Eglise catholique de Martinique
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Le Diviseur sort le grand jeu

Le nom "évêque" (épiscopos en grec) que l’on donne aux pasteurs dans les Eglises catholiques et orthodoxes signifie « celui qui surveille ». On peut dire aussi, de façon plus positive, « celui qui veille sur » le troupeau et sur ses affaires, celui qui protège. Il est le vigile, le garde, la sentinelle qui prend de la hauteur, qui reçoit les informations, qui observe, scrute tout autour pour avertir du danger qui rôde et indiquer la bonne route.


Un berger, un père de famille, un coach ou un leader ne sont pas forcément les meilleurs ou les plus compétents sur tous les sujets, il leur arrive de se tromper, voire de fauter, mais Dieu les a placés dans la tour de garde pour qu’ils voient. C’est leur rôle et leur devoir. Ils ne sont certes pas les seuls à avoir un point de vue : suivant l’origine du danger ou de l’opportunité qui se présente, différents membres de l’Eglise voient et comprennent avant eux comment poursuivre le chemin. Dans un corps, tous les membres ont le droit et, même, le devoir de faire valoir leurs opinions, mais c’est au berger que tout remonte. Serviteur de la communion, il n’est pas seul à décider, mais il est le seul à maîtriser l’ensemble des éléments et lui seul, in fine, peut valider une orientation.

Aujourd’hui, il semble parfois que le vent nauséabond qui souffle sur le monde, depuis le mariage diabolique de l’esprit de mai 1968 avec celui des réseaux sociaux, a fait entrer jusque dans l’Eglise des fumées de Satan.

Comme dans la société civile, et notamment la vie politique (qui est en train d’en mourir) chacun s’érige en grand timonier, en visionnaire, en prophète, en épiscope. Chacun croit savoir, mieux que les autres, plus que celui qui a été choisi pour cela. Pareillement aux ados qui jugent et « tuent le père », voilà que dans l’Eglise aussi on prétend juger les pasteurs, leurs décisions, voire leur personne. Bernés par les journalistes, des catholiques se mettent à interpréter les décisions du pape ou des évêques comme étant « de gauche » ou « de droite ». Et quand quelque chose ne correspond pas à leur point de vue ou celui de leur milieu (pour des raisons toujours « très nobles » et évangéliques : la charité chrétienne, la « tolérance » ou l’option préférentielle pour les pauvres, pour les uns, le respect de la « Tradition », les motions de l’Esprit-Saint, la Sainte Ecriture ou les révélations de la Sainte-Vierge à quelque mystique, pour d’autres…), on fait pression, on manifeste, on conteste, on proteste et, même, on condamne… Bref, on désobéit.

Ce faisant, même avec les idées les plus chrétiennes du monde, on empoisonne l’Eglise et on se suicide spirituellement. En effet, qu’on soit dans une équipe, une famille ou une église, l’obéissance et la confiance sont synonyme de survie et de résistance. Dans l’Eglise, la désobéissance s’apparente à un sacrilège envers Celui qui a dit aux apôtres (des pauvres types, eux aussi) : « qui vous écoute, M’écoute » Lc1,16. Il n’y a pas un seul saint qui n’ait eu à souffrir et donc à grandir par l’obéissance et la confiance. Il n’y a pas, non plus, un seul damné, aussi chaste et pieux soit-il, qui n’ait chuté à cause de la désobéissance et la protestation. Beaucoup pensent que Satan ne joue des tours qu’aux débauchés et aux impies… Aurait-il du temps à perdre avec ceux qui lui appartiennent déjà !? Satan est malin ! Il préfère largement s’amuser à diviser les enfants de Dieu et à les conduire loin de leurs pasteurs avec toutes sortes de bonnes et saintes raisons.

A bon entendeur, Salut*.

+ Fr David Macaire, Archevêque de Saint-Pierre et Fort-de-France ■


*Au sens propre cette expression signifie « celui qui obéit sera sauvé ! »)



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