Pascal ChenSinTai a été ordonné diacre permanent le dimanche 28 décembre 2025 en la cathédrale SaintLouis de FortdeFrance. Dans cet article, il revient sur le parcours spirituel et personnel qui l’a conduit à cette vocation, partageant ses réflexions et expériences avec les lecteurs de la revue diocésaine.
J'ai grandi dans une famille catholique, j’ai été baptisé et j’ai reçu tous les sacrements, puis… plus rien. Comme beaucoup, je me suis éloigné sans rejet ni colère, simplement par indifférence. La foi était présente en arrière-plan, mais elle ne faisait plus partie de mon quotidien ; pendant près de vingt ans, je ne mets presque plus les pieds dans une église, sauf pour des mariages ou de rares enterrements. Ma vie était rythmée par le travail et les sorties, et j’expérimentai toutes les facettes du plaisir au Carnaval, me déguisant en femme, et savourant des soirées à thèmes. Dieu n’était pas nié, mais relégué au second plan. « Je croyais à ma manière. » Ma foi devenait floue et silencieuse, même si je ressentais un manque, une question surgissant dans les moments de doute. Un jour, un ami de longue date, revenu en Martinique pour des vacances, me visita. Il exprima sa joie de me revoir en me disant : « Pascal, le Seigneur a un plan pour toi. » Sur le coup, je pensais : « Il a fumé la moquette ! » Cependant, le Seigneur est vraiment patient. Ainsi, au fil des mois suivants, je remarquai que le dynamisme que j’affichais habituellement était en berne et cette phrase me revenait en tête. Je me demandais comment un individu comme moi, qui proférait des jurons et se livrait à des libations, pourrait revenir vers Lui.
Le Déclic Inattendu
Cet ami avait fait germer quelque chose en moi. Après quelques semaines, le désir de sortir et de boire s’effaçait peu à peu. Ce ne fut pas un événement spectaculaire mais une accumulation de petits signes. Un samedi après-midi, passant devant la cathédrale Saint-Louis, je ressentis une forte envie d’entrer, malgré mon bermuda. Une fois à l’intérieur, assis au fond, j'entendis le curé, le père Michel Méranville, prononcer une phrase marquante : « Ròch lariviè ka mandé sòti ek ròch déwò ka mandé rantré. » Mon collègue m’expliqua : « Ceux qui sont à l’intérieur demandent à sortir et ceux qui sont dehors demandent à y entrer. » C’est à partir de ce moment que le Seigneur commença à se manifester dans ma vie.
Puis, une jeune femme, Nicole, qui deviendra plus tard mon épouse, fit son apparition. Elle, si différente des autres, dégageait une sincérité et une détermination qui m’ont fait revoir ma perspective religieuse. Pour elle, mener une vie éloignée des sacrements était inconcevable. Elle me guida doucement vers la réconciliation avec la Sainte Eucharistie, et peu à peu, je recommençai à aller à la messe. Cette période de réadaptation dura quatre ans, devenant un rendez-vous essentiel. C’est alors que je rencontrai les pères Dégras et Zécler, qui m’accueillirent et me rapprochèrent du Mystère d’amour de Jésus-Christ. Le père Zécler me proposa d’être formé pour le ministère du diaconat. J’avoue que la première fois qu’il m’en parla, je ne fus pas du tout séduit par cette possibilité, car je me trouvais complètement indigne, compte tenu de mon passé. Cependant, il trouva les mots justes pour m’apaiser et me redonner confiance en moi.
Le véritable déclic survint lors d’une campagne d’évangélisation avec Marie, organisée par le père Dégras. Un prêtre, le père René-Marie Guilon, décédé depuis, m’avoua que Marie comptait sur moi pour aider son Fils.
Bouleversé, je m’engageai alors. Après des échanges avec les pères Dégras et Zécler, je fus accepté à l’Institut Gaston Jean-Michel pour une formation de trois ans.
Mon parcours prouve que l’Église n’est pas réservée aux pratiquants mais aussi à ceux qui reviennent. Mon histoire résonne auprès de nombreux jeunes adultes, en quête de sens dans un monde pressé. Avec la grâce de Dieu, je peux vous dire aujourd'hui qu’il n’est jamais trop tard pour revenir, ni trop tard pour servir. Mon choix, très clair, est de mettre ma vie et les talents que notre Seigneur a mis en moi à son service et à celui de l’Église, pas à pas, avec simplicité, pour nos frères et soeurs, car c’est par l’amour que nous serons jugés.
Merci, Seigneur, pour ce que Tu as fait et que tu continues de faire en moi.
Pascal Chen-Sin-Tai ■
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