ratisbonne. La cérémonie sera transmise en direct sur le site internet et la page Facebook de la cathédrale.

(Avec V. N.)

Lundi 29 juin 2020

En la solennité des Saints Pierre et Paul, colonnes de l’Église et patrons de la ville de Rome, le Saint-Père a présidé la messe en la basilique dédiée au prince des apôtres. Deux paroles-clés ont guidé l’homélie du Pape François : l’unité et la prophétie, dont Pierre et Paul ont témoigné au cours de leur vie.

Pierre, simple pécheur de Galilée, et Paul, pharisien lettré et cultivé, sont très différents, mais « se sentaient frères », liés dans une familiarité qui vient du Seigneur, Lui qui unit sans uniformiser.

Cette unité puise sa source dans la prière, comme le raconte la première lecture proposée par la liturgie (Actes 12, 1-11). Bouleversée par l’arrestation de Pierre décidée par Hérode Agrippa, l’Église de Jérusalem « craint pour sa propre vie ». Le moment est tragique, et pourtant, observe le Pape, personne ne songe à s’enfuir et à « sauver sa peau » ; au contraire, « tous prient ensemble ». C’est dans l’invocation suppliante à Dieu qu’ils trouvent le courage d’endurer l’épreuve et forgent leur unité sous la conduite de l’Esprit. Car la prière « permet à l’Esprit Saint d’intervenir, d’ouvrir à l’espérance, de réduire les distances, de rester ensemble dans les difficultés ».

Dans ce contexte délicat, les chrétiens ne se lamentent pas, n’accusent personne ; « (…) personne ne disait : "Si Pierre avait été plus prudent, nous ne serions pas dans cette situation". Non, ils ne parlaient pas mal de lui, mais priaient pour lui. Ils ne parlaient pas dans le dos, mais à Dieu », note le Pape, qui poursuit en interrogeant : « Et nous aujourd’hui, nous pouvons nous demander : "Gardons-nous notre unité par la prière ? Prions-nous les uns pour les autres ?". Qu’est ce qui arriverait si on priait beaucoup plus et si on murmurait beaucoup moins ? ». Prier les uns pour les autres est un devoir que le Seigneur nous confie, insiste le Pape. Dieu attend que « nous nous souvenions aussi de celui qui ne pense pas comme nous, de celui qui nous a fermé la porte au nez, de celui à qui nous avons de la peine à pardonner ». « Seule la prière défait les chaînes, seule la prière aplanit la voie vers l’unité », assure le Pape François.

Pierre et Paul ont tous deux été provoqués par le Christ ; c’est de cette provocation que nait la prophétie. « Quand l’Evangile renverse les certitudes, la prophétie jaillit. Seul, celui qui s’ouvre aux surprises de Dieu devient prophète ». Ainsi, Pierre proclame le premier que Jésus est le « fils du Dieu vivant » (Mt 16, 16), tandis que Paul anticipe la fin de sa vie : « Je n’ai plus qu’à recevoir la couronne de la justice : le Seigneur, le juste juge, me la remettra » (2 Tm 4,8).

Notre époque a besoin de vrais prophètes, non de beaux parleurs a lancé avec vigueur le Saint-Père : « Il n’est point besoin de manifestations miraculeuses, mais de vies qui manifestent le miracle de l’amour de Dieu. Non de puissance, mais de cohérence. Non de paroles, mais de prière. Non de proclamations, mais de service. Non de théories, mais de témoignage. Nous n’avons pas besoin d’être riches, mais d’aimer les pauvres ; non de gagner pour nous-même, mais de nous dépenser pour les autres ; non du consentement du monde, mais de la joie pour le monde à venir ; non de projets pastoraux efficaces, mais de pasteurs qui offrent leur vie : des amoureux de Dieu ». Ce sont en amoureux de Dieu que Pierre et Paul offrent leur vie ; ce martyre même est une « prophétie qui change l’Histoire ».

Et le Pape de conclure : « comme le Seigneur a transformé Simon en Pierre, de même il appelle chacun de nous, pour faire de nous des pierres vives avec lesquelles construire une Eglise et une humanité rénovées. Il y a toujours ceux qui détruisent l’unité et éteignent la prophétie, mais le Seigneur croit en nous et il te demande : "Veux-tu être bâtisseur d’unité ? Veux-tu être prophète de mon ciel sur la terre ?" Laissons-nous provoquer par Jésus et trouvons le courage de lui dire : "Oui, je le veux !" ».

Avant d’entrer dans la célébration, qui s’est tenue à l’autel de la Chaire et en présence de 90 fidèles et de plusieurs cardinaux, le Pape s’est recueilli en prière devant la tombe de Saint Pierre, située sous l’autel central de la basilique.

Compte tenu de la crise sanitaire, les archevêques métropolitains nommés dans l’année n’ont pu faire le déplacement jusqu’à Rome pour cette célébration. C’est en effet au cours de la messe du 29 juin que ceux-ci se voient imposer le Pallium, étoffe de laine blanche ornée de 5 croix, qui matérialise leur communion avec le Successeur de Pierre. Ce lundi matin, le Saint-Père a donc béni ces Pallium, avant de prendre l’un d’eux et de le conférer symboliquement au cardinal Re, doyen du Sacré Collège. Les étoffes seront ensuite remises aux archevêques par les nonces apostoliques de leurs pays.

(Avec V. N.)

Dimanche 28 juin 2020

Lors de l’Angélus, revenant sur l’Évangile du jour tiré de l’Évangile selon saint Matthieu, le Pape François a rappelé que suivre Jésus implique des sacrifices et que la plénitude de la vie se trouve en se donnant soi-même.

« Jésus demande à ses disciples de prendre au sérieux les exigences évangéliques, même quand cela demande des sacrifices et des efforts. » Le Pape l’a répété : le chemin chrétien implique des renoncements, et tout d’abord le fait de mettre l’amour envers Dieu « au-dessus des liens d’affection familiaux ».

Jésus le dit avec fermeté : « Qui aime son père ou sa mère, […] son fils ou sa fille plus que moi n’est pas digne de moi ». Il ne s’agit pas de « sous-évaluer l’amour pour les parents et les enfants », mais d’avertir que « les liens de parenté, s’ils sont mis à la première place, peuvent dévier du vrai bien ». C’est le cas notamment lorsque des responsables politiques favorisent leur parenté au détriment de leur patrie : ils commettent alors des actes de corruption et de favoritisme qui fragilisent leur pays. L’amour pour les enfants est essentiel, mais il doit être vécu à la lumière de l’amour de Dieu.

Autre avertissement exprimé par Jésus : « Qui ne prend pas sa croix et ne vient pas à ma suite n’est pas digne de moi ». « Il n’y a pas de vrai amour sans croix, c’est-à-dire sans un prix à payer en personne », a insisté le Pape François en évoquant les sacrifices consentis par tant de papas et de mamans. Mais avec Jésus, il ne faut pas avoir peur : « Qui aura trouvé sa vie la perdra et qui aura perdu sa vie à cause de moi la trouvera », martèle le Seigneur. C’est un paradoxe de l’Évangile, mais de nombreux exemples montrent que « la plénitude de la vie et de la joie se trouve en se donnant soi-même pour l’Evangile et pour nos frères, avec ouverture, accueil et bienveillance »

« La gratitude généreuse de Dieu le Père tient également compte du plus petit geste d’amour et de service rendu à nos frères », même simplement par le don d’un verre d’eau. Le Pape est sorti de son texte en racontant l’émotion d’un prêtre auquel un enfant était venu lui donner son argent de poche pour aider les pauvres.

Il a aussi rendu hommage aux nombreux volontaires qui se sont mobilisés durant la pandémie de coronavirus en Italie, gratuitement, par amour, pour secourir les personnes en difficulté. « La gratitude, la reconnaissance est avant tout un signe de bonne éducation, mais c’est également un signe distinctif du chrétien. C’est un signe simple mais authentique du royaume de Dieu, qui est un royaume d’amour gratuit et reconnaissant », a précisé le Pape.

« Que la Très Sainte Vierge Marie, qui a aimé Jésus plus que sa propre vie et l’a suivi jusqu’à la croix, nous aide à nous présenter toujours à Dieu avec un cœur disponible, en laissant sa Parole juger nos comportements et nos choix », a conclu le Saint-Père avant de réciter la prière de l’Angélus.

Au terme de la prière de l’angélus, le Saint-Père a demandé aux fidèles de prier en particulier pour ces deux pays frappés par la guerre et où la situation humanitaire reste critique.

A l’issue de la prière de l’Angélus, le Pape François a tenu à tourner sa prière vers deux pays en particulier, la Syrie et le Yémen.
Le Pape a d’abord rappelé la tenue mardi 30 juin de la quatrième conférence de Bruxelles sur l’avenir de la Syrie. « Nous prions pour cette importante réunion, afin qu’elle puisse améliorer la situation dramatique du peuple syrien et des peuples voisins, en particulier du Liban, dans le contexte de graves crises sociopolitiques et économiques que la pandémie a rendues encore plus difficiles » a expliqué François. « Que les dirigeants soient capables de faire la paix ! » a exhorté le Saint-Père. Organisée par l’Union Européenne et les Nations-Unies, cette conférence avait permis l’an dernier de rassembler 7 milliards de dollars à destination du peuple syrien.

Le Souverain Pontife a également invité les fidèles à tourner leur prière pour le peuple du Yémen, « en particulier les enfants, qui souffrent en raison de la très grave crise humanitaire » a t-il précisé. Le pays est déchiré par la guerre civile depuis 2014. Il y a quelques jours, l’Unicef s’était alarmé de la malnutrition des enfants yéménites qui atteint un taux préoccupant.

Le Saint-Père a aussi appelé à prier pour « les personnes touchées par les graves inondations en Ukraine occidentale : qu’elles puissent connaître le réconfort du Seigneur et l’aide de leurs frères. » Ces derniers jours de très fortes précipitations ont touché le Sud-Ouest de l’Ukraine, non loin de la Roumanie détruisant des centaines de maisons, des routes et des ponts.

Le Pape a enfin tenu à saluer les fidèles de la République démocratique du Congo qui ont participé le matin même à une messe en rite congolais, demandant de prier pour l’avenir de la RDC.

(Avec V. N.)

Mercredi 24 Juin 2020

Le Pape François a poursuivi ce mercredi sa catéchèse sur le thème de la prière, revenant en particulier sur la prière du roi David dans l’Ancien Testament. Une figure qui nous rappelle la puissance de la prière à travers l’histoire.

Le Pape François, comme les mercredis précédents, a prononcé son audience générale depuis la bibliothèque du palais apostolique. Poursuivant sa catéchèse sur la prière, le Saint-Père est revenu sur la figure du roi David, au coeur de l’Ancien Testament. Une catéchèse qui a commencé par la lecture d’un extrait du psaume 18, prière émouvante de David à Dieu :

Je t’aime, Yahvé, ma force ;

Yahvé est mon roc et ma forteresse, mon libérateur.

Mon bouclier, ma force de salut, ma citadelle […]

C’est toi, Yahvé, ma lampe : mon Dieu éclaire ma ténèbre. […]

Ce Dieu qui me ceint de force et rend ma voie irréprochable.

Le roi David est « le grand artisan de la composition des psaumes » a souligné le Pape, expliquant qu’il a joué « un rôle central dans l’histoire du peuple de Dieu et de notre foi elle-même ». David, a t-il précisé est « un roi totalement selon le cœur de Dieu, en parfaite obéissance au Père, dont l’action réalise fidèlement son plan de salut ».

Retrouvez en intégralité la catéchèse du Saint-Père en français :

« Chers frères et sœurs, bonjour !

Dans notre itinéraire de catéchèse sur la prière, nous rencontrons aujourd’hui le roi David. Elu de Dieu depuis sa jeunesse, il est choisi pour une mission unique, qui revêtira un rôle central dans l’histoire du peuple de Dieu et de notre foi elle-même. Dans les Evangiles, Jésus est appelé plusieurs fois “fils de David” ; en effet, comme lui, il naît à Bethléem. Selon les promesses, c’est de la descendance de David, que vient le Messie : un Roi totalement selon le cœur de Dieu, en parfaite obéissance au Père, dont l’action réalise fidèlement son plan de salut (cf. Catéchisme de l’Eglise catholique, n. 2579).

L’histoire de David commence sur les collines autour de Bethléem, où il fait paître le troupeau de son père, Jessé. Il est encore un jeune garçon, le dernier de nombreux frères. Au point que lorsque le prophète Samuel, sur ordre de Dieu, se met à la recherche du nouveau roi, il semble presque que son père ait oublié son fils le plus jeune (cf. 1 S 16, 1-13). Il travaillait au grand air : nous l’imaginons comme l’ami du vent, des sons de la nature, des rayons du soleil. Il a une seule compagnie pour réconforter son âme : la lyre ; et pendant les longues journées de solitude, il aime jouer et chanter pour son Dieu.

David est donc avant tout un pasteur : un homme qui prend soin des animaux, qui les défend quand le danger arrive, qui pourvoit à leur subsistance. Quand David, par la volonté de Dieu, devra se préoccuper du peuple, il n’accomplira pas des actions très différentes de celles-ci. C’est pour cette raison que, dans la Bible, l’image du pasteur revient souvent. Jésus se définit lui aussi comme “le bon pasteur”, son comportement est différent de celui du mercenaire ; Il offre sa vie en faveur des brebis, il les guide, il connaît le nom de chacun d’entre elles (cf. Jn 10,11-18).

David a beaucoup appris de son premier métier. Ainsi, quand le prophète Nathan lui reprochera son très grave péché (cf. 2 Sam 12, 1-15), David comprendra immédiatement qu’il a été un mauvais pasteur, qu’il a dérobé à un autre homme l’unique brebis qu’il aimait, qu’il n’est plus un humble serviteur, mais un malade de pouvoir, un braconnier qui tue et dérobe.

Un deuxième trait caractéristique présent dans la vocation de David est son âme de poète. De cette petite observation, nous déduisons que David n’a pas été un homme ignorant, comme cela peut arriver à des individus obligés de vivre longtemps isolés de la société. Il est en revanche une personne sensible, qui aime la musique et le chant. La lyre l’accompagnera toujours : parfois pour élever à Dieu un hymne de joie (cf. 2 Sam 6, 16), d’autre fois pour exprimer une plainte, ou pour confesser son propre péché (cf. Ps 51, 3).

Le monde qui se présente à ses yeux n’est pas une scène muette : son regard saisit, derrière le déroulement des choses, un mystère plus grand. La prière naît précisément de là : de la conviction que la vie n’est pas quelque chose qui nous glisse dessus, mais un mystère stupéfiant, qui suscite en nous la poésie, la musique, la gratitude, la louange, ou bien la plainte, la supplique. La tradition veut donc que David soit le grand artisan de la composition des psaumes. Ceux-ci contiennent souvent, au début, une référence explicite au roi d’Israël, et à certains des événements plus ou moins nobles de sa vie.

David a donc un rêve : celui d’être un bon pasteur. Quelquefois il réussira à être à la hauteur de cette tâche, d’autres fois moins ; ce qui est cependant important, dans le contexte de l’histoire du salut, est qu’il est la prophétie d’un autre Roi, dont il est seulement l’annonce et la préfiguration.

Saint et pécheur, persécuté et persécuteur, victime et bourreau. David a été tout cela. Et nous aussi, nous enregistrons dans notre vie des traits souvent opposés ; dans la trame de la vie, tous les hommes pèchent souvent d’incohérence. Il n’y a qu’un fil rouge, dans la vie de David, qui donne une unité à tout ce qui arrive : sa prière. Elle est la voix qui ne s’éteint jamais. Qu’elle prenne le ton de la joie, ou celui de la plainte, c’est toujours la même prière, seule la mélodie change. Et en agissant ainsi, David nous enseigne à tout faire entrer dans le dialogue avec Dieu : la joie comme la faute, l’amour comme la souffrance, l’amitié comme la maladie. Tout peut devenir une parole adressée au “Toi” qui nous écoute toujours.

David, qui a connu la solitude, n’a en réalité jamais été seul ! Et au fond, c’est la puissance de la prière, chez tous ceux qui lui font place dans leur vie : celle-ci est en mesure d’assurer la relation avec Dieu, qui est le vrai compagnon de route de l’homme, au milieu des mille épreuves de la vie. »

Lors de son salut aux fidèles hispanophones au terme de l’audience générale, le Pape a exprimé son soutien pour les victimes du puissant tremblement de terre survenu hier dans le sud du Mexique.

Le puissant séisme, de magnitude 7,5 sur l’échelle de Richter, laissait craindre un bilan très lourd. Les pertes sont pour le moment limitées à six décès recensés, un chiffre faible compte tenu de la vaste étendue dans laquelle les secousses ont été ressenties, sur une zone de 700 kilomètres allant du Chiapas à Mexico. L’alerte tsunami a été levée. Mais de nombreuses infrastructures, notamment des églises, ont été endommagées.

« Hier, un violent tremblement de terre a frappé le sud du Mexique, faisant quelques victimes, des blessés et d’énormes dégâts. Nous prions pour eux tous. Que l’aide de Dieu et des frères leur donne force et soutien. Frères et sœurs, je suis très proche de vous », a assuré ce matin le Pape François, qui avait visité le pays en février 2016.

Depuis 1985, les tremblements de terre qui ont affecté le Mexique ont fait plus de 10 000 morts au total. Le dernier grave séisme avait eu lieu le 13 septembre 2017, provoquant d’importants dégâts jusque dans la capitale Mexico. Au total, 360 morts et 6000 blessés avaient été recensés, plus de 10 000 bâtiments avaient été endommagés dont 1500 environ ont dû être intégralement démolis. Mais le renforcement des mesures de sécurité qui avait suivi cette catastrophe semble cette fois-ci avoir prouvé son efficacité, expliquant en partie ce bilan humain et matériel relativement limité.

(Avec V. N.)

Dimanche 21 juin 2020

Le Pape François s’est exprimé avant de réciter l’Angélus depuis la fenêtre du Palais apostolique place Saint-Pierre. Il a rappelé l’invitation du Christ à ne pas avoir peur, et à être confiants face aux défis de la vie, tout en étant conscients « des adversités » qui guettent.

Le passage de l’Évangile de ce dimanche (cf. Mt 10, 26-33) fait, selon le Pape François, partie du discours missionnaire, avec lequel Jésus prépare les apôtres à la première expérience d’annonce du Royaume de Dieu. « Il les exhorte avec insistance à “ne pas avoir peur”, et décrit trois situations concrètes qu’ils devront affronter », explique le Saint-Père.

Tout d’abord l’hostilité de « ceux qui voudraient faire taire la Parole de Dieu », en l’édulcorant ou en réduisant au silence celui qui l’annonce, énonce le Souverain pontife.

« Dans ce cas, Jésus encourage les apôtres à diffuser le message de salut qu’Il leur a confié. Pour le moment, Il l’a transmis avec précaution, presque en cachette. Mais eux devront parler “au grand jour”, c’est-à-dire ouvertement, et annoncer “des toits”, c’est-à-dire publiquement, son Evangile ».

La deuxième difficulté que les missionnaires du Christ rencontreront est « la menace physique contre eux », c’est-à-dire « la persécution directe contre leurs personnes, jusqu’à la mort ». Cette prophétie de Jésus s’est réalisée à toutes les époques, rappelle l’évêque de Rome, déplorant « combien de chrétiens sont persécutés aujourd’hui aussi dans le monde entier ».

S’ils souffrent pour l’Évangile et avec amour, « ce sont les martyrs de notre époque ». À ces disciples d’hier et d’aujourd’hui qui souffrent de la persécution, Jésus recommande : « Ne craignez rien de ceux qui tuent le corps, mais ne sauraient tuer l’âme » (v. 28). Il ne faut donc pas « se laisser effrayer par ceux qui cherchent à éteindre la force évangélisatrice par l’arrogance et la violence », conseille le Pape.

« En effet, ces derniers ne peuvent rien contre l’âme, c’est-à-dire contre la communion avec Dieu : personne ne peut enlever celle-ci aux disciples parce qu’elle est un don de Dieu. La seule peur que le disciple doive avoir est celle de perdre ce don divin, en renonçant à vivre selon l’Évangile et en se procurant ainsi la mort morale, effet du péché ».

Le troisième type d’épreuve que les disciples devront affronter est indiqué par Jésus dans la sensation, dont certains pourront faire l’expérience, « que Dieu lui-même les a abandonnés, en restant éloigné et silencieux ». « Cette sensation-là, Jésus aussi l’a éprouvée dans le Jardin des Oliviers, mais aussi sur la Croix », souligne le Pape. Ici aussi, il exhorte à ne pas avoir peur, car bien que traversant ces épreuves et d’autres, la vie des disciples est solidement entre les mains de Dieu, « qui nous aime et nous protège ».

« Le Père prend soin de nous, parce que notre valeur est grande à ses yeux. Ce qui importe est la franchise du témoignage de foi : “reconnaître Jésus devant les hommes” est la condition pour être “reconnus” par Jésus devant le Père ; la condition du salut, de la vie éternelle avec Lui au Paradis », a conclu le Pape François, demandant à la Très Sainte Vierge, « modèle de confiance et d’abandon en Dieu à l’heure de l’adversité et du danger », de nous aider « à ne jamais céder au découragement, mais à nous confier toujours à Lui et à sa grâce, plus puissante que le mal ».

Après avoir récité l’Angélus , le Pape François a réitéré son attachement à la protection des réfugiés, de l’environnement, et eu quelques mots sur la fête des Pères célébrée ce dimanche 21 juin dans plusieurs pays.

Rappelant la Journée mondiale des réfugiés commémorée le 20 juin par les Nations unies, le Pape François a réaffirmé l’importance de protéger les réfugiés, « afin de garantir leur dignité et leur sécurité », particulièrement en période de pandémie.

« Je vous invite à vous joindre à moi pour prier pour un engagement renouvelé et effectif de tous en faveur de la protection effective de chaque être humain, en particulier de ceux qui ont été contraints de fuir en raison de situations de grave danger pour eux ou leur famille », a déclaré le Saint-Père.

« Le confinement a permis de réduire la pollution et de redécouvrir la beauté de tant d’endroits à l’abri du trafic et du bruit. Aujourd’hui, avec la reprise des activités, nous devrions tous être plus responsables de l’entretien du foyer commun. J’apprécie les nombreuses initiatives qui, dans toutes les parties du monde, viennent d’en bas et vont dans cette direction. Par exemple, à Rome aujourd’hui, il y en a une consacré au Tibre ».

Enfin, le Souverain pontife a eu quelques mots pour la fête des pères célébrée dans son pays natal, l’Argentine, mais aussi en France ce dimanche. « J’assure tous les papas de ma proximité et prière. Nous savons tous qu’être papa n’est pas un métier facile, prions pour eux, et souvenons-nous des pères qui nous protègent depuis les cieux », a observé le Saint-Père, rappelant en conclusion la mémoire liturgique aujourd’hui de saint Louis de Gonzague, saint patron de la jeunesse catholique.

(Avec V. N.)

Mercredi 17 juin 2020

Lors de l’audience générale tenue une nouvelle fois depuis la Bibliothèque du Palais apostolique, le Pape a poursuivi sa série de catéchèses sur la prière. Pour la 7ème étape de ce parcours, il s’est arrêté sur la prière d’intercession de Moïse, qui a permis de construire un pont entre Dieu et le peuple élu.

Le Pape François a commencé son intervention en remarquant que Moïse n’avait aucune prédisposition à l’héroïsme. Au contraire, « quand Dieu l’appelle, Moïse est humainement “un raté” », il a échoué dans une carrière prometteuse de fonctionnaire, en raison de sa volonté de défendre les opprimés. Mais c’est de cet échec apparent que naîtra sa vocation. C’est précisément dans le silence du désert de Madiane, lors de l’épisode du buisson ardent, que le Seigneur se dévoile en disant : « C’est moi le Dieu de ton père, le Dieu d’Abraham, le Dieu d’Isaac et le Dieu de Jacob ».

Pourtant, « à Dieu qui lui parle, qui l’invite à prendre à nouveau soin du peuple d’Israël, Moïse oppose ses peurs et ses objections : il n’est pas digne de cette mission, il ne connaît pas le nom de Dieu, il ne sera pas cru par les israélites, il a une langue qui balbutie... » Moïse est déstabilisé par cette mission qui lui incombe, et dont il ne comprend pas le sens. Il présente à Dieu ses résistances : « Pourquoi ? Pourquoi m’as-tu envoyé ? Pourquoi veux-tu libérer ce peuple ? »

Mais ces doutes révèlent l’humanité profonde de Moïse. « Avec ses craintes, avec ce cœur qui vacille souvent, Moïse apparaît un homme comme nous, avec des doutes », qui lui donnent aussi le sens de la miséricorde face à son peuple qui traverse de nombreuses crises durant la traversée du désert. « Chargé par Dieu de transmettre la Loi à son peuple, fondateur du culte divin, médiateur des mystères les plus élevés, ce n’est pas pour autant qu’il cessera d’entretenir des liens étroits de solidarité avec son peuple, en particulier à l’heure de la tentation et du péché. Moïse n’a jamais perdu la mémoire de son peuple », a insisté François, en expliquant que Moïse était cohérent à la fois avec ses « racines » et avec « la voix de Dieu ».

Moïse ne se comporte pas comme un despote, et il relie l’amitié avec Dieu et la miséricorde pour les hommes. « Le livre des Nombres le définit comme le “plus humble et doux que la terre ait porté”. Malgré sa condition privilégiée, Moïse ne cesse pas d’appartenir à cette multitude de pauvres en esprit qui vivent en faisant de la confiance en Dieu le viatique de leur chemin. », a expliqué le Saint-Père.

Moïse est donc « le pont, l’intercesseur entre Dieu et le peuple ». Il est un exemple pour les pasteurs qui doivent être des ponts, comme l’indique le mot « pontife », a remarqué le Pape. Les vrais croyants doivent donc cultiver la prière d’intercession, sans se décourager face à l’expérience des manquements des personnes et de leur éloignement de Dieu.

« Moïse nous incite à prier avec la même ardeur que Jésus, à intercéder pour le monde, à se rappeler que celui-ci, malgré toutes ses fragilités, appartient toujours à Dieu. » Tous les hommes, même les plus grands pécheurs, restent des enfants de Dieu, a répété François, en précisant que tout pasteur, à commencer par le Pape lui-même, a le devoir d’intercéder pour ceux qui ne vont pas bien, et non pas de condamner.

Au terme de l’audience, outre l’évocation de la Journée de la Conscience, le Pape s’est notamment adressé aux fidèles de langue polonaise. Il a rappelé que ce 17 juin est jour de mémoire liturgique du saint frère Albert Chmielowski, surnommé le "Poverello" polonais, car il avait François d’Assise pour modèle. La devise de sa vie était « Être bon comme le pain », a rappelé le Pape, en exhortant à le suivre « dans l’amour fraternel, en apportant de l’aide aux affamés, aux personnes défaites par la vie, aux pauvres, aux personnes dans le besoin et surtout aux sans-abri ».

(Avec V. N.)

Dimanche 14 juin 2020

En la solennité du Corps et du Sang du Christ, le Pape François, après avoir célébré la messe en la basilique Saint-Pierre, a proposé une réflexion sur « l’effet mystique et communautaire de l’Eucharistie ».

Le Pape François, rappelant que ce dimanche 14 juin, en Italie et dans d’autres pays, est célébré le Corpus Domini ou Fête-Dieu, a commenté la deuxième lecture de ce jour lorsque Saint Paul décrit la célébration eucharistique (1 Co 10, 16-17) en soulignant les deux effets de l’Eucharistie qui sont à la fois « mystique » et « communautaire ».

“La coupe de bénédiction que nous bénissons, n’est-elle pas communion au sang du Christ ? Le pain que nous rompons, n’est-il pas communion au corps du Christ ?” (v. 16) relève l’apôtre Paul. Ces paroles expriment l’effet mystique ou spirituel de l’Eucharistie, il s’agit de l’union avec le Christ qui « dans le pain et le vin s’offre pour le salut de tous », observe le Pape François.

Jésus « est présent dans le sacrement de l’Eucharistie pour être notre nourriture, pour être assimilé et devenir en nous cette force de renouveau qui redonne énergie et désir de se remettre en chemin, après chaque arrêt ou chute ». Mais recevoir cette force, précise le Saint-Père, requiert « notre assentiment, notre disponibilité » à nous laisser transformer, à changer notre façon de penser et d’agir « sinon les célébrations eucharistiques auxquelles nous participerons ne seront que des rites vides et formels ».

Le second effet de l’Eucharistie est celui de la communauté que saint Paul exprime à travers ses paroles : “Puisqu’il y a un seul pain, la multitude que nous sommes est un seul corps, car nous avons tous part à un seul pain”(v. 17). Il s’agit, commente le Pape, de « la communion mutuelle de ceux qui participent à l’Eucharistie », au point de devenir un seul corps. « La communion au corps du Christ est un signe efficace d’unité, de communion et de partage ». Et la participation à l’Eucharistie nécessite un engagement dans « une sincère fraternité mutuelle ».

Cette prédisposition du cœur dépasse la seule force humaine. Le Seigneur sait qu’entre ses disciples, « il y aura toujours la tentation de la rivalité, de l’envie, des préjugés, de la division ». C’est pourquoi, indique le Pape, il nous a laissé le Sacrement de sa Présence réelle, concrète et permanente, afin qu’en restant unis à Lui, nous puissions toujours recevoir le don de l’amour fraternel.

C’est ce double fruit de l’Eucharistie, l’union avec le Christ et la communion entre ceux qui se nourrissent de Lui, qui génère et renouvelle continuellement la communauté chrétienne. Et le Pape fait référence au Concile Vatican II, qui au début de la Constitution sur l’Église, affirme qu’elle "est”, dans le Christ, “en quelque sorte le sacrement, c’est-à-dire à la fois le signe et le moyen de l’union intime avec Dieu et de l’unité de tout le genre humain” (Lumen gentium, 1).

Aussi, poursuit le Saint-Père, s’il est vrai que l’Église fait l’Eucharistie, il est plus fondamental que l’Eucharistie fasse l’Église et lui permette d’être sa mission, avant même de l’accomplir. « Que la Sainte Vierge nous aide à toujours accepter avec étonnement et gratitude le grand cadeau que Jésus nous a fait en nous laissant le sacrement de son corps et de son sang », a conclu le Pape

Au terme de la prière de l’angélus, le Pape a lancé un vibrant appel en faveur de la Libye exprimant sa profonde préoccupation.

Le Saint-Père, devant les fidèles rassemblés place Saint-Pierre, a confié prier pour la Libye et s’est dit « très préoccupé par la situation dramatique » dans le pays. Alors que depuis plusieurs jours les combats se sont intensifiés entre les forces du Gouvernement libyen d’Union Nationale (GNA) et celles du maréchal Khalifa Haftar, homme fort de l’Est libyen, le Saint-Père a appelé à la paix. « J’exhorte les organismes internationaux et ceux qui ont des responsabilités politiques et militaires à relancer avec conviction et détermination la recherche d’une voie vers la cessation de la violence, qui conduira à la paix, à la stabilité et à l’unité du pays ».

En interpellant la communauté internationale, le Pape François a exprimé sa proximité aux populations victimes des conflits en Libye, dont les conditions se sont encore aggravées en raison de la crise sanitaire. « Je prie également pour les milliers de migrants, réfugiés, demandeurs d’asile et personnes déplacées en Libye ». La situation sanitaire, a-t-il observé, « a aggravé leurs conditions déjà précaires, les rendant plus vulnérables aux formes d’exploitation et de violence ».

(Avec V. N.)

Mercredi 10 Juin 2020

Le Pape François a poursuivi lors de l’audience générale, son cycle de catéchèse sur la prière en revenant sur le combat de Jacob avec l’ange du Seigneur : lutter contre Dieu est une métaphore de la prière.
L’épisode du combat de Jacob avec un inconnu alors qu’il s’en va vers sa terre natale, relaté dans le livre de la Genèse, est une métaphore de la prière. Cette lutte contre Dieu, explique le Pape depuis la bibliothèque du palais apostolique d’où il conduit toujours les audiences générales, montre que Dieu sauve ce qui est perdu.

Jacob, fils d’Isaac et frère cadet d’Esaü, est « un self-made-man » qui « semble réussir dans chacune de ses entreprises », raconte François. « Il est habile dans les affaires : il s’enrichit beaucoup, devenant propriétaire d’un troupeau immense ». Jacob est un homme « sans scrupule », capable « d’une longue série d’astuces », précise le Pape. « Avec la ruse, il réussit à conquérir tout ce qu’il désire ».

C’est cet homme qui va rencontrer Dieu un soir alors qu’il est sur le point de rejoindre sa terre natale, car « il lui manque le rapport direct avec ses propres racines ». Il lutte toute la nuit contre l’ange et perd le combat, comprenant à la fin qu’il a combattu contre Dieu. « Le patriarche en ressort changé » explique le Saint-Père. « Pour une fois, il n’est plus maître de la situation, il n’est plus l’homme stratège et calculateur ».

Auparavant, Jacob avait dialogué avec Dieu, l’avait senti comme « une présence amie et proche ». Mais « c’était un homme imperméable à la grâce, réfractaire à la miséricorde ». « Et c’est ce Jacob qui reçoit de Dieu la bénédiction », continue François qui précise que le petit-fils d’Abraham ressort de cette nuit « vulnérable, et remis en cause, mais le cœur nouveau », avec un nouveau nom, Israël, une nouvelle manière de vivre, et une nouvelle personnalité. « Dieu le ramène à sa vérité de mortel qui tremble et qui a peur » ; « Il lui fait comprendre qu’il avait des limites, qu’il était un pécheur qui avait besoin de miséricorde et le sauve ».

Avec l’histoire de Jacob, nous voyons que « nous avons tous un rendez-vous dans la nuit avec Dieu », explique le Pape. « Il nous surprendra au moment où nous ne l’attendons pas, au moment où nous resterons véritablement seuls. Au cours de cette même nuit, en combattant contre l’inconnu, nous prendrons conscience d’être uniquement de pauvres hommes ».

Nulle crainte à avoir, rassure le Pape François, car il s’agit d’une « belle invitation à se laisser changer par Dieu » qui sait comment faire « parce qu’il connaît chacun de nous ».

À l’issue de ses saluts, le Pape est revenu sur la solennité du Corpus Domini qui sera célébrée ce jeudi 11 juin. En raison des mesures sanitaires en vigueur encore dans de nombreux pays, il ne sera pas possible de célébrer l’eucharistie lors de manifestations publiques. « Toutefois nous pouvons réaliser une “vie eucharistique”. L’hostie consacrée renferme la personne du Christ : nous sommes appelés à la chercher devant le tabernacle à l’église, mais aussi au sein de ce tabernacle que sont les derniers, les personnes souffrantes, les personnes seules et pauvres » a-t-il déclaré.

(Avec V. N.)

Dimanche 7 Juin 2020

En la solennité de la Sainte Trinité, le Pape François a proposé une méditation sur ce « mystère de l’amour de Dieu pour le monde », dont nous parle saint Jean dans l’Évangile. Un mystère inépuisable où nous rencontrons Dieu-Amour, Dieu-Sauveur, dont nous sommes appelés à témoigner par la charité évangélique.

« Dieu a tellement aimé le monde qu’il a donné son Fils unique » (Jn 3, 16) : s’adressant depuis la fenêtre du Palais apostolique aux pèlerins épars sur la Place Saint-Pierre, le Pape François est parti de ce verset de saint Jean pour évoquer le mystère de la Trinité mis à l’honneur ce dimanche.

« Ces paroles servent à indiquer que l’action des trois Personnes divines – Père, Fils et Saint-Esprit – est entièrement un unique dessein d’amour qui sauve l’humanité et le monde », a-t-il expliqué.

Même si le monde est marqué par le mal et la corruption, même si l’humanité est pécheresse, Dieu n’a pas choisi de « juger le monde » mais de l’aimer. « Il aime le monde, malgré ses péchés ; Dieu aime chacun de nous, même quand nous sommes dans l’erreur et nous éloignons de Lui ». Et cet amour ouvre la voie de la rédemption. Dieu « donne ce qu’il a de plus précieux : son Fils unique », qui « donne sa vie pour les hommes, ressuscite, retourne au Père et, avec Lui, envoie l’Esprit Saint ». Ce mouvement est celui de la Trinité, laquelle est « Amour, entièrement au service du monde, qu’elle veut sauver et recréer », a indiqué le Saint-Père. « Aujourd’hui, en pensant au Père, au Fils et au Saint Esprit, pensons à l’amour de Dieu », a-t-il demandé aux pèlerins. Se savoir aimés de Dieu : « voilà le sentiment d’aujourd’hui ».

Ce grand mystère nous invite également à nous laisser « fasciner par la beauté de Dieu ; beauté, bonté et vérité inépuisable », a poursuivi François. Mais il n’est pas pour autant lointain, inaccessible. La Trinité révèle plutôt un Dieu « humble, proche, qui s’est [fait] chair pour entrer dans notre vie, dans notre histoire, [...] pour que chaque homme et femme puisse la rencontrer et avoir la vie éternelle ». Dieu nous a aimés le premier.

La foi consiste alors à « accueillir Dieu-Amour qui se donne dans le Christ, qui nous fait nous mouvoir dans l’Esprit Saint ». « Se laisser rencontrer par Lui et avoir confiance en Lui », telle est la « vie chrétienne », où l’on doit toujours garder à l’esprit que c’est « Lui qui nous rencontre en premier ».

Le Saint-Père a conclu en invoquant la Vierge Marie, « demeure de la Trinité », afin qu’elle nous aide à accueillir Dieu, qui « nous remplit de joie et donne un sens à notre chemin dans ce monde, en l’orientant toujours vers l’objectif qu’est le Ciel ».

Suite à la prière de l’Angélus, le Saint-Père a évoqué le « Coeur humain et divin de Jésus », qui est « la source où nous pouvons toujours puiser la miséricorde, le pardon et la tendresse de Dieu ». « Nous pouvons le faire en nous attardant sur un passage de l’Évangile, en sentant qu’au centre de chaque geste, de chaque parole de Jésus, il y a l’amour, l’amour du Père, a expliqué le Pape François. Et nous pouvons le faire en adorant l’Eucharistie, où cet amour est présent dans le Sacrement.

Alors notre cœur aussi, petit à petit, deviendra plus patient, plus généreux, plus miséricordieux ». « Jésus, rends mon cœur semble au tien », a ensuite répété plusieurs fois le Pape avec les fidèles, expliquant qu’il tenait cette petite prière de sa grand-mère.

(Avec V. N.)

Mercredi 3 juin 2020

Depuis la bibliothèque du Palais apostolique, le Saint-Père a poursuivi son cycle de catéchèses sur la prière. C’est cette fois-ci la figure du patriarche Abraham qui était au centre de l’allocution du Pape. Le père des croyants, qui se plaint de ne pas avoir de descendance, pose un acte de foi en faisant confiance à la parole entendue. Il nous apprend à faire de même, pour que la volonté de Dieu se réalise. A la fin de cette audience, il s’est aussi adressé aux américains.

« “Regarde le ciel, et compte les étoiles, si tu le peux…” Et il déclara : “Telle sera ta descendance !” » (Gn 15,5). Une demande qui semble défier la raison, puis une promesse : telle est la réponse adressée par le Seigneur à Abram, déçu de ne pas avoir d’héritier de son sang. Alors Abram ose un saut dans la confiance : il « eut foi dans le Seigneur » (Gn 15,6).

Dans le passage biblique à la base de la catéchèse de ce mercredi (Gn 15, 1.3-6), Abraham – qui se nomme encore Abram, le « Père élevé » ; le nom Abraham, « Père d’une multitude », lui sera donné par Dieu plus tard (Gn 17, 5) – a déjà « osé quitter son pays, ses racines et sa famille pour marcher vers un avenir nouveau », a expliqué le Pape. Et tout cela « sur la base d’une promesse, en laquelle il suffit simplement de se fier ».

« Modèle du parfait homme de Dieu se soumettant à sa volonté, même quand celle-ci semble dure, Abraham fait confiance à la parole entendue ». « Ceci est important, il fait confiance à la Parole de Dieu », a insisté le Pape. Il est « l’homme de la Parole », une Parole qui s’incarne dans la vie de celui qui la reçoit. Ainsi naît « un rapport nouveau avec Dieu », introduit plus largement « dans l’histoire religieuse de l’humanité : la vie du croyant commence à être conçue comme une vocation, elle est le lieu où se réalise une promesse qui donne la force et qui, un jour, se réalisera », a souligné le Saint-Père.

La vie d’Abraham, rapportée tout au long du livre de la Genèse, montre que par une prière fidèle, « la foi se fait histoire » : « Dieu n’est plus lointain, entrevu seulement à travers les phénomènes cosmiques », a fait remarquer François. « le Dieu d’Abraham, devient mon Dieu, le Dieu de mon histoire personnelle qui guide mes pas, qui ne m’abandonne pas. […] Il est le Dieu Providence ». « Avons-nous cette expérience de Dieu ? », a ensuite interpellé le Saint-Père. « Le Dieu de mon histoire personnelle, le Dieu qui guide mes pas, qui ne m’abandonne pas, le Dieu de mes jours ? »

Et le Pape de citer comme exemple le Mémorial, une œuvre de Blaise Pascal écrite pendant la nuit du 23 au 24 novembre, dite la Nuit de feu. Ce texte d’une extrême brièveté, issu d’une expérience mystique fulgurante pour le philosophe français, commence ainsi : « Dieu d’Abraham, Dieu d’Isaac, Dieu de Jacob, non des philosophes et des savants. Certitude, certitude. Joie. Paix. Dieu de Jésus Christ ». Blaise Pascal portait toujours cet écrit sur lui, cousu dans son vêtement.

Le Saint-Père a poursuivi sa catéchèse en revenant à cette relation confiante et vivante d’Abraham avec le Seigneur. Le patriarche « devient familier de Dieu, capable de discuter avec lui, mais toujours fidèle, et cela jusqu’à l’épreuve suprême, lorsqu’il lui est demandé de sacrifier son fils Isaac ». Il vit alors la foi « comme un drame, comme un chemin à parcourir dans la nuit, sous un ciel cette fois-ci privé d’étoiles ». « Mais Dieu a vu sa totale disponibilité, il retient la main d’Abraham et épargne son fils ».

François a conclu en invitant à apprendre d’Abraham le fait de « prier avec foi », autrement dit « écouter le Seigneur, marcher, dialoguer jusqu’à discuter ». « N’ayons pas peur de discuter avec Dieu ! », s’est-il exclamé. Une discussion transparente et filiale, qui nous conduit à être « toujours disposés à accueillir la Parole de Dieu et à la mettre en pratique ».

Lors de l’audience générale de ce mercredi 3 juin, le Saint-Père s’est également exprimé sur les protestations en cours aux États-Unis après la mort de George Floyd, tué par un policier : nous ne pouvons pas prétendre défendre le caractère sacré de toute vie humaine et fermer les yeux sur le racisme et l’exclusion, a-t-il affirmé.

