Jésus mon Sauveur ou Jésus mon SEIGNEUR ?


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dimanche 25 janvier 2026
Diocèse de Martinique

Ceux qui proclament Jésus comme Sauveur sont sur le chemin du salut, mais seuls ceux qui s’offrent radicalement à Jésus comme SEIGNEUR sont à l’abri des tentations de l’ennemi.

Bientôt le Carnaval ! Nonobstant les efforts culturels et esthétiques de certains, tant de nos enfants se laisseront souiller par de sombres torrents d’obscénité, et beaucoup de bons chrétiens, plongés dans la prière, s’attristeront de voir notre jeunesse se livrer à des libations licencieuses.

Mais je voudrais avertir les uns et les autres : n’oubliez ni les bras d’amour de Jésus qui vous attend, ni les griffes scélérates de Satan qui veut vous perdre. Carnavaliers ! N’offensez pas Dieu ! Dans vos vidés(1) et vos tenues, résistez à la violence et à la vulgarité des paroles et des actes… S’Il le veut, Jésus peut vous rejoindre n’importe où. 

Croyants ! N’oubliez pas les manoeuvres du Malin. Il a plus d’un tour dans son sac. Votre éloignement des lieux de débauche ne l’empêchera pas de vous tendre des pièges subtils, y compris charnels !

D’ailleurs, il y a, chez nous, un mystère ténébreux qui se manifeste même dans la vie des chrétiens. C’est comme si certains fruits de la chair persistaient même chez ceux qui ont rejeté les « inconduites, les impuretés, les débauches, (…) les beuveries, les orgies et autres choses du même genre » (Ga 5,19.21) (bref, tout ce qu’on déplore au Carnaval !) … Une foi sincère, des prières régulières et un attachement loyal à Jésus-Christ ont peu d’influence : des gens au comportement irréprochable sont aussi sujets aux « haines, rivalités, jalousies, emportements, intrigues, divisions, ou au sectarisme » (Ga 5,20).

Il s’ensuit des peurs de l’occulte, des fragilités dans les couples, des blessures de la paternité, des divisions dans les familles endeuillées, des méfiances, des soupçons, des amertumes, des fâcheries, des accusations, des médisances et une incapacité radicale à reconnaître ses propres limites…

Si l’on suit ce que dit Paul aux Galates (5,19-21), ce sont les mêmes esprits charnels qui infestent les uns et les autres…

Mais alors, pourquoi des croyants en sont-ils là ? D’où vient ce plafond de verre qui stoppe notre conversion et brise notre bonheur ?

Reconnaître Jésus comme « Sauveur » est presque logique, tous ceux qui ont un peu goûté ses bienfaits peuvent le faire ! Notre intelligence et même notre chair comprennent alors très bien ce que Jésus peut faire pour nous. De fait, quiconque obtient une guérison sera reconnaissant envers celui qui l’aura sauvé. Fût-ce un démon ! (À ceci près que les démons, qui ont des pouvoirs, font toujours payer très, très cher, un jour ou l’autre, les soidisant « bienfaits » qu’ils accordent).

Nous faisons donc bien de reconnaître Jésus comme unique Sauveur : LUI-SEUL nous libère gratuitement et par amour ! Mais notre coeur est-il toujours pur quand nous courons à Jésus ? Sommes-nous prêts à le choisir comme SEIGNEUR ! … pas seulement remercier Celui qui nous guérit, mais l’épouser pour qu’Il DIRIGE toute notre vie ?

Sommes-nous prêts, contrairement au jeune-homme-riche-le-bon-croyant (2), à tout vendre pour le Christ ? Marie- Madeleine, la vakabòn’(3), a versé tout son parfum. Matthieu, le mako (4), a tout quitté. La Vierge Marie, la toute pure, a donné toute sa vie, comme les apôtres et tous les saints à sa suite ! 

Pour les uns comme pour les autres, confesser Jésus comme SEIGNEUR est un acte surnaturel de l’Esprit-Saint qui inspire notre âme. Nous pouvons alors tout donner à Jésus, accepter de mourir à nous-mêmes et à nos logiques les plus justes, donner des biens, aimer ceux qui nous ont fait du tort, renoncer à un héritage légitime, pardonner à ceux qui nous ont humiliés…

Ceux qui proclament Jésus comme Sauveur sont sur le chemin du salut, mais seuls ceux qui s’offrent radicalement à Jésus comme SEIGNEUR sont à l’abri des tentations de l’ennemi. Ils se sont laissés baptiser dans l’Esprit-Saint, oeuvre suprême de la grâce en nous !

« Celui qui ne prend pas sa croix n’est pas digne de moi (…) qui a perdu sa vie à cause de moi la trouvera » (Mt 10,38-39).

 + Fr David Macaire, Archevêque de Saint-Pierre et Fort-de-France ■

(1) Dans les Antilles françaises (notamment en Martinique), un vidé désigne un défilé carnavalesque populaire, rassemblant parfois des centaines de personnes qui marchent, chantent et dansent dans les rues au son des percussions.

(2) Allusion au jeune homme riche des Évangiles (Mt 19,16-22 ; Mc 10,17-22), figure du croyant pratiquant mais incapable de tout abandonner pour suivre le Christ. 

(3) Terme créole martiniquais désignant une personne marginale, errante ou vivant en dehors des normes sociales établies. L’expression appliquée à Marie- Madeleine souligne la radicalité de sa conversion et son passé transgressif selon la tradition chrétienne. 

(4) Terme créole antillais désignant une personne associée à une fonction perçue comme moralement douteuse. Il fait ici écho à Matthieu le publicain dans l’Évangile

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