Retraite du presbyterium : Cinq jours de Grace en Martinique


Informations

dimanche 25 janvier 2026
Diocèse de Martinique

Du 5 au 9 janvier 2026, une parenthèse spirituelle a réuni les prêtres de notre diocèse, une retraite pour se ressourcer à la source vive de leur vocation. Guidés par Mgr Dominique Rey, évêque émérite de FréjusToulon ces jours nous ont rappelé que le ministère presbytéral est avant tout une aventure humaine, un chemin de fraternité et de conversion permanente.

Le thème central de ces cinq jours, « Comment se réconcilier avec son ministère quand le doute s'installe et que le monde vacille ? », a résonné profondément. L'image fondatrice ? Pierre, au bord du lac, après la Résurrection. Pierre, brisé par ses reniements. C'est là, dans son désarroi, que le Seigneur le rejoint, non pour le juger, mais pour lui demander trois fois : « M'aimes-tu ? » De ce dialogue du coeur avec le ressuscité, le ministère renaît, et un renouveau apostolique jaillit.

 Quelle joie de voir trois évêques aux côtés de nos prêtres ! Mgr Macaire, notre archevêque bien-aimé, Mgr Alain Ransay, évêque de Guyane, et Mgr Dominique Rey. Leur présence fraternelle a crié une vérité essentielle : vos prêtres ne sont jamais seuls. Vous les portez, le diocèse les porte, l'Église les porte.

Le coeur battant de cette retraite : l'Eucharistie et la conversion pastorale

Chaque matin, une messe commune rassemblait le presbyterium. L'Eucharistie, raison d'être du prêtre. En Martinique, où la foi se mêle aux traditions, où les chants créoles emplissent les églises, chaque prêtre devient peu à peu ce qu'il célèbre. Entre les méditations, l'adoration silencieuse a permis à chacun de revisiter sa vie sacerdotale face à Dieu. Les repas ont alterné recueillement et rires fraternels, ces moments où les fardeaux semblent moins lourds quand on les partage. 

Mgr Rey a rappelé une vérité libératrice : le prêtre ne peut pas tout faire seul. Ce retrait, loin de l'ambition de tout occuper, ramène le prêtre à l'essentiel : le discernement, la communion, et l'exercice de ses trois fonctions dans le respect de la subsidiarité. Concilier l'objectivité des tâches avec la manière propre de les accomplir devient le lieu même de notre personnalisation ministérielle, une réconciliation avec notre humanité.

La Croix, coeur du sacerdoce

L'enseignement a mis en lumière une dimension souvent oubliée : la réparation. Le Christ a réparé à notre place, « mais pas sans nous ». Nous sommes associés à son OEuvre rédemptrice. Dévitaliser cette doctrine conduit inévitablement à dévitaliser le sacerdoce lui-même.

Mgr Rey n'a pas caché les défis : l'isolement, le déficit d'attractivité, les structures pesantes, le sécularisme ambiant. Il a aussi nommé les résistances internes : immobilisme, cléricalisme, isolationnisme. Mais aucune recette miracle. Seulement une conversion du coeur. Revenir sans cesse à la source, dans un dialogue personnel et communautaire avec le ressuscité.

Des gestes concrets de fraternité. Le dernier jour, une « chaîne » d'intercession fraternelle a uni les prêtres dans la prière. Lors de la messe finale, ils ont renouvelé leurs engagements sacerdotaux, exprimant leur désir de « vivre du Christ en le donnant » et de donner envie aux autres de le découvrir. 

Un presbyterium ressoudé

Ce que cette retraite a offert de plus précieux, c'est une communion restaurée. Les conversations sincères, les partages du coeur, ont été la vraie chair de ces jours. Les coeurs se sont ouverts.

Un appel pour vous

Chers fidèles de Martinique, priez pour vos prêtres. Ils cheminent avec vous, fragiles et fidèles, portant le mystère du salut. Cette retraite crie un seul message : la vraie force du sacerdoce réside dans la transparence du Christ qui l'habite, et dans ce retour constant à la source qui purifie, affine et approfondit la grâce du premier appel.

Père Christophe Rebeccaï

Vicaire de Sainte-Marie et Morne-des-Esses

article extrait du N°714 d'Eglise en Martinique 

Dans la même catégorie