Saluant les pèlerins de langue anglophone après avoir prononcé sa catéchèse hebdomadaire, le Pape François a expliqué suivre « avec une grande inquiétude les douloureux troubles sociaux qui se produisent » aux États-Unis ces jours-ci, « à la suite du décès tragique de M. George Floyd », cet Afro-Américain de 46 ans mort asphyxié par un policier lors de son interpellation à Minneapolis le 25 mai dernier.

« Chers amis, nous ne pouvons tolérer ou fermer les yeux sur aucune forme de racisme ou d’exclusion et prétendre défendre le caractère sacré de toute vie humaine », a poursuivi le Pape. « Dans le même temps, nous devons reconnaître que “la violence des dernières nuits est autodestructrice et court à sa perte. La violence n’apporte rien et elle fait perdre beaucoup de choses” », a-t-il aussi déclaré, reprenant les mots de Mgr José H. Gomez, archevêque de Los Angeles et président de la conférence épiscopale américaine (USCCB), dans le communiqué qu’il a publié dimanche dernier.

« Aujourd’hui, je me joins à l’Église de Saint-Paul et de Minneapolis, et à tous les États-Unis, pour prier pour le repos de l’âme de George Floyd et de tous les autres qui ont perdu la vie à cause du péché de racisme », a assuré le Saint-Père, avant de conclure par cette demande de prière : « Prions pour le réconfort des familles et des amis endeuillés, prions pour la réconciliation nationale et la paix à laquelle nous aspirons. Que Notre-Dame de Guadalupe, Mère de l’Amérique, intercède pour tous ceux qui travaillent pour la paix et la justice sur ta terre et dans le monde ».

Le mouvement de colère contre le racisme et les violences policières s’est poursuivi mardi aux États-Unis. Neuf jours après la mort de George Floyd, cette vague de contestation historique ne connaît pas de répit. Les troubles se sont propagés dans plus d’une centaine de villes américaines, avec des milliers d’arrestations et plusieurs morts.

(Avec V. N.)

Samedi 30 Mai 2020

Le Pape François a prié la Sainte Vierge devant la copie de la Grotte de Lourdes, lui confiant les souffrances de l’humanité en ce temps marqué par la pandémie de coronavirus.

En ce week-end de Pentecôte qui coïncide cette année avec la conclusion du mois marial, et dans un contexte de sortie du confinement après la pandémie de coronavirus, le Pape a participé ce samedi soir à la récitation du chapelet devant la Grotte de Lourdes située dans les Jardins du Vatican. Ce temps de prière était réalisé en liaison avec de nombreux sanctuaires à travers le monde, notamment Lourdes bien sûr, mais aussi Fatima, Guadalupe ou encore Lujàn, dans l’Argentine natale du Pape François.

L’événement, sous le titre : "Unis d’un seul cœur dans la prière avec Marie" (Actes 1, 14), était organisé par le Conseil pontifical pour la Nouvelle Évangélisation. Les dizaines de “Je vous salue Marie” ont été récités par des hommes et des femmes représentant les différentes catégories de personnes qui ont été particulièrement touchées par la Covid-19. Il s’agissait d’un médecin et d’une infirmière, d’une personne qui s’est remise de la maladie et d’une personne qui a perdu un être cher à cause de celle-ci, d’un prêtre, d’un aumônier d’hôpital, et d’une religieuse qui est infirmière.

Parmi les autres participants figuraient un pharmacien, un médecin, un journaliste, un volontaire de la protection civile italienne et aussi une jeune famille qui a mis au monde un bébé pendant la pandémie.

Après la méditation des mystères glorieux, le Pape François a récité cette prière, la deuxième des prières mariales proposées en ce temps de pandémie :

« Sous ta protection nous nous réfugions, Sainte Mère de Dieu.

Dans la présente situation dramatique, chargée de souffrances et d’angoisses qui frappent le monde entier, nous recourons à Toi, Mère de Dieu et notre Mère, et nous cherchons refuge sous ta protection.

Ô Vierge Marie, tourne vers nous tes yeux miséricordieux dans cette pandémie du coronavirus, et réconforte ceux qui sont perdus et qui pleurent leurs proches qui sont morts, enterrés parfois d’une manière qui blesse l’âme. Soutiens ceux qui sont angoissés pour les personnes malades auprès desquelles, pour empêcher la contagion, ils ne peuvent être proches. Suscite la confiance en celui qui est inquiet pour l’avenir incertain et pour les conséquences sur l’économie et sur le travail.

Mère de Dieu et notre Mère, implore pour nous de Dieu, Père de miséricorde, que cette dure épreuve finisse et que revienne un horizon d’espérance et de paix. Comme à Cana, interviens auprès de ton Divin Fils, en lui demandant de réconforter les familles des malades et des victimes, et d’ouvrir leur cœur à la confiance.

Protège les médecins, les infirmiers et les infirmières, le personnel sanitaire, les volontaires qui, en cette période d’urgence, sont en première ligne et risquent leur vie pour sauver d’autres vies. Accompagne leur fatigue héroïque et donne-leur force, bonté et santé.

Sois aux côtés de ceux qui, nuit et jour, assistent les malades ainsi que des prêtres qui, avec sollicitude pastorale et engagement évangélique, cherchent à aider et à soutenir chacun.

Vierge Sainte, éclaire l’esprit des hommes et des femmes de science, pour qu’ils trouvent de justes solutions pour vaincre ce virus.

Assiste les Responsables des Nations, pour qu’ils œuvrent avec sagesse, sollicitude et générosité, en secourant ceux qui manquent du nécessaire pour vivre, en programmant des solutions sociales et économiques avec clairvoyance et avec esprit de solidarité.

Marie très Sainte, touche les consciences pour que les sommes considérables utilisées pour accroître et perfectionner les armements soient au contraire destinées à promouvoir des études adéquates pour prévenir de semblables catastrophes dans l’avenir.

Mère très aimée, fais grandir dans le monde le sens d’appartenance à une seule grande famille, dans la conscience du lien qui nous unit tous, pour que nous venions en aide aux nombreuses pauvretés et situations de misère avec un esprit fraternel et solidaire. Encourage la fermeté dans la foi, la persévérance dans le service, la constance dans la prière.

O Marie, Consolatrice des affligés, embrasse tous tes enfants dans la tribulation et obtiens que Dieu intervienne de sa main toute puissante pour nous libérer de cette terrible épidémie, afin que la vie puisse reprendre dans la sérénité son cours normal.

Nous nous confions à Toi, toi qui resplendis sur notre chemin comme signe de salut et d’espérance, ô clémente, ô miséricordieuse, ô douce Vierge Marie. Amen. »

Le Pape François a enfin adressé quelques mots en espagnol pour les sanctuaires d’Amérique latine, un continent particulièrement affecté par la pandémie actuellement, en les remerciant de s’être associé à ce temps de prière.

(Avec V. N.)

Mercredi 27 Mai 2020

Lors de l’audience générale qu’il a tenue dans la bibliothèque du palais apostolique, le Pape François a consacré sa catéchèse à la « prière des justes » ; au milieu des tribulations inhérentes à l’histoire des hommes, cette prière, faite avec humilité et sincérité, attire la force de Dieu, laquelle fait vivre et grandir le monde.

« Le dessein de Dieu à l’égard de l’humanité est bon, mais dans les péripéties du quotidien nous faisons aussi tous les jours l’expérience de la présence du mal », assure d’entrée le Pape, prenant appui sur les Saintes Écritures dont les pages initiales nous décrivent les premiers développements du péché dans les événements de la vie humaine.
Ainsi, comme nous le montre le livre de la Genèse, Adam et Eve cèdent à la tentation du Malin car ils doutent des bonnes intentions de Dieu. Ensuite, avec Caïn et Abel, la première fraternité, corrompue par l’envie, se conclut par un homicide. Puis, le mal s’étendra comme une tache d’huile. Les grandes fresques du déluge et de la tour de Babel révèlent qu’il y a besoin d’un nouveau commencement, d’une nouvelle création qui aura son accomplissement dans le Christ.

Mais ces pages vétérotestamentaires parlent aussi d’autres histoires, plus humbles et discrètes, qui représentent le « rétablissement de l’espérance ». Alors qu’une grande partie de l’humanité semble se perdre dans les ténèbres de la haine et de la violence, d’autres personnes se distinguent, « capables de prier Dieu avec sincérité, d’écrire d’une autre manière la destinée de l’homme ». Et le Pape de citer l’exemple d’Abel, de son frère Seth, du fils de celui-ci, Énoch et enfin de Noé.

En lisant ces récits, poursuit le Pape François, « on a l’impression que la prière est la digue, le refuge de l’homme devant la montée du mal qui grandit dans le monde ». L’homme prie également pour se sauver de lui-même, et le Souverain Pontife insiste d’ailleurs sur ce point, suggérant de prier ainsi : « Seigneur, sauve-moi de moi-même, de mes ambitions et de mes passions ».

Pour le Pape, ces orants que la Bible nous montre sont « des artisans de paix » : « en effet, la prière, quand elle est authentique, libère des instincts de violence ; elle est un regard tourné vers Dieu pour qu’il prenne soin du cœur de l’homme ». Et d’ajouter : « la prière de Dieu est puissante car elle attire le pouvoir de Dieu et le pouvoir de Dieu donne la vie, toujours. Il est le Dieu de la vie et il fait renaitre ».

La Seigneurie de Dieu passe par cette chaine d’hommes et de femmes souvent incompris et mis à l’écart du monde. Or, celui-ci vit et grandit grâce à la force de Dieu que ses serviteurs attirent par leur prière ; ils ne font pas de bruit et les médias n’en parlent pas, et pourtant cette prière est importante pour redonner confiance au monde, affirme le Saint-Père. La prière sème la vie, d’où la nécessité de l’enseigner aux tout-petits. Même s’ils l’oublient en grandissant, elle restera toujours dans leur cœur cette « semence de vie et du dialogue avec Dieu ». Et le Pape de conclure en invitant à prier Dieu pour qu’il transforme les cœurs de pierre en cœurs de chair.

Il s’est ensuite adressé aux fidèles de langue française : « dans quelques jours nous célèbrerons la fête de la Pentecôte. Prions l’Esprit Saint pour qu’il fasse de nous des hommes de paix et de fraternité et rende confiance et espérance au monde. Que Dieu vous bénisse ! »

(Avec V. N.)

Dimanche 24 Mai 2020

Lors de cette Journée mondiale de prière voulue par le Saint-Père à l’occasion du cinquième anniversaire de la publication de Laudato Si’, une année spéciale de célébrations a été lancée, comme l’a annoncé le Dicastère pour le Service du Développement Humain Intégral qui pilote l’évènement. Un prix annuel Laudato Si’ est notamment institué, et de nombreuses initiatives mises en place pour stimuler le développement durable.

- Prière commune pour le 5ème anniversaire de Laudato Si’ :

- Année Laudato Si’ 24 mai 2020 - 24 mai 2021 :

Laudato Si’, la seconde encyclique du Pape François, consacrée à « la sauvegarde de la Maison commune », a eu un très large écho au cours des cinq années qui nous séparent de sa publication, le 24 mai 2015. L’appel du Pape François à construire un monde nouveau, respectueux de la création, a entrainé de multiples initiatives au sein de l’Église, à commencer par les paroisses, mais a aussi suscité l’intérêt bien au-delà, dans la sphère scientifique et universitaire, dans les milieux non-croyants ou d’autres confessions.

Depuis le Vatican, le Dicastère pour le Service du Développement Humain Intégral a décidé de mettre en valeur le texte du Saint-Père pendant une année entière, du 24 mai 2020 au 24 mai 2021. « Nous espérons que cette année et la décennie à venir pourront véritablement constituer un temps de grâce, une expérience de vrai Kairos et un temps de "Jubilé" pour la Terre, pour l’humanité et pour toutes les créatures de Dieu », explique le Dicastère dans son message de présentation.

L’initiative s’ouvre dans un contexte particulier : « le fait que le cinquième anniversaire de l’encyclique coïncide avec un autre moment critique, une pandémie mondiale, représente un tournant et rend le message de Laudato Si’ aussi prophétique aujourd’hui qu’il l’était en 2015 », relève le Dicastère. « L’encyclique nous offre en effet une boussole morale et spirituelle pour nous guider sur ce chemin commun, visant à créer un monde plus intéressé, plus fraternel, plus pacifique et plus durable ». Cette année spéciale constitue donc « une occasion unique de transformer la lamentation et le tourment actuels en la naissance d’une nouvelle façon de vivre ». Pour « imaginer un monde post-pandémique, nous devons tout d’abord adopter une approche intégrale, "car tout est intimement lié et les problèmes actuels exigent un regard qui prenne en compte tous les aspects de la crise mondiale" (LS, 137) », est-il aussi expliqué.

Parmi les nombreuses initiatives qui jalonneront l’année, signalons d’abord la remise d’un prix Laudato Si’, lors de l’ouverture et de la clôture de l’année, afin « d’encourager et de promouvoir les initiatives, aussi bien individuelles que communautaires, en faveur de la maison commune ». Il y aura sept catégories (avec des sous-catégories pour certaines d’entre elles) : meilleur leader Laudato Si’, meilleure famille, meilleur établissement scolaire, meilleure communauté de foi, meilleure initiative, meilleure initiative économique/financière/entrepreneuriale/sanitaire/professionnelle/agricole, meilleure initiative de communication.

Une plateforme d’initiatives Laudato Si’ sera également lancée, afin de « rendre les communautés du monde entier complètement durable, dans l’esprit de l’écologie intégrale de Laudato Si’ ». Dans ce cadre, différents types d’institutions (hôpitaux, entreprises agricoles, diocèses, communautés religieuses, familles…) s’engageront dans un parcours de sept années pour cheminer vers la durabilité.

Des rassemblements figurent aussi au programme, tels que L’Économie de François, à Assise, repoussé au 21 novembre prochain en raison de la pandémie, ou encore une table-ronde au Forum Économique mondial de Davos, du 26 au 29 janvier 2021. Des « projets spéciaux » sont enfin évoqués, par exemple une plantation d’arbres menée par des jeunes, des “chapelles vivantes Laudato Si’”, une “Plastic Bank” ou “banque du plastique” pour lutter contre la pollution des matières plastiques, ou encore le “Concours Bilblique 2020”, premier concours mondial lancé sur les réseaux sociaux autour de la Bible et de Laudato Si’.

« Nous invitons tout le monde à se joindre à nous », écrit le Dicastère. « L’urgence de la situation est telle que des réponses immédiates, holistiques et unifiées sont nécessaires à tous les niveaux, tant local que régional, national qu’international. Il est notamment nécessaire de créer un "mouvement de base" à partir de la base, et une alliance entre toutes les personnes de bonne volonté », conclut-il. De cette manière, comme l’a écrit le Pape François dans son encyclique, « nous pouvons collaborer comme instruments de Dieu pour la sauvegarde de la création, chacun selon sa culture, son expérience, ses initiatives et ses capacités » (LS 14).

- Mgr David Macaire nous rappelle sur Radio Saint Louis que Laudato Si’ doit nous permettre de prendre conscience de l’urgence de changer nos modes de vie :

http://www.radiosaintlouis.com/emission/73

- De son côté, la Conférence des Evêques de France lance un nouveau Webzine centré sur Laudato Si’ et les leçons à en tirer pour les appliquer dans notre vie personnelle et collective :

Enfin, nous vous proposons de (re)découvrir le message du pape François consacré à la Journée de la Terre lors de l’audience générale du 22 avril 2020 :

« Chers frères et sœurs, bonjour !

Nous célébrons aujourd’hui la 50e journée mondiale de la terre. C’est une opportunité pour renouveler notre engagement à aimer notre maison commune et à prendre soin de celle-ci et des membres les plus vulnérables de notre famille. Comme cette pandémie tragique de coronavirus nous le démontre, ce n’est qu’ensemble et en prenant en charge les personnes les plus fragiles que nous pouvons vaincre les défis mondiaux. La Lettre encyclique Laudato si’ porte précisément ce sous-titre : « Sur la sauvegarde de la maison commune ». Aujourd’hui, nous réfléchirons un peu ensemble sur cette responsabilité qui caractérise « notre passage sur cette terre » (LS, n. 160). Nous devons grandir dans la conscience de la sauvegarde de la maison commune.

Nous sommes faits de matière terrestre, et les fruits de la terre soutiennent notre vie. Mais, comme nous le rappelle le livre de la Genèse, nous ne sommes pas simplement « terrestres » : nous portons en nous également le souffle vital qui vient de Dieu (cf. Gn 2, 4-7). Nous vivons donc dans la maison commune comme une unique famille humaine et dans la biodiversité avec les autres créatures de Dieu. Comme imago Dei, image de Dieu, nous sommes appelés à avoir soin de toutes les créatures et à les respecter et à nourrir l’amour et la compassion pour nos frères et sœurs, en particulier les plus faibles, à l’imitation de l’amour de Dieu pour nous, manifesté dans son Fils Jésus, qui s’est fait homme pour partager cette situation avec nous et nous sauver.

A cause de l’égoïsme, nous avons manqué à notre responsabilité de gardiens et d’administrateurs de la terre. « Il suffit de regarder la réalité avec sincérité pour constater qu’il y a une grande détérioration de notre maison commune » (ibid., n. 61). Nous l’avons polluée, nous l’avons pillée, en mettant en danger notre propre vie. C’est pourquoi divers mouvements internationaux et locaux se sont formés pour éveiller les consciences. J’apprécie sincèrement ces initiatives, et il sera encore nécessaire que nos enfants descendent dans la rue pour nous enseigner ce qui est évident, c’est-à-dire qu’il n’y a pas d’avenir pour nous si nous détruisons l’environnement qui nous soutient.

Nous avons failli à prendre soin de la terre, notre maison-jardin, et à prendre soin de nos frères. Nous avons péché contre la terre, contre notre prochain et, en définitive, contre le Créateur, le Père bon qui s’occupe de chacun et qui veut que nous vivions dans la communion et dans la prospérité. Et comment réagit la terre ? Il y a un dicton espagnol qui est très clair sur cela, il dit la chose suivante : « Dieu pardonne toujours ; nous, les hommes, pardonnons certaines fois et d’autres pas ; la terre ne pardonne jamais ». La terre ne pardonne pas : si nous avons détérioré la terre, la réponse sera très dure.

Comment pouvons-nous rétablir une relation harmonieuse avec la terre et le reste de l’humanité ? Une relation harmonieuse... Très souvent, nous perdons la vision de l’harmonie : l’harmonie est l’œuvre de l’Esprit Saint. Comment pouvons-nous rétablir cette harmonie également dans la maison commune, dans la terre, également dans notre relation avec les gens, avec notre prochain, avec les plus pauvres ? Nous avons besoin d’une nouvelle manière de regarder notre maison commune. Entendons-nous : celle-ci n’est pas une réserve de ressources à exploiter. Pour nous croyants, le monde naturel est l’« Evangile de la Création », qui exprime la puissance créatrice de Dieu qui a façonné la vie humaine et fait exister le monde avec ce qu’il contient pour soutenir l’humanité. Le récit biblique de la création se conclut ainsi : « Dieu vit tout ce qu’il avait fait : cela était très bon » (Gn 1, 31). Quand nous voyons ces tragédies naturelles qui sont la réponse de la terre à nos mauvais traitements, je me dit : « Si je demande maintenant au Seigneur ce qu’il en pense, je ne crois pas qu’il me dira que c’est une très bonne chose ». C’est nous qui avons abîmé l’œuvre du Seigneur !

En célébrant aujourd’hui la journée mondiale de la terre, nous sommes appelés à retrouver le sens du respect sacré de la terre, car celle-ci n’est pas seulement notre maison, mais aussi la maison de Dieu. Cela fait naître en nous la conscience d’être sur une terre sacrée !

Chers frères et sœurs, « réveillons le sens esthétique et contemplatif que Dieu a mis en nous » (Exhort. ap. post-syn. Querida Amazonia, n. 56). La prophétie de la contemplation est quelque chose que nous apprenons en particulier des peuples originels, qui nous enseignent que nous ne pouvons pas prendre soin de la terre si nous ne l’aimons pas et ne la respectons pas. Ils ont cette sagesse du « bien vivre », pas au sens de prendre du bon temps, non : mais de vivre en harmonie avec la terre. Ils appellent cette harmonie « le bien vivre ».

Dans le même temps, nous avons besoin d’une conversion écologique qui s’exprime à travers des actions concrètes. En tant que famille unique et interdépendante, nous avons besoin d’un projet partagé pour conjurer les menaces contre notre maison commune. « L’interdépendance nous oblige à penser à un monde unique, à un projet commun » (LS, n. 164). Nous sommes conscients de l’importance de collaborer en tant que communauté internationale pour la protection de notre maison commune. J’exhorte ceux qui détiennent l’autorité à guider le processus qui conduira à deux conférences internationales importantes : la cop15 sur la biodiversité à Kunming (Chine) et la cop26 sur les changements climatiques à Glasgow (Royaume-Uni). Ces deux rencontres sont très importantes.

Je voudrais encourager à organiser des interventions concertées également au niveau national et local. Il est bon de se réunir ensemble de toute condition sociale et de donner vie également à un mouvement populaire venant « de la base ». La journée mondiale de la terre, que nous célébrons aujourd’hui, est née précisément ainsi. Chacun de nous peut apporter sa propre petite contribution : « Il ne faut pas penser que ces efforts ne vont pas changer le monde. Ces actions répandent dans la société un bien qui produit toujours des fruits au-delà de ce que l’on peut constater, parce qu’elles suscitent sur cette terre un bien qui tend à se répandre toujours, parfois de façon invisible » (LS, n. 212).

En ce temps pascal de renouveau, engageons-nous à aimer et à apprécier le magnifique don de la terre, notre maison commune, et à prendre soin de tous les membre de la famille humaine. Comme les frères et sœurs que nous sommes, supplions ensemble notre Père céleste : « Envoies ton esprit, renouvelle la face de la terre » (cf. Ps 104, 30).

Que Dieu vous bénisse ! »

(Avec V. N.)

Mercredi 20 Mai 2020

En la veille de la solennité de l’Ascension, le Pape François a poursuivi son cycle de catéchèses sur la prière, en méditant sur le mystère de la Création, lors de l’audience générale du mercredi 20 mai 2020. Le Saint-Père a insisté sur les vertus de l’émerveillement, provoquées par la beauté de la Création et qui se trouvent « à la source de la prière ».

« La vie, le simple fait d’exister, ouvre le cœur de l’homme à la prière ». Ainsi la première page de la Bible ressemble à « un grand hymne d’action de grâce » où le récit de la création célèbre la bonté et la beauté de tout ce qui existe, a déclaré le Souverain pontife argentin pour amorcer sa réflexion sur la joie de l’existence, stimulée par la beauté de la création.

En effet, selon lui, « au sommet de la création se trouve l’homme », « motif de satisfaction et de joie ». Et donc, par conséquent, « la beauté et le mystère de la création génèrent dans son cœur le premier élan qui suscite la prière ». « Bien qu’étant très fragile, l’être humain est l’unique créature consciente de tant de beauté dans l’univers. C’est pourquoi la prière de l’homme est étroitement liée au sentiment d’émerveillement », a assuré François, ajoutant que « la relation à Dieu est la grandeur de l’homme », « son intronisation ».

L’homme en prière contemple le mystère de l’existence autour de lui, voit le ciel étoilé au-dessus de lui - que l’astrophysique nous montre aujourd’hui dans toute son immensité - et se demande quel dessein d’amour il doit y avoir derrière une œuvre aussi puissante. Et, dans cette immensité sans limites, qu’est-ce que l’homme ? « Presque rien », dit un psaume (cf. 89, 48) : un être qui naît, un être qui meurt, une créature très fragile. Pourtant, dans l’univers entier, l’être humain est la seule créature consciente d’une telle profusion de beauté. Un petit être naît, meurt, a poursuivi le Pape François dans sa réflexion sur l’émerveillement.

« La grandeur de l’homme est infinitésimale par rapport aux dimensions de l’univers. Ses plus grandes réalisations semblent bien peu de choses... Mais l’homme n’est rien. Dans la prière, un sentiment de miséricorde est affirmé de façon écrasante », a-t-il ajouté.

« Par nature, a relevé le Pape, nous sommes presque rien, mais par vocation nous sommes les fils du grand Roi ». « La prière est donc la première force de l’espérance », a-t-il souligné, rappelant combien les hommes et les femmes qui prient savent que « l’espérance est plus forte que le découragement » ; « que l’amour est plus puissant que la mort et que sur leur visage se reflète un éclat de lumière ».
Raviver l’étincelle de l’action de grâce

Car, même les jours les plus sombres, « le soleil ne cesse de les éclairer. La prière t’illumine, elle t’illumine l’âme, le cœur, le visage. Même dans les temps les plus obscurs, même dans les temps de grande douleur », a détaillé le Pape.

Selon le Successeur de Pierre, il suffit de contempler un ciel étoilé, un coucher de soleil, une fleur..., pour raviver l’étincelle de l’action de grâce. Cette expérience est peut-être à la base de la première page de la Bible.
Porter la joie partout, dire merci

Le Pape François a donc tenu à insister sur le fait que, tous, nous sommes porteurs de joie. « La vie, don de Dieu, dans sa brièveté ne doit pas être vécue dans la tristesse car nous sommes les enfants du grand Roi, capables de lire sa signature dans toute la création », avant de nous interpeller : « Avez-vous pensé à cela, que vous êtes porteurs de joie ? Ou préférez-vous porter de mauvaises nouvelles qui rendent tristes ? Tous nous sommes capables de porter la joie ».

Et François de conclure sur l’action de grâce : « Cette vie est le don que Dieu nous a fait : et elle est trop courte pour être consumée par la tristesse, Louons Dieu, en étant contents d’exister tout simplement. Cela nous pousse à dire merci, et ce merci est une belle prière ».

(Avec V. N.)

Lundi 18 Mai 2020

Ce lundi, à cent ans de la naissance de Karol Wojtyla, ce n’est pas à Sainte-Marthe mais depuis la basilique Saint-Pierre que le Saint-Père a célébré sa messe matinale, dans la chapelle Saint-Sébastien où se trouve, sous l’autel, la tombe du saint Pape polonais. Une vingtaine de personnes étaient présentes dans l’assemblée.

Parmi les concélébrants figuraient le cardinal Angelo Comastri, vicaire général du pape pour la Cité du Vatican et archiprêtre de la basilique vaticane, le cardinal polonais Konrad Krajewski, aumônier apostolique (qui fut cérémoniaire adjoint durant les dernières années du pontificat de son compatriote polonais), Mgr Piero Marini, pendant 18 ans maître des célébrations liturgiques sous le pontificat de Jean-Paul II, et Mgr Jan Romeo Pawłowski, chef de la troisième section de la Secrétairerie d’État, qui s’occupe du personnel diplomatique du Saint-Siège.

Le Pape a introduit la messe en priant « Dieu, riche en miséricorde », qui a appelé saint Jean-Paul II à conduire toute l’Église, pour qu’Il nous accorde, « forts de son enseignement, d’ouvrir nos cœurs avec confiance à la grâce salvatrice du Christ, unique Rédempteur de l’homme ».

Dans son homélie, le Saint-Père s’est appuyé sur un verset du psaume (149) : « Car le Seigneur aime son peuple », afin d’évoquer saint Jean-Paul II. « Il y a cent ans, le Seigneur a visité son peuple », a déclaré François, « Il a envoyé un homme, il l’a préparé pour le faire évêque », et cet évêque est devenu le pasteur de l’Église catholique. Jean-Paul II présentait plusieurs traits de ressemblance avec le « Bon Pasteur », et François en a retenu trois : la prière, la proximité avec le peuple, l’amour de la justice.

Jean-Paul II « priait, il priait beaucoup », et malgré un emploi du temps chargé, il trouvait beaucoup de temps pour la prière. « Il savait bien que le premier devoir d’un évêque est la prière », a expliqué le Pape François, rappelant que ce devoir venait directement de l’enseignement de saint Pierre dans les Actes des Apôtres. Jean-Paul II montre aussi que « lorsqu’un évêque fait son examen de conscience le soir il doit se demander : combien d’heures ai-je prié aujourd’hui ? ».
Un apôtre de la miséricorde et de la justice

« Modèle d’évêque qui prie », le Souverain Pontife polonais était aussi un « homme de proximité ». « Ce n’était pas un homme séparé de son peuple », en témoignent ses voyages apostoliques dans le monde entier « pour trouver son peuple ». « La proximité est l’un des traits de Dieu avec son peuple », a déclaré François, « un pasteur est proche de son peuple, le contraire n’est pas un pasteur, c’est un hiérarque, un administrateur, bon peut-être, mais ce n’est pas un pasteur ». Saint Jean-Paul II nous a donc « donné l’exemple de cette proximité avec les grands et les petits, avec ceux qui sont proches et ceux qui sont loin, [il était] toujours proche, il se faisait proche ».

Enfin le Pape Wojtyla montrait aussi un « amour de la justice », « une justice pleine ». « Un homme qui voulait la justice sociale, la justice des peuples, la justice qui chasse les guerres », a précisé François, « mais la justice pleine ». « Il était donc l’homme de la miséricorde, car miséricorde et justice vont ensemble ». On ne trouve pas l’une sans l’autre. « Pensons à tout ce que saint Jean-Paul II a fait pour que les gens comprennent la miséricorde de Dieu », a rappelé François, « pensons combien il a promu la dévotion à sainte Faustine », apôtre de la miséricorde divine. « Il avait senti que la justice de Dieu avait ce visage de miséricorde », il s’agit d’un « don qu’il nous a laissé : la justice-miséricorde et la miséricorde juste ».

« Prions-le aujourd’hui, a conclu le Saint-Père, pour qu’il nous donne à tous, spécialement aux pasteurs de l’Église, mais à tous, la grâce de la prière, la grâce de la proximité, et la grâce de la justice-miséricorde et de la miséricorde-justice ».

Parmi les chants entonnés après la communion, “Jesus Christ, You are my life”, hymne informel de chaque JMJ depuis celles de Rome 2000.

Il s’agissait de la dernière des messes du matin célébrées par le Pape François et retransmises en direct depuis le 9 mars dernier. L’initiative des retransmissions avait été prise suite à la suspension des célébrations publiques dans une large partie du monde en raison de la pandémie de Covid-19. Avec la reprise des messes en Italie et dans d’autres pays ce lundi, la retransmission en direct de cette messe de 7 heures en la chapelle de la maison Sainte-Marthe cessera dès demain, 19 mai. Comme il l’a exprimé ces derniers jours, François espère qu’ainsi « le peuple de Dieu puisse retrouver la familiarité communautaire avec le Seigneur dans les sacrements », en participant aux liturgies dominicales, et « reprenant, aussi dans les églises, la fréquentation quotidienne du Seigneur et de sa Parole ». Tout cela en respectant toujours les prescriptions établies, a aussi souligné le Saint-Père lors du Regina Cœli, dimanche 17 mai.

Les homélies de la messe matinale du Saint-Père continueront toutefois d’être publiées sur notre site internet.

(Avec V. N.)

Dimanche 17 Mai 2020

Avant de réciter la prière du Regina Cœli, le Pape François a médité sur l’amour gratuit prodigué par le Christ, qui induit que si nous l’aimons « nous observerons ses commandements ».

L’Évangile de ce dimanche (cf. Jn 14, 15-21) présente deux messages fondamentaux : l’observation des commandements et la promesse de l’Esprit Saint. Ainsi le Pape François a introduit sa réflexion avant de prier le Regina Cœli, ce dimanche 17 mai.

« Jésus lie son amour à l’observation des commandements, et sur ce point il insiste dans son discours d’adieu : "Si vous m’aimez, vous observerez mes commandements" (v. 15) », a détaillé le Saint-Père. « Celui qui accepte mes commandements et les observe, c’est celui-là qui m’aime » (v. 21).

Le Pape François nous explique ainsi que Jésus nous demande de l’aimer, mais que « cet amour ne se termine pas par un désir pour Lui, ou par un sentiment », mais qu’il requiert « la volonté de suivre Son chemin, c’est-à-dire la volonté du Père ».

Et cela se résume dans le commandement de l’amour mutuel, donné par Jésus lui-même, a souligné François : ’’Comme je vous ai aimés, aimez-vous les uns les autres’’ (Jn 13, 34). Il n’a pas dit : "Aimez-moi comme je vous ai aimés", mais "aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés’’. Il nous aime sans rien nous demander en retour, et il veut que son amour gratuit devienne la forme concrète de la vie entre nous : c’est sa volonté.

Et le Souverain pontife de poursuivre : « Après la mort et la résurrection de Jésus, son amour est donné à ceux qui croient en Lui et sont baptisés au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit ».

C’est ainsi que « l’Esprit lui-même » nous guide, nous éclaire, nous fortifie, afin que chacun puisse évoluer dans la vie, même dans l’adversité et les difficultés, dans les joies et les peines, en restant sur le chemin de Jésus.

Cela est possible précisément en restant docile à l’Esprit Saint, afin que, par sa présence agissante, il puisse « non seulement consoler » mais aussi « transformer les cœurs, en les ouvrant à la vérité et à l’amour ».

En effet, face à l’expérience de l’erreur et du péché - que nous faisons tous - l’Esprit Saint nous aide à ne pas succomber et nous fait saisir et vivre pleinement le sens des paroles de Jésus : "Si vous m’aimez, vous observerez mes commandements" (v. 15).

Le Pape François a ensuite précisé : « Les commandements ne nous sont pas donnés comme une sorte de miroir dans lequel on peut voir se refléter nos misères et nos incohérences. Non, la Parole de Dieu nous est donnée comme Parole de vie, qui transforme, qui renouvelle, qui ne juge pas pour condamner, mais guérit et a pour finalité le pardon. Une parole qui est une lumière dans nos pas, œuvre de l’Esprit Saint, pour que nous devenions « des personnes qui ont compris que la vie est une mission pour annoncer les merveilles que le Seigneur accomplit en ceux qui lui font confiance ».

Le Pape François, au terme de la prière du Regina Cœli de ce dimanche, a évoqué, avec affection, la figure de Saint Jean-Paul II alors que l’on célébrera, ce lundi 18 mai 2020, le centenaire de sa naissance. Le Saint-Père a par ailleurs évoqué la reprise des messes sur la péninsule italienne ce lundi 18 mai.

À la veille du centenaire de la naissance de Saint Jean-Paul II, à Wadowice, en Pologne, le Pape François a confié se souvenir du Pape polonais« avec beaucoup d’affection et de gratitude ». « Depuis les Cieux, il continue d’intercéder pour le Peuple de Dieu et la paix dans le monde ».

Demain matin à 7 heures, a rappelé le Saint-Père, « je célébrerai la messe, qui sera transmise dans le monde entier ». Cette célébration aura lieu dans la chapelle où se trouve la tombe du Pape Jean-Paul II, en la basilique Saint-Pierre de Rome.

Le Pape a ensuite évoqué la reprise des célébrations liturgiques avec les fidèles dans certains pays, et notamment en Italie ce lundi, exhortant à la prudence. « S’il vous plaît, allons de l’avant avec les règles, les prescriptions qui sont données, afin de protéger la santé de chacun et du peuple » a demandé le Saint-Père.
Proximité avec les jeunes dont la première communion est reportée

Le Pape François s’est également adressé, en ce sixième dimanche de Pâques, aux enfants qui s’apprêtaient à recevoir la première communion mais qui vont devoir patienter en raison de l’épidémie de Covid-19. « En mai, a-t-il relevé, dans de nombreuses paroisses, il est de tradition de célébrer les messes de la première communion. De toute évidence, en raison de la pandémie, ce beau moment de foi et de fête a été reporté ».

Le Saint-Père a ainsi souhaité « envoyer une pensée affectueuse aux garçons et aux filles qui auraient dû recevoir l’Eucharistie pour la première fois », les invitant « à vivre ce temps d’attente comme une occasion de mieux vous préparer : en priant, en lisant le livre du catéchisme pour approfondir la connaissance de Jésus, en mûrissant dans la bonté et dans le service aux autres ».

Le Pape a par ailleurs exhorté à promouvoir des attitudes vertueuses en faveur de la création, alors que se tient actuellement la semaine Laudato Si’, sur le thème « Tout est lié » à l’occasion du cinquième anniversaire de son encyclique sur la sauvegarde de la maison commune. Cette initiative s’achèvera dimanche 24 mai. « En ces temps de pandémie où nous sommes plus conscients de l’importance de prendre soin de notre maison commune, j’espère que toute la réflexion et l’engagement communs aideront à créer et à renforcer des attitudes constructives pour le soin de la création ».

(Avec V. N.)

Mercredi 13 Mai 2020

Lors de l’audience générale tenue en la bibliothèque du Palais apostolique, le Pape a poursuivi son cycle de catéchèses sur la prière.

« La prière appartient à tous, aux hommes de toute religion, et probablement aussi à ceux qui n’en professent aucune », a d’emblée expliqué le Pape, à la veille de la journée du 14 mai, durant laquelle les croyants de toutes les religions du monde seront invités à prier dans le contexte de la pandémie de coronavirus, avant de revenir sur les spécificités de la prière chrétienne.

« La prière naît dans le secret de nous-mêmes, dans ce lieu intérieur que les auteurs spirituels appellent souvent “le cœur” », a expliqué François, en reprenant des termes du Catéchisme de l’Église catholique. La prière relie donc toutes les dimensions de notre être profond. « Les émotions prient, mais on ne peut pas dire que la prière soit seulement une émotion. L’intelligence prie, mais prier n’est pas seulement un acte intellectuel. Le corps prie, mais on peut parler avec Dieu aussi dans la plus grave invalidité. C’est donc tout l’homme qui prie, s’il prie avec son “cœur” », a insisté le Pape.

La prière est un élan qui évoque « la nostalgie d’une rencontre » et une dynamique de lien entre le « moi » et le « Tu ». Cette dilatation du cœur que le chrétien vit quand il prie ouvre donc à une relation, et non pas à un repli sur soi. Dieu a voulu entrer en relation avec chacun de nous, et « le christianisme est la religion qui célèbre continuellement la “manifestation” de Dieu, c’est-à-dire son épiphanie. Les premières fêtes de l’année liturgique sont la célébration de ce Dieu qui ne reste pas caché, mais qui offre son amitié aux hommes », à travers l’inscription de Jésus dans l’histoire humaine.

« Le christianisme a banni du lien avec Dieu toute relation de type “féodal” », a expliqué François, en rappelant que la relation entre Dieu et les hommes ne doit jamais être une « sujétion », un « esclavage » ou une « vassalisation », mais qu’au contraire le patrimoine spirituel chrétien évoque des paroles douces pour évoquer cette relation : « alliance », « amitié », « promesse », « communion », ou encore « proximité ».

« Dieu est l’ami, l’allié, l’époux », et dans le “Notre Père” Jésus nous a appris à adresser au Père toute une série de demandes. Nous pouvons donc tout demander à Dieu, tout Lui raconter. Même si nous nous sentons en défaut, même si nous avons été infidèles, « Lui, Il continue à bien nous aimer ». Jésus l’a démontré dans son amour inconditionnel pour ses disciples, le soir de la Cène, alors même qu’Il savait qu’il serait trahi.

Dieu attend donc que nous lui ouvrions la porte de notre cœur. « Parfois, il frappe à la porte du cœur mais il n’est pas envahissant : il attend », il a la tendresse et la patience « d’un papa et d’une maman ». Le « noyau incandescent » de la prière chrétienne est donc tourné vers un « Dieu d’amour, notre Père qui nous attend et nous accompagne », a conclu le Pape François.

(Avec V. N.)

Dimanche 10 Mai 2020

Avant la prière du Regina Coeli, le Pape François est revenu sur le début de du discours d’adieu de Jésus à ses disciples : nous sommes faits pour la joie du Ciel et seule une voie peut nous y mener, celle de Jésus en qui nous devons sans cesse nous confier.

L’Évangile proclamé ce dimanche (Jn 14, 1-12) est le début du « discours d’adieu » de Jésus à ses disciples, au cours de la dernière Cène, juste avant d’entrer dans sa Passion. L’heure est grave, mais Jésus dit à ses apôtres : « que votre cœur ne se trouble pas » ; il nous le dit encore aujourd’hui, face aux drames de la vie. Mais comment pouvons-nous faire pour ne pas laisser nos cœurs se troubler, demande le Pape.

Jésus nous indique deux « remèdes » pour cela. « Croyez en moi », enjoint-il avant tout. « Cela peut sembler théorique, abstrait », souligne François , mais en réalité, poursuit-il, Jésus veut nous dire quelque chose de précis. Il sait que le trouble et l’angoisse peuvent venir du sentiment de ne pas pouvoir faire y arriver, de se retrouver seul et sans repères face aux événements. Cette anxiété, grevée par les difficultés, ne peut être surmontée seul. « C’est pourquoi Jésus nous demande d’avoir foi en Lui, de ne pas nous appuyer sur nous-mêmes mais sur Lui ». Car la libération de l’angoisse passe par la confiance, certifie le Pape qui propose de s’adresser ainsi au Seigneur : « Jésus, je crois que tu es ressuscité et que tu es à mes côtés. Je crois que tu m’écoutes. Je t’apporte ce qui me tourmente et m’angoisse : j’ai foi en toi et je me confie en toi ».
Notre place est au Ciel

Le second remède offert par Jésus s’exprime par ces mots : « dans la maison de mon père, il y a de nombreuses demeures. Je pars vous préparer une place ». « C’est ce que Jésus a fait pour nous, il nous a réservé une place au Ciel », insiste le Pape. Cette place réservée à chacun de nous est une « certitude qui console ». « Ne vivons pas sans but ni sans destination, poursuit-il. Nous sommes attendus, nous sommes précieux. Dieu est épris de la beauté de ses enfants. Et pour nous, il a préparé le lieu le plus digne et le plus beau : le paradis ». Là se trouve notre demeure ; c’est pour le Ciel et la vie éternelle que nous sommes faits. Il est encore difficile pour nous d’imaginer ce qu’est l’éternité, concède François, mais une chose est sûre : tout cela se fera dans la joie, en pleine communion avec Dieu et avec les autres.

Mais comment parvenir au Ciel ? Encore une fois, la réponse se dévoile dans les paroles mêmes du Christ : « Moi, je suis le chemin », dit-il. La voie pour aller au Ciel est celle de Jésus : « c’est d’avoir une relation vivante avec Lui, l’imiter dans l’amour, suivre ses pas ». Il existe des voies qui n’amènent pas au Ciel : « celles du pouvoir, de la mondanité, de l’affirmation de soi », énumère le Pape. À ces chemins trompeurs, s’oppose la voie du Seigneur, celle de l’amour humble, de la prière, de la douceur, de la confiance. C’est avancer chaque jour en demandant à Jésus : « que penses-tu de mon choix ? Que ferais-tu à ma place ? ». Il serait bon d’oser demander à Jésus qui est le chemin, les « indications pour le Ciel », a conclu le Pape François, invitant, comme toujours, à se tourner vers la Vierge Marie, afin qu’elle aide chacun à suivre son fils.

