Le conflit familia l : Rupture de communication ou appel au lien ? Apprendre à se disputer sainement


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dimanche 25 janvier 2026
PCE des Psychologues (Diocèse de Martinique)

La famille comme tout groupe social s’inscrit dans une dynamique qui peut être faite de coopérations et
de tensions. Les relations familiales sont les relations les plus importantes et les plus fondamentales de
nos vies. Il est parfois déconcertant de constater que nous pouvons développer, approfondir, maintenir,
mais aussi détruire ces relations par notre communication, notamment lorsqu’elle devient conflictuelle.

Comment reconnaître une communication dysfonctionnelle ?

L’être humain a été créé de telle manière qu’il est toujours en relation, à l’image de Dieu. Lorsque nous communiquons, nous partageons une partie de nous-même, nos émotions, nos opinions, nos pensées, nos désirs. 

Selon John et Julie Gottman (psychologueschercheurs) plusieurs comportements de communication détruisent la relation : le mépris : renvoie à un positionnement supérieur par rapport à l’autre (remarques irrespectueuses, moqueries, humiliations, …) ; la critique : décrire l’autre ou son comportement de manière négative ; la défensive ou la contre-attaque : c’est une réaction à la critique. Il s’agit d’une réponse par une attaque, ou alors par la négation totale de ce que dit l’autre ; le silence ou l’évitement : se retirer physiquement ou émotionnellement de l’interaction pour éviter le conflit ou les émotions qu’il génère (absence de réponse, mise à distance de l’autre).

S’ouvrir à l’autre nous demande de mettre en lumière un certain niveau de vulnérabilité qui n’est possible que lorsqu’un climat de sécurité émotionnelle est mis en place. De manière générale, une communication dysfonctionnelle aura tendance à menacer cette sécurité émotionnelle.

Comment créer un climat de sécurité émotionnelle ?

Le Respect et la Reconnaissance : plutôt que de porter une attention accrue aux échecs et aux erreurs, il sera important de remercier pour les petites choses, de reconnaître les efforts et les réussites de chacun. Parler de soi et non de l’autre : exprimer son propre ressenti et ses propres besoins avec bienveillance. L’humilité et l’acceptation de sa propre responsabilité : éviter de se justifier excessivement, de contre attaquer ou de se victimiser, mais plutôt de manifester son autonomie et d’accepter sa juste part de responsabilité dans le conflit. La gestion des émotions et l’ouverture à la vulnérabilité : les émotions fortes peuvent mener à la protection de soi via l’évitement et le retrait plutôt que l’ouverture à l’autre. C’est pourquoi la régulation de ses émotions est indispensable à la communication. Avant de réagir, une pause d’environ 20 minutes, ou de longues respirations profondes peuvent déjà permettre un retour au calme. Concernant la vulnérabilité, ce point touche à l’authenticité vis à vis de nos propres expériences, et exprime notre confiance envers l’interlocuteur en osant partager les émotions et les pensées qui nous traversent.

Comment mettre en place une communication saine ?

Une communication saine commence par soimême, en cherchant la clarté dans ses propres émotions, dans ses pensées et ses actions posées ou à poser. Pour le destinataire du message, il est question d’écouter attentivement, d’encourager l’autre à exprimer ses pensées et ses émotions sans l’interrompre, d’exprimer la compréhension et faire preuve d'empathie.

Comment le conflit peut être une opportunité de redéfinir les liens ? 

C’est au sein des familles que s’apprend le conflit et sa résolution, ainsi que la gestion des frustrations. En définitive, le conflit n'est pas systématiquement un dysfonctionnement, il peut s’avérer constructif et sain dans la relation. Il permet de stimuler l’intérêt des membres d’une famille, d’augmenter la cohésion, de renforcer le sentiment d’appartenance à la famille, de débloquer des situations sans issue, de favoriser l’émergence de nouvelles idées et de solutions innovantes. Pour bien gérer les conflits et en tirer des conséquences positives et satisfaisantes pour chacun, il est important d’être dans de bonnes dispositions, de bien choisir un lieu calme et un moment qui respecte au maximum la disponibilité physique et psychique de toutes les parties afin de pouvoir échanger librement.

Emmanuelle Babot et Béatrice Briler de la PCE des Psychologues ■

article extrait du N°714 d'Eglise en Martinique 

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