(Avec V. N.)

Mercredi 6 Mai 2020

Le Pape François a commencé lors de l’audience générale un nouveau cycle de catéchèses qui porte sur la prière. Revenant sur l’épisode de l’aveugle Bartimée, raconté dans l’Evangile selon saint Marc, le Saint-Père a rappelé le sens du cri d’un cœur qui se tourne vers Dieu.

Depuis la bibilothèque du palais apostolique, le Pape François a tenu son audience générale qui inaugure un nouveau cycle de catéchèse. Après un cycle sur les Béatitudes, ce mercredi de la quatrième semaine de Pâques il a inauguré un nouveau cycle sur la prière.

La prière « est la respiration de la foi, son expression la plus juste. Elle est comme un cri qui sort du cœur de celui qui croit et se confie à Dieu » a expliqué le Pape. François est revenu sur le passage de l’Evangile de Saint-Marc (Mc 10, 46-52) lu avant sa catéchèse qui relate l’histoire de Bartimée, un mendiant aveugle de la ville de Jéricho, qui crie vers Jésus. « Il utilise la seule arme en sa possession pour attirer l’attention de Jésus : il crie. »

Après ce cri, beaucoup lui demandent de se taire, a relaté le Pape, « mais lui continue, et Jésus écoute son cri ». Bartimé avait décidé qu’il ferait tout son possible pour rencontrer Jésus. Il ne sait pas où est Jésus mais il devine sa présence gâce au bruit de la foule. Bartimé est seul mais personne ne s’en soucie.

La manière dont s’exprime Bartimée à Jésus est très importante a pousuivi François : « Fils de David, Jésus, aie pitié de moi ! ». Elle signifie "le Messie", « c’est une profession de foi qui sort de la bouche de cet homme méprisé de tous ». La prière de Bartimée touche le cœur de Jésus, le cœur de Dieu, et les portes du salut s’ouvrent pour lui.

Jésus l’appelle et il va reconnaître chez cet homme pauvre, sans défense, méprisé, la puissance de sa foi qui attire la miséricorde et la puissance de Dieu. Bartimée est un homme persévérant, a précisé le Pape. Autour de lui il y avait des gens qui expliquaient qu’il était inutile d’implorer, que crier était un vacarme qui dérangeait, c’est tout. Mais lui continue à crier de plus belle et à la fin il obtient ce qu’il voulait.

Jésus reconnaît ainsi à cet homme pauvre, impuissant et méprisé toute la force de sa foi, qui attire la miséricorde et la puissance de Dieu. « La foi, c’est avoir deux mains levées, une voix qui crie pour implorer le don du salut », a poursuivi le Souverain Pontife.

A travers le cri de Bartimée, a poursuivi le Pape François, il y a dans le cœur d’un homme qui invoque Dieu, « une voix qui sort spontanément, sans que personne ne la commande, une voix qui s’interroge sur le sens de notre chemin, surtout lorsque nous nous trouvons dans l’obscurité : "Jésus, aie pitié de moi ! Jésus, aie pitié de nous tous !” »

Les chrétiens partagent le cri de la prière avec tous les hommes et les femmes. Saint Paul élargit l’horizon en rappelant que « la création tout entière gémit, elle passe par les douleurs d’un enfantement » (Rm 8, 22). Le Pape François a conclu sa catéchèse en utilisant une belle formule qui résume ce cri de Bartimée vers Jésus, un cri universel : « l’homme est un mendiant de Dieu ».

(Avec V. N.)

Dimanche 3 Mai 2020

Lors de la prière du Regina Coeli de ce quatrième dimanche de Pâques, dimanche du Bon Pasteur, le Saint-Père est revenu sur l’importance de savoir faire la distinction entre la voix de Dieu et la voix tentante, qui conduit au mal.

L’Évangile dit : « Les brebis entendent sa voix : il appelle ses brebis, chacune par son nom » (Jn 10, 3). « Le Seigneur nous appelle par notre nom, il nous appelle parce qu’il nous aime. Mais, l’Evangile le répète, il y a d’autres voix, à ne pas suivre : celles des étrangers, des voleurs et des brigands qui veulent le mal des brebis », a déclaré le Saint-Père, débutant sa réflexion. Il y différentes voix qui résonnent en chacun de nous, a-t-il expliqué. La voix de Dieu « qui parle gentiment à la conscience » et la « la voix tentante qui conduit au mal ».

Comment alors apprendre à discerner ces deux voix ? Elles parlent deux langues différentes et ont « des façons opposés de frapper nos coeur », a éxpliqué le Pape. D’un côté, « la voix de Dieu ne nous force jamais : Dieu se propose, il ne s’impose pas ». De l’autre côté, « la voix du mal séduit, assaille, force : elle suscite des illusions éblouissantes, des émotions tentantes, mais éphémères. Au début, il nous flatte, il nous fait croire que nous sommes tout-puissants, mais ensuite il nous laisse vides à l’intérieur et nous accuse : "Vous ne valez rien” ». Au contraire, « la voix de Dieu nous corrige, avec tant de patience, mais nous encourage toujours, nous console : elle nourrit toujours l’espoir ». « La voix de Dieu est une voix qui a un horizon, au lieu de cela, la voix du méchant vous emmène vers un mur, vous emmène dans un coin », a ajouté le Saint-Père.

Une autre différence. La voix de l’ennemi « nous distrait du présent et veut que nous nous concentrions sur les craintes de l’avenir ou la tristesse du passé » faisant ainsi remonter à la surface « l’amertume, le souvenir des torts subis, de ceux qui nous ont fait du mal », tandis que celle de Dieu en revanche s’adresse au présent : « Maintenant, vous pouvez faire le bien, maintenant vous pouvez exercer la créativité de l’amour, maintenant vous pouvez renoncer aux regrets et aux remords qui retiennent votre cœur captif ».

Pour continuer, le Souverain Pontife a fait part d’une autre astuce pour discerner ces deux voix : elles soulèvent en nous des questions différentes. « Ce qui vient de Dieu sera : "Qu’est-ce qui est bon pour moi ? Au lieu de cela, le tentateur insistera sur une autre question : "Qu’est-ce que j’ai envie de faire ? Ce que je ressens : la voix du mal tourne toujours autour de l’ego, de ses pulsions, de ses besoins, de tout et tout de suite. La voix de Dieu, au contraire, ne promet jamais la joie à bas prix : elle nous invite à dépasser notre ego pour trouver le vrai bien, la paix. »

Le mal ne nous donne jamais la paix, il provoque la frénésie avant et laisse l’amertume après, a pris soin de rappeler le Pape François.

Enfin, a expliqué le Pape, la voix de Dieu et celle du tentateur s’expriment dans des « milieux différents ». « L’ennemi préfère l’obscurité, le mensonge, le bavardage » alors que « le Seigneur aime la lumière du soleil, la vérité, la transparence sincère ».

L’ennemi dira : « Enfermez-vous en vous-même, car personne ne vous comprend et ne vous écoute, ne vous faites pas confiance ! Le bien, au contraire, nous invite à nous ouvrir, à être clairs et confiants en Dieu et dans les autres ».

Pour terminer, le Pape a demandé à chacun d’être « attentifs aux voix qui atteignent nos coeurs : demandons-nous d’où elles viennent. Demandons la grâce de reconnaître et de suivre la voix du bon Pasteur, qui nous fait sortir des barrières de l’égoïsme et nous conduit vers les pâturages de la vraie liberté. Que Notre-Dame, Mère du Bon Conseil, guide et accompagne notre discernement ».

Dans son appel suivant la prière du Regina Coeli, le Saint-Père est revenu sur la 57ème journée mondiale de prière pour les vocations qui se tient ce dimanche 3 mai.

L’existence chrétienne est toujours une réponse à l’appel de Dieu, quel que soit l’état de vie, a rappelé le Pape.

Depuis la bibliothèque de Vatican, après avoir récité la prière du Regina Coeli, le Souverain Pontife est revenu sur la journée mondiale de prière pour les vocations, qui se tient ce dimanche 2 mai, « ce jour nous rappelle ce que Jésus a dit un jour, que le champ du Royaume de Dieu exige beaucoup de travail, et nous devons prier le Père d’envoyer des ouvriers pour travailler dans son champ » (cf. Mt 9, 37-38). Le sacerdoce et la vie consacrée exigent du courage et de la persévérance, a expliqué le Saint-Père.

Le Pape François a ensuite tenu à adresser, une fois de plus, sa proximité avec ceux qui souffrent de la maladie Covid-19 et « avec ceux qui se consacrent à leurs soins, avec tous ceux qui, de quelque manière que ce soit, souffrent de la pandémie ». Dans le même temps, il a encouragé la coopération internationale qui se met en place. « Il est en effet important de réunir les capacités scientifiques, de manière transparente et désintéressée, pour trouver des vaccins et des traitements et garantir l’accès universel aux technologies essentielles qui permettront à chaque personne infectée, dans toutes les régions du monde, de recevoir les soins de santé nécessaires » a t-il souligné.

Enfin, le Souverain Pontife a eu une pensée pour l’Association « Meter », promoteur de la Journée nationale pour les enfants victimes de violence, d’exploitation et d’indifférence et a rappelé l’invitation, du Haut Comité pour la Fraternité humaine selon laquelle le 14 mai prochain, les croyants de toutes les religions devraient s’unir spirituellement lors d’une journée de prière et de jeûne, pour implorer Dieu d’aider l’humanité à surmonter la pandémie de coronavirus.

(Avec V. N.)

Mercredi 29 avril 2020

Lors de l’audience générale tenue dans la bibliothèque du palais appostolique, le Pape François a clos son cycle catéchétique sur les Béatitudes, s’attardant sur la dernière d’entre elles : « Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice, car le Royaume des cieux est à eux » (Mt 5, 10). Loin de toute victimisation, le drame de la persécution nous configure au Christ crucifié et nous associe à sa Passion, a affirmé le Saint-Père.
Cette dernière Béatitude est étroitement liée à la première et parle de la même joie : le royaume des Cieux est celui des persécutés comme celui des pauvres en esprit. Elle vient couronner un seul et même parcours. Et l’on comprend que la pauvreté en esprit, les pleurs, la douceur, la soif de sainteté, la miséricorde, la purification du cœur et les œuvres de paix peuvent conduire à la persécution à cause du Christ, mais qu’elle deviendra in fine source de joie et de grande récompense au Ciel. Ces Béatitudes représentent un « cheminement pascal » qui nous fait passer « d’une vie selon le monde à une vie selon Dieu, d’une existence vécue selon le monde et selon la chair à une existence guidée par l’Esprit ».

Or, le monde, avec ses idoles et ses compromis ne peut approuver cette existence, note le Pape. « Pour les structures de péché engendrées par la mentalité humaine, la vie selon l’Evangile est une erreur et un problème ». Dans un monde basé sur l’argent, quiconque montre que la vie peut s’accomplir dans le don et le renoncement de soi représente une « nuisance » pour « le système de l’avidité ». Ainsi, « dans la beauté de la sainteté et la vie des enfants de Dieu il y a quelque chose d’inconfortable qui appelle à une prise de position : se laisser interroger et s’ouvrir à la bonté, ou rejeter cette lumière et endurcir son cœur, jusqu’à l’opposition et l’acharnement ».

Voilà pourquoi « le drame de la persécution est aussi le lieu de la libération de l’assujettissement au succès, à la vaine gloire et aux compromis mondains ». Et le Pape d’évoquer la douloureuse réalité de ces nombreux chrétiens devenus « membres ensanglantés du corps du Christ » en raison des persécutions qu’ils subissent encore aujourd’hui.

Prenons garde toutefois à ne pas appréhender cette béatitude sous un prisme victimaire, avertit le Souverain Pontife qui poursuit : « le mépris des hommes n’est pas toujours synonyme de persécutions ». Il existe un mépris qui est de notre faute, lorsque, par exemple, nous perdons la saveur du Christ et de l’Evangile. De là, le besoin de rester sur l’humble sentier des Béatitudes qui nous porte vers le Christ, non vers le monde.

L’exclusion et la persécution, manifestation de la vie nouvelle, nous configurent au Christ crucifié en nous associant à sa passion. Accepter son Esprit peut remplir notre cœur d’amour au point d’offrir notre vie pour le monde, sans se compromettre avec ses erreurs et en acceptant d’en être rejeté. C’est là, conclut le Pape, « la vie du Royaume des Cieux, le vrai bonheur ».
Fête de saint Joseph

S’adressant aux fidèles francophones, le Souverain Pontife a évoqué la fête de saint Joseph, travailleur, le 1er mai prochain : « je confie à la miséricorde de Dieu toutes les personnes frappées par le chômage dû à la pandémie actuelle. Que le Seigneur soit la Providence de tous ceux qui sont dans le besoin et nous incite à leur venir en aide ! Que Dieu vous bénisse ! »

(Avec V. N.)

Dimanche 26 Avril 2020

En ce troisième dimanche de Pâques, l’évangéliste saint Luc nous entraîne vers Emmaüs, avec les deux disciples qui sont rejoints par Jésus. Lors de la prière du Regina Cœli, récitée depuis la depuis la bibliothèque du Palais apostolique, le Saint-Père s’est appuyé sur ce récit pour décrire un cheminement qui peut devenir le nôtre : celui qui va de la tristesse à la joie, de la déception à l’amour de Dieu.

Jérusalem-Emmaüs, 11 kilomètres : un trajet dont l’aller et le retour sont vécus bien différemment par les deux disciples, tant la rencontre avec le Ressuscité les a bouleversés. Le premier voyage se passe « dans la tristesse, le second dans la joie », a résumé le Saint-Père. Pourtant, à l’aller, Jésus est auprès d’eux, mais les pèlerins ne le reconnaissent pas et restent « découragés et sans espérance ». Au retour, « ils ne le voient plus, mais ils le sentent proche » et s’en vont raconter leur heureuse rencontre aux disciples restés à Jérusalem.
Changer de centre

Le récit de saint Luc parle toujours aux disciples d’aujourd’hui. « Dans la vie, nous avons devant nous deux directions opposées », a expliqué François : le chemin de celui qui « se laisse paralyser par les déceptions de la vie et avance tristement » ; ou bien le chemin de « celui qui ne met ni lui-même ni ses problèmes au premier plan », mais Jésus et ses frères. Entre les deux, un virage, consistant à « cesser d’orbiter autour de son propre moi, des déceptions du passé, des idéaux non réalisés », pour se tourner tout entier vers « la réalité la plus grande et vraie de la vie : Jésus est vivant, Jésus m’aime ». « Une réalité belle, positive, solaire, belle ! », s’est exclamé le Pape.

« L’inversion de la marche est celle-ci, a-t-il ensuite insisté : passer des pensées sur mon propre moi à la réalité de mon Dieu », des hypothèses et des regrets à la certitude que « le Seigneur est vivant, Il marche avec nous ». Lorsque « nous nous lamentons », nous restons « dans cet air gris de la tristesse », et cela « ne nous aide pas, et ne fait pas non plus grandir le bien ».

Et François de préciser les modalités de ce changement, qui survient « en rencontrant Jésus ». D’abord, « ouvrir son cœur à Jésus, Lui confier les poids, les fatigues, les déceptions de la vie ». Ensuite, « écouter Jésus, prendre l’Évangile entre ses mains » et le lire, en particulier l’Évangile de ce dimanche. Enfin « prier Jésus » avec les mots des disciples : « Reste avec nous Seigneur », « parce que nous avons besoin de toi pour trouver le chemin. Et sans Toi il fait nuit ».

« Dans la vie nous sommes toujours en chemin », a enfin rappelé le Saint-Père, « et nous devenons ce vers quoi nous allons ». À nous, donc, de choisir « le chemin de Dieu, et non pas celui du moi ». Comme aux disciples d’Emmaüs, une lumineuse assurance se révèlera : « nul imprévu, nulle montée, nulle nuit que l’on ne puisse affronter avec Jésus ».

Le Pape a conclu son propos en confiant tous les fidèles à la prière de la Vierge Marie, « Mère du chemin ».

Après avoir récité la prière du Regina Coeli, le Pape François a rappelé l’importance de prévenir et de soigner le paludisme. Au lendemain de la Journée internationale de lutte contre le paludisme, il a exprimé sa proximité aux malades et aux personnels soignants.

« Alors que nous combattons la pandémie de coronavirus, nous devons faire avancer notre engagement pour prévenir et guérir le paludisme qui menace des milliards de personnes dans de nombreux pays. Je suis proche de tous les malades, de tous ceux qui les soignent et de ceux qui travaillent pour que chaque personne ait accès à de bons services sanitaires de base » a déclaré le Saint-Père depuis la bibliothèque du palais apostolique après la prière du Regina Coeli ce dimanche.

Le paludisme a frappé 228 millions de personnes dans le monde et en a tué 405 000. Le continent le plus touché est l’Afrique qui a enregistré la moitié des décès dus à cette maladie. Or, à cause de la pandémie de Covid-19, le bilan cette année pourrait être bien supérieur à cause de problèmes de distribution de moustiquaires et de médicaments. Selon l’Organisation mondiale de la Santé, près de 400 000 personnes supplémentaires pourraient mourir de cette maladie cette année sur le continent, soit 770 000. En 2018, les deux-tiers des victimes étaient des enfants de moins de cinq ans.

Preuve de cette crise à venir, le Zimbabwe annonce une hausse de près de 50 % des cas de paludisme par rapport à l’année dernière selon des chiffres officiels. Le nombre de décès a lui, augmenté de 20 %. « Cette année, le nombre de cas de paludisme dans le pays est de 170 303 et celui des morts de 152, comparés respectivement à 117 715 et 127 en 2019 » a affirmé le ministère de la Santé. De plus, l’augmentation du nombre de cas de paludisme laisse craindre que ceux de coronavirus passent inarperçus puisque certains des symptômes sont similaires. Jusqu’à présent, le Zimbabwe a recensé officiellement 29 cas confirmés de Covid-19 et quatre décès.

Dans ses autres saluts, le Pape a rappelé la Journée pour l’université catholique du Sacré-Cœur qui a cette année pour thème « Alliés pour le futur ». François a invité à soutenir cet établissement qui cherche à conjuguer la recherche scientifique et la formation intégrale des personnes.

Le Saint-Père a également salué les participants à la « Lecture nationale des Saintes Écritures » en Pologne. Il en a profité pour rappeler son conseil de porter toujours sur soi l’Évangile et de le lire tous les jours. Il a enfin rappelé aux fidèles la lettre qu’il a publiée hier et par laquelle il invite à prier en mai, le mois de Marie, le chapelet avec deux autres prières qu’il a rédigé lui-même. « Notre Mère nous aidera à affronter avec plus de foi et d’espérance le temps d’épreuve que nous traversons ».

(Avec V. N.)

Mercredi 22 avril 2020

Lors de l’audience générale depuis la bibliothèque du Palais apostolique, le Pape François a évoqué la 50ème Journée Mondiale de la Terre. Situant sa réflexion dans la lignée de "Laudato Si’", il l’a présentée comme une « opportunité pour renouveler notre engagement à aimer notre maison commune et à en prendre soin ».

« Comme la tragique pandémie de coronavirus est en train de nous le démontrer, c’est seulement ensemble et en prenant en charge les plus fragiles que nous pourrons vaincre les défis globaux », a expliqué le Pape François. Il a donc invité à s’engager dans le soin de la maison commune, l’être humain étant à la fois fait de « matière terrestre », dépendant des fruits de la terre, et portant un « souffle vital qui vient de Dieu ».

Apportant son soutien aux mouvements de défense de l’environnement, le Pape remarque que la dégradation de la nature a atteint un niveau qui met en péril la survie de l’être humain. La crise actuelle a donc aussi une dimension spirituelle. « Nous avons péché contre la terre, contre notre prochain, et en définitive contre le Créateur, le Père bon qui fournit ce qu’il faut pour chacun et qui veut que nous vivions ensemble en communion et prospérité ». « Dieu pardonne toujours, nous les hommes nous pardonnons parfois, mais la Terre ne pardonne jamais », a remarqué le Pape en citant un dicton espagnol.

L’enjeu pour chaque personne est donc de retrouver une relation harmonieuse avec son prochain, et avec toute la Création. Si nous « avons ruiné l’œuvre du Seigneur » en exploitant les ressources de la Terre à un rythme effréné, « nous sommes appelés à retrouver le sens du respect sacré pour la terre, parce qu’elle n’est pas seulement notre maison, mais aussi la maison de Dieu ».

Le défi spirituel est de réveiller « le sens esthétique et contemplatif que Dieu a placé en nous », a expliqué François en reprenant les termes de l’exhortation apostolique Querida Amazonia. La conversion écologique doit également se concrétiser dans un sens politique, et le Pape a rappelé l’importance de deux évènements programmés dans les prochains mois : la COP15 de Kunming en Chine, sur la biodiversité, et la COP26 de Glasgow, en Écosse, sur le changement climatique. Mais au niveau international comme sur le plan national et local, la concertation est essentielle, et la transformation écologique doit partir du bas, d’un mouvement populaire, et non pas être imposée d’en haut.

« En ce temps pascal de renouveau, engageons-nous à aimer et apprécier le magnifique don de la terre, notre maison commune, et à prendre soin de tous les membres de la famille humaine. Comme frères et sœurs que nous sommes, supplions ensemble notre Père céleste : “Envoie-sur nous ton Esprit et renouvelle la face de la terre” », a conclu le Pape en citant le Psaume 104.

(Avec V. N.)

Dimanche 19 avril 2020

Une semaine après avoir célébré la résurrection du Christ dans une Basilique Saint-Pierre déserte, le Pape François, a présidé la messe en l’église Santo Spirito in Sassia de Rome, en la fête de Miséricorde Divine. Dans son homélie, le Saint-Père a exhorté à construire un nouveau monde en combattant le virus de l’égoïsme et de l’injustice.

C’est dans le « sanctuaire de la miséricorde à Rome », privé de ses fidèles en raison de la pandémie de coronavirus, que le Pape François a célébré la fête de la Miséricorde Divine, instituée par Saint Jean-Paul II, il y a vingt ans, le 30 avril 2000, jour de la canonisation de Sœur Faustine Kowalska, apôtre de la Divine Miséricorde. En ce deuxième dimanche de Pâques, le Saint-Père, commentant l’Évangile selon Saint Jean, a posé son regard sur l’apôtre Thomas et sur sa résurrection qui « s’accomplit quand son humanité fragile et blessée entre dans celle de Jésus ».

« Une semaine s’est écoulée, une semaine que les disciples, bien qu’ayant vu le Ressuscité, ont passée dans la peur, « les portes verrouillées » (Jn 20, 26), sans même réussir à convaincre de la résurrection l’unique absent, Thomas. Le disciple, « arrivé en retard », lorsqu’il touche du doigts « la proximité amoureuse de Dieu », dans ces blessures et embrasse la miséricorde, « dépasse les autres disciples : il ne croit pas seulement à la résurrection, mais à l’amour sans limites de Dieu ».

Cette résurrection du disciple commence, observe le Pape dans son homélie, « à partir de cette miséricorde fidèle et patiente, à partir de la découverte que Dieu ne se lasse pas de nous tendre la main pour nous relever de nos chutes ». Il veut que nous le voyions, « non pas comme un patron à qui nous devons rendre des comptes, mais comme notre Papa qui nous relève toujours ».
Confier au Seigneur nos précieuses fragilités

Alors que le monde entier est aujourd’hui traversé par une profonde souffrance liée à l’épidémie de Covid-19, le Pape invite à s’immerger dans cette miséricorde qui nous relève de terre, à l’image du disciple Thomas et de Sainte Faustine en confiant au Seigneur « nos misères » et en nous redécouvrant précieux dans nos fragilités.

« Dans l’épreuve que nous sommes en train de traverser, nous aussi, comme Thomas, avec nos craintes et nos doutes, nous nous sommes retrouvés fragiles. Nous avons besoin du Seigneur, qui voit en nous, au-delà de nos fragilités, une beauté indélébile ».

Avec lui, relève le Pape François, « nous découvrons que nous sommes comme de très beaux cristaux, fragiles et en même temps précieux. Et si, comme le cristal, nous sommes transparents devant lui, sa lumière, la lumière de la miséricorde, brille en nous, et à travers nous, dans le monde ».

Face à « une lente et pénible récupération, suite à la pandémie », le Saint-Père met en garde contre le danger d’« oublier celui qui est resté en arrière ». Le risque, insiste-t-il, serait d’être infecté par « un virus pire encore, celui de l’égoïsme indifférent » qui peut porter « à sélectionner les personnes, à écarter les pauvres, à immoler sur l’autel du progrès celui qui est en arrière ».

Cependant, poursuit-il, cette pandémie nous rappelle qu’« il n’y a ni différences ni frontières entre ceux qui souffrent. Nous sommes tous fragiles, tous égaux, tous précieux. Ce qui est en train de se passer nous secoue intérieurement : c’est le temps de supprimer les inégalités, de remédier à l’injustice qui mine à la racine la santé de l’humanité tout entière ! ».

Le Pape François exhorte alors à « construire un nouveau monde » en étant, à l’image de la communauté chrétienne des origines décrite dans le livre des Actes des Apôtres, « miséricordieux envers celui qui est plus faible ». Il ne s’agit pas d’une idéologie, c’est le christianisme, précise le Saint-Père.

Déplorant qu’aujourd’hui, une petite partie de l’humanité soit allée de l’avant, tandis que la majorité est restée en arrière, le Pape souligne que cette épreuve offre l’occasion de préparer l’avenir de tous non pas en privilégiant « nos intérêts partisans » mais en remédiant à « l’injustice qui mine à la racine la santé de l’humanité tout entière », en étant « miséricordieux envers celui qui est plus faible ».

Sans une vision d’ensemble, il n’y aura d’avenir pour personne conclu le Saint-Père en souhaitant que « l’amour désarmé et désarmant de Jésus ressuscite le cœur du disciple et que nous aussi, comme l’apôtre Thomas, puissions accueillir la miséricorde, salut du monde ».

(Avec V. N.)

Mercredi 15 Avril 2020

Lors de l’audience générale tenue dans la bibliothèque du Palais apostolique, le Pape François est revenu sur le sens de la septième béatitude : « Heureux les artisans de paix, ils seront appelés fils de Dieu » (Mt 5, 9).

Le Saint-Père a expliqué que la paix du Christ est le fruit de sa mort et de sa résurrection, et qu’œuvrer pour la paix impose de chercher des « voies toujours nouvelles pour aimer ».

Il a voulu dissiper le malentendu qui entoure parfois le mot « paix », parfois banalisé dans le langage courant où il risque de devenir synonyme de consensus mou, de « tranquillité intérieure » ou même de « conscience domestiquée » . Il a donc situé ce mot dans sa dynamique biblique, qui se retrouve dans le mot hébreu « Shalom », une parole forte qui porte en elle le vœu d’une « vie belle, pleine, prospère, mais aussi selon la vérité et la justice, qui auront leur accomplissement dans le Messie, prince de la Paix ».

Être en paix, ce n’est donc pas être relâché et indifférent aux souffrances des autres. En effet la « rédemption spirituelle » passe nécessairement par une forme de mise en tension. « L’inquiétude peut être un important moment de croissance, souvent c’est le Seigneur Lui-même qui sème en nous l’inquiétude pour aller à Sa rencontre », a précisé le Pape. Dieu se fait « signe de contradiction, en secouant nos fausses sécurités, pour nous amener au Salut ».

Sur le plan collectif et international, l’idée de la paix doit toujours être abordée avec précision et prudence, car parfois les traités de paix cachent en réalité la préparation d’autres guerres ou la métamorphose des combats militaires en des guerres indirectes, utilisant d’autres canaux. « Dans le cadre d’une mondialisation faite surtout d’intérêts économiques et financiers, nous devons suspecter que la “paix” de certains corresponde à la “guerre” des autres. Et ceci n’est pas la paix du Christ ! ».

Les vrais « artisans de paix » dont il est question dans les Béatitudes sont donc ceux qui vivent réellement et sincèrement dans la logique de l’amour, qui « est créatif par nature et recherche la réconciliation à n’importe quel coût. Ceux qui sont appelés fils de Dieu sont ceux qui ont appris l’art de la paix et l’exercent. Ils savent qu’il n’y a pas de réconciliation sans don de sa propre vie, et que la paix doit être recherchée toujours et partout », a insisté le Pape.

Seule la paix du Christ permet de générer « une humanité nouvelle, incarnée dans une chaîne infinie de saints et de saintes, inventifs, créatifs, qui ont trouvé des voies toujours nouvelles pour aimer ». C’est dans cette dynamique d’amour que la Résurrection du Christ nous aide à « accueillir les souffrances et les épreuves de la vie comme une précieuse occasion de rédemption et de salut », a ensuite précisé le Pape François en s’adressant aux Italiens, dans le contexte d’un temps pascal marqué par la pandémie de coronavirus.

(Avec V. N.)

Dimanche 12 Avril 2020

A l’issue de la messe de Pâques célébrée sans fidèles dans la basilique Saint-Pierre, le Pape a donné sa bénédiction Urbi et Orbi, à la ville et au monde, devant l’autel de la confession de Pierre. En cette année marquée par la pandémie de Covid-19, François a demandé au peuple de Dieu et aux hommes de bonne volonté de se départir de l’indifférence, de l’égoïsme de la division et de l’oubli qui « prévalent quand la peur et la mort sont victorieux en nous ». Il souhaite que chacun laisse le Seigneur vaincre en lui, et qu’Il « nous introduise dans son jour glorieux qui ne connait pas de déclin »

« Le Christ, mon espérance, est ressuscité ! ». En ce jour de Pâques, l’annonce de l’Église résonne dans le monde, actuellement « opprimé par la pandémie ». La Bonne Nouvelle de la résurrection est un « autre type de contagion » nous dit le Pape, « la contagion de l’espérance ». Il ne s’agit pas d’une « formule magique », précise le Pape, mais de la « victoire de l’amour sur la racine du mal, une victoire qui “n’enjambe pas” la souffrance et la mort, mais les traverse en ouvrant une route dans l’abîme ». Le corps glorieux du Christ porte des plaies indélébiles « devenues fissures d’espérance ».

Dans un contexte mondial marqué par la pandémie de coronavirus, le Pape a d’abord une pensée pour toutes les personnes affectées par le virus : les malades, les défunts, les familles qui pleurent la mort d’un proche sans parfois avoir eu la possibilité de leur dire un dernier adieu. Le Pape prie le Seigneur de vie, qu’il accueille les défunts et qu’il donne réconfort et espérance à ceux qui sont encore dans l’épreuve, notamment aux personnes âgées et seules.

« C’est pour beaucoup une Pâques de solitude » reconnaît François. La maladie prive des affections mais aussi, explique-t-il, de la possibilité d’avoir recours en personne à la consolation des sacrements « mais le Seigneur ne nous a pas laissés seuls ! Restant unis dans la prière, nous sommes certains qu’il a mis la main sur nous », dit le Pape qui exprime ce midi sa gratitude pour les personnels soignants qui « témoignent d’amour jusqu’à l’extrême », pour ceux qui travaillent « assidûment » pour assurer les services essentiels, pour les forces de l’ordre.

Ces dernières semaines, en raison de la pandémie, la vie de millions de gens a changé. Le confinement est pour certains une occasion, pour d’autres un temps de préoccupation pour l’avenir. Le Pape encourage les responsables politiques « à s’employer activement en faveur du bien commun ».
Levée des sanctions et réduction des dettes pour le bien des populations

Suit une feuille de route en ce jour d’espérance et de joie. Un temps qui n’est pas pour le Pape celui de l’indifférence vis-à-vis des plus vulnérables, pauvres, réfugiés, sans abris. « Ne les laissons pas seuls », ni manquer de médicaments ou de soins. Le Pape exhorte aussi à une levée des sanctions internationales « qui empêchent aux pays qui en font l’objet de fournir un soutien convenable à leurs citoyens ». François se prononce également pour réduction ou une suppression de la dette des pays les plus pauvres.

« Ce temps n’est pas celui des égoïsmes », poursuit François. Son message s’adresse sans détour à l’Europe qui a su s’unir après la Seconde Guerre mondiale et dont les membres sont appelés à se redécouvrir comme faisant partie d’une unique famille. « Il est plus urgent que jamais, juge le Pape, que les rivalités (du passé) ne reprennent pas vigueur ». Il prône la solidarité face aux intérêts individuels qui pourraient remettre en cause la cohabitation pacifique et le développement.

« Que le Christ notre paix éclaire tous ceux qui ont des responsabilités dans les conflits, pour qu’ils aient le courage d’adhérer à l’appel pour un cessez-le-feu mondial et immédiat dans toutes les régions du monde », s’exclame le Saint-Père, soutenant un appel de l’ONU en cette période de pandémie. Ce n’est pas le temps des divisions, de continuer à fabriquer des armes, mais de mettre un terme aux conflits en Syrie, au Yémen, aux tensions en Irak ou au Liban, aux violences terroristes en Afrique, aux souffrances dans l’est de l’Ukraine. C’est le temps aussi de la reprise du dialogue entre Israéliens et Palestiniens, assure-t-il, « pour permettre à tous de vivre en paix ».

Le Pape prie pour que le Seigneur de la vie se montre proche et « réchauffe les cœurs » de toutes ces personnes se trouvant dans une situation d’urgence humanitaire en raison de conflit, de sécheresse ou de famine. Ce temps n’est pas non plus « le temps de l’oubli ». Le Pape pense aux déplacés, aux réfugiés et en particulier aux mineurs isolés en Libye ou à la frontière gréco-turque ou sur l’île de Lesbos. Que le Seigneur les protège, qu’il permette aussi au Venezuela « d’arriver à trouver des solutions concrètes et immédiates pour accorder l’aide internationale à la population qui souffre », poursuit le Pape.

Le Pape demande à chacun de bannir l’indifférence, l’égoïsme, la division et l’oubli, aujourd’hui et en tout temps. Ces paroles « semblent prévaloir quand la peur et la mort sont victorieuses en nous, c’est-à-dire lorsque nous ne laissons pas le Seigneur Jésus vaincre dans notre cœur et dans notre vie ». Le Pape demande à Dieu « Lui, qui a déjà détruit la mort nous ouvrant le chemin du salut éternel », de disperser « les ténèbres de notre pauvre humanité et nous introduise dans son jour glorieux qui ne connaît pas de déclin ».

Messe de Pâques

En ce dimanche 12 avril 2020, solennité de la Résurrection du Seigneur, le Pape François a célébré la messe en la Basilique Saint Pierre.

L’Alléluia pascal a de nouveau résonné dans la majestueuse basilique lors de cette messe présidée par le Saint-Père à l’autel de la Chaire devant une poignée de personnes, comme cela a été le cas durant ce Triduum.

La proclamation de l’Évangile en latin et en grec (Jn 20, 1-9) a été précédée par la séquence pascale Victimae Paschalis :

À la victime pascale, chrétiens,
offrez le sacrifice de louange.

L’agneau a racheté les brebis :
le Christ innocent
a réconcilié les pécheurs avec le Père.

La mort et la vie s’affrontèrent
en un duel prodigieux.
Le Maître de la vie mourut :
vivant, il règne.

’Dis-nous, Marie Madeleine,
qu’as-tu vu en chemin ? ’

J’ai vu le sépulcre du Christ vivant,
j’ai vu la gloire du Ressuscité.

J’ai vu les anges ses témoins,
le suaire et les vêtements.

Le Christ, mon espérance, est ressuscité,
il vous précédera en Galilée. ’

Nous le savons : le Christ est vraiment ressuscité des morts.

Roi victorieux, prends-nous tous en pitié !

Le Pape François n’a pas tenu d’homélie.

La liturgie, empreinte de sobriété, s’est poursuivie, toujours sous le regard du crucifix miraculeux de San Marcello in Corso et de l’icône de la Vierge Marie, Salus Populi Romani.

Samedi 11 Avril 2020

Samedi Saint, dans une basilique Saint-Pierre vidée de ses fidèles, le Pape François a présidé ce samedi soir la veillée pascale de la Sainte nuit. Dans son homélie, le Saint-Père est revenu sur l’espérance qu’apportait la Résurrection du Christ. Le début d’une histoire nouvelle où la lumière triomphe des ténèbres, une annonce pleine d’espérance que chacun est invité à partager.

La veillée a commencé dans une basilique Saint-Pierre baignée par l’obscurité. Le Pape a allumé son cierge au cierge pascal, devant l’autel de la chaire, où avaient pris place seulement quelques personnes. A la troisième invocation du chant « Lumen Christi », la basilique s’est allumée, faisant traverser la nuit de la résurrection, symbolisant le passage de la mort à la vie.

Puis le diacre a chanté en latin « l’Exultet », l’annonce pascale, qui rappelle la traversée de la Mer Rouge lors de l’Exode et témoigne de la victoire de la lumière sur les ténèbres.

Le Pape a entamé son homélie en revenant sur le sabbat rappelé par l’Evangile selon Saint Matthieu, où les femmes se rendent au tombeau. Un jour que nous laissons trop souvent de côté a t-il relevé : « le jour du Triduum pascal que nous négligeons le plus, pris par la frémissante attente de passer de la croix du vendredi à l’alleluia du dimanche. Cette année, cependant, nous percevons plus que jamais le samedi saint, le jour du grand silence. »

Nous pouvons pourtant nous retrouver dans le sentiment de ces femmes a poursuivi le Pape François, Comme nous, elles avaient dans les yeux le drame de la souffrance, d’une tragédie inattendue arrivée trop vite. Mais malgré les souffrances et l’obscurité, ces femmes ne se laissent pas paralyser par la peur ni ne fuient la réalité, a expliqué le Pape, et le samedi, elles font quelque chose de simple et d’extraordinaire : préparer des parfums pour le corps de Jésus. « Ces femmes, sans le savoir, préparaient dans l’obscurité de ce samedi « l’aube du premier jour de la semaine », le jour qui aurait changé l’histoire. Jésus, comme une semence dans la terre, allait faire germer dans le monde une vie nouvelle »

A l’aube, les femmes devant le sépulcre entendent des paroles de vie et rencontrent Jésus qui leur dit d’être sans crainte. Cette espérance est pour nous aujourd’hui, a souligné le Saint-Père, « ce sont les paroles que Dieu nous répète dans la nuit que nous traversons.

« Cette nuit nous conquerrons un droit fondamental, qui ne nous sera pas enlevé : le droit à l’espérance. C’est une espérance nouvelle, vivante, qui vient de Dieu. Il ne s’agit pas d’un simple optimisme a t-il précisé, mais bien « un don du Ciel que nous ne pouvons pas nous procurer tout seuls. »

Si la tombe est un lieu dont l’on ne sort pas, Jésus lui est sorti pour nous, « il est ressuscité pour nous, pour apporter la vie là où il y avait la mort, pour commencer une histoire nouvelle là où on avait mis une pierre dessus ». Le Pape a ainsi exhorté à ne pas céder à la résignation, « ne mettons pas une pierre sur l’espérance. »

Par sa résurrection, le Christ rappelle que l’obscurité et la mort n’ont pas le dernier mot. François s’est arrêté ensuite sur le mot « confiance ». « C’est une parole qui dans l’Evangile sort toujours de la bouche de Jésus, c’est lui, le Ressuscité, qui nous relève nous qui sommes dans le besoin. Si tu es faible et fragile sur le chemin, si tu tombes, ne crains pas, Dieu te tend la main et te dit : “Confiance. Cette confiance on ne peut se la donner mais la recevoir comme un don, a poursuivi le Pape. « Il suffit d’ouvrir ton cœur dans la prière, il suffit de soulever un peu cette pierre mise à l’entrée de ton cœur pour laisser entrer la lumière de Jésus. Il suffit de l’inviter : “Viens, Jésus, dans mes peurs et dis-moi aussi : Confiance”.

L’annonce pascale est une annonce d’espérance, a rappelé François et contient une invitation, un envoi deuxième partie, l’envoi. « Allez annoncer à mes frères qu’ils doivent se rendre en Galilée » (Mt 28, 10), dit Jésus. « Il vous précède en Galilée » (v. 7), dit l’ange.

Dans cette annonce joyeuse, le Seigneur nous précède. « Il est beau de savoir qu’il marche devant nous, a dit le Pape qu’il a visité notre vie et notre mort pour nous précéder en Galilée, c’est-à-dire dans le lieu qui pour lui et pour ses disciples rappelait la vie quotidienne, la famille, le travail. »

La Galilée était une région à la forte symbolique, a précisé le Saint-Père, « le lieu le plus distant de la sacralité de la Ville sainte » où de nombreux cultes variés étaient pratiqués. Jésus pourtant nous demande de repartir de là. « Qu’est-ce que cela nous dit ? a-t-il demandé : Que l’annonce de l’espérance ne doit pas être confinée dans nos enceintes sacrées, mais doit être portée à tous ».

« Chacun de nous a sa propre Galilée » a poursuivi le Pape, aussi nous sommes invités à porter le chant de la vie ! Le Pape a ainsi exhorté à mettre un terme au « cri de mort » qui marque notre monde contemporain : « Faisons taire le cri de mort, ça suffit les guerres ! Que s’arrête la production et le commerce des armes, parce que c’est de pain et non de fusils dont nous avons besoin. Que cessent les avortements, qui tuent la vie innocente. Que s’ouvrent les cœurs de ceux qui ont, pour remplir les mains vides de ceux qui sont privés du nécessaire. »

Comme il avait débuté son homélie, le Sain-Père a terminé en mentionnant les femmes, qui embrassèrent les pieds de Jésus, « les pieds qui avaient piétiné la mort et ouvert le chemin de l’espérance. Nous, pèlerins en recherche d’espérance, a-t-il conclu, aujourd’hui nous nous serrons contre toi, Jésus Ressuscité. Nous tournons le dos à la mort et nous t’ouvrons nos cœurs, toi qui es la Vie.

(Avec V. N.)

Vendredi 10 Avril 2020

Le Pape François a confié cette année les méditations du Chemin de Croix à des détenus d’une prison de Padoue, dans le nord de l’Italie, ainsi qu’au personnel carcéral. Dans un message enregistré le Pape a remercié ces prisonniers, témoignant envers eux une proximité qui ne s’est jamais démentie depuis le début de son pontificat.

Le 28 mars 2013, pour le premier Jeudi Saint de son pontificat, le Pape François s’était rendu à la maison pénitenciaire de Casal del Marmo en banlieue de Rome pour aller laver les pieds à douze détenus, parmi lesquels deux jeunes filles. Les images fortes avaient fait le tour du monde, rappelant que Jésus est serviteur. Depuis, il a célébré cinq fois la messe de la Cène du Seigneur auprès de prisonniers.

Cette année, en raison des mesures de confinement le Souverain Pontife n’a pu se rendre au milieu carcéral, mais a associé les détenus aux méditations du Chemin de Croix. Le Saint-Père a en effet demandé à Don Marco Pozza, aumônier de la prison des Due Palazzi de Padoue (Nord) de préparer ces méditations. Parmi ceux qui ont écrit les textes qui seront lus lors des stations de cette Via Crucis place Saint-Pierre figurent « cinq prisonniers, la famille d’une victime de meurtre, la fille d’un homme condamné à la prison à vie, un éducateur, un agent de probation, la mère d’un prisonnier, un catéchiste, un frère volontaire, un agent de la police pénitentiaire, un prêtre accusé puis finalement acquitté après huit ans » a expliqué Don Marco au quotidien L’Avvenire.

Le Pape a été touché par ces méditations, et a ainsi enregistré un message audio transmis sur la radio italienne RTL ce vendredi matin 10 avril : « Je me suis installé dans les replis de vos paroles et je me suis senti le bienvenu chez moi. Merci d’avoir partagé un bout de votre histoire avec moi, explique le Saint-Père, Dieu se raconte et nous parle à l’intérieur d’une histoire, il nous invite à l’écouter attentivement et avec miséricorde. »

Dans son message, le Pape explique aussi que les détenus ont « éparpillé [leurs] noms non pas dans la mer de l’anonymat, mais parmi les nombreuses personnes liées au monde de la prison. Ainsi, dans le Chemin de Croix, vous prêterez votre histoire à tous ceux qui, dans le monde, partagent la même situation ». « Il est réconfortant de lire une histoire dans laquelle il y a des histoires non seulement de personnes en prison, mais aussi de tous ceux qui sont passionnés par le monde de la prison », ajoute François dans son message aux détenus de Padoue.

Le Pape a donc souhaité cette année placer les prisonniers au pied de la Croix, cœur du message du Vendredi Saint. Une signification d’autant plus forte alors que la pandémie de coronavirus a jeté une lumière crue sur les difficiles conditions de vie dans de nombreuses prisons, en Italie ou dans d’autres pays.

Don Marco Pozza souligne qu’en faisant confiance aux prisonniers dont il a la charge, François a leur a envoyé un message : « Votre bonne volonté m’est précieuse. La voix du Pape François est la seule voix qui fasse autorité dans le monde carcéral, a t-il précisé à L’Avvenire , comme pour dire : je comprends bien votre souffrance, cherchons à entrer en contact ». Parmis les personnes qui porteront la Croix lors des stations ce vendredi soir place Saint-Pierre figureront des détenus de la prison de Due Palazzi.

Cinq prisonniers, une famille victime d’un meurtre, la fille d’un condamné à perpétuité, un éducateur, un magistrat de surveillance, la mère d’un prisonnier, une catéchiste, un prêtre injustement accusé, un frère volontaire, un policier, tous sont liés à l’aumônerie du centre de détention "Due Palazzi" de Padoue. Et tous sont auteur des méditations lues lors du Chemin de Croix présidé cette année par le Pape sur le parvis de la Basilique Saint-Pierre.

« Accompagner le Christ sur le chemin de la croix, avec la voix rauque des gens qui habitent le monde des prisons, est l’occasion d’assister au prodigieux duel entre la Vie et la Mort, en découvrant comment les fils du bien s’entrelacent inévitablement avec les fils du mal ».

Telle est l’introduction aux méditations du Chemin de Croix publiée sur le site de la Lev, la Librairie Éditrice Vaticane. Les textes, recueillis par l’aumônier de la prison "Due Palazzi" de Padoue (Vénétie, Italie du nord), Don Marco Pozza, et par la volontaire Tatiana Mario, ont été écrits à la première personne, mais sont destinés à donner une voix à tous ceux qui, dans le monde, partagent la même condition.

« Crucifiez-le, crucifiez-le ! ». La personne qui commente la première station (« Jésus est Jésus est condamné à mort ») est un condamné à perpétuité. Crucifiez-le, « c’est un cri dont j’ai entendu parler moi aussi », relate-t-il. Sa crucifixion a ainsi commencé lorsqu’il était enfant, un enfant rejeté. Aujourd’hui, l’on dit qu’il ressemble plus à Barabbas qu’au Christ. Son passé est une chose pour laquelle il éprouve du dégoût. Après 29 ans de prison, je n’ai pas encore perdu la capacité de pleurer, d’avoir honte du mal fait (...) mais j’ai toujours cherché quelque chose qui était la vie, explique-t-il. Aujourd’hui, « je sens dans mon cœur que cet homme innocent, condamné comme moi, est venu me chercher en prison pour m’éduquer à la vie ».

Dans la deuxième station (« Jésus est chargé de la croix »), la méditation est écrite par deux parents dont la fille a été assassinée. « Notre vie était une vie de sacrifice, fondée sur le travail et la famille. Nous nous demandons souvent : pourquoi ce mal qui nous a submergés ? Nous ne trouvons pas la paix ». Survivre à la mort d’un enfant est déchirant, mais « au moment où le désespoir semble prendre le dessus, le Seigneur, de différentes manières, vient à notre rencontre, nous donnant la grâce de nous aimer comme époux, nous soutenant mutuellement même si c’est avec difficulté ». Ils continuent à faire du bien aux autres, et trouvent en cela une forme de salut, ils ne veulent pas s’abandonner au mal. Ils font l’expérience que « l’amour de Dieu est capable de régénérer la vie ».

Dans la troisième station (« Jésus tombe pour la première fois »), un prisonnier raconte que sa chute, la première, a été sa fin. Après une vie difficile dans laquelle il n’a pas réalisé que le mal grandissait en lui, il a pris la vie d’une personne. « Un soir, en un instant, comme une avalanche, écrit-il, je me suis déchaîné contre le souvenir de toutes les injustices subies dans la vie. La colère a assassiné la bonté, j’ai commis un mal incommensurablement plus grand que tous ceux que j’avais reçus ». En prison, il frôle le suicide, mais il retrouve ensuite la lumière, en rencontrant des gens qui lui redonnent « la confiance perdue », lui montrant que la bonté existe aussi dans le monde.

« Pas un instant je n’ai ressenti la tentation d’abandonner mon fils face à sa peine », affirme la mère d’un détenu. Ses propos commentent la quatrième station ("Jésus rencontre sa Mère"). Depuis l’arrestation de son fils, « les blessures s’agrandissent au fil des jours, nous coupant même le souffle. Je ressens la proximité de la Vierge... Je lui ai confié mon fils : seule Marie peut me confier mes craintes, puisqu’elle les a elle-même ressenties lors de son ascension au Calvaire ». Elle poursuit : « J’imagine que Jésus, levant son regard, a croisé ses yeux pleins d’amour et ne s’est jamais senti seul. C’est ce que je veux faire aussi ».
Le rêve d’être un Cyrénéen pour les autres

Il est encore prisonnier et commente la cinquième station (« Simon de Cyrène aide Jésus à porter sa croix »). La croix à porter est lourde, dit-il, mais « dans les prisons, Simon de Cyrène, tout le monde le connaît : c’est le surnom des bénévoles, de ceux qui montent au calvaire pour aider à porter une croix ». « Je vieillis en prison : je rêve de pouvoir à nouveau me fier à l’homme. Devenir un Simon de Cyrène de joie pour quelqu’un ».

« En tant que catéchiste, je sèche beaucoup de larmes, je les laisse couler : on ne peut pas arrêter un cœur brisé ». Ce sont les paroles de la catéchiste qui a réfléchi sur la sixième station (« Véronique essuie le visage de Jésus »). Comment apaiser l’angoisse des hommes « qui ne peuvent pas trouver une issue à ce qu’ils sont devenus en cédant au mal » ? Le seul moyen est de rester là, à leurs côtés, sans ressentir de peur, « en respectant leurs silences, en écoutant leur douleur, en essayant de regarder au-delà des préjugés ». Comme Jésus le fait avec nos fragilités. Et elle écrit : « À chacun, même aux détenus, est offerte chaque jour la possibilité de devenir de nouvelles personnes grâce à ce regard qui ne juge pas, mais qui insuffle vie et espoir ».

Dans la septième station (« Jésus tombe pour la deuxième fois »), un prisonnier, coupable de trafic de drogue, qui a entraîné toute sa famille avec lui en prison, ressent une honte infinie pour lui-même. Il a écrit : « Aujourd’hui seulement, je peux l’admettre : dans ces années-là, je ne savais pas ce que je faisais. Maintenant que je le fais, avec l’aide de Dieu, j’essaie de reconstruire ma vie ». L’idée que le mal continue à régir sa vie est insupportable, c’est devenu son chemin de croix. La prière au Seigneur est « pour tous ceux qui n’ont pas encore pu échapper à la puissance de Satan, à tout le charme de ses œuvres et à ses mille formes de séduction ».
Pour moi, espérer est une obligation

« Depuis vingt-huit ans, je purge la peine de grandir sans père », c’est l’expérience de la fille d’un homme emprisonné à vie qui commente la huitième station (« Jésus rencontre les femmes de Jérusalem »). Tout dans sa famille a été brisé, elle voyage à travers l’Italie pour suivre son père de temps en temps dans une autre prison et, résumant sa vie, elle continue, « il y a des parents qui, par amour, apprennent à attendre que leurs enfants mûrissent. Pour moi, par amour, il arrive d’attendre le retour de papa. Pour ceux qui, comme nous, ont de l’espoir, c’est une obligation ».

Tomber et à chaque fois se relever est le témoignage d’un prisonnier qui se reconnait dans ce qui est contemplé dans la neuvième station (« Jésus tombe pour la troisième fois »). « Comme Pierre, j’ai cherché et trouvé mille excuses pour mes erreurs : ce qui est étrange, c’est qu’un fragment de bien est toujours resté allumé en moi », écrit-il, en concluant : « Il est vrai que je suis parti en mille morceaux, mais ce qui est beau, c’est que ces morceaux peuvent encore être tous réunis. Ce n’est pas facile : c’est la seule chose qui a encore un sens ici ».

Tout comme à la dixième station, on se souvient de « Jésus dépouillé de ses vêtements », de même un éducateur voit beaucoup de personnes en prison dépouillées de leur dignité et de leur respect pour elles-mêmes et pour les autres. Ce sont des hommes et des femmes « exaspérés dans leur fragilité, souvent dépourvus du nécessaire pour comprendre le mal commis. Cependant, ils ressemblent parfois à des enfants qui viennent de naître et qui peuvent encore être modelés. Mais il n’est pas facile de poursuivre cet engagement. Dans ce service délicat », évoque l’éducateur, « nous ne devons pas nous sentir abandonnés, afin de pouvoir soutenir les nombreuses existences qui nous sont confiées et qui risquent chaque jour de faire naufrage ».

À la onzième station du Chemin de Croix (« Jésus est cloué sur la croix »), la méditation est celle d’un prêtre accusé puis acquitté. Son chemin de croix personnel a duré 10 ans, « peuplé de dossiers, de soupçons, d’accusations, d’insultes ». En gravissant le calvaire, dit-il, il a rencontré de nombreux Simon de Cyrène qui avaient porté avec lui le poids de la croix. Ensemble, ils ont prié pour le garçon qui l’avait accusé. « Le jour où j’ai été pleinement acquitté », écrit-il, « j’ai découvert que j’étais plus heureux qu’il y a dix ans : j’ai touché l’action de Dieu dans ma vie. Accroché à la croix, mon sacerdoce s’est illuminé ».

Un magistrat de surveillance commente la douzième station (« Jésus meurt sur la croix »). La vraie justice, dit-il, n’est possible que par une miséricorde qui ne cloue pas l’homme sur la croix pour toujours. Il faut l’aider à se relever, en découvrant ce bien, qui malgré tout, « ne s’éteint jamais complètement dans son cœur ». Mais cela ne peut se faire qu’en apprenant « à reconnaître la personne qui se cache derrière la culpabilité commise », afin de pouvoir « entrevoir un horizon qui puisse insuffler de l’espoir aux condamnés ». La prière au Seigneur s’adresse aux « magistrats, juges et avocats, afin qu’ils restent droits dans l’exercice de leur service » en faveur notamment des plus pauvres.

À la treizième station (« Jésus est descendu de la croix »), la méditation est assurée par un frère qui fait du bénévolat dans les prisons depuis soixante ans. « Nous, les chrétiens, dit-il, nous tombons souvent dans la flatterie de nous sentir mieux que les autres (...) En passant d’une cellule à l’autre, je vois la mort y vivre. » Sa tâche consiste à s’arrêter en silence devant les nombreux « visages dévastés par le mal et à les écouter avec pitié ». Accueillir la personne, c’est détourner de son regard l’erreur qu’elle a commise. « Ce n’est que de cette façon qu’il pourra avoir confiance et trouver la force de s’abandonner au Bien, en s’imaginant différent de ce qu’il voit maintenant ». Telle est la mission de l’Église.

« Jésus est enterré », dernière station, la quatorzième. La méditation est confiée à un policier de prison, diacre permanent. Dans son travail, il touche chaque jour la souffrance, et sait qu’en prison « un homme bon peut devenir un homme sadique », mais aussi qu’un homme méchant pourrait devenir un homme meilleur. Cela dépend aussi de lui. Et donner une autre chance à ceux qui ont favorisé le mal est devenu son engagement quotidien qui se traduit « en gestes, en attentions et en paroles capables de faire la différence ». Capable de redonner espoir à des personnes résignées et effrayées à l’idée de recevoir, après avoir purgé leur peine, un nouveau refus de la société. « En prison, conclut-il, je leur rappelle qu’avec Dieu, aucun péché n’aura jamais le dernier mot ».

(Avec V. N.)

Jeudi 9 Avril 2020

Lors de la messe de la Cène du Seigneur, célébrée dans une grande sobriété en la basilique Saint-Pierre, le Pape François a développé une homélie basée sur un appel lancé aux prêtres à « se laisser laver les pieds par le Seigneur ».

Alors que durant les années précédentes, le Pape François aimait célébrer cette liturgie dans des lieux symboliques des périphéries de la société (prisons, centre d’accueil de réfugiés, établissement de soin pour personnes âgées), il l’a cette fois célébrée en la basilique Saint-Pierre, sur l’autel de la Chaire, devant quelques personnes se tenant à distance les unes des autres, comme lors de la messe des Rameaux dimanche dernier. Le cadre liturgique était extrêmement sobre et dépouillé, omettant notamment le rite du lavement des pieds, conformément aux dispositions prises par la Congrégation pour le Culte divin et la Discipline des Sacrements dans ce contexte de pandémie de coronavirus, et qui sont valables au Vatican comme dans le reste du monde.

Le Pape François a centré son homélie, prononcée sans texte écrit, sur ces trois axes : « L’Eucharistie, le service, l’onction ». Il a expliqué que « le Seigneur veut rester avec nous, dans l’Eucharistie, et nous devenons toujours tabernacles du Seigneur : nous portons le Seigneur avec nous au point que Lui-même nous dit que si nous ne mangeons pas son corps et que nous ne buvons pas son sang, nous n’entrerons pas dans le Royaume des Cieux. »

Chaque disciple du Christ est invité à servir, mais il est aussi invité à se laisser servir par le Seigneur. « Si moi je ne laisse pas le Seigneur être mon serviteur, me laver, me faire grandir, me pardonner, je n’entrerai pas dans le Royaume des Cieux », a expliqué le Pape, tout en reconnaissant que ce paradoxe apparent « est difficile à comprendre ».

Le Pape François a exprimé sa proximité pour les prêtres, en expliquant que, du plus récemment ordonné jusqu’au Pape, tous partagent la même mission, et sont « oints pour l’eucharistie ». Il a dit espérer que la messe chrismale du diocèse de Rome puisse se dérouler avant la Pentecôte, car dans le cas contraire, elle devra être repoussée à l’an prochain.

Dans le contexte tragique de la pandémie de Covid-19, qui affecte durement le clergé, l’évêque de Rome a évoqué « les prêtres qui offrent la vie pour le Seigneur, les prêtres qui sont serviteurs. Ces jours-ci, plus de 60 sont morts ici, en Italie, en portant l’attention aux malades dans les hôpitaux. Aussi avec les médecins, les infirmières, les infirmiers : ce sont les saints de la porte d’à côté, des prêtres qui ont donné la vie en servant ».

François a souligné l’importance de la proximité sacerdotale, des bons prêtres qui servent parfois dans plusieurs villages à la fois, mais qui connaissent intimement les gens au point de se souvenir du nom de leurs chiens… Il a aussi évoqué les « prêtres calomniés » qui se font agresser dans la rue en étant assimilés à ceux qui ont fait « de mauvaises choses », et les « prêtres pécheurs, qui avec les évêques et le Pape pécheur n’oublient pas de demander pardon et apprennent à pardonner, parce qu’ils savent qu’ils ont besoin de demander pardon et de pardonner ».

Avec V. N.)

Mercredi 8 Avril 2020

Au cours de l’audience générale qui s’est tenue dans la bibliothèque du Palais apostolique, le Pape François a rappelé dans sa catéchèse le message d’amour et le vrai visage de Dieu révélé pleinement par la croix du Seigneur.

« Durant ces semaines d’appréhension pour la pandémie qui cause tant de souffrances dans le monde, beaucoup s’interrogent sur la présence et l’action efficace de Dieu face à ce mal », a reconnu d’emblée le Pape qui invite à scruter le récit de la Passion qui nous est proposé par la liturgie en ces jours saints.

Déjà, les contemporains de Jésus se posaient beaucoup de questions le concernant, se demandant s’il était vraiment le Messie, celui qui, selon leur croyance, viendrait les libérer du joug romain, l’épée à la main. Mais le Seigneur se présente comme un Messie doux et humble de cœur, appelant à la conversion et à la miséricorde. Et c’est finalement un étranger, le centurion romain, au pied de la croix, qui, touché par les souffrances de Jésus et son amour sans mesure, proclame solennellement sa réelle identité et reconnait en Lui le Fils de Dieu.

Nous avons l’habitude de projeter sur Dieu nos succès, notre sens de la justice, et même notre indignation, observe François. Mais Dieu n’est pas comme cela, l’Évangile nous l’apprend. C’est donc Lui qui choisit de s’approcher de nous, et c’est sur la Croix que se révèle son vrai visage. La Croix est « la cathèdre de Dieu » ; et le Pape de suggérer que nous regardions le crucifix en silence, pour découvrir qui est notre Seigneur, pour nous libérer de nos préjugés à son sujet, et qu’ensuite nous ouvrions l’Évangile. « Il (Jésus) ne montre personne du doigt, mais ouvre ses bras à tous ; il ne nous écrase pas de sa gloire, mais se laisse dépouiller pour nous ; il ne nous aime pas en paroles, mais nous donne sa vie en silence ; il ne nous force pas, mais nous libère ; il ne nous traite pas comme des étrangers, mais prend sur lui notre mal, nos péchés ». Tout cela parce qu’il est Amour. En ces jours de quarantaine, où nous devons rester chez nous sans pouvoir nous rendre à l’église, le Pape suggère que nous vivions des « liturgies domestiques » centrées autour du crucifix et de l’Évangile, en ouvrant « son cœur à la prière ».

Nous pourrions préférer un Dieu fort et tout-puissant, qui ne soit pas faible et qui ne meurt pas. C’est oublier, rappelle le Pape, que le pouvoir de ce monde passe, tandis que l’amour demeure. « Seul l’amour garde la vie que nous avons, car il embrasse nos fragilités et les transforme. C’est l’amour de Dieu qui, à Pâques, a guéri notre péché par son pardon, qui a fait de la mort un passage de la vie, qui a transformé notre peur en confiance, notre angoisse en espérance. Pâques nous dit que Dieu peut tout transformer en bien. Qu’avec Lui, nous pouvons vraiment avoir confiance que tout ira bien ». Ainsi, les interrogations angoissantes sur le mal trouvent dans le Ressuscité de solides réponses qui nous empêchent de faire naufrage.

Au terme de sa catéchèse, le Pape a salué les fidèles de langue française : « Frères et sœurs, Jésus a changé l’histoire marquée par le mal en une histoire de salut. Avec son cœur ouvert de Crucifié, il rejoint chacun de nous dans ces moments d’angoisses, de difficultés et de souffrance. En cette Semaine Sainte, qu’au milieu des drames et des épreuves que nous vivons, nos cœurs s’établissent fermement dans le Christ mort et ressuscité ».

Retour sur l’homélie du Saint-Père lors de la Messe de la Chapelle de la Maison Sainte-Marthe en ce mercredi 8 avril :

Dans son homélie, le Pape François a commenté l’Évangile de Matthieu (Mt 26, 14-25), qui nous parle de la trahison de Judas. Découvrons son homélie :

« Le Mercredi Saint est également appelé "mercredi de la trahison", le jour où la trahison de Judas est soulignée dans l’Église. Judas vend le Maître.

Quand on pense à la vente des gens, il nous vient à l’esprit le commerce fait avec les esclaves d’Afrique pour les amener en Amérique - une vieille chose - puis le commerce, par exemple, des filles Yézidies vendues à Daech. Même aujourd’hui, les gens sont vendus. Tous les jours. Il y a des Judas qui vendent leurs frères et sœurs, les exploitant dans leur travail, ne payant pas la bonne somme d’argent, ne reconnaissant pas leurs devoirs... Au contraire, ils vendent beaucoup de fois les choses les plus chères.

Pour être plus à l’aise, certains croient pouvoir emmener leurs parents et ne plus les voir, les mettre dans un endroit sûr et ne pas aller les voir... ils vendent. Il existe un dicton très répandu qui, en parlant de gens comme ça, dit que "celui-ci est capable de vendre sa mère" : et il la vend. Maintenant qu’ils sont calmes, ils sont partis : "Prenez soin d’eux ...".

Aujourd’hui, le commerce humain est comme au début : il est fait. Pourquoi ? Parce que Jésus l’a dit. Il a donné de l’argent à un seigneur. Jésus a dit : "Vous ne pouvez pas servir Dieu et l’argent", deux seigneurs. C’est la seule chose que Jésus met en place et chacun de nous doit choisir : soit vous servez Dieu, et vous serez libres dans le culte et le service, soit vous servez l’argent, et vous serez esclaves de l’argent. C’est l’option choisie et beaucoup de gens veulent servir Dieu et l’argent. Et cela ne peut être fait. En fin de compte, ils prétendent servir Dieu pour servir l’argent. Ce sont les exploiteurs cachés qui sont socialement impeccables, mais sous la table ils font du commerce, même avec les gens : peu leur importe. L’exploitation humaine consiste à vendre les autres.

Judas est parti, mais il a laissé des disciples, qui ne sont pas ses disciples mais le diable. On ne sait pas comment était la vie de Judas. Un garçon normal, peut-être, et même avec de l’anxiété, car le Seigneur l’a appelé à être un disciple. Il n’a jamais réussi à être un disciple : il n’avait ni la bouche d’un disciple ni le cœur d’un disciple, comme nous l’avons lu dans la première lecture. Il était faible en tant que disciple, mais Jésus l’aimait... Alors l’Evangile nous fait comprendre qu’il aimait l’argent : chez Lazare, quand Marie a oint les pieds de Jésus avec ce parfum coûteux, il a fait la réflexion et Jean a souligné : "Mais il ne l’a pas dit parce qu’il aimait les pauvres : il l’a dit parce que c’était un voleur". L’amour de l’argent l’avait fait sortir des règles, voler, et de voler à trahir il n’y a qu’un pas. Qui aime trop l’argent trahit pour en avoir plus, toujours : c’est une règle, c’est un fait. Le garçon Judas, peut-être bon, avec de bonnes intentions, finit par être un traître au point d’aller au marché pour vendre : "Il est allé voir les chefs des prêtres et leur a dit : "Combien voulez-vous me donner pour que je vous le donne, directement ?” À mon avis, cet homme était complètement fou.

Une chose qui attire mon attention, c’est que Jésus ne lui dit jamais "traître" ; il dit qu’il sera trahi, mais il ne lui dit pas "traître". Il ne dit jamais : "Va-t’en, traître." Jamais ! En fait, il dit "ami" et il l’embrasse. Le mystère de Judas... Comment est le mystère de Judas ? Je ne sais pas... Don Primo Mazzolari l’a mieux expliqué que moi... Oui, cela me réconforte de contempler ce chapiteau de Vézelay (un sculpture représentant le corps de Judas porté par Jésus, ndlr) : comment Judas a-t-il fini ? Je ne sais pas. Jésus menace fortement, ici ; il menace fortement : "Malheur à cet homme par lequel le Fils de l’homme est trahi : il vaudrait mieux pour cet homme qu’il ne soit jamais né ! Mais cela signifie-t-il que Judas est en enfer ? Je ne sais pas. Je regarde le chapiteau. Et j’entends la parole de Jésus : "Ami". Mais cela nous fait penser à autre chose, qui est plus réel, plus réel qu’aujourd’hui : le diable est entré dans Judas, c’est le diable qui l’a conduit jusqu’ici. Et comment l’histoire s’est-elle terminée ? Le diable est un mauvais payeur, il n’est pas un payeur fiable. Il vous promet tout, vous fait tout voir et, à la fin, il vous laisse seul dans votre désespoir de vous pendre.

Le cœur de Judas, agité, tourmenté par la cupidité et tourmenté par l’amour pour Jésus, un amour qui n’a pas réussi à faire de l’amour, tourmenté par ce brouillard, retourne vers les prêtres en demandant le pardon, en demandant le salut. "Quel rapport avec nous ? C’est ton affaire..." : Le diable parle comme ça et nous laisse dans le désespoir.

Pensons à tant de Judas institutionnalisés dans ce monde, qui exploitent les gens. Et pensons aussi au petit Judas que chacun d’entre nous a en lui à l’heure de choisir : entre la loyauté ou l’intérêt. Chacun d’entre nous a la capacité de trahir, de vendre, de choisir dans son propre intérêt. Chacun de nous a la possibilité de se laisser attirer par l’amour de l’argent ou des biens ou par le bien-être futur. "Judas, où es-tu ?" Mais la question que je pose à chacun d’entre nous : "Toi, Judas, le petit Judas en moi : où es-tu ?” »

(Avec V. N.)

Dimanche 5 Avril 2020

Le Pape François a célébré la messe du dimanche des Rameaux à huis clos dans la basilique Saint-Pierre, ouvrant une Semaine Sainte très particulière cette année, en raison de la pandémie. Dans son homélie, il est revenu sur les épreuves de la trahison et de l’abandon vécues par Jésus, qui doivent nous inspirer pour faire face aux difficultés que traversent le monde aujourd’hui.

En communion avec le monde entier, le Pape François a célébré cette messe du dimanche des Rameaux, seuls le cardinal Angelo Comastri, archiprêtre de la basilique Saint-Pierre et président de la Fabrique de Saint-Pierre, et son délégué Mgr Vittorio Lanzani, étaient présents aux côtés du Souverain pontife.

« Jésus ’’s’est anéanti, prenant la condition de serviteur’’ (Ph 2, 7) », a rappelé le Pape François au début de son homélie, dans une basilique Saint-Pierre vidée de ses fidèles, invitant les auditeurs du monde entier, qui pouvaient suivre ses paroles sur les médias ou les réseaux sociaux à se laisser introduire « dans les jours saints par ces mots de l’apôtre Paul, où la Parole de Dieu, comme un refrain, montre Jésus comme un serviteur : “le Jeudi saint il est le serviteur qui lave les pieds à ses disciples ; le Vendredi saint, il est présenté comme le serviteur souffrant et victorieux (cf. Is 52, 13)" ; et déjà demain, Isaïe prophétisera de lui : "Voici mon serviteur que je soutiens (Is 42, 1)” ». Dieu nous a sauvés en nous servant, a expliqué le Souverain Pontife, « en général nous pensons que c’est à nous de servir Dieu. Non, c’est lui qui nous a servi gratuitement, parce qu’il nous a aimé en premier. Il est difficile d’aimer sans être aimés. Et il est encore plus difficile de servir si nous ne nous laissons pas servir par Dieu ».

Le Pape qui a ensuite détaillé comment le Seigneur avait servi : « En donnant sa vie pour nous. Nous lui sommes chers et nous lui avons coûté cher. Sainte Angèle de Foligno a témoigné d’avoir entendu de Jésus ces paroles : ’’Ce n’est pas pour rire que je t’ai aimée’’. Son amour l’a conduit à se sacrifier pour nous, à prendre sur lui tout notre mal ». Cet acte peut laisser « pantois », a continué le Saint-Père, « Dieu nous a sauvés en acceptant que notre mal s’acharne sur lui. Sans réagir, avec seulement l’humilité, la patience et l’obéissance du serviteur, exclusivement avec la force de l’amour. Et le Père a soutenu le service de Jésus : il n’a pas mis en déroute le mal qui s’abattait sur lui, mais il a soutenu sa souffrance, pour que notre mal soit vaincu seulement par le bien, pour qu’il soit traversé jusqu’au fond par l’amour. Jusqu’à la fin ».

Le Seigneur nous a servis jusqu’à éprouver les situations les plus douloureuses pour qui aime : la trahison et l’abandon.

Puis l’évêque de Rome a pris soin de détailler ces deux épreuves. Jésus a été trahi par des « gens qui l’acclamaient et qui ensuite ont crié : "Qu’il soit crucifié !" (Mt 27, 22). Il a été trahi par l’institution religieuse qui l’a condamné injustement et par l’institution politique qui s’est lavé les mains ». Lorsque chacun découvre qu’il a été trahi, « naît au fond du cœur une déception telle que la vie semble ne plus avoir de sens. Cela arrive parce que nous sommes nés pour être aimés et pour aimer, et la chose la plus douloureuse c’est d’être trahi par celui qui a promis de nous être loyal et proche. Nous ne pouvons pas non plus imaginer comme cela a été douloureux pour Dieu, qui est amour ».

Le Pape François a ainsi invité chacun à une introspection, « Si nous sommes sincères avec nous-mêmes, nous verrons nos infidélités. Que de fausseté, d’hypocrisies et de duplicités ! Que de bonnes intentions trahies ! Que de promesses non tenues ! Que de résolutions laissées s’évanouir ! ». Mais le Seigneur « connaît notre cœur mieux que nous, il sait combien nous sommes faibles et inconstants, combien de fois nous tombons, que de mal nous avons à nous relever et combien il est difficile de guérir certaines blessures ». C’est pour cela qu’Il nous a guéri, « en prenant sur lui nos infidélités, en enlevant nos trahisons. De sorte que, au lieu de nous décourager par peur de ne pas y arriver, nous pouvons lever notre regard vers le Crucifié, recevoir son embrassade et dire : “Voilà, mon infidélité est là, tu l’as prise, toi, Jésus. Tu m’ouvres les bras, tu me sers par ton amour, tu continues à me soutenir…Alors j’avance !” ».

Ensuite vint l’épreuve de l’abandon. « Sur la croix, dans l’Evangile d’aujourd’hui, Jésus dit une phrase, une seule : ’’Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ?’’ (Mt 27, 46). C’est une phrase forte ». Pour la première fois, Jésus qui avait souffert de l’abandon des siens, utilisait le nom de « Dieu », pour crier un « pourquoi » déchirant, « Ce sont en réalité les paroles d’un Psaume (cf. 21, 2) : on y dit que Jésus a aussi porté en prière l’extrême désolation ».

De nouveau, cette épreuve était faite pour nous servir, a continué le Souverain Pontife, pour « que lorsque nous nous sentons le dos au mur, que nous nous rappelions que nous ne sommes pas seuls. Jésus a éprouvé l’abandon total, la situation qui lui est la plus étrangère, afin de nous être solidaire en tout. Il l’a fait pour moi, pour toi, pour te dire : “N’aie pas peur, tu n’es pas seul. J’ai éprouvé toute ta désolation pour être toujours à ton côté ” ». Voilà ainsi jusqu’où Jésus nous a servi, « descendant dans l’abîme de nos souffrances les plus atroces, jusqu’à la trahison et à l’abandon ».

Une telle épreuve doit nous servir aujourd’hui, « dans le drame de la pandémie, face à tant de certitudes qui s’effritent, face à tant d’attentes trahies, dans le sens d’un abandon qui nous serre le cœur, Jésus dit à chacun de nous :“Courage : ouvre ton cœur à mon amour. Tu sentiras la consolation de Dieu, qui te soutient” ».

Que pouvons-nous faire devant Dieu qui nous a servis jusqu’à éprouver la trahison et l’abandon ? a alors demandé le Saint-Père. « Nous pouvons ne pas trahir celui pour qui nous avons été créés, ne pas abandonner ce qui compte. Nous sommes au monde pour l’aimer, lui et les autres. Le reste passe, cela demeure ». L’épreuve que le monde est en train de traverser « nous pousse à prendre au sérieux ce qui est sérieux, et à ne pas nous perdre dans des choses de peu de valeur ; à redécouvrir que la vie ne sert à rien si on ne sert pas. Parce que la vie se mesure sur l’amour ».

Puis, le Pape a invité les fidèles, en ces jours saints, à la maison, à se tenir devant le Crucifié, « devant Dieu qui nous sert jusqu’à donner sa vie, demandons la grâce de vivre pour servir. Cherchons à contacter celui qui souffre, celui qui est seul et dans le besoin. Ne pensons pas seulement à ce qui nous manque, mais au bien que nous pouvons faire ».

Aimer, prier, pardonner, prendre soin des autres, en famille comme dans la société, cela peut sembler un chemin de croix, a concédé François, « mais le chemin du service est le chemin vainqueur, qui nous a sauvés et qui nous sauve la vie ».

En conclusion de son homélie, le Saint-Père a tenu à avoir une pensée particulière pour les jeunes, en cette journée qui leur est consacrée, « Chers amis, regardez les vrais héros, qui apparaissent ces jours-ci : ce ne sont pas ceux qui ont renommée, argent et succès, mais ceux qui se donnent eux-mêmes pour servir les autres. Sentez-vous appelés à mettre en jeu votre vie. N’ayez pas peur de la dépenser pour Dieu et pour les autres, vous y gagnerez ! Parce que la vie est un don qui se reçoit en se donnant. Et parce que la joie la plus grande est de dire oui à l’amour, sans si et sans mais. Comme Jésus pour nous ».

(Avec V. N.)

Mercredi 1er avril 2020

Lors de l’audience générale retransmise en direct depuis la bibliothèque du palais apostolique, le Pape François est longuement revenu sur la sixième béatitude : « heureux les cœurs purs, car ils verront Dieu ». La pureté du cœur s’obtient par un processus de libération intérieure.

A de nombreuses reprises, les Écritures manifestent la soif d’une relation personnelle, authentique et intime avec Dieu (psaume 27, Job 42, ou Luc 24). Pour parvenir à cette contemplation, « il est nécessaire d’entrer en soi-même et de laisser la place à Dieu, Lui qui est “plus intime à moi que moi-même” », a soutenu le Saint-Père en citant saint Augustin. Pour voir Dieu, point n’est besoin de « changer de lunette » ou de « point d’observation » ; en réalité, le « pas décisif est accompli » lorsque « l’on se rend compte que notre pire ennemi se trouve au-dedans de nous, caché dans notre cœur ». Et le « combat le plus noble » consiste à le « libérer de ses trahisons intérieures qui engendrent le péché ».

C’est là qu’importe de comprendre ce qu’est « la pureté de cœur » dont parle cette sixième béatitude. « L’homme au cœur pur vit en présence du Seigneur de manière unifiée. Sa vie n’est plus tortueuse, mais simple et linéaire », a expliqué François.

Le pur de cœur « ne naît pas comme tel » mais il a vécu un « processus de simplification intérieur », en apprenant à reconnaître quelle partie de son être se trouve sous l’emprise du mal et du péché, afin d’y renoncer et de se laisser instruire et guider par l’Esprit Saint. Ce n’est qu’en poursuivant sur ce chemin du cœur que nous pourrons « voir Dieu ».

« Cette vision béatifique a une dimension eschatologique, elle est la joie du Royaume des cieux vers lequel nous allons ». Mais « voir Dieu » c’est aussi « comprendre les desseins de la Providence en toute chose, reconnaître sa présence là où il se manifeste, dans les sacrements, dans les frères, surtout les plus pauvres et les plus malheureux ».

« Cette béatitude est un peu le fruit des précédentes : si nous écoutons la soif du bien qui habite en nous, et si nous sommes conscients de vivre de miséricorde, débute un chemin de libération qui dure toute la vie et nous conduit jusqu’au Ciel. C’est un travail sérieux et c’est avant tout une œuvre de Dieu en nous – dans les épreuves et les purifications de la vie- qui porte à une grande joie, à une paix profonde et vraie », a affirmé le Souverain Pontife en guise de conclusion.

Il s’est ensuite adressé aux fidèles de langue française suivant cette catéchèse via la radio, la télévision ou internet : « Frères et sœurs, profitons de ce temps de carême pour entendre cette soif de Dieu qui habite en nous. Poursuivons notre chemin de libération, à travers les épreuves et les purifications de la vie, qui nous conduise à la gloire du ciel. Que Dieu vous bénisse ».

Homélie lors de la messe à la chapelle de la Maison Sainte-Marthe

Lors de la messe célébrée ce mercredi 1er avril en la chapelle de la Maison Sainte-Marthe, le Pape François a tourné ses pensées vers les journalistes, les communicants, et aussi les personnes s’occupant d’enfants. Dans son homélie, il a rappelé que le disciple de Jésus est un homme libre, un homme de Tradition et de nouveauté, car il se laisse guider par l’Esprit Saint et non par des idéologies :

« Ces jours-ci, l’Église nous fait écouter le huitième chapitre de Jean : il y a cette discussion si forte entre Jésus et les docteurs de la loi. Et surtout, ils essaient de montrer leur propre identité : Jean essaie de nous rapprocher de cette lutte menée pour clarifier leur propre identité, celle de Jésus et celle des docteurs. Jésus les pousse dans leurs retranchements en leur montrant leurs contradictions. Et ils ne trouvent finalement pas d’autre issue que l’insulte : c’est l’une des pages les plus tristes, c’est un blasphème. Ils insultent la sainte Vierge.

Mais parlant d’identité, Jésus dit aux Juifs qui ont cru en Lui, il leur conseille : « Si vous demeurez dans ma parole, vous êtes vraiment mes disciples ». Il revient à ce mot si cher au Seigneur qu’il le répètera de nombreuses fois, même lors de la cène : demeurer. « Demeurez en moi ». Demeurer dans le Seigneur. Il ne dit pas : « Étudiez bien, apprenez bien les arguments », il considère que cela va de soi. Mais il va à la chose la plus importante, celle qui est la plus dangereuse pour la vie, si vous ne le faites pas : demeurer. « Demeure dans ma parole ». Et ceux qui restent dans la parole de Jésus ont leur propre identité chrétienne. Et quelle est-elle ? « Vous êtes vraiment mes disciples ». L’identité chrétienne n’est pas une carte qui dit "je suis chrétien", une carte d’identité : non. C’est le fait d’être disciple. Toi, si tu restes dans le Seigneur, dans la Parole du Seigneur, dans la vie du Seigneur, tu seras disciple. Si vous ne restez pas, vous serez celui qui sympathise avec la doctrine, qui suit Jésus comme un homme qui fait tant de bonnes œuvres, qui est si bon, qui a de justes valeurs, mais le fait d’être disciple est la véritable identité du chrétien.

Et c’est le fait d’être disciple qui nous donnera la liberté : le disciple est un homme libre parce qu’il demeure dans le Seigneur. Et "demeurer dans le Seigneur", qu’est-ce que cela signifie ? Se laisser guider par l’Esprit Saint. Le disciple se laisse guider par l’Esprit, c’est pourquoi le disciple est toujours un homme de tradition et de nouveauté, c’est un homme libre. Un homme libre. Jamais soumis à des idéologies, à des doctrines au sein de la vie chrétienne, des doctrines qui peuvent être discutées ... demeure dans le Seigneur, c’est l’Esprit qui inspire. Lorsque nous chantons à l’Esprit, nous lui disons qu’il est un hôte de l’âme, qui habite en nous. Mais cela, seulement si nous demeurons dans le Seigneur.

Je demande au Seigneur de nous faire connaître cette sagesse de demeurer en Lui et de nous faire connaître cette familiarité avec l’Esprit : l’Esprit Saint nous donne la liberté. Et cela, c’est l’onction. Celui qui reste dans le Seigneur est un disciple, et le disciple est un oint, un oint par l’Esprit, qui a reçu l’onction de l’Esprit et la porte autour de lui. C’est le chemin que Jésus nous montre pour la liberté et aussi pour la vie. Et le fait d’être disciple est l’onction que reçoivent ceux qui demeurent dans le Seigneur.

Que le Seigneur nous fasse comprendre cela, qui n’est pas facile : parce que les docteurs ne l’ont pas compris, on ne le comprend pas seulement avec la tête ; on la comprend avec la tête et le cœur, cette sagesse de l’onction du Saint-Esprit qui fait de nous des disciples ».

Avec V. N.)

Dimanche 29 mars 2020

Lors de la prière de l’Angélus, prononcée depuis la bibliothèque du Palais apostolique, le Pape est revenu sur l’Évangile de la Résurrection de Lazare.

En ce cinquième dimanche de Carême, le Pape François a commenté l’Évangile de la Résurrection de Lazare (cf. Jn 11, 1-45). Lazare était un frère de Marthe et de Marie, ils étaient des amis très proches de Jésus. Lorsqu’il arriva à Béthanie, Lazare était déjà mort depuis quatre jours.

« Ici, nous touchons de nos mains que Dieu est la vie et donne la vie, mais il prend sur lui le drame de la mort. Jésus aurait pu éviter la mort de son ami Lazare, mais il voulait faire sien notre chagrin pour la mort des êtres chers, et surtout il voulait montrer la domination de Dieu sur la mort », a déclaré le Saint-Père depuis la bibliothèque vaticane. Ce passage de l’Évangile de Jean est celui où la foi de l’homme rencontre la toute-puissance de l’amour. « Nous le voyons dans le cri de Marthe et Marie et de nous tous avec elles : "Si vous aviez été là !...". Et la réponse de Dieu n’est pas un discours, c’est Jésus : "Je suis la résurrection et la vie... Ayez la foi ! Au milieu des pleurs, continuez à avoir la foi, même si la mort semble avoir gagné. Enlevez la pierre de votre cœur ! Que la Parole de Dieu ramène la vie là où il y a la mort". »

Ainsi, aujourd’hui encore, Jésus appelle à « enlever la pierre », car, a éclairé le Saint-Père, Dieu ne nous a pas créé pour le tombeau, mais pour la vie. « Nous sommes donc appelés à enlever les pierres de tout ce qui sent la mort : l’hypocrisie avec laquelle la foi est vécue, c’est la mort ; la critique destructive des autres, c’est la mort ; l’offense, la calomnie, c’est la mort ; la marginalisation des pauvres, c’est la mort ». Si nous enlevons ces pierres de nos coeurs, la vie fleurira de nouveau autour de nous : « Sans le Christ, ou en dehors du Christ, non seulement la vie n’est pas présente, mais on retombe dans la mort », a continué François.

Cette résurrection de Lazare, a expliqué le Souverain Pontife, est aussi un signe de « la régénération qui s’opère chez le croyant par le baptême, avec une pleine insertion dans le mystère pascal du Christ. Par l’action et la puissance du Saint-Esprit, le chrétien est une personne qui marche dans la vie comme une nouvelle créature : une créature pour la vie. »

En conclusion, le Saint-Père a demandé à la Vierge Marie de nous aider à être compatissants, comme son Fils Jésus, « qui a fait sienne notre douleur ».

Après avoir récité la prière de l’angélus depuis la bibliothèque du palais apostolique, le Pape François a soutenu l’initiative lancée en début de semaine par Antonio Guterres, le secrétaire général de l’ONU qui appelait à mettre les conflits entre parenthèses pour affronter la pandémie de Covid-19. Le Saint-Père s’associe ainsi à ce « cessez-le-feu global et immédiat aux quatre coins du monde » et invite tout le monde « à y donner suite en arrêtant toute forme d’hostilité belliqueuse, favorisant la création de corridors humanitaires, l’ouverture à la diplomatie, l’attention à qui se trouve en situation de plus grande vulnérabilité ».

Il souhaite ainsi que « l’engagement conjoint contre la pandémie puisse amener tout le monde à reconnaître notre besoin de renforcer les liens fraternels comme membres de l’unique famille humaine ». Il encourage les responsables des nations et de toutes les parties en cause à « un engagement renouvelé pour dépasser les rivalités ». « Les conflits ne se résolvent pas à travers la guerre ! Il est nécessaire de dépasser les antagonismes et les contrastes grâce au dialogue et à une recherche constructive de la paix » a-t-il poursuivi.

Lundi 23 mars, le secrétaire général des Nations unies avait fait une brève déclaration au siège de l’ONU à New York. « La furie avec laquelle s’abat le virus montre bien que se faire la guerre est une folie ». « Si les combats se poursuivent, nous pourrions avoir une extension absolument dévastatrice de l’épidémie » avait-il déclaré. « L’heure est venue de laisser les conflits armés derrière nous pour concentrer nos efforts sur le véritable combat de nos vies », a également affirmé Antonio Guterres ajoutant : « posez les armes, faites taire les canons, mettez fin aux frappes aériennes », afin de créer des couloirs humanitaires essentiels pour sauver des vies.

Le Pape a également eu une pensée « toute spéciale » pour les personnes qui sont contraintes de vivre en groupe : dans les maisons de repos, dans les casernes en particulier. Mais François a tenu à souligner la situation que vivent les détenus. « J’ai lu une note officielle de la Commission des Droits de l’Homme qui parle du problème des prisons surpeuplées qui pourraient devenir une tragédie. Je demande aux autorités d’être sensibles à ce grave problème et de prendre les mesures nécessaires pour éviter des tragédies futures, » a déclaré le Saint-Père avant de conclure son intervention.

’Avec V. N.)

Vendredi 27 Mars 2020

Supplication adressée au Seigneur par le Pape François

Le Pape François a présidé ce vendredi soir, depuis le parvis puis l’atrium de la basilique Saint-Pierre, un temps de prière marqué par l’écoute de la Parole de Dieu, suivi d’une homélie, d’une adoration du Saint-Sacrement et d’une bénédiction Urbi et Orbi à destination des personnes affectées par la pandémie actuelle de coronavirus.

Cette cérémonie au format inédit s’est tenue dans une atmosphère de profonde gravité, quelques minutes après l’annonce du bilan humain de près d’un millier de morts du Covid-19 pour cette seule journée en Italie, un chiffre aussi glaçant que la pluie et le froid qui balayaient la Place Saint-Pierre, vide de tout pèlerin.

Après la proclamation d’un extrait de l’Évangile, tiré du quatrième chapitre de saint Marc, le Pape François, abrité sous l’auvent habituellement utilisé pour les audiences générales et les messes en extérieur, a délivré une méditation mettant en relief les points communs entre la crise traversée par les disciples dans ce récit, et celle vécue actuellement par une grande partie de la population mondiale, confrontée à une pandémie d’une ampleur inconnue dans l’histoire récente, et aux effets sociaux et économiques dévastateurs.

Découvrez le texte de la méditation du Saint-Père en intégralité :

« Le soir venu » (Mc 4, 35). Ainsi commence l’Evangile que nous avons écouté. Depuis des semaines, la nuit semble tomber. D’épaisses ténèbres couvrent nos places, nos routes et nos villes ; elles se sont emparées de nos vies en remplissant tout d’un silence assourdissant et d’un vide désolant, qui paralyse tout sur son passage : cela se sent dans l’air, cela se ressent dans les gestes, les regards le disent. Nous nous retrouvons apeurés et perdus. Comme les disciples de l’Evangile, nous avons été pris au dépourvu par une tempête inattendue et furieuse. Nous rendons compte que nous nous trouvons dans la même barque, tous fragiles et désorientés, mais en même temps tous importants et nécessaires, tous appelés à ramer ensemble, tous ayant besoin de nous réconforter mutuellement. Dans cette barque… nous trouvons tous. Comme ces disciples qui parlent d’une seule voix et dans l’angoisse disent : « Nous sommes perdus » (v. 38), nous aussi, nous nous apercevons que nous ne pouvons pas aller de l’avant chacun tout seul, mais seulement ensemble.

Il est facile de nous retrouver dans ce récit. Ce qui est difficile, c’est de comprendre le comportement de Jésus. Alors que les disciples sont naturellement inquiets et désespérés, il est à l’arrière, à l’endroit de la barque qui coulera en premier. Et que fait-il ? Malgré tout le bruit, il dort serein, confiant dans le Père – c’est la seule fois où, dans l’Evangile, nous voyons Jésus dormir –. Puis, quand il est réveillé, après avoir calmé le vent et les eaux, il s’adresse aux disciples sur un ton de reproche : « Pourquoi êtes-vous si craintifs ? N’avez-vous pas encore la foi ? » (v. 40).

Cherchons à comprendre. En quoi consiste le manque de foi de la part des disciples, qui s’oppose à la confiance de Jésus ? Ils n’avaient pas cessé de croire en lui. En effet, ils l’invoquent. Mais voyons comment ils l’invoquent : « Maître, nous sommes perdus ; cela ne te fait rien ? » (v. 38). Cela ne te fait rien : ils pensent que Jésus se désintéresse d’eux, qu’il ne se soucie pas d’eux. Entre nous, dans nos familles, l’une des choses qui fait le plus mal, c’est quand nous nous entendons dire : “Tu ne te soucies pas de moi ?”. C’est une phrase qui blesse et déclenche des tempêtes dans le cœur. Cela aura aussi touché Jésus, car lui, plus que personne, tient à nous. En effet, une fois invoqué, il sauve ses disciples découragés.

La tempête démasque notre vulnérabilité et révèle ces sécurités, fausses et superflues, avec lesquelles nous avons construit nos agendas, nos projets, nos habitudes et priorités. Elle nous démontre comment nous avons laissé endormi et abandonné ce qui alimente, soutient et donne force à notre vie ainsi qu’à notre communauté. La tempête révèle toutes les intentions d’“emballer” et d’oublier ce qui a nourri l’âme de nos peuples, toutes ces tentatives d’anesthésier avec des habitudes apparemment “salvatrices”, incapables de faire appel à nos racines et d’évoquer la mémoire de nos anciens, en nous privant ainsi de l’immunité nécessaire pour affronter l’adversité.

À la faveur de la tempête, est tombé le maquillage des stéréotypes avec lequel nous cachions nos “ego” toujours préoccupés de leur image ; et reste manifeste, encore une fois, cette appartenance commune (bénie), à laquelle nous ne pouvons pas nous soustraire : le fait d’être frères.

« Pourquoi êtes-vous si craintifs ? N’avez-vous pas encore la foi ? ». Seigneur, ce soir, ta Parole nous touche et nous concerne tous. Dans notre monde, que tu aimes plus que nous, nous sommes allés de l’avant à toute vitesse, en nous sentant forts et capables dans tous les domaines. Avides de gains, nous nous sommes laissé absorber par les choses et étourdir par la hâte. Nous ne nous sommes pas arrêtés face à tes rappels, nous ne nous sommes pas réveillés face à des guerres et à des injustices planétaires, nous n’avons pas écouté le cri des pauvres et de notre planète gravement malade. Nous avons continué notre route, imperturbables, en pensant rester toujours sains dans un monde malade. Maintenant, alors que nous sommes dans une mer agitée, nous t’implorons : “Réveille-toi Seigneur !”.

« Pourquoi êtes-vous si craintifs ? N’avez-vous pas encore la foi ? ». Seigneur, tu nous adresses un appel, un appel à la foi qui ne consiste pas tant à croire que tu existes, mais à aller vers toi et à se fier à toi. Durant ce Carême, ton appel urgent résonne : “Convertissez-vous”, « Revenez à moi de tout votre coeur » (Jl 2, 12). Tu nous invites à saisir ce temps d’épreuve comme un temps de choix. Ce n’est pas le temps de ton jugement, mais celui de notre jugement : le temps de choisir ce qui importe et ce qui passe, de séparer ce qui est nécessaire de ce qui ne l’est pas. C’est le temps de réorienter la route de la vie vers toi, Seigneur, et vers les autres. Et nous pouvons voir de nombreux compagnons de voyage exemplaires qui, dans cette peur, ont réagi en donnant leur vie. C’est la force agissante de l’Esprit déversée et transformée en courageux et généreux dévouements. C’est la vie de l’Esprit capable de racheter, de valoriser et de montrer comment nos vies sont tissées et soutenues par des personnes ordinaires, souvent oubliées, qui ne font pas la une des journaux et des revues ni n’apparaissent dans les grands défilés du dernier show mais qui, sans aucun doute, sont en train d’écrire aujourd’hui les évènements décisifs de notre histoire : médecins, infirmiers et infirmières, employés de supermarchés, agents d’entretien, fournisseurs de soin à domicile, transporteurs, forces de l’ordre, volontaires, prêtres, religieuses et tant et tant d’autres qui ont compris que personne ne se sauve tout seul. Face à la souffrance, où se mesure le vrai développement de nos peuples, nous découvrons et nous expérimentons la prière sacerdotale de Jésus : « Que tous soient un » (Jn 17, 21). Que de personnes font preuve chaque jour de patience et insufflent l’espérance, en veillant à ne pas créer la panique mais la coresponsabilité ! Que de pères, de mères, de grands-pères et de grands-mères, que d’enseignants montrent à nos enfants, par des gestes simples et quotidiens, comment affronter et traverser une crise en réadaptant les habitudes, en levant les regards et en stimulant la prière ! Que de personnes prient, offrent et intercèdent pour le bien de tous. La prière et le service discret : ce sont nos armes gagnantes !

« Pourquoi avez-vous peur ? N’avez-vous pas encore la foi ? ». Le début de la foi, c’est de savoir qu’on a besoin de salut. Nous ne sommes pas autosuffisants ; seuls, nous faisons naufrage : nous avons besoin du Seigneur, comme les anciens navigateurs, des étoiles. Invitons Jésus dans les barques de nos vies. Confions-lui nos peurs, pour qu’il puisse les vaincre. Comme les disciples, nous ferons l’expérience qu’avec lui à bord, on ne fait pas naufrage. Car voici la force de Dieu : orienter vers le bien tout ce qui nous arrive, même les choses tristes. Il apporte la sérénité dans nos tempêtes, car avec Dieu la vie ne meurt jamais.

Le Seigneur nous interpelle et, au milieu de notre tempête, il nous invite à réveiller puis à activer la solidarité et l’espérance capables de donner stabilité, soutien et sens en ces heures où tout semble faire naufrage. Le Seigneur se réveille pour réveiller et raviver notre foi pascale. Nous avons une ancre : par sa croix, nous avons été sauvés. Nous avons un gouvernail : par sa croix, nous avons été rachetés. Nous avons une espérance : par sa croix, nous avons été rénovés et embrassés afin que rien ni personne ne nous sépare de son amour rédempteur. Dans l’isolement où nous souffrons du manque d’affections et de rencontres, en faisant l’expérience du manque de beaucoup de choses, écoutons une fois encore l’annonce qui nous sauve : il est ressuscité et vit à nos côtés. Le Seigneur nous exhorte de sa croix à retrouver la vie qui nous attend, à regarder vers ceux qui nous sollicitent, à renforcer, reconnaître et stimuler la grâce qui nous habite. N’éteignons pas la flamme qui faiblit (cf. Is 42, 3) qui ne s’altère jamais, et laissons-la rallumer l’espérance.

Embrasser la croix, c’est trouver le courage d’embrasser toutes les contrariétés du temps présent, en abandonnant un moment notre soif de toute puissance et de possession, pour faire place à la créativité que seul l’Esprit est capable de susciter. C’est trouver le courage d’ouvrir des espaces où tous peuvent se sentir appelés, et permettre de nouvelles formes d’hospitalité et de fraternité ainsi que de solidarité. Par sa croix, nous avons été sauvés pour accueillir l’espérance et permettre que ce soit elle qui renforce et soutienne toutes les mesures et toutes les pistes possibles qui puissent aider à nous préserver et à sauvegarder. Étreindre le Seigneur pour embrasser l’espérance, voilà la force de la foi, qui libère de la peur et donne de l’espérance.

« Pourquoi êtes-vous si craintifs ? N’avez-vous pas encore la foi ? » Chers frères et sœurs, de ce lieu, qui raconte la foi, solide comme le roc, de Pierre, je voudrais ce soir vous confier tous au Seigneur, par l’intercession de la Vierge, salut de son peuple, étoile de la mer dans la tempête. Que, de cette colonnade qui embrasse Rome et le monde, descende sur vous, comme une étreinte consolante, la bénédiction de Dieu. Seigneur, bénis le monde, donne la santé aux corps et le réconfort aux cœurs. Tu nous demandes de ne pas avoir peur. Mais notre foi est faible et nous sommes craintifs. Mais toi, Seigneur, ne nous laisse pas à la merci de la tempête. Redis encore : « N’ayez pas peur » (Mt 28, 5). Et nous, avec Pierre, “nous nous déchargeons sur toi de tous nos soucis, car tu prends soin de nous” (cf. 1P 5, 7).

Adoration et bénédiction Urbi et Orbi avec le Saint-Sacrement

Le Saint-Père s’est ensuite rendu devant l’image de la Salus Populi Romani et le crucifix de Saint Marcel, dont l’exposition avait mis fin, en 1522, à la grande peste de Rome. François est ensuite entré dans l’atrium par la porte centrale de la basilique. L’adoration du Saint-Sacrement exposé sur l’autel, enveloppé d’encens, précédait la supplication pour demander au Seigneur de sauver l’humanité « de tous les maux qui affligent l’humanité », « des maladies, des épidémies et de la peur du frère ». Les derniers mots de la supplication ont évoqué le « désert » du Carême et l’horizon de Pâques : « ouvre-nous à l’espérance, Seigneur, si la douleur nous visite, si l’indifférence nous angoisse, si la mort nous anéantit ».

Après la supplication, le rite de la bénédiction eucharistique Urbi et Orbi a suivi, adressé à la ville de Rome et au monde entier. Le cardinal Angelo Comastri, archiprêtre de la basilique Saint-Pierre, a prononcé la formule pour la proclamation de l’indulgence. Tous ceux qui ont reçu la bénédiction eucharistique par la radio, la télévision et d’autres technologies de communication, mais aussi tous ceux qui se sont unis à cet évènement simplement dans la prière même sans accès aux médias, ont obtenu l’indulgence plénière dans la forme établie par l’Église.

Vendredi 27 Mars 2020

Au cours de la messe célébrée ce vendredi matin à Sainte-Marthe, le Pape François a de nouveau adressé ses pensées aux malades, aux personnes âgées seules, aux familles qui n’ont plus rien pour vivre, et il a exprimé sa gratitude à ceux qui s’occupent d’eux. Dans son homélie, le Saint-Père a parlé du courage de garder le silence face à la folie destructrice du diable. C’est ce que Jésus a fait, et c’est ce qu’il faut faire face aux petites tentations, telles que les bavardages.

(Avec V. N.)

Mercredi 25 mars 2020

A l’occasion de la fête de l’Annonciation, et dans le contexte tragique de l’épidémie de coronavirus, le Pape a proposé à tous les chrétiens du monde de s’unir dans la prière du “Notre Père”. Voici les quelques mots prononcés par le Pape François, depuis la bibliothèque du Palais apostolique, en introduction de ce temps de prière œcuménique.

« Chers frères et sœurs, aujourd’hui nous nous sommes donnés rendez-vous, tous les chrétiens du monde, pour prier ensemble le Notre Père, la prière que Jésus nous a enseigné.

Comme des enfants confiants, nous nous adressons au Père. Nous le faisons tous les jours, plusieurs fois par jour, mais en ce moment nous voulons implorer la miséricorde pour l’humanité durement éprouvée par la pandémie de coronavirus. Et nous le faisons ensemble, chrétiens de toute Église et communauté, de toute tradition, de tout âge, langue et nation.

Prions pour les malades et pour les familles, pour les opérateurs de santé et ceux qui les aident ; pour les autorités, les forces de l’ordre et les volontaires ; pour les ministres de vos communautés.

Aujourd’hui beaucoup d’entre nous célèbrent l’Incarnation du Verbe dans le sein de la Vierge Marie, quand son “me voici”, humble et total, se reflète le “moi voici” du Fils de Dieu. Nous aussi nous nous confions avec pleine confiance dans les mains de Dieu et avec un seul cœur et une seule âme nous prions.

Notre père,

Qui es aux cieux,

Que ton nom soit sanctifié,

Que ton règne vienne,

Que ta volonté soit faite

Sur la terre comme au ciel.

Donne-nous aujourd’hui

Notre pain de ce jour.

Pardonne-nous nos offenses

Comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensé

Et ne nous laisse pas entrer en tentation

Mais délivre-nous du mal.

Amen. »

Une autre initiative, cette fois propre à l’Église catholique, sera proposée ce vendredi 27 mars à 18h, avec un temps de prière présidé par le Pape François sur le parvis de la basilique Saint-Pierre, qui sera suivi d’une bénédiction Urbi et Orbi avec concession de l’indulgence plénière.

(Avec V. N.)

Mardi 24 Mars 2020

Retrouvez le Saint-Père dans une édition spéciale de "La Vidéo du Pape", qui relaie ses intentions de prière mensuelles : le Pape François appelle une nouvelle fois les chrétiens à la prière.

"Prions tous ensemble pour les malades, pour les personnes qui souffrent.

Sous Ta protection nous cherchons refuge, Sainte Mère de Dieu. N’ignore pas nos supplications, nous qui sommes dans l’épreuve, et libère-nous de tout danger, O Vierge glorieuse et bénie.

Je remercie tous les chrétiens, tous les hommes et toutes les femmes de bonne volonté qui prient pour ce moment, tous unis, quelle que soit la tradition religieuse à laquelle ils appartiennent".

Cette invitation à prier peut être suivie en ligne sous le hashtag #PrayForTheWorld.

Cette semaine, deux autres initiatives de prière ont été prévues par le Saint-Père : le mercredi 25 mars, en la solennité de l’Annonciation du Seigneur, les chrétiens du monde entier sont invités à réciter un Notre Père à 12h00 (7h en Martinique). Puis vendredi 27 mars à 18h00 (13h en Martinique), le Pape célèbrera un temps de prière et d’adoration eucharistique Place Saint-Pierre, vide de tout pèlerin.

« Nous écouterons la Parole de Dieu, nous élèverons notre supplication, nous adorerons le Saint-Sacrement, avec lequel je donnerai à la fin la bénédiction Urbi et Orbi, à laquelle sera attachée la possibilité de recevoir l’indulgence plénière », a annoncé François le 22 mars dernier. Ces deux temps de prière seront retransmis en direct sur Radio saint Louis (99.5, 101.3 et 105.1 Mhz sur la bande FM et www.radiosaintlouis.com sur le web).

(Avec V. N.)

Dimanche 22 mars 2020

Lors de la prière de l’Angélus, prononcée depuis la Bibliothèque du Palais apostolique, le Pape est revenu sur le long texte de l’Évangile du jour, tiré du 9e chapitre de saint Jean. Le Saint-Père nous donne rendez-vous le 25 mars à 12h et le 27 mars à 18h pour des temps de prière communs à tous les chrétiens

Ce récit de la guérison de l’aveugle représente une métaphore du chemin de la libération du péché, et indique donc la voie à suivre pour chaque chrétien : celle de la lumière.

« En redonnant la vue à un aveugle, Jésus opère l’illumination à deux niveaux : un niveau physique et un niveau spirituel : l’aveugle reçoit d’abord la vue des yeux et est ensuite conduit à la foi dans le "Fils de l’homme" (v. 35), c’est-à-dire en Jésus ». Les gestes du Seigneur ont ainsi pour but de « conduire à la foi par un voyage de transformation intérieure ».

Au milieu de la méfiance et de l’incrédulité des pharisiens et des docteurs de la loi, l’aveugle « emprunte progressivement un itinéraire qui le conduit à découvrir l’identité de Celui qui lui a ouvert les yeux et à confesser sa foi en lui ».
Recevoir la lumière pour la transmettre

« Avec la lumière de la foi, l’aveugle découvre sa nouvelle identité », a rappelé François, et c’est ce que Jésus propose à chacun de nous. « Le péché est comme un voile sombre qui couvre notre visage (…). Le pardon du Seigneur enlève cette couverture d’ombre et de ténèbres et nous donne une nouvelle lumière », a expliqué le Pape.

« L’aveugle guéri, qui voit maintenant à la fois avec les yeux du corps et avec ceux de l’âme, est l’image de tout baptisé, qui, immergé dans la Grâce, a été arraché aux ténèbres et placé dans la lumière de la foi, a ajouté le Pape François. Mais il ne suffit pas de recevoir la lumière, il faut devenir lumière. Chacun de nous est appelé à recevoir la lumière divine afin de la manifester par sa vie entière. La semence de vie nouvelle déposée en nous lors du baptême est comme l’étincelle d’un feu, qui nous purifie avant tout, en brûlant le mal dans notre cœur, et nous permet de briller et d’illuminer. »

Au terme de la prière de l’Angélus, bien que la Place Saint-Pierre soit fermée à tout visiteur, le Pape s’est présenté à la fenêtre du Palais apostolique afin de bénir symboliquement la ville de Rome et le monde.

Puis, dans le contexte de l’épidémie de coronavirus, le Pape a appelé à une prière commune de tous les chrétiens en la fête de l’Annonciation, ce 25 mars.

« En ces jours d’épreuve, alors que l’humanité tremble devant la menace de la pandémie, je voudrais proposer à tous les chrétiens d’unir leurs voix au Ciel, a expliqué le Pape. J’invite tous les chefs des Églises et les dirigeants de toutes les communautés chrétiennes, ainsi que tous les chrétiens des différentes confessions, à invoquer le Dieu Très Haut et Tout-Puissant, en récitant en même temps la prière que Jésus Notre Seigneur nous a apprise. J’invite donc tout le monde à réciter le Notre Père mercredi prochain, le 25 mars, à midi. Le jour où de nombreux chrétiens se souviennent de l’annonce à la Vierge Marie de l’incarnation du Verbe, que le Seigneur entende la prière unanime de tous ses disciples qui se préparent à célébrer la victoire du Christ ressuscité », a expliqué François.
Bénédiction Urbi et Orbi ce vendredi

Le Pape a également annoncé qu’il présiderait un temps de prière ce vendredi 27 mars à 18h sur le parvis de la basilique Saint-Pierre. La Place Saint-Pierre sera vide, mais François invite tout le monde à s’y associer grâce aux médias, car cette célébration sera retransmise à la radio, à la télévision et sur internet.

« Nous écouterons la Parole de Dieu, nous élèverons notre supplication, nous adorerons le Saint-Sacrement, avec lequel je donnerai à la fin la bénédiction Urbi et Orbi, à laquelle sera attachée la possibilité de recevoir l’indulgence plénière. » Cette initiative est tout à fait exceptionnelle, la bénédiction Urbi et Orbi n’étant normalement prononcée qu’à Noël, à Pâques et lors de l’élection d’un nouveau Souverain pontife.

« À la pandémie du virus nous voulons répondre avec l’universalité de la prière, de la compassion, de la tendresse. Restons unis. Faisons sentir notre proximité pour les personnes les plus seules et les plus éprouvées. Notre proximité pour les médecins, les opérateurs de santé, les infirmiers et infirmières, les volontaires… Notre proximité pour les autorités qui doivent prendre des mesures difficiles, mais pour notre bien. Notre proximité aux policiers, aux soldats qui cherchent à maintenir l’ordre sur la route, pour que s’accomplissent les choses que le gouvernement demande de faire pour le bien de nous tous. Proximité à tous », a lancé le Pape, sortant de son texte.
Prière pour la Croatie

Au terme de son intervention, le Pape a également invité à prier pour la Croatie, pays des Balkans frappé tôt ce matin par un tremblement de terre. « J’exprime ma proximité aux populations de la Croatie frappées ce matin par un tremblement de terre. Que le Seigneur leur donne la force et la solidarité pour affronter cette catastrophe », a déclaré François.

Un séisme de magnitude 5,3 sur l’échelle de Richter a provoqué d’importants dégâts notamment à Zagreb, la capitale croate. À la mi-journée, aucun bilan humain n’avait encore été communiqué.

(Avec V. N.)

Samedi 21 Mars 2020

Lors de la messe matinale à la Maison Sainte-Marthe, le Pape François a de nouveau adressé ses prières aux familles, contraintes de rester à la maison face à l’urgence du coronavirus. Dans son homélie, il les a exhortés à prier humblement, sans avoir la présomption de se sentir juste.

Cette parole du Seigneur, nous l’avons entendue hier : « Reviens. Revenez à la maison ». Dans le même livre du prophète Osée, nous trouvons également la réponse : « Viens, retournons au Seigneur ». « Rentre à la maison », c’est la réponse fournie quand notre cœur est touché.

« Retournons au Seigneur », hâtons-nous de connaître le Seigneur : sa venue est aussi certaine que l’aube. La confiance dans le Seigneur est sûre : Il viendra à nous comme la pluie d’automne, comme la pluie de printemps qui fertilise la terre. Et c’est avec cet espoir que les gens commencent le voyage de retour vers le Seigneur. Et l’un des moyens de trouver le Seigneur est la prière. Prions le Seigneur, retournons à Lui.

Dans l’Évangile, Jésus nous enseigne comment prier. Il y a deux hommes, un présomptueux qui va prier, mais pour dire qu’il est bon, comme s’il disait à Dieu : "Mais regarde, je suis si bon : si tu as besoin de quelque chose, dis-le-moi, je vais résoudre ton problème". Il se tourne donc vers Dieu. Présomption. Peut-être a-t-il fait tout ce que la loi dit, elle dit : "Je jeûne deux fois par semaine, je paie des dixièmes de tout ce que je possède... je suis bon". Cela nous rappelle deux autres hommes. Cela nous rappelle le fils aîné de la parabole du fils prodigue, lorsqu’il va voir son père et lui dit : "Mais moi, qui suis si bon, je n’ai pas de fête, et celui-ci, qui est un misérable, tu lui donnes un banquet..." : présomption. Une autre, que nous avons entendu ces jours-ci, est l’histoire de cet homme riche, un homme sans nom, mais il était riche, incapable de se faire un nom, mais il était riche ... il ne se souciait pas de la misère des autres. Ce sont ceux qui ont confiance en eux-mêmes ou en l’argent ou le pouvoir...

Et puis il y a l’autre, le publicain. Qui ne va pas devant l’autel, non, il reste à distance. "Arrêté au loin, il n’a même pas osé lever les yeux au ciel. Il se frappa la poitrine en disant : Dieu, aie pitié de moi, pécheur". Cela nous rappelle le fils prodigue : il a pris conscience des péchés qu’il avait commis, des choses horribles qu’il avait faites ; lui aussi s’est battu la poitrine : "Je vais retourner chez mon père et je vais lui dire : père, j’ai péché". L’humiliation. Cela nous rappelle, le mendiant, Lazare, à la porte du riche, qui a vécu sa misère devant la présomption de ce seigneur. Toujours cette combinaison de personnes dans l’Évangile.

Dans ce cas, le Seigneur nous enseigne comment prier, comment approcher le Seigneur : avec humilité. Il y a une belle image dans l’hymne liturgique de la fête de Saint Jean-Baptiste. Il est dit que le peuple s’est approché du Jourdain pour recevoir le baptême, "âme et pieds nus" : pour prier avec l’âme nue, sans maquillage, sans déguiser ses vertus. Lui, nous l’avons lu au début de la messe, pardonne tous les péchés, mais il a besoin que je lui montre les péchés, avec ma nudité. Prier ainsi, nu, avec le cœur nu, sans se couvrir, sans même avoir confiance en ce que j’ai appris à prier... Prier, toi et moi, face à face, l’âme nue. C’est ce que le Seigneur nous enseigne.

Au contraire, quand on va au Seigneur un peu trop sûr de soi, on tombe dans la présomption ou du fils aîné ou du riche qui n’a rien manqué. Nous aurons notre confiance ailleurs. « Je vais vers le Seigneur pour... mais je veux y aller, pour être poli... et je lui parle face à face, pratiquement... » : ce n’est pas le chemin. La voie à suivre est de descendre. L’abaissement. La route est la réalité. Et le seul homme ici, dans cette parabole, qui comprenait la réalité, était le publicain : « Tu es Dieu et je suis pécheur ». Dire je suis pécheur avec le cœur, pas seulement avec la bouche. Se sentir pécheur.

N’oublions pas ce que le Seigneur nous enseigne : se justifier soi-même est de l’orgueil et de l’exaltation de soi-même. C’est s’habiller comme quelque chose que je ne suis pas. Et la misère reste à l’intérieur. Le pharisien s’est justifié. Il faut confesser ses péchés directement, sans les justifier, sans dire : "Mais non, j’ai fait ça mais ce n’était pas ma faute...". L’âme nue. L’âme nue.

Que le Seigneur nous apprenne à comprendre cette attitude pour commencer la prière. Lorsque nous commencerons à prier avec nos justifications, avec nos certitudes, ce ne sera pas une prière : ce sera une conversation au miroir. Au contraire, lorsque nous commençons à prier avec la vraie réalité - "Je suis un pécheur, je suis un pécheur" - c’est un bon pas en avant que de laisser le Seigneur nous regarder. Que Jésus nous enseigne cela, à nous.

Le Pape François et la confession en temps de confinement

Je sais que beaucoup d’entre vous, pour Pâques, vont se confesser pour se retrouver avec Dieu. Mais beaucoup me diront aujourd’hui : "Mais mon Père, où puis-je trouver un prêtre, un confesseur, pourquoi ne puis-je pas quitter la maison ? Et je veux faire la paix avec le Seigneur, je veux qu’Il m’embrasse, je veux que mon père m’embrasse... Que puis-je faire si je ne trouve pas de prêtres ? Vous faites ce que dit le Catéchisme. C’est très clair : si tu ne trouves pas un prêtre pour te confesser, parle à Dieu, il est ton père, et dis-lui la vérité : "Seigneur, j’ai fait ceci, cela, cela ... Pardonne-moi", et demande-lui pardon de tout mon cœur, avec l’Acte de contrition et promets-lui : "Je me confesserai plus tard, mais pardonne-moi maintenant". Et immédiatement, vous reviendrez à la grâce de Dieu. Vous pouvez vous-même approcher, comme le Catéchisme nous l’enseigne, le pardon de Dieu sans avoir un prêtre à portée de main. Pensez-y : c’est le moment ! Et c’est le bon moment, le moment opportun. Un acte douloureux bien fait, mais qui fera que notre âme deviendra blanche comme neige.

(Avec V. N.)

Mercredi 18 mars 2020

Le Pape François a prononcé l’audience générale ce mercredi depuis la Bibliothèque du Palais apostolique. Le Saint-Père a poursuivi sa catéchèse sur les béatitudes revenant sur la cinquième : « Heureux les miséricordieux, car ils trouveront grâce » (Mt 5,7). Dans cette béatitude, il y a une particularité, a relevé François : « C’est la seule où la cause et le fruit du bonheur coïncident, la miséricorde ».

Ce thème de la réciprocité du pardon n’est pas seulement présent dans cette béatitude, mais est récurrent dans l’Évangile, a t-il poursuivi : « Et comment pourrait-il en être autrement ? La miséricorde est le cœur même de Dieu ! ». « Ne jugez pas et vous ne serez pas jugés ; ne soyez pas damnés et vous ne serez pas condamnés ; pardonnez et vous serez pardonnés » (Lc 6,37), il y a toujours la même réciprocité. Mais c’est surtout dans le Notre Père que nous prions : « Pardonnez-nous nos offenses comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés » (Mt 6,12) ; et cette question est la seule reprise à la fin : « Car si vous pardonnez aux autres, leurs offenses, votre Père dans les cieux vous pardonnera aussi ».
Pardon donné et pardon reçu sont inséparables

Deux choses ne peuvent être séparées a poursuivi le Pape : le pardon donné et le pardon reçu. « Mais beaucoup de gens sont en difficulté, ils ne peuvent pas pardonner. Le mal reçu est si souvent si grand que pouvoir pardonner semble comme escalader une très haute montagne, un effort énorme ».

Cette réciprocité de la miséricorde indique que nous devons changer de perspective, a expliqué François. « Nous ne pouvons pas le faire seuls : nous avons besoin de la grâce de Dieu ; nous devons la demander ». Si la cinquième béatitude promet de trouver la miséricorde, et que dans le Notre Père nous demandons la remise des dettes, cela signifie que nous sommes essentiellement « des débiteurs », et que nous devons trouver la miséricorde.

Chacun sait qu’il n’est pas le frère ou la soeur, le mari ou l’épouse, le père ou la mère qu’il devrait être, a encore souligné le Pape, « nous sommes tous en déficit dans la vie. Et nous avons besoin de miséricorde ».

Mais c’est justement cette pauvreté qui est la nôtre, qui devient la force de donner, a précisé le Souverain Pontife. « Chacun doit se rappeler qu’il a besoin de pardonner, qu’il a besoin de pardon. C’est pourquoi Dieu nous précède et nous pardonne d’abord (cf. Rm 5, 8). En recevant Son pardon, nous devenons à notre tour capables de pardonner ».

« D’où vient notre miséricorde ? » a demandé le Saint-Père. Jésus nous a dit : « Soyez miséricordieux, comme votre Père est miséricordieux » (Lc 6,36). Plus nous accueillons l’amour du Père, plus nous aimons.

Si tout notre christianisme ne nous conduit pas à la miséricorde, a rappelé encore le Pape, « c’est que nous avons pris le mauvais chemin, car la miséricorde est le seul véritable but de tout cheminement spirituel ».

François a ainsi souligné qu’il avait justement choisi le thème de la miséricorde lors de son premier angélus, il y a sept ans. « Cela m’a beaucoup marqué, comme un message que je devrais toujours diffuser en tant que Pape, un message qui doit être quotidien : celui de la miséricorde ».

La miséricorde de Dieu est notre libération et notre bonheur, en a conclu le Saint-Père. « Nous vivons de miséricorde et nous ne pouvons pas nous permettre d’être sans miséricorde : elle est l’air que nous respirons. Nous sommes trop pauvres pour fixer les conditions, nous devons pardonner, car nous avons besoin d’être pardonnés ».

(Avec V. N.)

Dimanche 15 mars 2020

Lors de l’audience de l’Angélus de ce dimanche le Saint-Père a encouragé les prêtres qui gardent le souci de leur troupeau en cette période de pandémie. Commentant ensuite le dialogue entre Jésus et la samaritaine au puits de Jacob, François est revenu sur le « mystère de l’eau vive » qui se révèle dans cette page d’Évangile.

Alors que l’épidémie de Covid-19 continue inexorablement son avancée, la récitation de l’angélus de ce 3e dimanche de Carême s’est pour la seconde fois déroulée depuis la Bibliothèque du Palais apostolique, sans pèlerins et retransmise en direct vidéo.

Avant de parler de l’Évangile du jour, le Saint-Père a adressé un message à destination du diocèse de Milan, la Lombardie étant durement frappée par le coronavirus, ainsi que pour tous les prêtres. François a mentionné l’archevêque de Milan, Mgr Mario Delpini, qui a célébré la messe dans la Polyclinique de la ville ce matin, pour tous les malades, les médecins, les infirmiers et les volontaires. Un archevêque « proche de son peuple et aussi proche de Dieu dans la prière », a expliqué François, évoquant aussi Mgr Delpini priant sur la Vierge Marie sur le toit de l’imposante cathédrale de Milan, il y a quelques jours.

Le Pape a ensuite remercié « tous les prêtres », qui font preuve de « créativité » en ce temps d’épreuve, en particulier en Lombardie, région italienne touchée en premier par les mesures de prévention du gouvernement. « Des prêtres qui pensent à mille moyens d’être proches de leur peuple pour que le peuple ne se sente pas abandonné, des prêtres avec le zèle apostolique », a souligné François. « Merci beaucoup à vous, les prêtres ».

Le Saint-Père a ensuite commenté l’Évangile du jour, le célèbre épisode de la rencontre entre Jésus et la Samaritaine à Sychar, rapportée par saint Jean (Jn 4, 5-42). Un dialogue inattendu, « cassant toute barrière », puisque, comme l’a rappelé François, les Samaritains « étaient considérés comme des hérétiques par les Juifs, et très méprisés ». Jésus ose toutefois révéler « à cette femme le mystère de l’eau vive, c’est-à-dire de l’Esprit-Saint, don de Dieu ».

L’eau, élément central de ce texte, est aussi le « symbole de la grâce divine, qui donne la vie éternelle ». Dans la tradition biblique, a précisé le Pape, « Dieu est la source de l’eau vive : s’éloigner de Lui […] et de sa Loi entraîne la pire des sécheresses ». Lors de la longue marche du peuple d’Israël dans le désert, Moïse fait jaillir l’eau du rocher, symbole de la Providence d’un Dieu qui n’abandonne jamais les siens.

Saint Paul, dans sa première épître aux Corinthiens, interprète ce roc comme le Christ lui-même. Il est le Temple duquel « jaillit l’Esprit-Saint, autrement dit l’eau qui purifie et donne la vie », a expliqué le Saint-Père. « Qui a soif de salut peut puiser gratuitement en Jésus, et l’Esprit Saint deviendra en lui ou en elle une source de vie pleine et éternelle », a poursuivi François. Cette promesse se réalise sur la Croix. Du côté transpercé de Jésus s’écoulent « du sang et de l’eau » (Jn 19, 34). L’Agneau « immolé et ressuscité » est « la source dont jaillit l’Esprit Saint, qui remet les péchés et régénère à la vie nouvelle ».
Témoins d’espérance

Ce don, a ensuite souligné le Pape, « est aussi la source du témoignage ». À l’instar de la femme de Samarie, « quiconque rencontre personnellement Jésus vivant ressent le besoin de le raconter aux autres », afin que tous reconnaissent en Lui le Sauveur. Par l’eau du baptême, « nous sommes appelés à témoigner de la vie et de l’espérance qui sont en nous », et si en Jésus-Christ, notre soif est enfin étanchée, « nous manifesterons que le salut n’est pas dans les “choses” de ce monde, qui finalement provoquent la sécheresse, mais en Celui qui nous a aimés et qui nous aime pour toujours », a ajouté François.

« Que la Très Sainte Vierge Marie nous aide à cultiver le désir du Christ, source d’eau vive, l’unique qui puisse rassasier la soif de vie et d’amour que nous portons dans notre cœur », a-t-il conclu.

Suite à la prière de l’Angélus, le Saint-Père a adressé des paroles d’encouragement et de réconfort à toutes les personnes qui traversent cette période d’épidémie de Covid-19 de manière plus ou moins isolée. François y voit l’occasion d’« approfondir la valeur de la communion qui unit tous les membres de l’Église ».

Il recommande aussi la communion spirituelle à tous ceux qui sont privés d’Eucharistie.

Des paroles qui viendront certainement mettre un peu de baume au cœur à tous ceux que le confinement et autres mesures de précaution contraignent pour quelque temps à l’isolement ; mais aussi un stimulant dans une vie de foi un peu chamboulée : ainsi peut-on décrire le message adressé ce dimanche midi par le Pape François aux fidèles qui le suivaient via divers canaux de communication, à défaut de pouvoir se retrouver sur une place Saint-Pierre temporairement fermée.

« En cette situation de pandémie, dans laquelle nous nous retrouvons à vivre plus ou moins isolés, a d’abord expliqué le Saint-Père, nous sommes invités à redécouvrir et à approfondir la valeur de la communion qui unit tous les membres de l’Église ».

« Unis au Christ nous ne sommes jamais seuls, mais nous formons un unique Corps, dont Il est la Tête », a rappelé le Souverain Pontife. Cette union est alimentée par « la prière » et aussi par « la communion spirituelle à l’Eucharistie, une pratique très recommandée quand il n’est pas possible de recevoir le Sacrement », a souligné François. « Cela je le dis pour tous, spécialement pour les personnes qui vivent seules », a-t-il précisé. En ce moment, de nombreux fidèles voient en effet les messes suspendues dans leur paroisse, ou bien sont contraints de ne pas quitter leur domicile.

Le Saint-Père a aussi tenu à exprimer une nouvelle fois sa proximité envers « tous les malades et ceux qui les soignent » en cette période de pandémie de Covid-19, ainsi qu’aux « si nombreux opérateurs et volontaires qui aident les personnes qui ne peuvent pas sortir de chez elles », et à ceux qui agissent auprès des « plus pauvres et des sans-abris ».

Enfin, François a remercié tous ceux qui font des efforts « pour aider en cette période si dure », invoquant sur eux la bénédiction du Seigneur et la protection de la Vierge Marie.

(Avec V. N.)

Dimanche 8 Mars 2020

Dieu ne choisit pas ses témoins selon des critères humains ; c’est un choix gratuit et inconditionnel, fruit d’une « amitié divine qui ne demande rien en retour ». C’est ce qu’a affirmé le Pape François ce dimanche avant la prière de l’Angélus qu’il a récitée, de manière exceptionnelle, depuis la Bibliothèque apostolique vaticane.

C’est donc un Angélus bien particulier, puisque non public, et retransmis en direct vidéo depuis la Bibliothèque du palais apostolique qui s’est tenu aujourd’hui. Cette mesure exceptionnelle, qui sera également appliquée à l’audience générale du mercredi 11 mars, a été prise en conformité avec les directives des autorités civiles italiennes afin de limiter la propagation du Covid-19. Le Pape a d’ailleurs évoqué ce dispositif inédit. « Cette prière de l’Angélus est un peu étrange, a commencé le Souverain Pontife, avec le Pape “en cage” dans la bibliothèque, mais je vous vois et je suis proche de vous ».

Il a centré ensuite sa courte catéchèse pré-Angélus à l’Évangile de ce deuxième dimanche de carême, qui narre l’épisode de la Transfiguration du Seigneur (Mt 17, 1-9). Jésus prend avec lui trois de ses disciples, Pierre, Jacques et André, et les emmène sur une « haute montagne » -dans la Bible, lieu-symbole de la rencontre avec Dieu ; c’est là qu’il est transfiguré devant eux.

À travers cet événement merveilleux, les trois disciples « sont appelés à reconnaitre en Jésus le fils de Dieu resplendissant de gloire ». Ils progressent dans la connaissance de leur maître « en se rendant compte que l’aspect humain n’exprime pas toute sa réalité » ; à eux se révèle la dimension « ultraterrestre et divine de Jésus ». « Le Père céleste lui-même confirme “l’investiture” de Jésus déjà faite le jour de son baptême au Jourdain et invite les disciples à l’écouter et à le suivre ».

Le Pape souligne que Jésus choisit d’emmener avec lui uniquement Pierre, Jacques et Jean et leur réserve le « privilège » de le contempler dans toute sa gloire. Et pourtant, ce sera bien Pierre qui le reniera par trois fois ; tandis que Jacques et Jean lui demanderont de siéger à sa droite dans le Royaume des cieux. « Jésus ne choisit pas selon nos critères, explique François, mais selon son dessein d’amour. Il s’agit d’un choix gratuit, inconditionnel, une initiative libre, une amitié divine qui ne demande rien en retour ». Comme il l’a fait fait pour ces trois disciples, le Seigneur « appelle aujourd’hui certains à rester près de lui, afin de pouvoir témoigner ». « Être témoin est un don que nous n’avons pas mérité : nous nous sentons inadaptés, mais nous ne pouvons rester en retrait avec l’excuse de notre incapacité », observe le Saint-Père.

Certes, nous ne sommes pas allés sur le Mont Tabor, et nous n’avons pas vu le Christ briller comme le soleil ; et pourtant, « la Parole de Salut nous été remise, la foi nous a été donnée et nous avons fait l’expérience, sous diverses formes, de la joie de la rencontre avec Jésus ».

« Dans ce monde marqué par l’égoïsme et l’avidité, a poursuivi le Pape, la lumière de Dieu est obscurcie par les préoccupations du quotidien ». Nous trouvons souvent des excuses pour ne pas prier, pour ne pas rendre service ou répondre aux besoins des autres, fait-il encore remarquer. « Mais nous ne devons pas oublier que le baptême et la confirmation que nous avons reçus ont fait de nous des témoins, non en raison de nos capacités, mais grâce au don de l’Esprit ».

« Que la Vierge Marie nous obtienne cette docilité à l’Esprit, qui est indispensable pour nous mettre résolument en chemin sur la voie de la conversion », a conclu le Pape avant de réciter la prière de l’Angélus ;

Après la récitation de l’Angélus depuis la Bibliothèque apostolique, le Pape François a prié pour toutes les personnes « qui souffrent de l’épidémie actuelle de coronavirus et à tous ceux qui s’en occupent ».

« Je me suis beaucoup souvenu d’eux en ces jours de retraite. Je me joins à mes frères évêques pour encourager les fidèles à vivre cette période difficile avec la force de la foi, la certitude de l’espérance et la ferveur de la charité. Que le temps du Carême nous aide à donner un sens à l’Évangile également à ce moment d’épreuve », a ainsi affirmé le Saint-Père.

À l’issue de l’Angélus, le Pape François est finalement apparu par surprise à la fenêtre du Palais apostolique pour saluer et bénir les fidèles présents de manière clairsemée sur la place Saint-Pierre.

En raison de l’ampleur particulière de l’épidémie du Covid-19 en Italie, l’audience générale du mercredi 11 mars se déroulera également en vidéo. Le 11 mars sera d’ailleurs une journée de jeûne et de prière organisée par le diocèse de Rome pour l’Italie et le monde.

Ces mesures sont rendues nécessaires pour éviter la propagation du coronavirus par des attroupements aux contrôles de sécurité qui se trouvent aux entrées de la Place.

En conformité avec les décisions de la Direction de la Santé et de l’Hygiène du Vatican, la participation des fidèles aux messes matinales du Saint-Père à la Maison Sainte-Marthe est également suspendue jusqu’au dimanche 15 mars. Le Pape célèbrera l’Eucharistie en privé.

(Avec V. N.)

Vendredi 6 Mars 2020

« Pour une Église synodale : communion, participation et mission » : c’est le thème de la XVIe assemblée générale ordinaire du synode des évêques convoquée par le Pape François. Dans deux ans, en 2022, la prochaine assemblée générale ordinaire du synode des évêques se tiendra sur ce thème de la synodalité, comme l’a annoncé le secrétaire général du synode, le cardinal Lorenzo Baldisseri.

Le Saint-Père, au cours de son pontificat, nous a rappelé à plusieurs reprises que la synodalité est une des voies majeures dans la vie de l’Église. À l’occasion du 50e anniversaire de la création du synode des évêques, le 17 octobre 2015, il avait affirmé : « Ce que le Seigneur nous demande, dans un certain sens, est déjà contenu entièrement dans le mot synode. Marcher ensemble - laïcs, pasteurs, évêque de Rome - est un concept facile à exprimer en paroles, mais pas si facile à mettre en pratique ».

La synodalité, a souligné le Pape en 2015, offre « le cadre interprétatif le plus adéquat pour comprendre le ministère hiérarchique lui-même ». « Si nous comprenons que, comme le dit saint Jean Chrysostome, l’Église et le synode sont synonymes, nous comprenons aussi qu’en son sein, personne ne peut être “élevé” au-dessus des autres ». « Au contraire, explique le Saint-Père, dans l’Église, il est nécessaire que quelqu’un s’abaisse pour se mettre au service de ses frères en chemin ». Jésus a constitué l’Église « en plaçant à son sommet le Collège apostolique, dont l’apôtre Pierre est le rocher ». Mais dans cette Église, « comme dans une pyramide inversée, le sommet est sous la base ». C’est pourquoi, observe François, ceux qui exercent l’autorité « sont appelés ministres : car, selon le sens premier du mot, ils sont les derniers de tous ».

Le premier niveau d’exercice de la synodalité a lieu dans les Églises particulières. Le deuxième niveau est celui des provinces et des régions ecclésiastiques, des conseils particuliers et surtout des conférences épiscopales. Le dernier niveau est celui de l’Église universelle. « Ici, le synode des évêques, représentant l’épiscopat catholique - a rappelé le Pape - devient une expression de la collégialité épiscopale au sein d’une Église synodale ».

S’inspirant des paroles de François à l’occasion du 50e anniversaire de la création du synode des évêques, la Commission théologique internationale a mené une étude en 2018 sur la synodalité dans la vie et la mission de l’Église. Synode - dit le document - est un mot ancien dans la tradition de l’Église. Il est composé de la préposition σύν (avec) et du nom ὁδός (via). Il indique le chemin parcouru ensemble par le peuple de Dieu. Depuis les premiers siècles - rappelle encore le document - le mot « synode » a été utilisé pour désigner les assemblées ecclésiales convoquées à différents niveaux pour discerner, à la lumière de la Parole de Dieu, les questions doctrinales, liturgiques, canoniques et pastorales. Le terme synodalité indique « le modus vivendi et operandi spécifique de l’Église, le Peuple de Dieu, qui manifeste et réalise concrètement sa communion d’être en marchant ensemble, en se rassemblant en assemblée et en participant activement de tous ses membres à sa mission évangélisatrice ». Le concept de communion exprime « la substance profonde du mystère et de la mission de l’Église », qui a dans la célébration eucharistique « sa source et son sommet ».

(Avec V. N.)

Dimanche 1er Mars 2020

Le Pape François a rappelé, lors de la prière de l’angélus place Saint-Pierre, que succomber à la tentation nous éloigne de Dieu. La sensation d’autosuffisance est illusoire. En ce premier dimanche de Carême, il est revenu sur l’épisode narré dans l’évangile de saint Mathieu où Satan tente par trois fois Jésus qui s’était retiré dans le désert.

Quand Jésus se retire dans le désert pour jeûner pendant quarante jours, après son baptême dans le Jourdain, Satan essaie par trois fois de le tenter. Lors de sa première tentative, il incite Jésus à transformer une pierre en pain pour se rassasier. Le Fils de Dieu refuse, affirmant que l’homme se nourrit aussi de chaque parole de Dieu, raconte le Pape qui explique : « il se réclame de Moïse quand il rappelle au peuple le long chemin accompli dans le désert, au cours duquel il a appris que sa vie dépend de la Parole de Dieu ».

Jésus pare la seconde tentative du diable qui cette fois, cite les Écritures Saintes et le pousse à demander l’aide de Dieu. « Mais cette fois encore, Jésus ne se laisse pas confondre parce que qui croie sait que Dieu ne le met pas à l’épreuve mais s’en remet à sa bonté ».

Enfin, lors de la dernière tentation, « le malin voudrait détourner Jésus de l’accomplissement de sa mission, en lui offrant une perspective de messianisme politique », poursuit le Pape. Mais là encore, Jésus ne succombe pas et « repousse l’idolâtrie du pouvoir et de la gloire humaine et, à la fin, chasse le tentateur », lui rappelant que l’on ne doit adorer que Dieu.
Se fier à la Parole de Dieu

« Ne jamais dialoguer avec le diable, avec la tentation », exhorte le Pape. « Jésus ne répond pas au diable avec ses mots, mais avec la Parole de Dieu ».

Aujourd’hui comme hier, dans le désert, « Satan fait irruption dans la vie des personnes pour les tenter avec ses propositions alléchantes » met en garde François. « Il mélange sa voix à celles si nombreuses qui cherchent à domestiquer nos consciences », insiste-t-il, pointant du doigt les messages qui nous invitent à se laisser tenter « par le frisson de la transgression ».

« L’expérience de Jésus nous enseigne que la tentation est la tentative de prendre des chemins alternatifs à ceux de Dieu, qui nous donnent le sentiment d’être autosuffisants, de jouir de la vie comme une fin en soi. Mais tout cela est illusoire - conclut le Pape- on se rend vite compte que plus on s’éloigne de Dieu, plus on se sent impuissant et désemparé face aux grands problèmes de l’existence ».

(Avec V. N.)

Mercredi 26 Février 2020

Lors de l’audience générale de ce mercredi des Cendres, place Saint-Pierre, le Pape François est revenu sur la signification spirituelle du désert, « lieu de vie ». « Le Carême est le temps propice pour faire de la place à la Parole de Dieu ». Il a aussi exprimé de nouveau sa proximité avec les malades du coronavirus et aux agents de santé qui les soignent, ainsi qu’aux autorités civiles et toutes les personnes engagées dans la lutte contre la maladie. En fin d’après-midi, il a présidé l’Eucharistie et l’imposition des cendres à la basilique Sainte-Sabine. Découvrez son homélie.

« Imaginons être dans un désert » : le Pape François invite les fidèles à se mettre dans les pas de Jésus, « qui au début de son ministère se retira pendant quarante jours pour prier et jeûner, tenté par le diable, dans le désert ». Cet espace « est le lieu du détachement du tumulte qui nous entoure. C’est l’absence de paroles pour faire de la place à une autre parole, la Parole de Dieu, qui comme une brise légère nous caresse le cœur » explique le Saint-Père.

Le désert est le lieu souvent choisi par Dieu pour s’exprimer souligne François. Il y consigne les dix commandements, y envoie son peuple devenu infidèle pour lui parler. En fait, « dans le désert, on retrouve l’intimité avec Dieu, l’amour du Seigneur ».

Le Carême, qui débute ce mercredi, est ainsi « le temps propice pour faire de la place à la Parole de Dieu. C’est le moment d’éteindre la télévision et ouvrir la Bible » s’exclame le Pape, « de se détacher du portable et se connecter à l’Évangile ». C’est aussi le moment de cesser nos bavardages, « de tutoyer le Seigneur », de « se dédier à une saine écologie du cœur ».

Le Pape François fustige « notre environnement pollué par trop de violence verbale » amplifiée par les réseaux sociaux, « les mots creux », la publicité et les messages « sournois ». Il met en garde contre « la mondanité qui nous atrophie le cœur ». Dans ce brouhaha, « nous avons du mal à distinguer la voix du Seigneur qui nous parle, la voix de la conscience, du bien ».

Au contraire, Jésus, dans le désert, « nous invite à prêter l’oreille à ce qui compte » : la Parole de Dieu. Pour parler avec Lui, il faut prier, rappelle le Pape, car « c’est seulement devant Dieu que viennent à la lumière les inclinations du cœur et que tombe la malhonnêteté de l’âme ». Le désert est donc bien un lieu de vie car « dialoguer dans le silence avec le Seigneur nous redonne la vie ».

Invitant de nouveau les fidèles à penser au désert, le Pape pointe le superflu de nos vies dont il serait bon de se libérer. Jésus, là aussi, nous donne l’exemple en jeunant. « Jeûner c’est savoir renoncer aux choses vaines, au superflu, pour aller à l’essentiel. C’est chercher la beauté d’une vie plus simple », précise le Pape.

Le désert, c’est aussi « le lieu de la solitude ». Le Saint-Père interpelle les fidèles, faisant remarquer qu’il y avait beaucoup de désert autour de nous : des personnes seules et abandonnées, des pauvres, des personnes âgées qui, « sans faire de bruit, marginalisés et rejetés », « demandent en silence notre aide ». « Le chemin de Carême est un chemin de charité vers qui est plus faible ».

Le Pape exhorte les fidèles à entrer dans le désert avec Jésus, assurant que nous en sortirons en goûtant la Pâque, « la puissance de l’amour de Dieu qui renouvelle la vie ». « Courage, suivons Jésus dans le désert : avec Lui nos déserts refleuriront ».

Dans ses saluts aux fidèles de langue arabe, le Pape s’est adressé tout particulièrement aux Irakiens présents place Saint-Pierre. « À vous citoyens de l’Irak je vous exprime ma proximité. Vous êtes un champ de bataille, vous êtes attaqués de tout côté. Je prie pour vous et je prie pour la paix dans votre pays que j’avais prévu de visiter cette année, » a-t-il déclaré.

Le Saint-Père a tenu à exprimer sa proximité avec les malades du coronavirus. Il a évoqué également dans son salut les agents de santé qui s’occupent d’eux, ainsi que les autorités civiles et toutes les personnes engagées dans la lutte contre la maladie.

Homélie du Saint-Père donnée en la messe du mercredi des cendres en la basilique Sainte-Sabine

Nous commençons le Carême en recevant les cendres : « Souviens-toi que tu es poussière et que tu retourneras à la poussière » (cf. Gn 3, 19). La poussière sur la tête nous ramène à la terre, elle nous rappelle que nous venons de la terre et qu’en terre nous retournerons. Cela veut dire que nous sommes faibles, fragiles, mortels. Dans le cours des siècles et des millénaires, nous sommes de passage ; devant l’immensité des galaxies et de l’espace nous sommes minuscules. Nous sommes poussière dans l’univers. Mais nous sommes la poussière aimée de Dieu. Le Seigneur a aimé recueillir notre poussière dans ses mains et y insuffler son haleine de vie (cf. Gn 2, 7). Nous sommes ainsi une poussière précieuse, destinée à vivre pour toujours. Nous sommes la terre sur laquelle Dieu a versé son ciel, la poussière qui contient ses rêves. Nous sommes l’espérance de Dieu, son trésor, sa gloire.

La cendre nous rappelle ainsi le parcours de notre existence : de la poussière à la vie. Nous sommes poussière, terre, argile, mais si nous nous laissons modeler par les mains de Dieu nous devenons une merveille. Et cependant, souvent, surtout dans les difficultés et dans la solitude, nous ne voyons que notre poussière ! Mais le Seigneur nous encourage : le peu que nous sommes a une valeur infinie à ses yeux. Courage, nous sommes nés pour être aimés, nous sommes nés pour être enfants de Dieu.

Chers frères et sœurs, au début du Carême rendons-nous compte de cela. Parce que le Carême n’est pas un temps pour verser sur les gens un moralisme inutile, mais pour reconnaître que nos pauvres cendres sont aimées de Dieu. Il est un temps de grâce, pour accueillir le regard d’amour de Dieu sur nous et, regardés de la sorte, changer de vie. Nous sommes au monde pour marcher de la cendre à la vie. Alors, ne réduisons pas l’espérance en poussière, n’incinérons pas le rêve que Dieu a sur nous. Ne cédons pas à la résignation. Et toi tu dis “Comment puis-je avoir confiance ? Le monde va mal, la peur se répand, il y a beaucoup de méchanceté et la société se déchristianise…” Mais tu ne crois pas que Dieu peut transformer notre poussière en gloire ?

La cendre que nous recevons sur la tête ébranle les pensées que nous avons. Elle nous rappelle que, enfants de Dieu, nous ne pouvons pas vivre pour suivre la poussière qui disparait. Une question peut descendre de la tête vers cœur : “Moi, qu’est-ce qui me fait vivre ? ” Si je vis pour les choses du monde qui passent, je retourne à la poussière, je renie ce que Dieu a fait en moi. Si je vis seulement pour rapporter à la maison un peu d’argent et me divertir, pour chercher un peu de prestige, faire un peu carrière, je vis de poussière. Si je juge mal la vie seulement parce que je ne suis pas pris suffisamment en considération ou que je ne reçois pas des autres ce que je crois mériter, je reste encore à regarder la poussière.

Nous ne sommes pas au monde pour cela. Nous vallons beaucoup plus, nous vivons pour beaucoup plus : pour réaliser le rêve de Dieu, pour aimer. Les cendres sont mises sur notre tête pour que le feu de l’amour s’allume dans nos cœurs. Car nous sommes citoyens du ciel et l’amour envers Dieu et le prochain est le passeport pour le ciel, c’est notre passeport. Les biens terrestres que nous possédons ne nous serviront pas, ils sont poussière qui disparaît, mais l’amour que nous donnons – en famille, au travail, dans l’Eglise, dans le monde – nous sauvera, il restera pour toujours.

Les cendres que nous recevons nous rappellent un second parcours, inverse, celui qui va de la vie à la poussière. Nous regardons tout autour et nous voyons des poussières de mort. Des vies réduites en cendres. Des décombres, des destructions, la guerre. Des vies de petits innocents non accueillis, des vies de pauvres rejetés, des vies de personnes âgées mises à l’écart. Nous continuons à nous détruire, à nous faire retourner en poussière. Et que de poussière il y a dans nos relations ! Regardons chez nous, dans les familles : que de disputes, que d’incapacités à désarmer les conflits, que de difficultés à s’excuser, à pardonner, à repartir, alors qu’avec tant de facilité nous réclamons nos espaces et nos droits. Il y a beaucoup de poussière qui salit l’amour et affaiblit la vie. Même dans l’Eglise, la maison de Dieu, nous avons laissé se déposer beaucoup de poussière, la poussière de la mondanité.

Et regardons-nous à l’intérieur, dans le cœur : que de fois nous étouffons le feu de Dieu avec la cendre de l’hypocrisie ! L’hypocrisie : c’est la saleté que Jésus, aujourd’hui dans l’Evangile, demande d’enlever. En effet, le Seigneur ne dit pas seulement d’accomplir des œuvres de charité, de prier, de jeûner, mais de faire tout cela sans feintes, sans duplicités, sans hypocrisie (cf. Mt 6, 2.5.16). Que de fois, en revanche, nous faisons quelque chose pour être approuvés, pour notre image, pour notre ego ! Que de fois nous nous proclamons chrétiens et dans le cœur nous cédons sans problème aux passions qui nous rendent esclaves ! Que de fois nous prêchons une chose et en faisons une autre ! Que de fois nous nous montrons bons au dehors et nourrissons des rancunes au-dedans ! Que de duplicités nous avons dans le cœur… c’est la poussière qui salit, les cendres qui étouffent le feu de l’amour.

Nous avons besoin de nettoyer la poussière qui se dépose sur le cœur. Comment faire ? L’appel pressant de saint Paul dans la seconde lecture nous aide : « Laissez-vous réconcilier avec Dieu ! » Paul ne demande pas, il supplie : « Nous vous le demandons au nom du Christ, laissez-vous réconcilier avec Dieu » (2Co 5, 20). Nous aurions dit “Réconciliez-vous avez Dieu”. Mais non, il utilise le passif : laissez-vous réconcilier. Parce que la sainteté n’est pas notre activité, elle est une grâce ! Parce que, seuls, nous ne sommes pas capables d’enlever la poussière qui salit notre cœur. Parce que seul Jésus, qui connaît et aime notre cœur, peut le guérir. Le Carême est le temps de la guérison.

Que faut-il donc faire ? Sur le chemin vers Pâques nous pouvons accomplir deux passages : le premier, de la poussière à la vie, de notre humanité fragile à l’humanité de Jésus qui nous guérit. Nous pouvons nous mettre devant le Crucifié, rester là, regarder et répéter : “Jésus, tu m’aimes, transforme-moi… Jésus, tu m’aimes, transforme-moi…” Et après avoir accueilli son amour, après avoir pleuré devant cet amour, le second passage, pour ne pas retomber de la vie à la poussière. Aller recevoir le pardon de Dieu, dans la confession, parce que là, le feu de l’amour de Dieu consume la cendre de notre péché. L’étreinte du Père dans la Confession nous renouvelle à l’intérieur, nous nettoie le cœur. Laissons-nous réconcilier pour vivre comme des enfants aimés, comme des pécheurs pardonnés, comme des malades guéris, comme des voyageurs accompagnés. Laissons-nous aimer pour aimer. Laissons-nous relever, pour marcher vers le but, Pâques. Nous aurons la joie de découvrir que Dieu nous ressuscite de nos cendres.

(Avec V. N.)

Dimanche 23 février 2020

lors de sa rencontre avec les évêques participant à la rencontre de Bari sur la Méditerranée, ce matin, le Pape François a délivré une ample méditation exhortant les responsables d’Eglise à s’engager en faveur de la paix et de la réconciliation. Avant de réciter la prière de l’Angélus, il a lancé un nouvel appel à la paix en Syrie.

Après un mot d’accueil du cardinal Gualtiero Bassetti, organisateur de cette rencontre en tant que président de la conférence épiscopale italienne, le Pape a écouté les témoignages de deux évêques venant de réalités très différentes et représentatives des périphéries méditerranéennes.

Tout d’abord, les Balkans, avec le cardinal-archevêque de Sarajevo, Vinko Puljic, qui dirige ce diocèse depuis 30 ans, et a traversé avec courage les heures sombres de la guerre des années 1990, vivant même un court temps d’emprisonnement par une milice serbe. Le cardinal Puljic, qui avait accueilli le Pape François en visite en Bosnie-Herzégovine en 2015, est revenu avec gravité sur les persécutions et les souffrances vécues par de nombreuses communautés chrétiennes autour de la Méditerranée, avec les « violences, conflits et divisions de tout type, causés en grande partie par des pays riches ».

Il a évoqué le « cœur brisé » de nombreux pasteurs face à l’émigration de nombreux jeunes, « provoquée par les guerres, les injustices et la misère », mais aussi sa reconnaissance pour le courage de ceux qui restent afin d’œuvrer au développement et à la reconstruction de leurs pays. « Nous avons besoin de nous sentir accompagnés et d’être soutenus par rapport aux puissants, auxquels nous demandons de travailler plus pour construire la paix, le dialogue et la coopération. Nous sommes heureux chaque fois que quelqu’un visite nos Eglises et nos pays, en démontrant à tous que nous ne sommes pas seuls, mais que nous avons des communautés plus grandes et plus fortes, prêtes à nous défendre et à nous reconnaitre dans une relation de communion et de fraternité », a conclu le cardinal de Bosnie.

Ensuite, au nom de la Terre Sainte Mgr Pierbattista Pizzaballa, administrateur apostolique du Patriarcat latin de Jérusalem, a évoqué les trois temps de cette rencontre de Bari. Tout d’abord, l’écoute, avec le constat du besoin de sortir des schémas coloniaux qui ont longtemps structuré la vie des Eglises en Méditerranée. Le « chemin de Croix » vécu par de nombreuses communautés chrétiennes nécessite une écoute et une solidarité concrètes, et non pas seulement une relation basée sur des aides économiques. Il a ensuite souligné la richesse des expériences et des propositions suggérées par les participants à la rencontre, en soulignant l’inscription de l’activité des Eglises dans la complexité du réel, en « mettant la personne au centre, dans les écoles, les hôpitaux, les innombrables initiatives de solidarité et de proximité aux pauvres ». Il a aussi souligné l’importance du dialogue œcuménique et interreligieux, ainsi que la nécessité de savoir dénoncer le mal, car « nos Eglises désirent devenir une voix prophétique de vérité et de liberté », a-t-il insisté.

Enfin, Mgr Pizzaballa a évoqué les perspectives à venir, les suites de cette rencontre. D’autres réunions en plus petit comité suivront régulièrement, « dans les temps que le Seigneur nous indiquera, afin de construire un parcours commun où faire grandir dans nos contextes blessés et déchirés une culture de paix et de communion », a-t-il expliqué.

Au début de sa longue intervention, marquée par plusieurs improvisations incisives, le Pape a remercié la conférence épiscopale italienne d’avoir organisé cette rencontre, « entrevoyant en elle la possibilité d’engager un processus d’écoute et d’échange par lequel contribuer à l’édification de la paix dans cette région cruciale du monde ». En soulignant la continuité avec la rencontre œcuménique organisée au même endroit en juillet 2018 en présence de nombreux responsables orthodoxes, François a salué les efforts menés par le diocèse de Bari en faveur du dialogue œcuménique et interreligieux, en qualifiant la ville de « capitale de l’unité ».

« Vous vous êtes réunis pour réfléchir sur la vocation et le destin de la Méditerranée, sur la transmission de la foi et la promotion de la paix. Le Mare nostrum est le lieu physique et spirituel dans lequel notre civilisation a pris forme, comme résultat de la rencontre de plusieurs peuples ». Aujourd’hui, « la Méditerranée demeure une zone stratégique dont l’équilibre reflète ses effets sur les autres parties du monde », a souligné François.
Le défi de la promotion de la paix

« Dans cet épicentre de lignes profondes de rupture et de conflits économiques, religieux, confessionnels et politiques, nous sommes appelés à offrir notre témoignage d’unité et de paix. Nous le faisons à partir de notre foi et de l’appartenance à l’Eglise, en nous demandant quelle est la contribution que, comme disciples du Seigneur, nous pouvons offrir à tous les hommes et les femmes de la région méditerranéenne. » François a souligné la place centrale de la piété populaire dans le riche héritage culturel et religieux des sociétés méditerranéennes.

« L’annonce de l’Evangile ne peut être séparée de l’engagement pour le bien commun et nous pousse à agir comme des infatigables artisans de paix. Aujourd’hui la région de la Méditerranée est menacée par de nombreux foyers d’instabilité et de guerre, soit dans le Moyen-Orient, soit dans les divers Etats de l’Afrique du Nord, comme aussi entre les différentes ethnies, groupes religieux et confessionnels ; nous ne pouvons pas oublier le conflit encore irrésolu entre israéliens et palestiniens, avec le danger des solutions non équitables, et donc porteuses de nouvelles crises. »

Le Pape a rappelé que « la guerre est une authentique folie parce qu’il est fou de détruire des maisons, des ponts, des entreprises, des hôpitaux, de tuer des personnes et d’anéantir des ressources au lieu de construire des relations humaines et économiques. Elle est une folie à laquelle nous ne pouvons pas nous résigner : jamais la guerre ne pourra être considérée comme normale ou acceptée comme une voie inéluctable pour résoudre des divergences et des intérêts opposés. »

« Il n’y a aucune alternative à la paix », a répété le Saint-Père, en remarquant que « la guerre apparaît comme l’échec de tout projet humain et divin : il suffit de visiter un paysage ou une ville, théâtres d’un conflit, pour se rendre compte comment, à cause de la haine, le jardin s’est transformé en terre désolée et inhospitalière, et le paradis terrestre en enfer. » En sortant de son texte, il a dénoncé « le grave péché d’hypocrisie, quand dans les conventions internationales, dans les réunions, de nombreux pays parlent de paix et ensuite vendent des armes aux pays qui sont en guerre. Ceci s’appelle la grande hypocrisie », a dénoncé François.

Le Pape a ensuite souligné le besoin d’être attentif aux plus pauvres. « A quoi sert une société qui atteint toujours de nouveaux résultats technologiques, mais qui devient moins solidaire envers celui qui est dans le besoin ? Par l’annonce évangélique, nous transmettons, au contraire, la logique selon laquelle il n’y a pas de derniers, et nous nous efforçons à ce que l’Eglise, par un engagement toujours plus actif, soit le signe de l’attention privilégiée pour les petits et les pauvres », a martelé le Pape, en insistant une nouvelle fois sur les situations dramatiques vécues par les migrants.

« Il est facile de prévoir que ce phénomène, avec ses dynamiques de l’époque actuelle, marquera profondément la région méditerranéenne. C’est pour cela que les Etats et les communautés religieuses ne peuvent pas ne pas être préparés », a insisté l’éveque de Rome, en dénonçant les discours d’indifférence et de rejet qui continuent à se diffuser. « Un sentiment de peur s’introduit, qui pousse à ériger ses défenses face à ce qui est présenté instrumentalement comme une invasion. La rhétorique de l’affrontement des civilisations ne sert qu’à justifier la violence et à alimenter la haine. La défaillance, ou du moins la faiblesse, de la politique et le sectarisme sont les causes des radicalismes et du terrorisme. La communauté internationale s’est contentée d’interventions militaires alors qu’elle devrait mettre en place des institutions qui garantissent des opportunités égales et des lieux où les citoyens auraient la possibilité de prendre en charge le bien commun. »

Le Pape François a exhorté à élever la voix « pour demander aux gouvernements la protection des minorités et de la liberté religieuse. La persécution dont sont victimes surtout – mais pas seulement – les communautés chrétiennes est une blessure qui déchire notre cœur et ne peut pas nous laisser indifférents. »

« Nous n’accepterons jamais que celui qui cherche l’espérance en prenant la mer meurt sans recevoir de secours, ou que celui qui arrive de loin devienne la victime d’exploitation sexuelle, soit sous-payé ou recruté par les mafias. »

« Certes, l’accueil et une intégration digne sont des étapes d’un processus qui n’est pas facile. Cependant, il est impensable de s’y engager en construisant des murs », a répété François, avant de lancer ces quelques mots en sortant de son texte : « Moi, cela me fait peur quand j’écoute les discours de certains leaders des nouvelles formes de populisme, cela me fait penser aux discours qui semaient la peur et ensuite la haine, dans les années 1930 », a-t-il confié.

Il a au contraire défini la mer Méditerranée comme la « mer du métissage ». « Ne laissons pas se répandre, par esprit nationaliste, la conviction du contraire, c’est-à-dire que les Etats moins accessibles et géographiquement plus isolés seraient privilégiés. Seul le dialogue permet de se rencontrer, de dépasser les préjugés et les stéréotypes, de se raconter et de se mieux connaître soi-même. »

Le Pape a ensuite abordé cette problématique sur un plan ecclésial. « Il faut élaborer une théologie de l’accueil et du dialogue qui réinterprète et repropose l’enseignement biblique. Elle peut être élaborée seulement si l’on s’efforce par tous les moyens de faire le premier pas et en n’excluant pas les semences de vérité dont les autres sont dépositaires. »

« Trop souvent, l’histoire a connu des antagonismes et des luttes fondés sur la conviction faussée que nous défendons Dieu en combattant celui qui ne partage pas notre credo. En réalité, les extrémismes et les fondamentalismes nient la dignité de l’homme et sa liberté religieuse, en causant un déclin moral et en favorisant une conception antagoniste des rapports humains. C’est aussi pourquoi une rencontre plus vivante entre les diverses fois religieuses, portée par un respect sincère et par une volonté de paix, devient urgente », a martelé le Pape en invitant à relire le Document d’Abou Dhabi sur la fraternité.

Le Pape a conclu son discours en confiant les participants « à l’intercession de l’Apôtre Paul qui, le premier, a traversé la Méditerranée en affrontant les dangers et les adversités en tout genre pour porter l’Evangile du Christ à tous : que son exemple vous indique les voies sur lesquelles poursuivre l’engagement joyeux et libérateur de transmettre la foi à notre temps. »

Il a évoqué un extrait du Livre d’Isaie : Devant la désolation de Jérusalem à la suite de l’exil, le prophète ne cesse pas d’entrevoir un avenir de paix et de prospérité, « Ils rebâtiront les ruines antiques, ils relèveront les demeures dévastées des ancêtres, ils restaureront les villes en ruines, dévastées depuis des générations » (Is 61, 4). Voilà l’œuvre que le Seigneur vous confie pour cette région de la Méditerranée : reconstruire les liens qui ont été coupés, relever les villes détruites par la violence, faire fleurir un jardin là où sont aujourd’hui des terres desséchées, susciter de l’espérance à celui qui l’a perdue, et exhorter celui qui est fermé sur lui-même à ne pas craindre le frère et à regarder ce qui est déjà devenu un cimetière comme le lieu d’une future résurrection de toute la région. Que le Seigneur accompagne vos pas et qu’il bénisse votre œuvre de réconciliation et de paix. »

Au terme de cette rencontre, l’archevêque d’Alger, Mgr Paul Desfarges, qui est aussi le président de la conférence épiscopale régionale du Nord de l’Afrique, a prononcé un discours de remerciement en italien, en remarquant notamment que « la Méditerranée, qui a été tout au long de son histoire un lieu d’échange entre les cultures et les civilisations, ou conservera sa vocation d’être une mer de paix, ou sera le cimetière de nos refus et de nos fermetures ».

« Il n’y a pas de futur dans la fermeture sur soi et dans les replis nationalistes », a martelé Mgr Desfarges, en remerciant le Saint-Père pour ses gestes qui « secouent nos Eglises et les poussent à être toujours plus au service de la fraternité entre tous ». Il a remarqué que « dans le monde entier, et aussi dans le Maghreb d’où je viens, à majorité musulmane, vos gestes et vos paroles sont écoutés. Les gens disent : ce Pape nous aime bien. »

« Si vos gestes et vos paroles suscitent parfois des résistances, beaucoup plus souvent, ils infusent une grande espérance », a souligné l’archevêque d’Alger, en remerciant François de pousser les Églises à se mettre au service de tous les habitants de la région, et non pas seulement des chrétiens. « Merci d’avoir confiance dans nos Eglises. Nous l’avons vu dans votre message à l’occasion de la béatification des martyrs d’Algérie et de votre visite au Maroc. Que le Seigneur vous conserve dans la fidélité au service de l’unité et de la paix », a conclu Mgr Desfarges.

Le Pape est ensuite descendu dans la crypte de la basilique pour se recueillir devant les reliques de saint Nicolas, avant un bref salut à la foule rassemblée sur le parvis, que le Saint-Père a remerciée pour sa prière durant ces journées de réflexion.

A l’issue de la messe célébrée à Bari, le Saint-Père a souhaité lancer, aux côtés des évêques de la Mediterranée et du Moyen Orient, un appel fort pour que cessent les combats dans le Nord-Ouest de la Syrie, afin qu’ils épargnent les civils innoncents.

Alors que la guerre continue sans répit dans la province d’Idleb, au Nord-Ouest de la Syrie, le Pape François, avant de réciter la prière de l’Angélus depuis Bari ce dimanche, a souhaité lancer une nouvelle fois un appel à la paix dans le pays.

« Alors que nous sommes réunis ici pour prier et réfléchir à la paix et au sort des peuples de la Méditerranée, une immense tragédie se déroule de l’autre côté de cette mer, en particulier dans le nord-ouest de la Syrie » a souligné François. « De nos cœurs de pasteurs, un appel fort est lancé aux acteurs concernés et à la communauté internationale pour qu’ils fassent taire le bruit des armes et écoutent les cris des petits et des sans-défense ; pour qu’ils mettent de côté les calculs et les intérêts afin de sauvegarder la vie des civils et des nombreux enfants innocents qui en paient le prix. »

« Prions le Seigneur pour qu’il émeuve les cœurs et que tous dépassent la logique de l’affrontement, de la haine et de la vengeance afin de se redécouvrir comme frères et sœurs, enfants d’un seul Père, qui fait lever le soleil sur les bons et les mauvais (cf. Mt 5, 45) », a poursuivi François. Plusieurs évêques Syriens avaient fait le déplacement à Bari pour la rencontre méditeranéenne, à commencer par Mgr Nicolas Antiba, le vicaire patriarcal grec-catholique melkite de Damas, originaire d’Alep, ou le patriarche d’Antioche de l’Eglise syriaque, originaire d’Hassaké, et dont le siège se trouve près de Beyrouth.

(Avec V. N.)

Mercredi 19 février 23020

Au cours de l’audience hebdomadaire, le Pape François s’est arrêté sur la troisième Béatitude (Mt 5,5) : « heureux les doux, ils recevront la terre en héritage ». L’occasion pour le Saint-Père de revenir sur les vertus de la douceur, capable de défaire la colère, de sauver des amitiés, et de restaurer des liens brisés.

« La douceur se manifeste dans les moments de conflit, car c’est alors que l’on voit comment on réagit à une situation hostile », a affirmé le Pape au début de sa catéchèse, devant un parterre de fidèles et pèlerins réunis en salle Paul VI du Vatican ; l’exemple suprême étant celui du Christ, qui lors de sa passion, ne répondant ni aux menaces ni aux insultes, « s’en remit à Dieu, qui juge avec justice » (1 Pierre 2, 23)
Douceur et possession de la terre

Cette Béatitude cite le psaume 36 qui lie la douceur et la possession de la terre. Ces deux choses peuvent sembler incompatibles, fait observer François. Car la possession de la terre est « le milieu typique du conflit ». « On se combat souvent pour un territoire, pour obtenir l’hégémonie sur une région ». Or ici, il ne s’agit pas de conquérir la terre mais de la recevoir en héritage. « Cette terre est une promesse et un don pour le peuple de Dieu et devient un signe de quelque chose de plus grand et de plus profond qu’un simple territoire », puisqu’il s’agit du « ciel nouveau et de la terre nouvelle » vers lesquels nous marchons tous.

Le doux n’est pas un « accommodant » ou un « faible » ; c’est une personne qui a reçu un héritage et s’attache à tout faire pour ne pas le gâcher ; en choisissant cette attitude, le disciple du Christ « défend sa paix, sa relation à Dieu et ses dons, en gardant la miséricorde, la fraternité, la confiance, l’espérance ».

Le Souverain Pontife a ensuite fait allusion au péché de colère, qui s’oppose à la douceur ; invitant à se demander combien de choses nous pouvions avoir perdu en laissant la colère nous envahir. « Un moment de colère peut détruire tant de choses, on perd le contrôle et on ne value plus ce qui est important ».

Au contraire de la colère qui sépare, la douceur réunit, elle est capable de vaincre le cœur, de sauver des amitiés et tant d’autres choses. Et dans ce cas, la terre à conquérir devient le salut de son prochain. « Il n’y a pas de terre plus belle que le cœur d’autrui, il n’y a pas de territoire plus beau à gagner que la paix retrouvée avec un frère. Voilà la terre qui nous est donnée en héritage ! » a conclu le Saint-Père.

(Avec V. N.)

Dimanche 16 février 2020

Depuis la fenêtre du Palais Apostolique, le Pape François a commenté l’Évangile de ce 6e dimanche du Temps Ordinaire, issu du “Discours sur la montagne”, dans lequel Jésus évoque l’accomplissement de la Loi, invitant ses interlocuteurs à une approche juste des prescriptions contenues dans les Commandements donnés à Moïse. Un parcours qui part du cœur et se poursuit avec la secours de la grâce divine, comme l’a expliqué le Saint-Père.

« Je ne suis pas venu abolir, mais accomplir », enseigne Jésus à ses disciples au début de cet Évangile (Mt 5, 17-37). Le Seigneur apprend donc à vivre la Loi « comme un instrument de liberté, [..] qui m’ aide à ne pas être esclaves des passions ni du péché », a indiqué le Saint-Père à la foule rassemblée Place Saint-Pierre.
Et François de pointer du doigt les guerres et leurs terribles conséquences, fruits de passions incontrôlées. « Pensons à cette enfant morte de froid en Syrie l’autre jour », s’est-il désolé, à « tant de calamités, tant ». Une situation montrant que lorsqu’on « cède aux tentations et aux passions », « on devient incapable de gérer [sa vie] avec volonté et responsabilité ».

En évoquant tour à tour l’homicide, l’adultère, la répudiation et les serments, Jésus « n’abolit pas les prescriptions qui concernent ces problématiques, mais il en explique la pleine signification et il indique l’esprit avec lequel il faut les observer », a ensuite précisé le Pape. Il s’agit plus précisément d’accueillir « la Loi dans son cœur, qui est le centre des intentions, des décisions, des paroles et des gestes », bons ou mauvais, de chaque personne.

Ce déplacement permet de comprendre trois aspects essentiels du rapport à soi-même et aux autres. D’abord, la haine du prochain, les rivalités, les divisions et les bavardages « tuent la charité et la fraternité qui est à la base des rapports interpersonnels ». Ensuite, les désirs doivent être canalisés, car « il n’est pas bon de céder à des sentiments égoïstes et possessifs ». Enfin, il faut « abandonner un style de vie fait de promesses non tenues », et y préférer « l’attitude d’entière sincérité avec tous », a expliqué le Saint-Père.

Mais il n’est pas facile de vivre les Commandements de Dieu « d’une manière si profonde et totalisante », a reconnu François. C’est pour cela que Jésus « nous offre le secours de son amour ». Il nous donne « Sa grâce, afin que nous puissions faire la volonté de Dieu, en L’aimant et en aimant nos frères ». « Nous pouvons tout faire, tout, avec la grâce de Dieu ! », s’est exclamé le Pape. Et la sainteté « n’est pas autre chose que de prendre soin de cette gratuité que Dieu nous a donnée, cette grâce ». Reste donc à Lui faire confiance, à « accueillir la main qu’Il nous tend constamment », afin que nos efforts et nos engagements se conjuguent de manière féconde avec sa miséricorde.

Ce dimanche, le Seigneur nous demande « de progresser sur la voie de l’amour qu’il nous a indiquée et qui part du cœur ». Telle est la route à suivre « pour vivre en chrétiens » a conclu François, implorant l’aide de la Vierge Marie pour ainsi « rejoindre la joie véritable et diffuser partout la justice et la paix ».

(Avec V. N.)

Mercredi 12 février 2020

Le Saint-Père a poursuivi son « voyage dans les Béatitudes » avec les pèlerins venus écouter sa catéchèse en Salle Paul VI. Cette fois-ci, c’est la deuxième béatitude qui a été explorée : “Heureux ceux qui pleurent, car ils seront consolés” (Mt 5,4).

Devant son auditoire, le Pape François a d’abord évoqué une attitude « devenue centrale dans la spiritualité chrétienne », reliée à cette béatitude, et que les Pères du désert appelaient « la douleur intérieure ». Celle-ci « ouvre à une nouvelle relation avec le Seigneur et avec le prochain », a précisé le Pape François.

Pour mieux comprendre la béatitude exprimée par Jésus, il faut ensuite se pencher sur la signification des pleurs dans les Saintes Écritures. Elle est double : l’on peut pleurer « pour la mort ou pour la souffrance de quelqu’un », ou bien « pour son propre péché, lorsque le cœur saigne de douleur pour avoir offensé Dieu et le prochain ».

Ainsi, a poursuivi le Souverain Pontife en s’arrêtant sur le premier aspect, il est « important que les autres fassent une brèche dans notre cœur ». « J’ai souvent parlé du don des larmes, a-t-il poursuivi, et du fait qu’il soit si précieux ». « Il y a des affligés à consoler, mais parfois il y a aussi des consolés à affliger, à réveiller, qui ont un cœur de pierre et on “désappris” à pleurer », a estimé le Pape.

Il faut aussi reconnaître que le deuil « est un chemin d’amertume », mais « utile pour ouvrir les yeux sur la vie et sur la valeur sacrée et irremplaçable de toute personne ».

Quant au second aspect, « les pleurs sont le signe du mal commis, du bien non fait et de la trahison de la relation avec Dieu ». François a évoqué le fait d’être triste « à la pensée du bien non fait », ou ceux qui disent « j’ai blessé celui que j’aime » et qui en souffrent jusqu’aux larmes. « Dieu soit béni si ces larmes arrivent ! », s’est exclamé le Saint-Père.

Puis cette mise en garde contre une confusion : lorsqu’on pleure seulement parce qu’on s’est trompé, il s’agit d’« orgueil », a expliqué le Pape, et non de repentir.

« C’est le thème difficile, mais vital des erreurs personnelles à affronter, a-t-il poursuivi. Pensons aux pleurs de saint Pierre qui le conduisent à un amour nouveau et authentique », contrairement à Judas qui se suicide. « Comprendre le péché est un don de Dieu, c’est une œuvre de l’Esprit Saint », a affirmé François. « C’est une grâce que nous devons demander. […] C’est un don très grand et après avoir compris cela, vient le pleur du repentir ».

Le Saint-Père a enfin rappelé la grandeur et la beauté de la miséricorde de Dieu : « comme toujours, la vie chrétienne trouve sa meilleure expression dans la miséricorde ». « Dieu pardonne toujours, n’oublions pas cela. Dieu pardonne toujours, y compris les péchés les plus laids… Le problème est en nous, qui nous fatiguons de demander pardon. C’est cela le problème », a expliqué le Pape.

En conclusion de sa catéchèse, François a prononcé cette brève prière : « que le Seigneur nous concède d’aimer en abondance, d’aimer avec le sourire, par la proximité, par le service et aussi par les pleurs ».

A l’issue de la messe célébrée à Bari, le Saint-Père a souhaité lancer, aux côtés des évêques de la Mediterranée et du Moyen Orient, un appel fort pour que cessent les combats dans le Nord-Ouest de la Syrie, afin qu’ils épargnent les civils innoncents.

Alors que la guerre continue sans répit dans la province d’Idleb, au Nord-Ouest de la Syrie, le Pape François, avant de réciter la prière de l’Angélus depuis Bari ce dimanche, a souhaité lancer une nouvelle fois un appel à la paix dans le pays.

« Alors que nous sommes réunis ici pour prier et réfléchir à la paix et au sort des peuples de la Méditerranée, une immense tragédie se déroule de l’autre côté de cette mer, en particulier dans le nord-ouest de la Syrie » a souligné François. « De nos cœurs de pasteurs, un appel fort est lancé aux acteurs concernés et à la communauté internationale pour qu’ils fassent taire le bruit des armes et écoutent les cris des petits et des sans-défense ; pour qu’ils mettent de côté les calculs et les intérêts afin de sauvegarder la vie des civils et des nombreux enfants innocents qui en paient le prix. »

« Prions le Seigneur pour qu’il émeuve les cœurs et que tous dépassent la logique de l’affrontement, de la haine et de la vengeance afin de se redécouvrir comme frères et sœurs, enfants d’un seul Père, qui fait lever le soleil sur les bons et les mauvais (cf. Mt 5, 45) », a poursuivi François. Plusieurs évêques Syriens avaient fait le déplacement à Bari pour la rencontre méditeranéenne, à commencer par Mgr Nicolas Antiba, le vicaire patriarcal grec-catholique melkite de Damas, originaire d’Alep, ou le patriarche d’Antioche de l’Eglise syriaque, originaire d’Hassaké, et dont le siège se trouve près de Beyrouth.

(Avec V. N.)

Mardi 11 février 2020 :Message du Pape pour la XXVIIIème Journée Mondiale du Malade

En ce mardi 11 février, fête de Notre Dame de Lourdes et 28e Journée mondiale du malade, le Pape François a centré son message sur les paroles de Jésus : « venez à moi, vous tous qui peinez et ployez sous le fardeau et je vous soulagerai » (Mt 11, 28) ; le Saint-Père rappelle notamment que le droit à la vie est le « vrai droit humain » et il met aussi en garde contre les manipulations politiques de l’assistance médicale.

« Chers frères et sœurs,

1. Les paroles que Jésus prononce : « Venez à moi, vous tous qui peinez et ployez sous le fardeau, et moi je vous soulagerai » (Mt 11, 28) indiquent le mystérieux chemin de la grâce qui se révèle aux simples et qui offre un soulagement à ceux qui peinent et qui sont fatigués. Ces mots expriment la solidarité du Fils de l’homme, Jésus-Christ, face à une humanité affligée et souffrante. Que de personnes souffrent dans leur corps et dans leur esprit ! Il appelle tous les hommes à aller vers lui, « venez à moi », et il leur promet soulagement et repos. « Quand Jésus dit cela, il a face à lui les personnes qu’il rencontre chaque jour sur les routes de Galilée : tant de gens simples, pauvres, malades, pécheurs, exclus par le poids de la loi et du système social oppressif... Ces personnes l’ont sans cesse poursuivi pour écouter sa parole – une parole qui donnait l’espérance » (Angélus, 6 juillet 2014).

En cette XXVIIIème Journée Mondiale du Malade, Jésus adresse son invitation aux malades et aux opprimés, aux pauvres qui savent bien qu’ils dépendent entièrement de Dieu et qui, blessés par le poids des épreuves, ont besoin de guérison. Jésus-Christ, n’impose pas de lois à ceux qui vivent l’angoisse de leur propre situation de fragilité, de douleur et de faiblesse, mais il offre sa miséricorde, c’est-à-dire sa personne qui les réconforte. Jésus regarde l’humanité blessée. Lui, il a des yeux qui voient, qui s’aperçoivent, car ils regardent en profondeur. Il ne s’agit pas d’un regard rapide et indifférent, mais qui s’attarde et accueille tout l’homme, tout homme, dans sa condition de santé, sans écarter personne, mais en invitant chacun à entrer dans sa vie pour faire une expérience de tendresse.

2. Pourquoi Jésus-Christ nourrit-il ces sentiments ? Parce qu’il s’est fait faible lui-même, faisant ainsi l’expérience de la souffrance humaine et recevant à son tour le réconfort du Père. De fait, seul celui qui fait personnellement cette expérience saura être un réconfort pour l’autre. Il existe diverses formes graves de souffrance : les maladies incurables et chroniques, les pathologies psychiques, celles qui nécessitent de la rééducation ou des soins palliatifs, les divers handicaps, les maladies de l’enfance et de la vieillesse… Dans ces circonstances, on ressent parfois un manque d’humanité et il apparaît alors nécessaire de personnaliser l’approche à l’égard du malade, non plus seulement en soignant mais aussi en prenant soin, pour une guérison humaine intégrale. Lorsqu’elle est malade, la personne ressent que, non seulement son intégrité physique est compromise, mais aussi ses dimensions relationnelle, intellectuelle, affective et spirituelle. Elle attend donc, en plus des thérapies, un soutien, une sollicitude, une attention… en somme, de l’amour. En outre, aux côtés du malade, il y a une famille qui souffre et qui demande, elle aussi, réconfort et proximité.

3. Chers frères et sœurs malades, la maladie vous place d’une façon toute particulière parmi ceux qui sont « fatigués et opprimés », ceux qui attirent le regard et le cœur de Jésus. C’est de là que vient la lumière pour vos moments d’obscurité, l’espérance pour votre réconfort. Il vous invite à aller à lui : « Venez ». En lui, en effet, les inquiétudes et les interrogations qui surgissent en vous, dans cette “ nuit ” du corps et de l’esprit, trouveront de la force pour être traversées. Certes, le Christ ne nous a pas donné de recettes, mais, par sa passion, sa mort et sa résurrection, il nous libère de l’oppression du mal.

Dans votre condition, vous avez certainement besoin d’un lieu pour vous réconforter. L’Église veut être toujours davantage et toujours mieux l’“ auberge ” du bon Samaritain qu’est le Christ (cf. Lc 10, 34), à savoir la maison où vous pouvez trouver sa grâce, qui s’exprime par la familiarité, l’accueil, le soulagement. Dans cette maison, vous pourrez rencontrer des personnes qui, guéries par la miséricorde de Dieu dans leur fragilité, sauront vous aider à porter la croix en faisant de leurs propres blessures des ouvertures par lesquelles regarder l’horizon au-delà de la maladie et recevoir la lumière et l’air pour votre vie.

C’est dans cette œuvre de réconfort envers les frères malades que se situe le service du personnel de santé, médecin, infirmiers, agents sanitaires et administratifs, aides-soignants et volontaires qui, par leur compétence, agissent en faisant sentir la présence du Christ, qui offre sa consolation et se charge de la personne malade en soignant ses blessures. Mais, eux aussi, sont des hommes et des femmes, avec leurs fragilités et leurs maladies. Pour eux, en particulier, s’applique ce propos selon lequel « une fois que nous avons reçu le repos et le réconfort du Christ, nous sommes appelés à notre tour à devenir repos et réconfort pour nos frères, avec une attitude douce et humble, à l’imitation du Maître » (Angélus, 6 juillet 2014).

4. Chers agents du monde de la santé, toute intervention diagnostique, préventive, thérapeutique, de recherche, de soin et de rééducation, s’adresse à la personne malade, où le substantif “ personne ” prime toujours sur l’adjectif “ malade ”. Par conséquent, votre action doit tendre constamment à la dignité et à la vie de la personne, sans jamais céder à des actes de nature euthanasiste, de suicide assisté ou de suppression de la vie, pas même quand le stade de la maladie est irréversible.

Dans l’expérience de la limite et même de l’échec possible de la science médicale face à des cas cliniques toujours plus problématiques et à des diagnostics funestes, vous êtes appelés à vous ouvrir à la dimension transcendante, qui peut vous offrir le sens plénier de votre profession. Rappelons que la vie est sacrée, qu’elle appartient à Dieu et, par conséquent, qu’elle est inviolable et qu’on ne peut en disposer (cf. Instr. Donum vitae, n. 5 ; Enc. Evangelium vitae, n. 29-53). La vie doit être accueillie, protégée, respectée et servie, de la naissance à la mort : c’est à la fois une exigence tant de la raison que de la foi en Dieu auteur de la vie. Dans certains cas, l’objection de conscience est pour vous le choix nécessaire pour rester cohérents au “ oui ” à la vie et à la personne. En tout cas, votre professionnalisme, animé par la charité chrétienne, sera le meilleur service rendu au vrai droit humain : le droit à la vie. Quand vous ne pouvez pas guérir, vous pouvez toujours soigner grâce à des gestes et à des procédures qui apportent soulagement et réconfort au malade.

Hélas, dans certains contextes de guerre et de conflit violent, le personnel de santé et les structures qui s’occupent de l’accueil et de l’assistance des malades sont pris pour cibles. Dans certaines zones, le pouvoir politique aussi prétend manipuler l’assistance médicale en sa faveur, limitant la juste autonomie de la profession sanitaire. En réalité, attaquer ceux qui se consacrent au service des membres souffrants du corps social ne profite à personne.

5. En cette XXVIIIème Journée Mondiale du Malade, je pense aux nombreux frères et sœurs qui, dans le monde entier, n’ont pas la possibilité d’accéder aux soins, parce qu’ils vivent dans la pauvreté. Je m’adresse donc aux institutions sanitaires et aux Gouvernants de tous les pays du monde, afin qu’ils ne négligent pas la justice sociale au profit de l’aspect économique. Je souhaite qu’en conjuguant les principes de solidarité et de subsidiarité, il soit possible de coopérer pour que tous aient accès aux soins appropriés pour sauvegarder et retrouver la santé. Je remercie de tout cœur les volontaires qui se mettent au service des malades, en allant souvent suppléer les carences structurelles et en reflétant, par des gestes de tendresse et de proximité, l’image du Christ bon Samaritain.

Je confie à la Vierge Marie, Santé des malades, toutes les personnes qui portent le poids de la maladie, avec leurs familles, ainsi que tous les personnels de santé. Je vous assure que je suis proche de vous tous dans la prière et je vous envoie de grand cœur la Bénédiction apostolique.

Du Vatican, le 3 janvier 2020, Mémoire du Saint Nom de Jésus. »

Pape François

Dimanche 9 février 2020

Le Pape est revenu sur l’Évangile du jour selon saint Mathieu : « Vous êtes le sel de la terre (…) Vous êtes la lumière du monde », lorsque Jésus recourt à un « langage symbolique » pour indiquer à ceux qui veulent le suivre, ici ses disciples, « certains critères pour vivre la présence et témoigner dans le monde ».

Le Pape se propose ce dimanche une catéchèse sur les deux images proposées par Jésus, celle du sel et celle de la lumière.

D’abord, le sel, l’élément « qui donne de la saveur, qui conserve et préserve les aliments de la corruption », souligne François. Les disciples sont donc appelés à se tenir au loin de la « société des dangers, des germes corrosifs qui polluent la vie des personnes ». Il faut résister au péché, « à la dégradation morale », en ne cédant pas « aux flatteries mondaines de l’arrivisme du pouvoir et de la richesse » mais en témoignant « des valeurs de l’honnêteté et de la fraternité », recommande le Pape.

Pour François, le disciple se fait « sel » lorsque malgré les échecs quotidiens, il se relève « de la poussière de ses propres erreurs » pour recommencer chaque jour, « avec courage et patience », à chercher le dialogue et la rencontre avec les autres.

Le disciple se fait « sel » lorsqu’il ne recherche pas « le consensus et les applaudissements mais lorsqu’il s’efforce d’être une présence humble et constructive », en fidélité aux enseignements de Jésus venu non pour être servi, mais pour servir. « Une attitude dont nous avons tant besoin ! », s’exclame François.

Quant à la lumière, deuxième image à laquelle recourt Jésus, elle disperse l’obscurité et permet de voir. Jésus est la lumière qui a dissipé les ténèbres, mais celles-ci « restent dans le monde et dans les individus », note le Pape. Pour cette raison, le chrétien a pour tâche de les disperser « en faisant briller la lumière du Christ et en proclamant son Évangile ». Comment s’y prendre ? Le Pape explique que cette « irradiation » peut venir de nos paroles, mais surtout découler de nos bonnes œuvres. « Un disciple et une communauté chrétienne sont la lumière du monde lorsqu’ils dirigent les autres vers Dieu, aidant chacun à faire l’expérience de sa bonté et de sa miséricorde », souligne-il. Il suggère de faire « vivre sa foi en dehors des espaces étroits », d’aider à « éliminer les préjugés, la calomnie », et à apporter « la lumière de la vérité dans des situations entachées d’hypocrisie et de mensonges ». Ainsi le disciple de Jésus se fait « lumière ».
Une Église toujours évangélisatrice

Ce dimanche, Jésus invite donc, poursuit le Pape, à ne pas avoir peur de vivre dans le monde, même si l’on y rencontre parfois de conditions de conflit ou de péché. « Face à la violence, à l’injustice et à l’oppression, l’Église ne peut se refermer sur elle-même ou se cacher derrière la sécurité de son propre enclos. Elle ne peut pas abandonner sa mission d’évangélisation et de service », affirme François qui veut une Église qui « se dépense avec générosité et tendresse pour les petits et les pauvres » tout en écoutant le cri des derniers et des exclus « parce qu’elle est consciente d’être une communauté en chemin appelée à prolonger dans l’histoire la présence salvifique de Jésus Christ ».

Le Pape demande enfin l’intercession de la Vierge Marie afin qu’elle aide les fidèles et lui-même à être “sel et lumière” au milieu des gens en apportant à tous en parole et en actes la Bonne Nouvelle de l’amour de Dieu.

Au terme de la prière de l’Angélus, le Pape François a évoqué l’escalade militaire en cours à Idleb, province du nord-ouest de la Syrie, où l’intensification des combats entre l’armée syrienne et les groupes jihadistes et rebelles touchent de plein fouet les populations civiles.

Le Souverain Pontife appelle les parties concernées et la communauté internationale à tout faire pour les protéger. « De douloureuses nouvelles continuent d’arriver du nord-ouest de la Syrie, en particulier sur les conditions de tant de femmes et d’enfants, de personnes contraintes à fuir en raison de l’escalade militaire. Je renouvelle mon appel pressant à la communauté internationale et à toutes les parties concernées afin qu’elles se servent de moyens diplomatiques, du dialogue et des négociations, dans le respect du Droit humanitaire international, pour sauvegarder la vie et le sort des civils ». Devant des milliers de fidèles, pèlerins et touristes rassemblés place Saint Pierre pour l’Angélus dominical, le Saint-Père a donc exprimé sa vive inquiétude pour la situation en cours à Idleb, invitant les personnes présentes à prier un « Je vous salue Marie » à cette intention.

Cette province du nord-ouest syrien, frontalière de la Turquie, est la dernière à échapper au contrôle de Damas. Tenue en grande partie par des groupes jihadistes et rebelles, elle fait l’objet, depuis avril 2019, d’une vaste offensive de l’armée syrienne, appuyée par l’aviation de l’allié russe. Dernière victoire en date pour l’armée loyaliste : la reprise ce samedi de la ville-clé Saraqeb ; Damas continue donc de progresser, malgré les mises en garde de la Turquie, parrain de groupes insurgés et qui a des troupes déployées sur le terrain. Ankara a ainsi menacé de représailles l’armée syrienne en cas d’attaque de ses positions militaires dans la région.

La violence des combats et des bombardements touchent de plein fouet les populations civiles ; plus de 3 millions de personnes – dont beaucoup de femmes et d’enfants- se retrouvent ainsi piégées dans des zones de guerre. Environ 700 000 d’entre elles ont dû fuir la région ces derniers mois ; sans parler de milliers d’autres qui ont été tuées par des frappes aériennes. Ces dernières n’ont pas épargné les installations médicales et sanitaires, les écoles ou les mosquées. La communauté internationale dénonce « un carnage » et une situation humanitaire cauchemardesque. Submergées par le nombre de déplacés et par leurs besoins, les ONG présentes sur place font état de graves pénuries de nourriture, d’abris, de soins de santé, ainsi que d’autres services de base nécessaires à leur survie.

Le drame d’Idleb avait déjà été évoqué par le Pape dans la lettre qu’il avait adressée au président syrien Bachar Al-Assad, en juillet dernier. Il y demandait avec force que la vie des civils soit protégée, ainsi que les principales infrastructures comme les écoles, les hôpitaux et les structures sanitaires. Le Saint-Père demandait encore au président de tout faire pour arrêter la catastrophe humanitaire en cours, pour la sauvegarde des populations sans défense, en particulier des plus faibles.
Une préoccupation constante

Depuis le début de son pontificat, le Pape François a souvent élevé la voix pour la « bien-aimée Syrie ». Lors des prières de l’Angélus, lors des audiences générales et lors des bénédictions Urbi et Orbi, le Saint-Père, en des termes souvent très forts, s’est fait interprète de la douleur d’un peuple souffrant, appelant sans relâche la communauté internationale à s’impliquer réellement pour la résolution de ce terrible et sanglant conflit.

S’adressant ainsi aux chefs d’État, le 5 septembre 2013, et notamment au président russe Vladimir Poutine, à l’occasion du G20 de Saint-Pétersbourg, il invoquait « une solution pacifique à travers le dialogue et la négociation entre les parties concernées, avec le soutien concordant de la communauté internationale ».

Dans cette même période marquée par les préparatifs d’une opération occidentale en Syrie, finalement annulée, le Pape avait organisé le 7 septembre 2013 une journée de jeûne et de prière pour la paix en Syrie, au Moyen-Orient et dans le monde entier, conclue par une veillée organisée sur la Place Saint-Pierre. Le Pape demandait alors que tous les efforts soient fait pour trouver la voie de la négociation. Lors de l’Angélus du 1er septembre 2013, François répétait enfin que « l’humanité a besoin de voir des gestes de paix et d’entendre des paroles d’espérance et de paix ».

(Avec V. N.)

Samedi 8 Février 2020

Dans la bibliothèque du palais apostolique, le Pape a lancé ce projet visant à soutenir, financièrement sur internet, le réseau international de la vie consacrée contre la traite des personnes, Talitha Kum.

À l’occasion de la Journée internationale de prière et de réflexion contre la traite des personnes, ce 8 février, le Pape François a tenu à lancer en personne, avec un premier click, l’initiative « Super Nuns ». Il a ainsi inauguré le premier le groupe représentant la communauté Talitha Kum sur la plateforme de Patreon, un site internet de financement participatif, basé à San Francisco. Il a aussi rappelé la situation tragique dans laquelle se trouvent de nombreux migrants :

" Souvent, les migrants sont victimes de trafics criminels et de la traite.
Entre autres causes, cela est dû à la corruption de ceux qui sont prêts à tout pour s’enrichir.
L’argent de leurs affaires, des affaires sales, délictueuses, est un argent taché de sang. Je n’exagère pas : c’est un argent taché de sang.
Prions pour que le cri de tant de migrants victimes de trafics criminels et de la traite soit entendu et pris en compte. "

En s’inscrivant sur Patreon, avec le soutien de la Fondation Galileo, le réseau de 2 000 religieuses luttant depuis maintenant dix ans contre la traite dans soixante-dix pays souhaite recueillir des fonds en faveur des victimes de la traite, afin de financer des projets visant à les soigner et les soutenir, tout en préservant leur anonymat.

Sœur Gabriella Bottani, coordinatrice internationale de Talitha Kum, présente lors de l’inauguration ce samedi matin, revient sur le geste de soutien du Pape  :

Les « Super Nuns » se sont associées avec plusieurs artistes, notamment le graffeur américain très populaire ESPO et le pionnier japonais de l’animation Leiji Matsumoto qui s’inspirent du travail des sœurs depuis 2009. Chaque mois, les « Super Nuns » offriront 10 tirages signés par ces artistes à des membres de la communauté choisis au hasard. Il n’est pas nécessaire de faire un don, mais les dons de mécènes sont les bienvenus, que ce soit avec une contribution de 3 $ par mois ou avec des dons ponctuels plus importants. Toutes les recettes aideront directement Talitha Kum à étendre ses efforts pour combattre le fléau moderne qu’est la traite des êtres humains, qui touche aujourd’hui environ 40 millions de personnes dans le monde.

Le thème de la traite des êtres humains comme le travail que nous faisons, sont très chers au Pape François et il l’a démontré une fois de plus en acceptant notre invitation à être le premier à entrer dans la page Patreon des « Super nuns ». Nous lui sommes profondément reconnaissantes et heureuses !

Pour nous, c’est un grand défi et je crois un grand don. Super Nuns est né d’une proposition de Jean McCaffrey, de la Fondation Galileo, qui est en contact avec la société Edelman, une grande entreprise de communication aux États-Unis, et qui fait cadeau de son travail gratuitement chaque année pour des projets sociaux. En 2019, ils ont choisi Talitha Kum pour célébrer notre 10ème anniversaire et nous avons entamé un dialogue avec l’équipe créative d’Edelmann qui a donné naissance aux « Super Nuns ».

L’une des premières difficultés que nous avons rencontrée était de savoir comment raconter l’histoire de Talitha Kum sans mettre en danger l’identité des religieuses et dans le respect des victimes, qui souffrent ou ont souffert de la traite, des témoins… Au début, ce fut un point de tension avec le groupe créatif, mais c’est finalement devenu un bel espace de nouveautés. En effet, Edelmann nous a alors proposé de collaborer avec des artistes qui travaillent dans le domaine de la bande dessinée et de l’animation.

Le premier artiste qui a accepté est un Américain célèbre dans le monde des graffitis réalisés sur des murs. Je ne nie pas qu’au début nous étions inquiets : c’était un monde inconnu. Ensuite, en dialoguant lors de rencontres entre les artistes et nous les religieuses, nous avons réalisé que c’est un partenariat puissant car il nous permet de raconter les histoires de Talitha Kum et de respecter nos valeurs. Nous avons pu constater que le langage utilisé par les artistes est un langage qui va au-delà, qui est novateur et qui peut atteindre un public que nous ne pourrions jamais atteindre ; il nous aide aussi à repenser, à proposer notre travail avec des modalités nouvelles, fascinantes.

Que pensez-vous faire de cette collaboration avec ces artistes ?

Tout d’abord, nous voulons présenter le difficile sujet de la traite d’une nouvelle manière, en parler, sensibiliser en partant de notre travail et de ce que nous faisons chaque jour, mais aussi demander des fonds qui couvriront, en partie, les coûts engagés par les religieuses pour la prévention, l’assistance, la réinsertion sociale, et les soins apportés aux victimes.

Nous avons essayé de calculer une moyenne des coûts investis par les religieuses dans ce domaine. D’après les recherches que nous avons effectuées, les coûts varient de 2 000 à 10 000 euros juste pour soutenir le retour chez elle d’une victime de la traite pendant une courte période. On parle de quelques mois jusqu’à un an maximum mais, dans certains cas, nous devons les accompagner pendant plusieurs années. Parfois les blessures sont si profondes qu’en un an les anciennes victimes ne sont pas prêtes à reconstruire leur vie, à prendre en charge des projets, le travail, la famille.

Concrètement comment accède-t-on à la plateforme ?

En allant à l’adresse internet Patreon.com/supernuns. Edelman a créé Patreon. Il s’agit d’une plateforme d’artistes qui font principalement des dons et qui donnent leurs œuvres. On peut y accéder en faisant un don d’un minimum de 2 à 25 dollars ou plus, cela dépend. Mais généralement on part d’un prix minimum ce qui encourage tout le monde à contribuer, même peu. Et si nous donnons tous ensemble une petite somme mensuelle, nous pouvons vraiment relever le défi de la traite.

(Avec V. N.)

Mercredi 5 février 2020

Lors de l’audience générale de ce jour, le Saint-Père est revenu sur la première des Béatitudes : « Heureux les pauvres en esprit, car le Royaume des Cieux est à eux ». Le Pape a débuté aujourd’hui une nouvelle série de catéchèses sur les huit Béatitudes de l’Évangile selon saint Matthieu.

« Jésus commence à proclamer son chemin vers le bonheur avec une annonce paradoxale » reconnait le Pape : ce sont aux pauvres qu’appartient le Royaume des Cieux. Mais qui sont ces pauvres ?À la différence de saint Luc, Saint Matthieu précise qu’il s’agit des « pauvres en esprit ». Il ne s’agit donc pas de personnes dans le besoin, de nécessiteux, mais de « ceux qui se sentent pauvres, mendiants, dans l’intime de leur être ».

Or, le monde conseille en permanence le contraire : « Il faut être quelqu’un, se faire un nom, mais c’est de là que vient la solitude et la tristesse, s’exclame le Pape François. En effet « si je dois être quelqu’un, je suis en compétition avec les autres et je vis dans la recherche obsessionnelle de moi-même », ajoute le Pape.

Car même si on se donne du mal, en réalité « on reste toujours radicalement incomplet et vulnérable », souligne le Pape. Et comme on vit mal quand on refuse ses limites ! s’exclame-t-il. S’il on accepte pas sa pauvreté, on se met à haïr tout ce qui rappelle sa propre fragilité, prévient le Pape. Les personnes orgueilleuses ne demandent pas d’aide parce qu’elles doivent démontrer qu’elles sont autosuffisantes. Il devient impossible de reconnaitre ses erreurs ou de demander pardon.

S’adressant aux nouveaux époux, le Pape leur suggère « trois paroles magiques : s’il te plaît, merci, pardon ; des paroles qui appartiennent aux pauvres d’esprit. » Le Pape plaide pour un dialogue en famille qui implique ces trois attitudes que sont la politesse, la gratitude et la demande de pardon ; la dernière étant « la plus difficile ». Le Pape déplore la « fatigue de demander pardon » qui est une « vilaine maladie ». Pourquoi est-ce si difficile ? « Parce que cela humilie notre image hypocrite » répond-il. Et ce mode de vie est d’autant plus regrettable qu’il est « fatiguant et angoissant ».
Reconnaître sa pauvreté

Jésus enseigne qu’être pauvre en esprit est « une occasion de grâce, un moyen de sortir de cette lassitude », et de parvenir au Royaume. Et cela ne demande aucune transformation puisque nous sommes, de par notre condition humaine, déjà pauvres en esprit.

Le Pape lance là un avertissement contre les biens de ce monde, un pouvoir éphémère : « Tant de fois à la télévision ou dans les journaux nous voyons qu’un gouvernement fort et puissant dans le passé, n’existe plus ». Personne n’emporte rien avec soi dans la tombe. Le Pape souligne qu’on ne voit jamais de camion de déménagement derrière les cortèges funèbres.
Donner sa vie

« Règne vraiment celui qui sait aimer le vrai bien plus que lui-même. C’est en cela que se manifeste la puissance de Dieu », explique François. Il s’agit de la « puissance de la fraternité, de la charité, de l’amour et de l’humilité. Voilà ce dont a fait preuve Jésus », dit le Pape.

A la différence des rois de la terre, Jésus s’est montré puissant en donnant sa vie pour tous les hommes. « Il y a une pauvreté que nous devons accepter, celle de notre être, et une pauvreté que nous devons rechercher, celle des choses de ce monde, qui nous rend libres afin de pouvoir aimer » a conclu le Pape. Il recommande de toujours rechercher la liberté du cœur, celle qui prend racine dans la dépossession de nous-mêmes.

Ainsi dans son salut aux pèlerins de langue française, avant de leur donner sa bénédiction, le Pape a assuré que « reconnaître devant Dieu sa pauvreté et sa faiblesse est la source d’un véritable bonheur ». Notre cœur devient, dit-il, disponible pour ne plus nous rechercher nous-mêmes mais aimer librement les autres et donner notre vie.

(Avec V. N.)

Dimanche 2 février 2020

À l’occasion de la journée mondiale de la Vie consacrée, le Pape François a célébré la messe en la basilique Saint-Pierre ce samedi en compagnie de membres de communautés religieuses et monastiques. Il a comparé les religieux à Syméon et Anne qui virent le salut lors de la Présentation de Jésus au Temple.

« La vie consacrée est voir ce qui compte dans la vie. C’est accueillir le don du Seigneur les bras ouverts » : le Pape François dans son homélie, a comparé ses frères et sœurs consacrés à Syméon et Anne qui virent dans l’Enfant Jésus « le salut ». Comme eux, ils voient « la grâce de Dieu reversée dans leurs mains. La personne consacrée est celle qui, chaque jour, se regarde et dit : “tout est don, tout est grâce” ». Et d’ajouter : « nous ne méritons pas la vie religieuse, c’est un don d’amour que nous avons reçu ».

En être conscient et le voir est primordial, surtout dans nos fragilités, nos faiblesses et dans les misères car le diable insiste sur tous ces points, au point que « nous risquons de perdre la boussole, qui est la gratuité de Dieu », explique le Pape. En gardant le regard fixé sur Lui, « nous nous ouvrons au pardon qui nous renouvelle et nous sommes confirmés par sa fidélité ». Autrement dit, « celui qui sait voir avant tout la grâce de Dieu, découvre l’antidote au manque de confiance et au regard mondain ».

Ce dernier est peut-être la tentation la plus grande, celle qui nous détourne de Dieu et nous fait nous replier sur nous-mêmes : « on prend ainsi de petites habitudes et on devient pragmatique tandis qu’à l’intérieur augmentent la tristesse et le manque de confiance qui dégénèrent en résignation ».

Or, « la vie consacrée, si elle reste solide dans l’amour du Seigneur, voit la beauté » affirme le Saint-Père. « Elle voit que la pauvreté n’est pas un effort titanesque, mais une liberté supérieure, qui nous donne Dieu et les autres comme les vraies richesses », « que la chasteté n’est pas une stérilité austère mais le chemin pour aimer sans posséder », « que l’obéissance n’est pas une discipline mais la victoire sur notre anarchie, dans le style de Jésus ».

Voir le salut, précise également François, c’est être à l’image de Syméon « serviteur » et apprendre à vivre pour servir, ne pas attendre et se mettre à la recherche du prochain. Ce dernier se trouve d’abord au sein de sa communauté, lieu où l’on exerce d’abord la charité. Dans notre société où « beaucoup voient dans les autres seulement des obstacles et des complications », « nous avons besoin de regards qui cherchent le prochain, qui rapprochent celui qui est loin ». « Les religieux et les religieuses […] sont appelés à implanter dans le monde » le regard de Jésus, celui de la compassion.

Leur regard, ajoute le Pape, ne peut être « qu’un regard d’espérance ». Malgré les épreuves, en maintenant notre regard sur l’Évangile, nous ne la perdrons pas. Au contraire, remarque François, « nous devenons aveugle si nous ne regardons pas le Seigneur tous les jours, si nous ne l’adorons pas ».

Découvrez l’homélie du Pape François dans son intégralité :

« Mes yeux ont vu le salut » (Lc 2, 30). Ce sont les paroles de Syméon que l’Evangile présente comme un homme simple : « un homme juste et religieux » – dit le texte (v. 25). Mais, de tous les hommes qui étaient au temple, lui seul a vu en Jésus le Sauveur. Qu’a-t-il vu ? Un enfant : un petit, fragile et simple enfant. Mais là, il a vu le salut, parce que l’Esprit Saint lui a fait reconnaître dans ce tendre nouveau-né « le Messie du Seigneur » (v. 26). En le prenant dans ses bras, il a perçu, dans la foi, qu’en lui Dieu accomplissait ses promesses. Et lui, Syméon, pouvait s’en aller en paix : il avait vu la grâce qui vaut plus que la vie (cf. Ps 63, 4), et il n’attendait plus rien.

Même vous, chers frères et sœurs consacrés, vous êtes des hommes et des femmes simples qui ont vu le trésor qui vaut plus que tous les avoirs du monde. Pour lui, vous avez laissé des choses précieuses, comme les biens, comme fonder votre famille. Pourquoi l’avez-vous fait ? Parce que vous êtes devenus amoureux de Jésus, vous avez vu tout en lui et, captivés par son regard, vous avez laissé le reste. La vie consacrée est cette vision. C’est voir ce qui compte dans la vie. C’est accueillir le don du Seigneur les bras ouverts, comme fit Syméon. Voici ce que voient les yeux des consacrés : la grâce de Dieu reversée dans leurs mains. La consacrée est celle qui, chaque jour, se regarde et dit : “tout est don, tout est grâce”. Chers frères et sœurs, nous ne méritons pas la vie religieuse, c’est un don d’amour que nous avons reçu.

Mes yeux ont vu ton salut. Ce sont les paroles que nous répétons chaque soir pendant les Complies. Avec elles, nous concluons la journée en disant : “Seigneur, mon salut vient de Toi, mes mains ne sont pas vides, mais pleines de ta grâce”. Savoir voir la grâce est le point de départ. Regarder en arrière ; relire son histoire et y voir le don fidèle de Dieu : non seulement dans les grands moments de la vie, mais aussi dans les fragilités, dans les faiblesses, dans les misères. Le tentateur, le diable insiste sur nos misères, nos mains vides : “Après toutes ces années tu ne t’es pas amélioré, tu n’as pas réalisé ce que tu pouvais, ils ne t’ont pas laissé faire ce vers quoi tu étais porté, tu n’as pas toujours été fidèle, tu n’es pas capable…” et ainsi de suite. Chacun d’entre nous connaît bien cette histoire, ces paroles. Nous voyons que cela est en partie vrai et nous suivons des pensées et des sentiments qui nous désorientent. Et nous risquons de perdre la boussole, qui est la gratuité de Dieu. Parce que Dieu nous aime toujours et il se donne à nous, même dans nos misères. Saint Jérôme donnait tant de choses au Seigneur et le Seigneur en demandait davantage. Il lui a dit : ‘‘Mais, Seigneur, je t’ai tout donné, tout, que manque-t-il ?’’ – ‘‘Tes péchés, tes misères, donne-moi tes misères’’. Lorsque nous gardons le regard fixé sur lui, nous nous ouvrons au pardon qui nous renouvelle et nous sommes confirmés par sa fidélité. Aujourd’hui nous pouvons nous demander : “Moi, vers qui j’oriente mon regard : vers le Seigneur ou vers moi ?”. Celui qui sait voir avant tout la grâce de Dieu, découvre l’antidote au manque de confiance et au regard mondain.

Car cette tentation menace la vie religieuse : avoir un regard mondain. C’est le regard qui ne voit plus la grâce de Dieu comme protagoniste de la vie et qui va à la recherche d’un substitut : un peu de succès, une consolation affective, faire finalement ce que je veux. Mais la vie consacrée, lorsqu’elle ne s’articule plus autour de la grâce de Dieu, se replie sur le moi. Elle perd son élan, elle s’installe, elle stagne. Et nous savons ce qui arrive : on réclame ses espaces et ses droits, on se laisse entraîner par des ragots et des méchancetés, on s’indigne pour chaque petite chose qui ne va pas et on entonne les litanies de plaintes– les jérémiades, ‘‘père jérémiades’’, ‘‘sœur jérémiades’’ : au sujet des frères, des sœurs, de la communauté, de l’Eglise, de la société. On ne voit plus le Seigneur dans toute chose, mais seulement le monde avec ses dynamiques, et le cœur se crispe. On prend ainsi de petites habitudes et ont devient pragmatique tandis qu’à l’intérieur augmentent la tristesse et le manque de confiance qui dégénèrent en résignation. Voici ce vers quoi porte le regard mondain. La grande Thérèse disait à ses sœurs : ‘‘Malheur à la sœur qui répète ‘on a commis une injustice à mon égard’, malheur !’’.

Pour avoir le regard juste sur la vie, demandons de savoir voir la grâce de Dieu pour nous, comme Syméon. L’Evangile répète par trois fois qu’il était familier avec l’Esprit Saint, qui était sur lui, qui l’inspirait, qui l’attirait (cf. vv. 25-27). Il était familier avec l’Esprit Saint, avec l’amour de Dieu. La vie consacrée, si elle reste solide dans l’amour du Seigneur, voit la beauté. Elle voit que la pauvreté n’est pas un effort titanesque, mais une liberté supérieure, qui nous donne Dieu et les autres comme les vraies richesses. Elle voit que la chasteté n’est pas une stérilité austère, mais le chemin pour aimer sans posséder. Elle voit que l’obéissance n’est pas une discipline, mais la victoire sur notre anarchie, dans le style de Jésus. Dans une région touchée par le tremblement de terre en Italie – en parlant de pauvreté et de vie communautaire – il y avait un monastère bénédictin détruit et un autre monastère a transféré des sœurs chez eux. Mais elles y sont restées peu de temps : elles n’étaient pas heureuses, elles pensaient au monastère qu’elles avaient quitté, aux gens de là-bas. Et en fin de compte, elles ont décidé de retourner et d’installer le monastère dans deux caravanes. Au lieu d’être dans un grand monastère, à l’aise, elles étaient comme des puces, là, toutes ensemble, mais heureuses dans la pauvreté. Cela s’est passé l’année dernière. C’est beau !

Mes yeux ont vu ton salut. Syméon voit Jésus petit, humble, venu pour servir et non pour être servi, et il se définit lui-même serviteur. Il dit, en effet, : « Maintenant, ô Maître souverain, tu peux laisser ton serviteur s’en aller en paix » (v. 29). Celui qui garde le regard sur Jésus apprend à vivre pour servir. Il n’attend pas que les autres commencent, mais il se met à la recherche du prochain, comme Syméon qui cherchait Jésus au temple. Dans la vie consacrée, où se trouve mon prochain ? Voilà la question : où se trouve le prochain ? Avant tout, dans sa propre communauté. La grâce de savoir chercher Jésus dans les frères et les sœurs que nous reçus doit être demandée. C’est là que l’on commence à mettre en pratique la charité : là où tu vis, en accueillant les frères et les sœurs avec leur pauvreté, comme Syméon accueillit Jésus simple et pauvre. Aujourd’hui, beaucoup voient dans les autres seulement des obstacles et des complications. Nous avons besoin de regards qui cherchent le prochain, qui rapprochent celui qui est loin. Les religieux et les religieuses, des hommes et des femmes qui vivent pour imiter Jésus, sont appelés à implanter dans le monde son regard, le regard de la compassion, le regard qui va à la recherche de ceux qui sont loin ; qui ne condamne pas, mais qui encourage, qui libère, qui console, le regard de la compassion. C’est un leitmotiv de l’Évangile ; tant de fois en parlant, Jésus dit : ‘‘il a eu de la compassion’’. C’est l’abaissement de Jésus vers chacun d’entre nous.

Mes yeux ont vu ton salut. Les yeux de Syméon ont vu le salut parce qu’ils l’attendaient (cf. v. 25). C’étaient des yeux qui attendaient, qui espéraient. Ils cherchaient la lumière et ils ont vu la lumière des nations (cf. v. 32). C’étaient des yeux fatigués, mais illuminés d’espérance. Le regard des personnes consacrées ne peut qu’être un regard d’espérance. Savoir espérer. En regardant autour de soi, il est facile de perdre l’espérance : les choses qui ne vont pas, la baisse des vocations…Pèse encore la tentation du regard mondain, qui anéantit l’espérance. Mais regardons l’Evangile et voyons Syméon et Anne : c’étaient des personnes âgées, seules, et pourtant elles n’avaient pas perdu l’espérance, parce qu’elles restaient en contact avec le Seigneur. Anne « ne s’éloignait pas du Temple, servant Dieu jour et nuit dans le jeûne et la prière » (v. 37). Voici le secret : ne pas s’éloigner du Seigneur, source d’espérance. Nous devenons aveugles si nous ne regardons pas le Seigneur tous les jours, si nous ne l’adorons pas. Adorer le Seigneur !

Chers frères et sœurs, remercions Dieu pour le don de la vie consacrée et demandons un regard nouveau, qui sache voir la grâce, qui sache chercher le prochain, qui sache espérer. Alors, nos yeux verront aussi le salut.

(Avec V. N.)

Mercredi 29 janvier 2020

Lors de l’audience générale en salle Paul VI du Vatican, le Pape François a initié une nouvelle série de catéchèses sur les Béatitudes de l’Evangile selon saint Matthieu. Les Béatitudes sont « la carte d’identité du chrétien », car elles dessinent « le visage de Jésus lui-même, et son mode de vie ».

Tout d’abord, il est important de savoir comment la proclamation du message des Béatitudes a été faite, a d’emblée établi le Pape.

« Jésus, voyant les foules le suivre, gravit la douce pente qui entoure le lac de Galilée, s’assied et, s’adressant aux disciples, annonce les Béatitudes. Le message s’adresse donc aux disciples, mais à l’horizon se trouvent les foules, c’est-à-dire toute l’humanité. C’est un message pour toute l’humanité », a expliqué le Pape François.

C’est donc depuis cette « montagne » qui fait référence au Sinaï, où Dieu a donné les commandements à Moïse, que Jésus a commencé à enseigner une toute nouvelle loi des Béatitudes, du latin beatitudo, le bonheur : « être pauvre, être doux, être miséricordieux... » Ces « nouveaux commandements » sont bien plus que des normes, a insisté le Saint-Père.

En fait, Jésus n’impose rien. Il révèle le chemin de la félicité en répétant huit fois le mot « bienheureux » : « Heureux ceux-là, heureux ceux-là », tout cela huit fois.
Garder les béatitudes dans les cœurs et les esprits

Ensuite vient la situation dans laquelle se trouvent les bienheureux : pauvreté de l’esprit, affliction, faim et soif de justice, etc. Et la raison de la béatitude, introduite par la conjonction « pourquoi » : « Bienheureux ceux-là parce que, bienheureux ceux-là parce que... ».

Ainsi, estime le Successeur de Pierre, il seront bon d’apprendre par cœur ces huit béatitudes pour les répéter, et avoir cette loi que Jésus nous donne, « dans notre esprit et dans notre cœur ».

Dans le troisième élément, qui est précisément « la raison de la béatitude », Jésus utilise souvent un avenir passif : « Ils seront consolés », « ils posséderont la terre », « ils seront rassasiés », « ils obtiendront miséricorde », « ils seront appelés fils de Dieu ».
Cette belle route du bonheur

Mais que signifie le mot « bienheureux » ?, s’est interrogé le Souverain pontife. « Le terme original n’indique pas une personne qui a le ventre plein ou qui va bien, mais une personne qui est en condition de grâce, qui progresse dans la grâce de Dieu et qui progresse sur le chemin de Dieu : patience, pauvreté, service aux autres, consolation... Qui progresse sur cela ».

Dieu, pour se donner à nous, choisit souvent des chemins impensables, peut-être ceux de nos limites, de nos larmes, de nos défaites, a rappelé François. « C’est la joie de Pâques, dont parlent nos frères orientaux, qui a des stigmates mais est vivante, est passée par la mort mais a fait l’expérience de la puissance de Dieu ». Et le Pape de réaffirmer : « Les Béatitudes vous conduiront toujours à la joie. C’est le chemin qui mène à la joie », a conclu le Pape, invitant tous les fidèles à lire les Béatitudes « plusieurs fois par semaine » pour comprendre « cette belle route du bonheur que le Seigneur propose ».

Retenons les huit béatitudes extraites de l’Évangile selon saint Matthieu :

Heureux les pauvres en esprit, car le Royaume des Cieux est à eux.
Heureux les affligés, car ils seront consolés.
Heureux les doux, car ils posséderont la terre.
Heureux les affamés et assoiffés de la justice, car ils seront rassasiés.
Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde.
Heureux les cœurs purs, car ils verront Dieu.
Heureux les artisans de paix, car ils seront appelés fils de Dieu.
Heureux les persécutés pour la justice, car le Royaume des Cieux est à eux.
Heureux êtes-vous quand on vous insultera, qu’on vous persécutera, et qu’on dira faussement contre vous toute sorte d’infamie à cause de moi.

(Avec V. N.)

Dimanche 26 janvier 2020

Dans son homélie lors de la sainte messe pour le premier dimanche de la Parole de Dieu, le Pape François est revenu sur la Parole du Seigneur, qui vient chercher chacun dans ses complexités et ses ténèbres, et qui doit être au cœur de la vie chrétienne pour se libérer de la paralysie de l’égoïsme.

C’est une première au Vatican et dans le monde entier, le Saint-Père a célébré ce matin dans la basilique Saint-Pierre une sainte messe pour le premier dimanche de la Parole de Dieu. L’occasion de mettre, ou remettre, les Saintes Écritures au coeur de la vie du chrétien.

Dans son homélie articulée autour de l’évangile du jour, François est revenu sur la diffusion de la Parole : « En ce premier dimanche de la Parole de Dieu, rendons-nous aux origines de sa prédication, aux sources de la Parole de vie. L’Evangile de ce jour nous y aide (Mt 4, 12-23), il nous dit comment, où et à qui Jésus a commencé à prêcher. »

Comment Jésus a-t-il commencé à prêcher ?

Au commencement, une phrase très simple, a éclairé l’évêque de Rome : « Convertissez-vous, car le royaume des Cieux est tout proche » (v.17). Une phrase qui est la base de tous les discours de Jésus pour annoncer que le règne des cieux est proche. « Maintenant, Jésus nous dit que le règne des cieux est proche, que Dieu est proche. Voilà la nouveauté, le premier message : Dieu n’est pas loin, celui qui habite les cieux est descendu sur la terre, il s’est fait homme. » Jésus a ainsi ôté les barrières et a supprimé les distances ; « Nous ne l’avons pas mérité : il est descendu, il est venu à notre rencontre ».

Lors de sa visite, le Seigneur n’a pas pris la condition humaine par sens des responsabilités, mais par amour, a continué François lors de son homélie. « Dieu a pris notre humanité parce qu’il nous aime et il veut nous donner gratuitement le salut, que seuls nous ne pouvons pas obtenir. » L’invitation est alors claire : changer de vie parce qu’une nouvelle manière de vivre a commencé, le temps de vivre pour soi est terminé, celui de vivre pour Dieu débute. La Parole du Seigneur doit ainsi être accueillie comme une lettre d’amour, elle doit consoler et encourager. Dans le même temps, « elle provoque la conversion, elle nous secoue, nous libère de la paralysie de l’égoïsme. Parce que sa Parole a ce pouvoir : changer la vie, faire passer de l’obscurité à la lumière ».

Où a commencé la prédication ?

Elle a débuté dans des régions considérées comme « ténébreuses ». La première lecture et l’Evangile parlent en effet de ceux qui se trouvaient « dans le pays et l’ombre de la mort », les habitants du « pays de Zabulon et pays de Nephtali, route de la mer et pays au-delà du Jourdain, Galilée des nations » (Mt 4, 15-16 ; cf. Is 8, 23-9,1).

« Galilée des nations », a répété le Pape François, la région où Jésus a commencé à prêcher, était appelée ainsi parce qu’elle était habitée par divers peuples, elle était un mélange de langues et de cultures. « Y vivaient des pêcheurs, des commerçants et des étrangers : ce n’était évidemment pas le lieu de la pureté religieuse du peuple élu. Et pourtant, Jésus a commencé par-là : non pas à l’entrée du temple de Jérusalem, mais dans la partie opposée du pays, dans la Galilée des nations, dans un lieu frontière, une périphérie. » Car la Parole ne va pas à la recherche de lieux préservés, stérilisés, sûrs, elle va au contraire dans « dans nos complexités, dans nos ténèbres ». Jésus « n’a pas peur d’explorer nos cœurs, nos lieux les plus rudes et les plus difficiles. Il sait que seul son pardon nous guérit, que seule sa présence nous transforme, que seule sa Parole nous renouvelle. » « Laissons entrer en nous sa Parole », a invité le Saint-Père.

À qui Jésus a-t-il commencé à parler ?

« Comme il marchait le long de la mer de Galilée, il vit deux frères qui jetaient leurs filets dans la mer ; car c’étaient des pêcheurs. Jésus leur dit : "Venez à ma suite, et je vous ferai pêcheurs d’hommes" » (Mt 4, 18-19). Les premiers destinataires de l’appel ont donc été des pêcheurs, « des gens ordinaires, qui travaillaient », et Jésus leur parle dans un langage ordinaire, afin de se faire comprendre. « Aussitôt, laissant leurs filets, ils le suivirent » (v. 20). « Aussitôt », car ils ont été attirés par l’amour. « Pour suivre Jésus les bonnes résolutions ne suffisent pas, mais il faut écouter chaque jour son appel. Lui seul, qui nous connaît et nous aime profondément, nous fait prendre le large dans la mer de la vie. Comme il l’a fait avec ces disciples qui l’ont écouté. »

En conclusion de son homélie, François a rappelé qu’il fallait faire de la Parole de Dieu la boussole de sa vie, « cette seule Parole qui ne nous parle pas des choses, mais de la vie. ». Le Pape a invité les fidèles à lire quotidiennement quelques versets de la Bible, à commencer par l’Evangile : « tenons-le ouvert sur la table à la maison, portons-le avec nous dans la poche, lisons-le sur le téléphone portable, laissons-le nous inspirer chaque jour. Nous découvrirons que Dieu est proche, qu’il illumine nos ténèbres, qu’avec amour il conduit au large notre vie. »

À la fin de la messe, le Pape a accompli un geste symbolique, en remettant la bible à une quarantaine de personnes.

(Avec V. N.)

Mercredi 22 janvier 2020

Centrant sa catéchèse sur le thème choisi pour la semaine de prière pour l’Unité des chrétiens, le Pape a affirmé que la pratique de l’hospitalité, « importante vertu œcuménique », peut contribuer à unir le peuple chrétien.

Le thème de cette semaine de prière, choisi par les Églises chrétiennes de Malte et Gozo, est tiré des Actes des apôtres : « Ils nous témoignèrent une humanité peu ordinaire » (28,2). Il renvoie à l’accueil chaleureux réservé par les Maltais à saint Paul et à ses compagnons de voyage, après le naufrage de leur bateau au large de l’île méditerranéenne ; un épisode auquel le Saint-Père a consacré une catéchèse il y a deux semaines.

Errant sur une mer déchainée et prête à les engloutir, les 276 passagers du navire sentent leur fin approcher ; mais Paul, habité par sa foi en un Dieu-Père aimant, se charge de rassurer ses compagnons : « aucun de vous ne perdra un cheveu de sa tête », leur affirme-t-il.

Cette prophétie se réalisera effectivement lorsque tous parviendront sains et saufs sur les côtes maltaises. « En contraste avec la violence brutale de la mer, ils reçoivent le témoignage d’une “rare humanité” des habitants de l’île », qui se montrent « attentifs à leurs besoins ». Bien que ceux-ci ne connaissent pas la Bonne Nouvelle du Christ, « ils manifestent l’amour de Dieu par des actes concrets de gentillesse », observe le Pape qui poursuit : « l’hospitalité spontanée et les gestes attentionnés communiquent quelque chose de l’amour de Dieu ». Cette hospitalité leur est rendue par les miracles de guérison que Dieu accomplit à travers Paul. Ainsi donc, si les Maltais furent « un signe de la providence de Dieu pour l’apôtre, lui aussi fut témoin de l’amour miséricordieux de Dieu pour eux ».

L’hospitalité est une « vertu œcuménique importante », a affirmé le Saint-Père. Elle signifie avant tout « reconnaitre que les chrétiens d’autres confessions sont vraiment des frères et des sœurs en Christ » ; elle requiert « la disponibilité d’écouter les autres chrétiens, de prêter attention à leurs histoires personnelles de foi et à celles de leurs communautés » ; elle comporte aussi « le désir de connaitre l’expérience que les autres font de Dieu ». Et comme les Maltais, nous aussi sommes payés de retour, « parce que nous recevons ce que le Saint-Esprit a semé en nos frères et sœurs, et cela devient un don également pour nous ».

La mer reste encore aujourd’hui un lieu dangereux pour la vie de ceux qui y naviguent. Et le Pape de prendre l’exemple de des hommes et femmes migrants, qui affrontent de périlleuses odyssées pour fuir la violence, la guerre ou la pauvreté.

En butte à l’hostilité des éléments, ils le sont aussi à l’hostilité « bien pire des hommes » : « ils sont exploités par des trafiquants criminels ; traités comme des numéros et comme une menace par quelques gouvernements. Parfois l’inhospitalité les rejette comme une vague vers la pauvreté ou les dangers qu’ils ont fuis ». « Tant de fois, on ne les laisse pas débarquer dans les ports », a encore déploré l’évêque de Rome.

À ces migrants, les chrétiens doivent montrer l’amour de Dieu révélé en Jésus-Christ, en travaillant ensemble. « Nous pouvons et devons témoigner qu’il n’existe pas seulement l’hostilité et l’indifférence, mais que chaque personne est précieuse pour Dieu et aimée par Lui ». Même si les divisions entre chrétiens les empêchent encore d’être pleinement le signe de l’amour de Dieu pour le monde, ceux-ci doivent « travailler ensemble pour vivre l’hospitalité, surtout envers celui qui est plus vulnérable » ; cela « nous fera de nous des êtres humains meilleurs, de meilleurs disciples et un peuple chrétien plus uni »… en attendant de nous rapprocher plus tard de l’unité, « qui est la volonté de Dieu pour nous ».

Au terme de cette catéchèse, le Pape a évoqué le Nouvel an lunaire célébré par des millions de personnes surtout en Chine et en Extrême-Orient à partir du 25 janvier : « J’envoie (à tous) mon salut cordial, souhaitant en particulier aux familles d’être des lieux d’éducation aux vertus de l’accueil, de la sagesse, du respect pour chaque personne et de l’harmonie avec la création » et « J’invite tous à prier également pour la paix, pour le dialogue et pour la solidarité entre les nations : des dons plus que jamais nécessaires au monde d’aujourd’hui ».

(Avec V. N.)

Dimanche 19 janvier 2020

Lors de la prière de l’Angélus, le Pape François a centré sa méditation sur la nouveauté radicale apportée par l’identification de Jésus comme Fils de Dieu, lors de son baptême dans le Jourdain.

« Après avoir été baptisé dans le Jourdain, Jésus fut consacré par l’Esprit Saint qui s’est posé sur Lui, et Il a été proclamé Fils de Dieu par la voix du Père céleste », a expliqué le Pape François en montrant que l’extrait évangélique du jour se situe en continuité avec l’Épiphanie et avec la fête du Baptême de Jésus, célébrée dimanche dernier.

Jean-Baptiste témoigne d’avoir été bouleversé en identifiant Jésus comme « le Fils aimé de Dieu, solidaire avec les pécheurs ; et l’Esprit Saint lui a fait comprendre la nouveauté inouïe, un vrai renversement. En effet, alors que dans toutes les religions, c’est l’homme qui offre et sacrifie quelque chose à Dieu, dans l’évènement Jésus, c’est Dieu qui offre son propre Fils pour le salut de l’humanité. »
Regarder Jésus avec le coeur

Il faut donc apprendre du témoignage de Jean-Baptiste que l’on ne peut pas prétendre tout connaître de Jésus. Il faut au contraire l’aborder avec humilité. « Arrêtons-nous sur l’Évangile, peut-être aussi en contemplant une icône du Christ, une “Sainte Face”, l’une des si nombreuses étonnantes représentations dont l’histoire de l’art est riche, en Orient et en Occident. »

Le Pape François a invité à oser contempler le visage du Christ non pas seulement avec les yeux, mais aussi avec le cœur, en prenant pleinement la mesure de ce bouleversement introduit par le Fils de Dieu « agneau, immolé par amour ». « Lui seul a porté, a expié le péché du monde, et aussi mes péchés. Tous. Il les a portés sur Lui et il les a retiré de nous, pour que nous soyons finalement libres, et non plus esclaves du mal », a rappelé l’évêque de Rome.

Le Saint-Père a conclu comme toujours en invoquant la sainte Vierge, afin qu’elle « nous obtienne la force de rendre témoignage de son Fils Jésus, de l’annoncer avec joie avec une vie libérée du mal et une parole pleine de foi émerveillée et reconnaissante ».

(Avec V. N.)

Mercredi 15 janvier 2020

Lors de l’audience générale, le Pape a conclu son cycle de catéchèses sur les Actes des Apôtres, focalisant sa méditation sur la dernière étape missionnaire de saint Paul, à Rome.

L’itinéraire de Paul, « qui ne fait qu’un avec celui de l’Évangile », est la preuve que le chemin de l’homme, s’il est vécu dans la foi, peut devenir un espace de transit pour le salut de Dieu, a détaillé le Souverain pontife devant les fidèles. Et cela grâce à la Parole de foi qui est un ferment actif dans l’histoire, capable de transformer les situations et d’ouvrir des chemins toujours nouveaux.

Avec l’arrivée de Paul au cœur de l’Empire, se termine l’histoire des Actes des Apôtres, qui ne se termine pas avec le martyre de Paul, mais « avec l’abondante semence de la Parole ».

À Rome, Paul rencontre tout d’abord ses frères et sœurs dans le Christ, qui l’accueillent et lui donnent du courage, puis il est autorisé à vivre seul sous la garde des militaires, il est assigné à résidence.

Malgré sa condition de prisonnier, Paul a pu rencontrer les notables juifs pour leur expliquer pourquoi il a été obligé d’en appeler à César et leur parler du royaume de Dieu. Il essaie de les convaincre de Jésus, en partant des Écritures et en montrant la continuité entre la nouveauté du Christ et « l’espérance d’Israël » (Actes 28, 20). Paul se reconnaît profondément juif et voit dans l’Evangile qu’il prêche, c’est-à-dire dans l’annonce du Christ mort et ressuscité, l’accomplissement des promesses faites au peuple élu.

Paul annonce le royaume de Dieu et tente d’ouvrir ses interlocuteurs à la foi en Jésus, en partant « de la loi de Moïse et des prophètes ». Comme tous ne sont pas convaincus, il dénonce l’endurcissement du cœur du peuple de Dieu, cause de sa condamnation (cf. Is 6,9-10), et célèbre avec passion le salut des nations qui se montrent sensibles à Dieu et capables d’écouter la parole de l’Évangile de la vie (cf. Ac 28,28), a rappelé le Saint-Père.

À ce point du récit, Luc conclut son œuvre en nous montrant non pas la mort de Paul mais le dynamisme de son sermon, d’une Parole qui « n’est pas enchaînée » (2 Tm 2,9).

De ce fait, relève le Pape François, Paul n’a pas la liberté de bouger mais est libre de parler car « la Parole n’est pas enchaînée » -mais est une Parole prête à être semée à pleines mains par l’Apôtre. Paul le fait « en toute franchise et sans entrave » (Actes 28, 31), dans une maison où il accueille ceux qui veulent recevoir l’annonce du royaume de Dieu et connaître le Christ.

Et le Successeur de Pierre de remarquer que cette maison ouverte à tous les cœurs en quête « est l’image de l’Église qui, bien que persécutée, incomprise et enchaînée, ne se lasse pas d’accueillir avec un cœur maternel chaque homme et chaque femme pour leur annoncer l’amour du Père qui s’est rendu visible en Jésus ».

Le Pape François exhorte enfin tous les catholiques à être « des évangélisateurs courageux et joyeux », qui soient comme Paul, « capables d’imprégner nos maisons de l’Évangile et d’en faire des cénacles de fraternité », où nous pourrons accueillir le Christ vivant, qui « vient à notre rencontre en tout homme et à tout âge ».

(Avec V. N.)

Dimanche 12 janvier 2020

Lors de la prière de l’Angélus, le jour de la fête du Baptême du Seigneur, le Pape François est revenu sur l’épisode du baptême de Jésus et le rôle des baptisés qui sont appelés à proclamer l’amour du Père.

Après avoir célébré la messe de la fête du Baptême du Seigneur dans la Chapelle Sixtine, le Saint-Père a livré la prière de l’Angélus depuis la fenêtre des appartements pontificaux. Il est revenu sur l’épisode du baptême de Jésus dans l’évangile selon Matthieu.

« L’évangéliste décrit le dialogue entre Jésus, qui demande le baptême, et Jean-Baptiste, qui veut refuser, et observe : "C’est moi qui ai besoin d’être baptisé par toi, et tu viens à moi ? (v. 14). Cette décision de Jésus surprend Jean-Baptiste : en effet, le Messie n’a pas besoin d’être purifié, c’est Lui qui purifie. Mais Dieu est le Saint, Ses voies ne sont pas les nôtres, et Jésus est la Voie de Dieu, une voie imprévisible. »

Jean a déclaré qu’il y avait une distance abyssale et infranchissable entre lui et Jésus, mais le Fils de Dieu est venu précisément pour combler le fossé entre l’homme et Dieu.« Si Jésus est entièrement du côté de Dieu, il est aussi entièrement du côté de l’homme, et il rassemble ce qui était divisé », a expliqué le Pape François. Le Messie demande à être baptisé pour que s’accomplisse toute justice, c’est-à-dire que se réalise le plan du Père qui passe par la voie de l’obéissance filiale et de la solidarité avec l’homme fragile et pécheur, « C’est la voie de l’humilité et de la pleine proximité de Dieu avec ses enfants. »

Le prophète Isaïe proclame aussi la justice du Serviteur de Dieu, qui accomplit sa mission dans le monde dans un style contraire à l’esprit mondain, a continué François, se demandant « combien de disciples du Seigneur se pavanent pour être disciples du Seigneur. Ce n’est pas un bon disciple qui se pavane. Le bon disciple est l’humble et doux qui fait le bien sans être vu ».

Dès que Jésus fut baptisé dans le Jourdain, les cieux s’ouvrirent et l’Esprit Saint descendit sur lui comme une colombe, « en la fête du Baptême de Jésus, nous redécouvrons notre Baptême ». Les baptisés sont investis d’une grande mission : proclamer à tous les hommes l’amour sans limite du Père.

Comme les années précédentes, le Saint-Père a ensuite appeler chacun à se souvenir du jour de son baptême. « Un devoir à faire à la maison. Se demander, quand ai-je été baptisé ? Quand ai-je été baptisé ? Et célébrer la date du baptême dans ton cœur chaque année. »

« Que Marie Très Sainte nous aide à comprendre de plus en plus le don du Baptême et à le vivre avec cohérence dans les situations de la vie quotidienne », a conclu François.

(Avec V.N.)

Mercredi 8 Janvier 2020

Lors de l’audience générale, la première de l’année 2020, le Pape a poursuivi son cycle catéchétique sur les Actes des apôtres. Il est revenu sur l’épisode du naufrage de Saint Paul, alors que celui-ci est en route vers Rome, et qui devient une occasion d’annonce de l’Évangile.

La dernière partie des Actes des Apôtres raconte le voyage de saint Paul à Rome, où il devra rendre témoignage au Christ. Au cours de la traversée, une tempête se lève et le bateau part à la dérive. Alors que la mort semble imminente, Paul rassure l’équipage apeuré. Il raconte avoir eu un songe dans lequel l’Ange du Seigneur lui affirme qu’il comparaitra bien devant César, et que sa vie et celles de ses compagnons seront sauvées. « Même dans l’épreuve, il ne cesse d’être gardien de la vie des autres, et de ranimer leur espérance », constate le Pape. L’expérience traumatisante du naufrage se mue ainsi en une occasion providentielle d’annonce de l’Évangile.

Luc narre ensuite l’arrivée de Paul à Malte et son accueil chaleureux par les habitants. L’apôtre se fait mordre par une vipère, mais en ressort indemne, à la grande surprise des Maltais qui le prennent alors pour un Dieu. En réalité, Paul est accompagné par la grâce du Ressuscité, qui fait une promesse aux croyants avant son ascension au ciel : « ils prendront des serpents dans leurs mains et, s’ils boivent un poison mortel, il ne leur fera pas de mal ; ils imposeront les mains aux malades, et les malades s’en trouveront bien » (Mc 16, 18).

Et de fait, Paul profite de cette étape maltaise pour exercer un ministère de guérison. « C’est une loi de l’Évangile, explique le Pape, quand un croyant fait l’expérience du salut, il ne la garde pas pour lui-même », car « le bien tend à se communiquer ». Et François d’insister sur ce point : « un chrétien “éprouvé” peut se rendre plus proche de celui qui souffre », se montrer plus sensible à sa souffrance, et se montrer solidaire avec lui.

Paul nous invite ainsi à vivre les épreuves en étant unis au Christ, convaincus que Dieu peut agir quelles que soient les circonstances, et que celui qui se donne à Dieu par amour sera toujours fécond.

« Demandons au Seigneur de nous aider à vivre toutes les épreuves, soutenus par l‘énergie de la foi ; à être sensibles à ces nombreux naufragés de l’Histoire qui arrivent épuisés sur nos côtes, afin que nous sachions les accueillir avec cet amour fraternel qui vient de la rencontre avec Jésus. C’est cela qui nous sauve du gel de l’indifférence et de l’inhumanité », a conclu le Pape.

Lundi 6 janvier 2020

En ce jour de l’Épiphanie (célébrée au Vatican et en Italie à la date fixe du 6 janvier, et non pas le premier dimanche de janvier comme en France), le Pape François a centré son homélie sur le sens du verbe “adorer”, invitant donc à suivre les rois mages dans leur sincérité et leur humilité vis-à-vis de Jésus.

« Si nous perdons le sens de l’adoration, nous perdons le sens de la marche de la vie chrétienne, qui est un cheminement vers le Seigneur, non pas vers nous », a averti François. « C’est le risque contre lequel l’Evangile nous met en garde, en présentant, à côté des Mages, des personnages qui n’arrivent pas à adorer. »

C’est notamment le cas du roi « Hérode, qui utilise le verbe adorer, mais avec une intention fallacieuse », en demandant aux rois mages de lui indiquer le lieu de la naissance de Jésus, sous prétexte de pouvoir venir l’adorer. « En réalité, Hérode n’adorait que lui-même », a rappelé le Pape. Cela montre que « l’homme, quand il n’adore pas Dieu, est amené à adorer son moi. Et même la vie chrétienne, sans adorer le Seigneur, peut devenir un moyen raffiné pour s’affirmer soi-même et son talent », a-t-il averti.

Un autre contre-exemple est offert par « les chefs des prêtres et les scribes du peuple. Ils indiquent à Hérode, avec une précision extrême, où serait né le Messie : à Bethléem de Judée. Ils connaissent les prophéties et les citent avec exactitude. Ils savent où aller, mais n’y vont pas », a raconté le Pape, avant de lancer cette interpellation : « Dans la vie chrétienne, il ne suffit pas de savoir : sans sortir de soi-même, sans rencontrer, sans adorer, on ne connaît pas Dieu. La théologie et l’efficacité pastorale servent à peu de choses ou même à rien si on ne plie pas les genoux ; si on ne fait pas comme les Mages, qui ne furent pas seulement des savants organisateurs d’un voyage, mais qui marchèrent et adorèrent. »

« Au début de l’année, redécouvrons l’adoration comme une exigence de la foi. Si nous savons nous agenouiller devant Jésus, nous vaincrons la tentation de continuer à marcher chacun de son côté », a souligné le Pape François.

« Adorer, en effet, c’est accomplir un exode depuis l’esclavage le plus grand, celui de soi-même. Adorer, c’est mettre le Seigneur au centre pour ne pas être centrés sur nous-mêmes. C’est remettre les choses à leur place, en laissant à Dieu la première place. »

« Adorer, c’est se faire petit en présence du Très Haut, pour découvrir devant Lui que la grandeur de la vie ne consiste pas dans l’avoir, mais dans le fait d’aimer, a expliqué l’évêque de Rome. Adorer, c’est nous redécouvrir frères et sœurs devant le mystère de l’amour qui surmonte toute distance : c’est puiser le bien à la source, c’est trouver dans le Dieu proche le courage d’approcher les autres. Adorer, c’est se taire devant le Verbe divin, pour apprendre à dire des paroles qui ne blessent pas, mais qui consolent. »

« Adorer, c’est un geste d’amour qui change la vie, a expliqué François en détaillant toute la symbolique des offrandes des Mages déposées à Jésus. C’est faire comme les Mages : c’est apporter au Seigneur l’or, pour lui dire que rien n’est plus précieux que lui ; c’est lui offrir l’encens, pour lui dire que c’est seulement avec lui que notre vie s’élève vers le haut ; c’est lui présenter la myrrhe, avec laquelle on oignait les corps blessés et mutilés, pour promettre à Jésus de secourir notre prochain marginalisé et souffrant, parce que là il est présent. »

« De nombreux chrétiens qui prient ne savent pas adorer », a averti François. « Trouvons du temps pour l’adoration dans nos journées et créons des espaces pour l’adoration dans nos communautés. En adorant, nous aussi, nous découvrirons, comme les Mages, le sens de notre cheminement. Et, comme les Mages, nous expérimenterons “une très grande joie” », a conclu le Saint-Père.

(Avec V. N.)

Dimanche 5 janvier 2020

Quel est le sens de la naissance du Christ ? En a-t-on une pleine conscience ? Lors de l’Angélus, le Pape nous dit que « l’Évangile du Christ n’est pas une fable, un mythe, une histoire édifiante » mais « la pleine révélation du plan de Dieu pour l’homme et le monde ». Et ce plan « divin d’amour réalisé en Jésus-Christ » est un appel à la sainteté dans l’amour de son prochain.

En ce deuxième dimanche du temps de Noël, et à la veille de la solennité de l’Épiphanie du Seigneur célébrée ce lundi au Vatican, le Pape a d’abord évoqué le Prologue de saint Jean qui montre que le Verbe éternel, le Fils de Dieu, s’est fait chair, une « nouveauté choquante » explique François. Non seulement il est venu habiter parmi le peuple, mais il est devenu l’un des leurs.

« Après cet événement, pour diriger notre vie, nous n’avons plus seulement une loi, une institution, mais une Personne divine qui a assumé notre propre nature et qui nous ressemble en tout, sauf pour le péché », poursuit le Pape.

Mais quel plan réalisé en Jésus-Christ, Dieu a-t-il pour nous ? Un plan d’amour où chacun trouve sa vocation fondamentale. « Nous sommes prédestinés à être enfants de Dieu par Jésus-Christ » dit saint Paul. « C’est pour cela que le Fils éternel s’est fait chair : pour nous introduire dans sa relation filiale avec le Père » rapporte le Pape.

Quelques jours après Noël, alors que l’on continue « à contempler le signe admirable de la Nativité », la liturgie de ce jour dit que « l’Évangile du Christ n’est pas une fable, un mythe, une histoire édifiante, non, c’est la pleine révélation du plan de Dieu pour l’homme et le monde ». Un message à la fois simple et grandiose, dit François, et qui amène à se demander « quel projet concret le Seigneur a-t-il mis en moi, actualisant encore sa naissance parmi nous » ?

A cette question, le Pape propose la réponse de l’Apôtre Paul. Dieu nous a choisis pour « être saints et immaculés devant Lui dans la charité » (v. 4). Voilà le sens de Noël, estime François.

« Si le Seigneur continue à venir parmi nous, s’il continue à nous donner le don de sa Parole, c’est pour que chacun de nous puisse répondre à cet appel : devenir des saints dans l’amour », poursuit-il. Cela consiste, en communion avec Lui et en Lui appartenant, « à protéger la gratuité de Dieu », « la transparence de son infinie bonté ». Accepter la sainteté comme un don de la grâce ne peut se traduire qu’en actions concrètes et dans la rencontre avec l’autre, nous dit le Pape François.

Selon lui, « cette charité, cette miséricorde envers le prochain » qui reflète l’amour de Dieu, purifie dans le même temps le cœur et dispose au pardon, « en nous rendant jour après jour "immaculés" ». Cela ne signifie pas que l’on enlève une tâche mais que l’on fait sienne la gratuité de Dieu pour la transmettre à l’autre. Tel est le « plan divin d’amour réalisé en Jésus-Christ » que le Pape nous invite, avec l’intercession de la Vierge, à accueillir avec joie et gratitude.

(Avec V. N.)

Mercredi 1er janvier 2020

En la Solennité de Marie, Mère de Dieu, et 53ème journée mondiale de la paix, le Pape a prié le premier Angélus de l’année en présence d’une foule très nombreuse venue Place Saint-Pierre. L’Enfant Jésus, donné par Marie, est une « bénédiction de Dieu » pour chacun. Il nous libère par son amour miséricordieux et nous devons Lui ouvrir notre cœur, a rappelé François, qui a par ailleurs présenté ses excuses après un geste d’impatience manifesté hier soir sur la Place Saint-Pierre.

Peu après avoir célébré la Messe en la Basilique Saint-Pierre, le Saint-Père est apparu à la fenêtre du Palais Apostolique pour prononcer une brève allocution avant de prier l’Angélus.

François a d’abord invité les pèlerins à entamer l’année 2020 dans la « gratitude » et la « louange », d’autant plus que le passage d’une année à l’autre est « toujours un “miracle” dont s’étonner et pour lequel remercier ».

Le Pape est ensuite revenu sur la solennité de Marie, Mère de Dieu, qui rappelle aux croyants que Jésus est « la bénédiction de Dieu pour chaque homme et femme, pour la grande famille humaine et pour le monde entier ». Le Sauveur des hommes « n’a pas enlevé le mal du monde mais il l’a vaincu à la racine », « son salut n’est pas magique, mais “patient”, c’est-à-dire qu’il comporte la patience de l’amour », a souligné François. « Tant de fois nous perdons patience », a-t-il ajouté, avant de s’excuser publiquement pour « le mauvais exemple d’hier », en référence à un geste d’impatience qu’il avait manifesté la veille au soir envers une femme qui l’agrippait par la main sur la Place Saint-Pierre, après les vêpres, provoquant à François une forte douleur au bras.

Ainsi, la Mère de Dieu nous bénit « en nous montrant son Fils », qu’elle tient entre ses bras, a poursuivi le Souverain Pontife. Elle « bénit toute l’Église, elle bénit le monde entier ». « Fixons notre regard sur la Mère et sur le Fils qu’elle nous montre », a insisté le Pape, « laissons-nous bénir par la Madone avec son Fils ».

François a aussi évoqué la 53e journée mondiale de la paix célébrée ce jour autour du thème “La paix, chemin d’espérance : dialogue, réconciliation et conversion écologique”. Une journée instituée par saint Paul VI et dédiée « à la prière, à la prise de conscience et de responsabilité envers la paix ».

Puis le Saint-Père a précisé que Jésus se fait bénédiction « pour tous ceux qui sont oppressés par le joug de l’esclavage, esclavages moraux et esclavages matériels ». « Il libère par son amour », a –t-il expliqué, avant de citer tous ceux à qui s’adresse plus particulièrement sa miséricorde : ceux qui se mésestiment, ceux qui sont victimes d’injustices, d’exclusions, les personnes malades, abandonnées et découragées, les personnes prisonnières, entre des murs ou en elles-mêmes. « Jésus rouvre un horizon d’espérance, à partir d’un petit rayon de lumière », a assuré le Pape.

Les pèlerins ont enfin été invités à descendre « des piédestaux de [leur] orgueil », à se laisser bénir par la Sainte Mère de Dieu et à ouvrir leur cœur à la « bonté » de Jésus. L’année 2020 sera ainsi « un chemin d’espérance et de paix », à travers « des gestes quotidiens de dialogue, de réconciliation et de soin de la création ».

Après avoir récité la prière de l’Angélus, le Pape a renouvelé son souhait de paix et de bien au monde entier, et a remercié le Président de la République italienne pour les salutations qu’il lui a adressées.

Le Souverain pontife a aussi encouragé les innombrables initiatives de prière et d’engagement pour la paix qui ont lieu en cette journée partout dans le monde.

Il a enfin exprimé sa proximité envers les volontaires qui « choisissent avec courage d’être présents de manière non-violente et désarmée » là où « la paix et la justice sont menacées », et les « militaires qui œuvrent dans les missions de paix, en de nombreuses zones de conflit ».

(Avec V. N.)

Dimanche 29 Décembre 2019

En ce jour de la fête de la Sainte Famille, le Pape François est revenu sur la « totale disponibilité à la volonté de Dieu » de la famille de Nazareth. Avant de réciter la prière de l’Angélus place Saint-Pierre en ce dernier dimanche de 2019, le Souverain pontife a ainsi mis en exergue « la docilité » de Marie à l’Esprit Saint, de même que « l’obéissance » de Joseph.

La famille de Nazareth est placée dans la sphère de la sainteté, qui est, à la fois, « don de Dieu » et « adhésion libre et responsable » à son dessein. Le Pape François a bien insisté en ce dimanche 29 décembre sur la pleine disponibilité à Dieu de la Sainte Famille, modèle parmi les modèles.
Marie, la servante du Seigneur

« Comment ne pas s’étonner de la docilité de Marie à l’action de l’Esprit Saint qui lui demande de devenir la Mère du Messie ? », s’interroge François. En effet, Marie a compris que Dieu l’appelait à une mission particulière. Elle n’a donc pas hésité à se proclamer « sa servante ». Et ainsi, « Jésus exaltera sa grandeur non pas tant pour son rôle de mère, mais pour son obéissance à Dieu », a expliqué l’évêque de Rome. Si jamais Marie ne comprend pas pleinement tous ces événements qui l’impliquent, alors, « elle médite en silence, réfléchit et adore l’initiative divine ». « Sa présence au pied de la Croix consacre cette totale disponibilité », a relevé le Pape.
L’obéissance de Joseph

Joseph, pour sa part, « ne parle pas, mais agit dans l’obéissance ». Au moment délicat où il veut renvoyer en secret Marie parce qu’elle est enceinte, son choix vise à ne pas faire obstacle au plan de Dieu et à laisser Marie libre d’adhérer à la volonté divine.

Le passage évangélique de ce dimanche (cf. Mt 2, 13-15.19-23) rappelle trois fois cette obéissance du juste Joseph, en faisant référence à la fuite en Égypte et au retour sur la terre d’Israël. Sous la conduite de Dieu, représenté par l’ange, Joseph éloigne aussi sa famille des menaces du roi Hérode.

De cette façon, a poursuivi le Pape, la Sainte Famille se solidarise ainsi de toutes les familles du monde qui sont contraintes à l’exil, de tous ceux qui sont obligés d’abandonner leur propre terre à cause de la répression, de la violence, de la guerre. Jésus, troisième personne de la Famille, est, quant à Lui, la volonté même du Père, sa réponse continuelle, un « oui » clair.

« La Famille de Nazareth représente une réponse en chœur à la volonté du Père : les trois composantes de cette famille singulière s’entraident à découvrir et réaliser le projet de Dieu ».

Et le Successeur de Pierre d’appeler à ce que la Sainte Famille soit un modèle pour nos familles, afin que parents et enfants se soutiennent mutuellement dans l’adhésion à l’Evangile, fondement de la sainteté de la famille. « Nous devons reprendre la communication dans la famille », a exhorté François, faisant allusion à ces jeunes qui aujourd’hui restent les yeux rivés sur leurs écrans lors des repas de famille.

« Confions à Marie "Reine de la Famille", toutes les familles du monde, spécialement celles qui souffrent ou qui sont en détresse, et invoquons sur elles sa protection maternelle », en a-t-il conclu.

(Avec V. N.)

Mercredi 25 décembre 2019

Le Pape François a prononcé sa traditionnelle bénédiction de Noël, entouré du cardinal Renato Martino, protodiacre, et du cardinal Konrad Krajewski, aumônier apostolique. Il a exhorté à prendre soin des enfants du monde.

En ce jour de Noël, Jésus est né, « comme une petite flamme allumée dans l’obscurité et dans le froid de la nuit », a expliqué le Pape François.

« Cet Enfant, né de la Vierge Marie, est la Parole de Dieu faite chair, a expliqué l’évêque de Rome. La Parole qui a orienté le cœur et les pas d’Abraham vers la terre promise, et continue d’attirer ceux qui font confiance aux promesses de Dieu. La Parole qui a guidé les Hébreux sur le chemin de l’esclavage à la liberté, et continue à appeler les esclaves de tout temps, même d’aujourd’hui, à sortir de leurs prisons. C’est une Parole plus lumineuse que le soleil, incarnée dans un petit fils d’homme, Jésus, lumière du monde. »

« Il y a des ténèbres dans les cœurs humains, mais plus grande est la lumière du Christ. Il y a des ténèbres dans les relations personnelles, familiales, sociales, mais plus grande est la lumière du Christ. Il y a des ténèbres dans les conflits économiques, géopolitiques et écologiques, mais plus grande est la lumière du Christ », a martelé François, avant de passer en revue plusieurs situations internationales.

« Que le Christ soit lumière pour les nombreux enfants qui subissent la guerre et les conflits au Moyen Orient et dans divers Pays du monde. Qu’Il soit le réconfort du bien-aimé peuple syrien qui ne voit pas encore la fin des hostilités qui ont déchiré le Pays en cette décennie. Qu’Il secoue les consciences des hommes de bonne volonté. Qu’Il inspire aujourd’hui les gouvernants et la communauté internationale à trouver des solutions qui garantissent la sécurité et la coexistence pacifique des peuples de la Région et qu’Il mette fin à leurs indicibles souffrances. Qu’Il soit un soutien pour le peuple libanais, afin qu’il puisse sortir de la crise actuelle et redécouvre sa vocation d’être un messager de liberté et d’harmonieuse coexistence pour tous », a ajouté François, évoquant la situation troublée dans le Pays du Cèdre depuis quelques semaines.

« Que le Seigneur Jésus soit lumière pour la Terre Sainte où Il est né, le Sauveur de l’homme, et où continue l’attente de nombreuses personnes qui, bien qu’étant fatiguées mais sans se décourager, attendent des jours de paix, de sécurité et de prospérité. Qu’Il soit la consolation pour l’Irak, traversé par des tensions sociales, et pour le Yémen, éprouvé par une grave crise humanitaire. Je pense aux enfants du Yémen », a ajouté François en sortant de son texte, alors que le conflit qui déchire ce pays du sud de la Péninsule arabique a provoqué une famine qui affecte particulièrement les enfants.

« Que le petit Enfant de Bethléem soit une espérance pour tout le Continent américain, où plusieurs Nations traversent une période d’agitations sociales et politiques », a déclaré le Pape, faisant allusion sans nommer explicitement ce pays, aux troubles qui ont notamment secoué le Chili ces dernières semaines. « Qu’Il fortifie le cher peuple vénézuélien, longuement éprouvé par des tensions politiques et sociales et qu’Il ne lui fasse pas manquer l’aide dont il a besoin. Qu’Il bénisse les efforts de tous ceux qui s’engagent pour favoriser la justice et la réconciliation et s’efforcent de surmonter les multiples crises et les nombreuses formes de pauvreté qui offensent la dignité de toute personne. »

« Qu’Il soit la lumière, le Rédempteur du monde, pour la chère Ukraine, qui aspire à des solutions concrètes pour une paix durable », a souligné l’évêque de Rome, qui soutient les efforts diplomatiques menés pour mettre un terme à la guerre du Donbass.

« Que le Seigneur qui est né soit la lumière pour les peuples de l’Afrique, où persistent des situations sociales et politiques qui contraignent souvent les personnes à émigrer, en les privant d’une maison et d’une famille. Qu’Il soit la paix pour la population qui vit dans les régions orientales de la République Démocratique du Congo, meurtrie par des conflits persistants. Qu’Il soit le réconfort



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